Le MOMOSITE vous présente  : 

L'imposture en peinture
(et dans l'art d'une façon générale)
 

Page mise à jour le 27/12/2019

Yves Klein et les monochromes

Pendant l'hiver 2006-2007 eut lieu au Pompidolium une exposition sur Yves Klein ! J'avais un carton, j'y suis allé... Alors je sais... la production (j'hésite à parler d'œuvre) de Klein ne se résume pas aux Monochromes... mais voir 30 personnes scotchées, l'air circonspect devant une toile ripolinée toute en bleu a quelque chose de consternant... Et les réactions... il y a ceux qui se taisent, et il y a ceux qui s'expriment (assez fort, afin que les autres, ceux qui à leurs yeux sont sans doute trop cons pour comprendre, puisse bien entendre) et qui sortent des "Au moins lui, il a osé !" D'autres enfin reprennent à leurs comptes la rengaine bien connue : "En fait tu vois, avec ce tableau, il nous questionne sur l'art..."
Je laisse à d'autres le soin de disserter sur les tableaux qui deviendraient des œuvres d'art du seul fait qu'ils nous questionneraient. Je laisse les snobs se pâmer de bonheur devant les ripolinages de Klein, après tout c'est leur droit. Mais je conteste haut et fort le fait que ce concept soit original. Klein est un plagiaire, ses monochromes sont des plagiats, et je le vais essayer de le prouver.

Petites histoires des monochromes :

Nous sommes en 1843, Bertall (1820-1882, de son vrai nom Charles Constant Albert Nicolas d'Arnoux de Limoges Saint Saens)  caricaturiste dans plusieurs journaux publie dans "L'illustration, Journal universel", un dessin tout noir avec des points blancs ainsi légendé : "Vue de La Hougue (effet de nuit), par M. Jean-Louis Petit." Le voici, c'est plus bichrome que monochrome mais l'idée est bien là.

En 1851 La revue "Le Diable au Salon, revue comique, critique et Très-Chique de l'Exposition des Beaux-Arts" dont la couverture est illustrée par Félicien Rops nous signale qu'une toile monochrome est exposée au salon de Bruxelles et la décrit de la façon suivante : La mer est bleue / le ciel est bleu / et de Pandore la chemise est bleue / ses cheveux blonds sont bleus / Et quand il a peint sa chair bleue / on croit que l'artiste était bleu

En 1882, au Salon des Incohérents, Alphonse Allais (1854-1905) découvre une toile de Paul Bilhaud (1854-1933) intitulée Combats de nègres dans une cave, pendant la nuit. Le gag amuse Alphonse Allais qui le reprend à son compte, il exposera donc en 1883 deux cartons, le premier tout blanc, le second tout bleu s'intitulant respectivement :

- Première Communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige
- Stupeur de jeunes recrues apercevant pour la première fois ton azur, ô Méditerranée !

En 1885, il récidive en rouge avec : "Récolte de la tomate, sur le bord de la mer Rouge, par des Cardinaux apoplectiques. (Effet d'aurore boréale). Offert à S. S. Léon XIII, comme denier de saint Pierre."

En 1887, il fait paraître l'Album primo-avrilesque recueil d’œuvres monochroïdales compilation des opus précédents y compris celui de Paul Bilhaud et trois inédits :

- Des souteneurs encore dans la force de l'âge et le ventre dans l'herbe boivent de l'absinthe (vert)
- Rondes de pochards dans le brouillard (gris)
- Manipulation de l'ocre, par des cocus ictériques (jaune)
ainsi que la partition (vierge) de la Marche funèbre pour les funérailles d'un grand homme sourd. Vierge parce que les grandes douleurs sont muettes.

En 1910 Emile Cohl, (1857-1938)  intègre du monochrome dans son petit film "Le Peintre néo-impressionniste" plagiant impunément Paul Bilhaud (nègres fabriquant du cirage sous un tunnel).

Et tout ces gens là s'amusaient bien, ces monochromes n'étaient que de pochades, matière à dérision et sans prétention aucune... mais attention ça va changer... Car arrivent des personnages qui eux, vont se prendre au sérieux... (et pas qu'un peu !)

Kasimir Malevitch (1878-1935)

Ce peintre russe est un cas, il a peint à peu près dans tous les styles possibles de son époque, (Réalisme, Cubisme, Fauvisme, Impressionnisme, Primitivisme, Symbolisme). En 1913, il composa un Carré noir sur fond blanc (exposé en 1915) et en 1918 il récidiva en créant Carré blanc sur fond blanc. Ses exégètes considèrent qu'il s'agit là d'une oeuvre emblématique de la naissance de l'art abstrait, dont Malevitch est considéré comme l'un des pères fondateurs (avec Kandinsky et Mondrian).

PS : citant ce qui précède dans un forum, un indécrottable défenseur de l'indéfendable me servit cet étrange argument : ...Il faut, à sa défense, replacer le Sieur Malevitch dans son contexte historique, à savoir : Un Tsar et une Russie Orthodoxe toute puissante, écrasant tout ce qui pouvait ressembler à du Modernisme. Il n'y a qu'à voir la façon dont il a exposé son fameux Carré noir sur fond blanc : Dans le haut du coin de la pièce, place traditionnellement réservée à l'icône de la Vierge. On ne peut rester que confondu devant la pertinence de tels arguments, n'est-ce pas ?(1)

En 1921, le russe Alexandre Rodtchenko (1891-1956) répondit à sa façon à Malevitch avec cette chose (en fait il y en a trois, un rouge, un jaune orange, mais nous avons choisi ici le bleu pour vous montrer à quel point Yves Klein n'a rien inventé)

En 1930 Man Ray (1890-1976) qu'on a connu mieux inspiré réalisa un monochrome noir photographique qu'il dédicaça ainsi : "À Robert Desnos, plein de choses qui absorbent la lumière" (1930), épreuve aux sels d'argent, L'histoire ne dit pas si Robert Desnos fut content !

On a eu ensuite Robert Rauschenberg (1925-2005) qui exposa en 1953 à New York une double série de toiles noires et de toiles blanches.


White

Yves Klein (1928-1962)

Yves Klein a du mal à s'imposer et doit essuyer le refus de plusieurs organisateurs de salons. Il expose néanmoins au Club des solitaires en 1955, 10 toiles intitulés propositions monochromes. On se demande quelle est la nouveauté de ce plagiat d'Alexandre Rodtchenko par rapport à ce qu'avait fait Alphonse Allais. C'est pourtant tout simple : Klein ne rigole pas, il se prend au sérieux, pire il affirme que ces monochromes sont artistiquement et esthétiquement assumée.

Piero Manzoni (1933-1963)

Dans un premier temps, il plagie Klein (en blanc), puis prend contact avec ce dernier, en déclarant "Vous êtes le monochrome bleu, je suis le monochrome blanc !" mais se fait jeter manu militari... Que voulez-vous, les plagiaires n'aiment pas se faire plagier... du coup il passera à d'autres choses : L'une de ses œuvres est par exemple une ligne de 7,2 km sur une bande papier enroulée dans une boîte, mais c'est en 1961 qu'il se distinguera en chiant dans 90 boîtes de conserves qu'il exposera plus tard sous le titre poétique de Merde d'artista.(2) On en trouve aujourd'hui un exemplaire dans la plupart de musées d'art modernes du monde ! On notera l'absurdité du commentaire de Wikipédia à l'article qui lui est consacré où l'écrivaillon de service note : "Son œuvre est unanimement vue comme une critique de la production de masse et du consumérisme". Unanimement ? Certains devraient plutôt arrêter de rêver et de tout gober !

Robert Ryman (né en 1930)

Que du blanc !  Malevitch, Rauschenberg et Manzoni l'on fait avant lui mais qu'importe car lisez bien cette citation : "A l'interrogation des ses aînés sur le sujet - "Quoi peindre ?"- Ryman a substitué une autre question : "comment peindre ?" afin de mieux revenir à la question lancinante du "pourquoi ?" la réponse qu'il propose, en peinture, s'inscrit dans le cadre d'une esthétique sensualiste. Les métamorphoses ouvrent la monochromie aux plaisirs d'une délectation dans laquelle la réflexivité n'a plus que des vertus apéritives." On reste en effet confondu...

Visiteuse perplexe devant : série #7 (2003)

On allait quand même pas vous priver de la vision de face
 de ce chef-d'œuvre - série #7 (2003)

Ça se vend très bien... Alors ne vexez pas les gens qui l'aiment en disant : "Je ne comprends pas qu'on paie aussi cher les toiles entièrement blanches de Robert Ryman." Dites plutôt : "Je trouve normal qu'on augmente le prix d'un support intact qui peut encore servir".


Marcel Duchamp  (1887-1968)

1 - La Fontaine de Duchamp

Duchamp fréquentait depuis 1913 le salon Arenseberg de New York, haut lieu de la création contemporaine (c’est là qu'il avait exposé son "Nu descendant l'escalier")

En 1917, par pure provocation, il décide de faire un test afin de savoir jusqu'où le comité d'acceptation des œuvres est prêt à aller. Il dégote donc une pissotière, l'intitule "fontaine", la signe R. Mutt et l'envoie sous ce pseudo à la galerie.

Le comité est divisé, une seule personne prend sa défense de l'objet qui ne sera pas exposé. Duchamp lui, continue la provoc en prenant sa défense dans la revue "The Blind man" dont il était co-fondateur. Le machin est finalement acheté par le couple Arensberg (Pour quelle raison ? A quel prix ?) et remisé dans un débarras.

Fin de la plaisanterie !

Sauf qu'en 1963, est organisé une rétrospective de l'art Dada à Los Angeles. On demande à Duchamp d'exposer sa "fontaine" (une réplique ?) il se prête au jeu. La critique juge l'œuvre au premier degré, du coup, tous les musées d'art moderne achètent des répliques avec la complicité active de Duchamp qui n'allait tout de même pas refuser cette manne !

La mode du ready-made, était née, plus besoin de se fatiguer, exposer n'importe quoi devenait un acte aussi militant qu'artistique.

Allez, une belle citation piquée sur Internet pour se convaincre que désormais nous vivons chez les fous.

"Duchamp, en mettant fin à l'hégémonie du visuel dans l'histoire de l'art, a, à travers son urinoir, ouvert une nouvelle ère artistique où l'art contemporain puise ses racines : l'art conceptuel notamment reconnaît dès son émergence dans les années 1960 la parenté de Marcel Duchamp. Amateur de jeux de mots, Duchamp valorise l'idée au détriment de la technique, reléguant l'expression "aussi bête qu'un artiste" aux annales de l'histoire : la conception d'une œuvre devient l'objet d'un processus intellectuel plutôt que d'un savoir-faire et d'une finalité formelle".

... Ben voyons !

Duchamp lui n'était pas dupe et déclara notamment "On peut faire avaler n’importe quoi aux gens et c’est ce qui est arrivé"

2 - La Joconde de Duchamp (L.H.O.O.Q.)

Réalisée en 1919 par Marcel Duchamp(3), ce n'est pas une œuvre d'art, c'est une simple pochade au format carte postale. La chronique officielle (ou artistiquement correcte) de l'art a souhaité faire de cette plaisanterie un moment important de l'histoire de la peinture moderne. On lit par exemple sur le web des choses comme ça "Profanation subtile et grossière à la fois de la femme célébrée par le chef-d’œuvre de la Renaissance et allusion aussi à l’ambiguïté sexuelle de l’artiste, l’homosexualité de Léonard sur laquelle on a tellement écrit et qui se lit ici dans la transformation de la célèbre Mona Lisa en hermaphrodite." Offerte par Duchamp à Louis Aragon, ce dernier l'a refilé à la fin de sa vie à Georges Marchais (lequel s'intéressait plus au jazz qu'à la peinture) qui l'a offert au Parti Communiste Français, lequel l'a déposé en prêt à long terme au centre Pompidou.

Qu'est ce que Duchamp et le mouvement Dada ont fait d'innovant avec cette Joconde à moustaches ? Rien, rien du tout... en 1883, Eugène Bataille (sous le pseudo d'Arthur Sapeck, 1854-1891) exposait déjà une Joconde fumant la pipe dans le cadre de l'exposition des Arts Incohérents. Elle fut ensuite reproduite en 1887 dans "Le Rire"  Pourquoi donc la postérité (ou plutôt l'histoire officielle de l'art) a choisi Duchamp plutôt que Bataille ? Mystère et papier d'alu !

Rappelons aussi que la Joconde a été volé le 21 août 1911 par un ouvrier vitrier du Louvre. Il la conserva pendant plus de deux ans, puis fit l'erreur de vouloir la négocier chez un antiquaire de Florence (quelle idée ?). La Joconde réintégra sa place au Louvre au début de l'an 1914. Cet épisode inspira de nombreux illustrateurs de cartes postales contemporaines de l'événement : Une preuve de plus s'il en fallait que Marcel Duchamp n'est pas l'inventeur du tripatouillage de Joconde !


La légende peu visible dit : Non, pas au revoir, mais adieu, je vais rire sous d'autres cieux

3 - Conclusion politiquement correcte

"Marcel Duchamp a révolutionné la conception académique de l'art qui, jusqu'alors, ne jugeait la valeur d'une œuvre qu'à l'aune des efforts et du travail dispensés pour une finalité édifiante"
On a vraiment envie de répondre "Tu parles, Charles !"


Le syndrome de Boronali


Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique. de Joachim-Raphaël Boronali -- Espace culturel Paul Bédu, Milly-la-Forêt, Essonne

En 1910, au Salon des indépendants, un inconnu nommé Joachim-Raphaël Boronali, peintre italien expose une toile intitulée Coucher de Soleil sur l’Adriatique. Elle est complètement abstraite, même si le jeu de couleur permet d'imaginer un coucher de soleil sur un mer. L'expéditeur accompagne son envoi d'un texte intitulé  "Le Manifeste de l'excessivisme" : dans lequel on trouve ces propos : "Nous proclamons que l'excès en tout est une force, la seule force ... Ravageons les musées absurdes, piétinons les routines infâmes. Vivent l'écarlate, le pourpre, les gemmes coruscantes, tous ces tons qui tourbillonnent et se superposent. "

Alors Vlatipa que tout le petit monde des critiques d'art disserte doctement sur l'œuvre, sur la finalité picturale, sur le rôle social de l'artiste, sur les vertus de l'abstraction... Ce n'est qu'un peu plus tard que le pot aux roses (et non pas le poteau rose) sera dévoilé. Boronali est un anagramme de l'âne Aliboron, héros animalier de La Fontaine, et c'est un véritable âne prénommé Lolo et appartenant à Frédéric Gérard, gérant du cabaret, "le Lapin Agile" qui a peint le tableau en remuant sa queue à laquelle était attaché un pinceau et en l'agitant sur la toile. La composition eut lieu devant le cabaret en présence d'un huissier et l'un des complices de la blague était le romancier Roland Dorgelès. La toile se vendit 20 louis d'or, reversés à l'orphelinat des Arts.

Jackson Pollock


Number 32, 1950, (1950, 269 x 457.5 cm),  Dusseldorf

Le croirez-vous J.R. Boronali eut un élève, il s'agit de Jackson Pollock (1912-1956), dont l'un des tableaux fut vendu en 2006 pour 140 millions de dollars, (ce qui constitue le record absolu pour une vente sur le marché de l'art)

Jackson POLLOCK a produit plus de 700 oeuvres. Sa méthode qui connut des variantes consistait à projeter de la peinture sur la toile de façon complètement aléatoire. (il a aussi laissé couler la peinture sur les toiles à plat, qu'il déplaçait simultanément.) Parfois les toiles étaient découpées en morceaux ce qui permettait de les vendre séparément.

Citations obligées :

L'analyse fractale des œuvres de Jackson POLLOCK proposée par Richard TAYLOR, Adam MICOLICH et David JONAS montre que le principe d'autosimilarité statistique y est respecté. Cette analyse consiste à vérifier par l'intermédiaire d'une grille de N carrés posée sur une toile que la proportion de motifs reste constante quel que soit le nombre de carrés étudiés et donc quelle que soit la taille des carrés. La peinture noire occupe 36% de la surface d'un carré, de deux carrés ... ou de n carrés. Il en est de même pour les autres couleurs qui occupent 13 % de la toile. La dimension fractale de densité d est égale à ~ 1,66. Dans Autumn Rythm n° 30, d vaut 1,67.

La dimension fractale est constitutive de la technique de Jackson POLLOCK et non consécutive. Elle définit de manière mathématique le "all over". L'analyse a ainsi démontré que les premières oeuvres ont une dimension supérieure à 1,1 et, à la fin de sa vie, 1,7. ... Il a inauguré une nouvelle lignée d'artistes. Son travail était une sorte de quête spirituelle exigeant une extraordinaire force psychique. Se confronter à la surface vide de la toile et chercher à y projeter de l'ordre et du sens était, selon lui, une démarche représentative de la crise existentielle de l'homme moderne. Son mouvement artistique est l'expressionnisme abstrait." (source de ce charabia : Wikipédia) bien sûr).   

Vérités définitives

Les mouvements artistiques apparus depuis la fin du XIXe siècle ont pris l'habitude de publier des manifestes. Ils y proclament leur  vision de l'art, et surtout pourfendent ceux qui n'ont pas la chance de penser comme eux. Je me suis amusé à lire le manifeste futuriste, un mouvement du début du XXe siècle qui n'a pas fait grand chose en peinture mais qui a connu quelques effets de mode en musique (Edgar Varèse, Pierre Schaeffer). On y lit entre autre chose ce passage ahurissant : Le nu en peinture est aussi nauséeux et assommant que l'adultère en littérature.



Vaches qui broutent de l'herbe

Diverses bricoles

Une histoire classique mais éloquente :

Deux amis ont reçu un carton pour un vernissage, et y vont.
- Ça représente quoi ?
- Rien, c'est non figuratif ?
- Alors pourquoi c'est intitulé : Vaches qui broutent de l'herbe
- Pour faire travailler ton imagination !
- Ouais, ben je n'arrive pas à voir l'herbe
- C'est normal, puisque les vaches l'ont mangée !
- Et d'ailleurs, je ne vois pas non plus les vaches !
- Normal ! Pourquoi voudrais-tu qu'elles restent à un endroit où il n'y a pas d'herbe ? Tu vois toutes les questions qu'on arrive à se poser ! Sur un tableau non figuratif on ne se poserait pas tant de questions. L'art abstrait nous oblige à réfléchir...


Ben voyons !

Quelques fausses citations trouvées sut la toile :

"Vous n'avez pas de pinceau, prenez des ciseaux !" (Henri Matisse)
"Vous ne savez faire que des carrés, ça peut marcher !"
(Piet Mondrian)
"Vous ne savez faire que des ronds et des cibles, ça peut se vendre !
(Robert Delaunay)
"Vous ne savez pas dessiner, et vous n'avez qu'un pot de ripolin bleu, faite un monochrone"
(Yves Klein)
"Vous ne savez pas dessiner, mais vous voulez faire le malin, dessinez des moustaches sur une reproduction de la Joconde"
(Marcel Duchamp)

Et pour finir une vraie citation, celle de l'ineffable Wilkipédia : "L'art abstrait tente de donner une contraction du réel ou encore d'en souligner les déchirures !"
Ce qui a provoqué une réaction de la visiteuse n° 674 345 du Centre Pompidou : "Oh, vas-y contracte-moi le réel, c'est trop bon... et pendant que tu y es, souligne-moi les déchirures, Oh, ouiii !"

 

 


News : Buren

Je sais, ce n'est pas de la peinture, c'est de la sculpture... installés en 1986 au Palais Royal, ces machins pouvaient amuser quelques temps, c'est vrai que ça surprenait pas mal dans le paysage urbain. Mais bon, ça fait plus de 20 ans qu'ils sont là, que tout le monde s'en fout... On vient d'apprendre que c'est classé monument historique. Daniel Buren, (né en 1938) l'artiste créateur de ces choses, a poussé une gueulante, soulignant le peu de cas avec lequel l'Etat entretenait les œuvres de son patrimoine et aurait menacé de détruire les colonnes si on ne programmait pas leur restauration. On aurait été bien avisé de l'encourager dans cette voie et même de lui donner un coup de main... Mais non, on a trouvé de l'argent (où ?) et on a restauré ces gadgets pour 14 millions d'euros. Au secours !


News : JR à Paris

Septembre 2009 : La ville de Paris autorise le dénommé JR à coller d'immenses yeux de femmes en noir et blanc sur les bords de la Seine, quai de Sully et tout autour de l'île Saint-Louis. Le but de l'opération étant de "souligner la dignité des femmes qui sont victimes de conflits."

Qui c'est JR ? On n'en sait rien, on ne connait que sa date de naissance (1983), il n'a jamais relevé son identité et se présente masqué en public ! Pourquoi ? "Par crainte de la répression" (ah ?) "et pour conserver son indépendance" (ah bon ?) Il déclare se tenir volontairement à l'écart des institutions culturelles qu'il ne sollicite que lorsqu'elles donnent une valeur ajoutée aux projets (ben voyons...).


Photo maquette, impressionnant à défaut d'être beau !

incongru mais rigolo

juste lassant

idem

deux semaines plus tard

tout part en lambeaux

dans l'indifférence générale

L'important n'est pas ce qu'on fait, mais ce qu'on fait pour se faire connaître, disait Manzoni. Voilà un aphorisme que JR a complètement assimilé !


Voir aussi :  L'art abstrait - Pas abstrait, mais bof... Peinture scandale 


notes et remerciements :
1) un autre comique commentait son amour pour les fractales en disant ceci "Tels les fractals, et quelques autres objets mathématiques, les monochromes ont la propriété qu'une de leurs parties peut être équivalente au tout..." encore un argument définitif... c'est vrai qu'on aurait du mal à l'appliquer à la Naissance de Vénus de Botticelli.
2 ) ces merdes (c'est le cas de le dire) se négocie
nt aujourd'hui autour de 30.000 euros la pièce ! Certaines ont explosé, d'autre fuient dégageant une odeur pestilentielle mais qu'importe "si beaucoup de boîtes se mettent à fuir, alors c’est que cela fait partie de la nature de l’œuvre. Dans ce cas, cela ne change rien à sa valeur." dira un "spécialiste
3) En fait les moustaches et la barbiche ont été ajoutés par Francis Picabia, Duchamp n'est l'auteur que du jeu de mots
- Merci au préfet maritime pour son repérage et à Niko pour son travail sur ce sujet