Le MOMOSITE vous présente

Quelques locutions molles pour mettre en difficulté vos interlocuteurs.

Page mise à jour le 05/07/2014

A bon entendeur... : Tentative de prise d'ascendance sur un groupe ou sur une personne. L'expression devenue creuse joue le rôle d'un code : "Mon propos est clair, si vous ne le comprenez pas, ce n'est pas de ma faute, mais ne venez plus la ramener". L'emploi de cette expression est généralement considéré comme une expression de suffisance.

Bien évidemment. Accompagne une assertion parfaitement discutable. Bien évidemment l'impôt sur le revenu est l'impôt le plus juste.
Et en plus, même principe, mais avec un argument éprouvé. L'eau du robinet c'est meilleur que l'eau minérale. Et en plus, c'est moins cher.

Ça s'arrête là, tout est dit : Tentative de fermer en débat en s'autoproclamant vainqueur ! Efficacité pas toujours évidente
On peut aussi le dire en latin, ça fait classe : "Ite, missa est"

Ça va mieux, maintenant ? Pique destinée à déstabiliser un interlocuteur qui vient de faire une longue intervention. Façon de lui dire qu'il n'a fait cette intervention que pour se défouler.

Ça, personne ne peut le nier. Affirmation péremptoire destiné à faire passer ceux qui disent le contraire pour des marginaux irresponsables.

Ce n'est pas comme cela qu'il faut raisonner : Autrement dit "tout ce que vous venez de dire est inutile"

C'est bien connu... : permet d'une part de faire croire à son interlocuteur que ce que l'on raconte est vrai, et d'autre part de faire ressortir une certaine culture générale (car en général l'interlocuteur n'a jamais entendu parler de ce fait bien connu).

C'est évident : Avec des "c'est évident" on peut dire beaucoup de choses... y compris des choses fausses...

C'est pareil. Appelle une référence elliptique que l'interlocuteur ne peut ignorer. Les ordinateurs, c'est pareil, ça coûte cher et c'est toujours en panne.

Comme quoi. Appelle un postulat connu de tous. Elena Ceausescu était bien diplômée en biologie, Comme quoi.

Comme tout... qui se respecte. Permet de sacraliser ses propres choix et de déconsidérer d'avance les éventuels contre-arguments de l'interlocuteur. Il est salutaire de fuir les personnes usant de ce procédé... Comme tout mélomane qui se respecte, je n'ai aucun disque de Barbara Hendricks dans ma discothèque !
Comme tout ... digne de ce nom. Pire que la précédente, puisque fait appel à l'esprit de caste, si la condition, n'est pas remplie, ne mérite pas de faire partie de la caste. C'est de l'exclusion linguistique en quelque sorte. Comme tout amateur de lingerie féminine, digne de ce nom, je déteste les collants.

D'abord / Et puis d'abord. En précédant l'énoncé (position + contenu sémantique), prévient toute contradiction. Et puis d'abord, j'aime bien les arguments simples

De toute évidence.... (Ou clairement, ou c'est clair.) : ajoutez à tout bout de champ ces mots qui ont l'avantage de venir au secours de votre mauvaise foi. De toute évidence, ces statistiques sont fausses. Nous sommes très clairement en face d'une machination. Quand à Machin, il fabule, c'est clair.

En même temps. Formule couramment utilisée par les personnes ne maîtrisant pas parfaitement la langue française servant à feindre une interrogation intérieure. Elle permet de solliciter son interlocuteur sans franchement lui demander son avis. J'adorerais que l'on reste amis, en même temps je ne peux pas cautionner de tels propos

En tant que. Utilisée pour se donner plus d'importance, apporter un rang plus honorable à une fonction ou un statut qui n'en sont pas. En tant que président du conseil syndical, je souhaite que vous ne déposiez plus vos poubelles dans le hall d'entrée de l'immeuble.

Et alors ? La question (mais est-ce une question ?) qui tue la conversation. Une réplique absolument anti fair-play qui coupera à tous les coups les pattes de votre interlocuteur. A conseiller donc à toute personne à court d'argument...

Il faut savoir que... (ou il vous faut savoir que) Parce que si vous ne le savez pas vous ne faites pas partie de la caste.

Il n'y a que la vérité qui blesse. Tentative de renvoyer le contradicteur dans ces cordes à l'aide d'un dicton de prétendue sagesse populaire (nb : ce proverbe n'a aucune vérité : Ce qui blesse aussi ce sont les calomnies, les insultes, les insinuations sournoises ou malfaisantes et bien d'autres choses encore...)

Je ne respecte que ceux qui le méritent. Tartuferie empreinte de suffisance permettant à certains de ne respecter personne tout en ayant sans cesse le mot "respect" à la bouche. Ce genre de discours place son auteur dans la catégorie des personnes fermées voire psychorigides.

Moi je ne sais pas, mais... Typiquement utilisé pour faire croire qu'on a une opinion d'une quelconque valeur sur un sujet qui nous dépasse allègrement. Moi je ne sais pas, mais Einstein il a quand même dit des conneries.
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Moi, par exemple. "Par exemple " dissimule le " moi ", en laissant supposer un choix aléatoire. Moi, par exemple, je m'efforce de trier mes déchets

Normalement. On ne peut juger l'événement individuel qu'en tant qu'exemple donc non représentatif en regard de la situation normale ; là aussi, la position en tête de phrase est indispensable.

On ne raisonne pas par comparaison : Affirmation péremptoire stupide car bien sûr que l'on peut raisonner par comparaison (à condition que la comparaison soit pertinente), mais jeter cela à la face de votre interlocuteur aura un double but : éviter de répondre à un bon argument et faire passer la personne pour un piètre débatteur. A noter que les D.R.H. adorent cette formule : A l'employé qui osera dire : "Martine travaille moins vite que moi, elle est toujours absente et elle a eu une augmentation", le D.R.H. lui enverra dans les dents : "Je refuse de discuter par comparaison" ! Que voulez-vous répondre à ça ?

On s'autorise à penser dans les milieux... : permet de raconter n'importe quoi sans citer aucune source

Plusieurs ont exprimé ce point de vue... Permet de réduire la portée des dires de l'adversaire, de se chercher des alliés. Très utilisé par ceux qui cherchent à justifier quelque chose uniquement par la parole des autres (ou du moins des "autres" qui vont dans leur sens)
Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que... Variante de la précédente.
Pratiquement plus personne ne défend ce genre de point de vue : Même si ce n'est pas vrai, ce genre d'affirmation vous fait passer pour un hurluberlu marginal

Point final. (Ou "point barre" qui fait aujourd'hui plus branché). Signifie à son interlocuteur que ce n'est même pas la peine de discuter, c'est comme ça et puis c'est tout

Pourquoi pas ? La formule frise l'impolitesse lorsqu'elle répond à une invitation (quelle qu'elle soit) puisqu'elle peut se traduire par "Oui, si j'ai rien d'autre à faire !"

Prouvez-moi le contraire ! : Technique argumentaire tendant à déstabiliser l'adversaire en l'accusant implicitement de mauvaise foi et en lui lançant un défi. Ne jamais tomber dans ce piège. Exemple : il est de notoriété publique que les astres ont une influence sur le destin des gens, prouvez moi le contraire...''

Puisque vous le dites ! : Autrement dit "causez toujours, votre opinion tout le monde s'en fout"... Permet de faire apparaître l'argument de votre interlocuteur comme étant d'une telle pauvreté qu'il ne sert à rien d'y répliquer.
On va dire ça comme ça : Prononcé d'un ton désabusé, cette locution est une variante moderne de la précédente.

Quand même ! Joker qui dispense de toute argumentation. Par ailleurs, interdit toute contradiction. Vous n'êtes pas pour la légalisation du cannabis, quand même.
Ah, quand même... Variante, quant à la forme, du précédent. Permet de dénigrer discrètement sous une apparence d'humour. Vous avez lu Proust ? - Ah, quand même...

Quelque part. Approximation qui se déguise en sous-entendu finaud. Quelque part, vos arguments sont pernicieux

Qu'on ne vienne pas me dire.... En s'adressant à un opposant imaginaire, cette locution permet à la fois de parer toute intervention malfaisante (viens pas me chercher !) et offre une réponse à toute contradiction potentielle. Qu'on ne vienne pas me dire que nous n'avons pas tenté de trouver des solutions.

Sauf que : Détruit tout l'argumentaire de l'adversaire avec un seul détail : Sauf que ces méthodes ne sont que de la poudre aux yeux

Si le problème se limitait à ça. Tentative de noyer le poisson en élargissant contre son gré le débat hors des limites souhaitées par l'interlocuteur. Exemple l'insécurité n'est pas un problème français mais un problème mondial, à Chicago, les chiffres sont autrement alarmants (justification par le pire) ou Mais il n'y a pas que la Seine St-Denis, il y à Marseille, Strasbourg... (Justification par la généralisation)

Si on veut bien réfléchir cinq minutes (ou si on veut bien réfléchir de façon intelligente). Façon vacharde de renvoyer son contradicteur dans ses cordes en laissant sous-entendre qu'il ne s'est jamais penché sérieusement sur la question

Si on veut être honnête et sa "variante" Si on veut être honnête un minimum. Assez grave puisque on laisse sous-entendre que son contradicteur (ou du moins ses arguments, mais ça revient au même) ne l'est pas (honnête)
Il faut bien peu de jugeote... (Ou il faut savoir réfléchir parfois...) Variante de la précédente, cette fois ce n'est plus l'honnêteté du contradicteur qui est mise en doute mais sa capacité à raisonner correctement.

Surtout que. Produit un leurre qui dissimule et protège l'assertion qui précède. L'abus de social c'est nul, surtout que ça engendre de l'assistanat.

Tout ce qui est excessif est insignifiant : Cette citation de Talleyrand est souvent juste, mais en l'employant y compris quand le propos n'a rien d'excessif, l'adversaire marque presque toujours un point.

Tout le monde le fait... Permet de culpabiliser "ceux qui n'entrent pas dans le moule" (Recycler ses lampes usagés, tout le monde le fait), mais ce peut être aussi une façon de renvoyer dans les cordes quelques hypocrites qui affichent une probité de façade qui ne trompe personne.

Tout le monde s'accorde à dire...
Permet de déconsidérer d'avance les éventuels contre-arguments de l'interlocuteur en le faisant passer pour un farfelu ultra minoritaire. Il est salutaire de fuir les personnes usant de ce procédé... Tout le monde s'accorde à dire que Boulez est le plus grand musicien de notre époque !

Vous êtes sûr ? Cette petite phrase peut avoir un effet dévastateur si elle est prononcée après un très long plaidoyer de l'adversaire.

Vous savez bien que j'ai raison. Une façon insidieuse d'accuser l'adversaire de mauvaise foi


Remerciements au site d'Echolaliste
Voir aussi : Conseils aux personnes qui vont participer à un débat télévisé