Le MOMOSITE vous présente

Conseils au personnes qui vont participer à un débat télévisé.

Page mise à jour le 02/03/2013

C'est devenu un spectacle et certains s'en régalent, c'est comme ça, si certains y viennent les mains dans les poches, d'autres préparent leurs interventions avec minutie, louant même les services de consultants. Est ce bien là peine ? A ce jeu, ce n'est pas forcément celui qui a raison qui gagne, la mauvaise foi est tellement facile, qu'on en juge :

Primordial : à tout moment, il faut vous souvenir : en aucun cas vous êtes en train de convaincre votre adversaire (et vice versa) c'est impossible, ce sont les téléspectateurs qu'ils vous faut convaincre

Cas 1 : l'adversaire fait une démonstration impeccable

Solution 1 : émettre des doutes : "d'autres et non des moindres arrivent à des conclusions parfaitement opposées."

Solution 2 : employez des locutions molles (et il y en a tellement qu'ils sont sur une page spéciale)

Solution 3 : déstabiliser : "je crains que personne n'ai vraiment bien compris ce lamentable pensum"

Solution 4 : l'appel au bon sens : "ce qui dicte mon opinion à moi, ce ne sont pas des constructions intellectuelles plus ou moins vaseuses, mais le simple bon sens."

Solutions 5 : faites comprendre que le niveau de votre adversaire est différent du votre :

  1. si l'adversaire emploi des mots compliqués, traitez-le d'intellectuel attardé ou de pseudo intellectuel
  2. si l'adversaire ne comprend pas des mots compliqués, traiter-le d'analphabète ou d'illettré, demandez lui son cursus.

Cas 2 : l'adversaire cite des faits vous mettant en causes

Solution 1 : la dignité : "Racontez tout ce que voulez, j'ai ma conscience pour moi !"

Solution 2 : l'insinuation : "Sur ce terrain on pourrait en dire des choses, mais je préfère me taire

Solution 3 : le refus : "Je refuse de discuter sur ce terrain

Solution 4 : la menace : "Je me réserve le droit de consulter mon avocat dès demain afin…"

Solution 5 : le rire jaune : "Vous ne pouvez pas savoir comme vous êtes amusant, je crains cependant que certains perdent patience"

Solution 6 : la contre attaque : "Et alors, vous êtes parfait vous ?"

Solution 7 : la mauvaise foi "C'est faux et vous le savez bien"

Solution 8 : le règlement "Vous n'avez pas le droit de dire cela"

Solution 9 : l'appel aux badauds "Seuls quelques crédules peuvent encore croire ce genre de choses, les téléspectateurs ne seront pas dupes !"

Solution 10 : les grands principes : Si une action en justice a été intenté contre vous, ne dîtes surtout pas "Je fais confiance en la justice de mon pays" (formule usée jusqu'à la corde) mais sortez les grands principes : Et la présomption d'innocence, qu'en faites-vous ;

Règles générales

a) Mettre les rieurs de son côté (à ce jeu tous les coups sont permis)

L'adversaire est petit : "vous êtes, et n'y voyez aucune attaque personnelle" trop petit pour moi mon ami !"

L'adversaire est très grand : "l'époque ou il suffisait d'avoir une grande taille pour être un leader est heureusement révolu"

L'adversaire est myope : "ce texte je l'ai lu aussi, je n'y ai pas lu la même chose, il est vrai que mes verres correcteurs sont à jours…"

L'adversaire est chauve : "vous pensiez avoir des arguments qui décoiffent, c'est vrai que vous n'avez pas ce qu'il faut pour les tester, excusez-moi cette plaisanterie."

L'adversaire a un nom qui prête aux jeux de mots : n'hésitez surtout pas !

b) On peut aussi attaquer ou se moquer des relations et amitiés de l'adversaire (très pratique, ils ne sont pas là pour répondre et cela va déstabiliser l'adversaire)

c) les grands gestes (j'ai là un texte, sortez un texte de votre serviette, et demandez qu'on le zoome, comme le texte en question à été tapé par votre secrétaire il y a une heure ça ne prouve rien du tout mais l'effet passe très bien)

D'une façon générale : rester courtois, le grossier aura toujours tort sauf dans des cas limites, mais à ce moment là il faut assumer, quitter le plateau par exemple…

Toute attaque virulente doit être nuancé de façon hypocrite par des "ce n'est bien sur pas une attaque personnelle"

Toute plaisanterie douteuse devra être excusée immédiatement '"pardonnez-moi cet humour.."

Utilisez la Prétérition : Figure de style où l'on commence par indiquer qu'on ne veut pas exprimer ce qui est néanmoins exposé dans la suite de la phrase ou du discours.
Ex : Je n'ai pas l'intention d'évoquer ici certains endroits que vous fréquentez, mais comme exemple pour la jeunesse ce n'est pas terrible !
Ex : On ne va pas évoquer ici le prix d'achat de votre dernière voiture, mais ce gout du luxe me paraît bien peu compatible avec vos convictions politiques

Les mots qui passent bien : Laxisme, Permissivité, Bon sens, Valeur traditionnelle, Fondamentaux.

Il est de bon ton de s'inventer des goûts qui font peuple : dire contre toute vraisemblance que vous êtes un fan de Johnny Hallyday, que vous faites un petit tiercé de temps en temps, que vous jouer au Bingo...

Une variante le débat dans la presse

Ne répondez jamais sur le fond, attaquez-vous à la forme, il y a peu de chances que les correcteurs aient laissé passer des fautes d'orthographe ou de grammaire (mais cherchez quand même on ne sait jamais) sinon il y aura forcément un mot employé à contre sens. Quand vous l'aurez trouvé, vous pouvez écrire votre réponse :

"Monsieur machin est tellement sûr de lui qu'il ne se contrôle plus, au lieu d'écrire n'importe quoi, il ferait mieux de consulter de temps à autre un dictionnaire, il saurait alors que la véritable signification du mot bidule est ….. Que pensez de la valeur d'un article dont l'auteur manie la langue française avec un tel laxisme !"

Et sur le Web ?

Sur le Web, c'est pareil, la discussion contradictoire n'existe pas, les adversaires se contentant de briller devant ceux qui viendront lire leur messages...

Heureusement, il y a d'autres, des tas d'autres discussions qui sont elles, enrichissantes...

Un texte de Arthur Schopenhauer

L’Art d’avoir toujours raison
Stratagème XXVIII
Convaincre le public et non l’adversaire

Il s’agit du genre de stratégie que l’on peut utiliser lors d’une discussion entre érudits en présence d’un public non instruit. Si vous n’avez pas d’argumentum ad rem, ni même d’ad hominem, vous pouvez en faire un ad auditores, c.-à-d. une objection invalide, mais invalide seulement pour un expert. Votre adversaire aura beau être un expert, ceux qui composent le public n’en sont pas, et à leurs yeux, vous l’aurez battu, surtout si votre objection le place sous un jour ridicule. : les gens sont prêts à rire et vous avez les rires à vos côtés. Montrer que votre objection est invalide nécessitera une explication longue faisant référence à des branches de la science dont vous débattez et le public n’est pas spécialement disposé à l’écouter.

Exemple : l’adversaire dit que lors de la formation des chaînes de montagnes, le granite et les autres éléments qui les composent étaient, en raison de leur très haute température, dans un état fluide ou en fusion et que la température devait atteindre les 250°C et que lorsque la masse s’est formée, elle fut recouverte par la mer. Nous répondons par un argumentum ad auditores qu’à cette température-là, et même bien avant, vers 100°C, la mer se serait mise à bouillir et se serait évaporée. L’auditoire éclate de rire. Pour réfuter notre objection, notre adversaire devrait montrer que le point d’ébullition ne dépend pas seulement de la température mais aussi de la pression, et que dès que la moitié de l’eau de mer se serait évaporée, la pression aurait suffisamment augmenté pour que le reste reste à l’état liquide à 250°C. Il ne peut donner cette explication, car pour faire cette démonstration il lui faudrait donner un cours à un auditoire qui n’a pas de connaissances en physique.