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La "vérité" sur quelques mérovingiens et autres carolingiens

Page mise à jour le 14/10/2015

Clovis : (466-511) : Sanguinaire, fourbe, fit exécuter un nombre impressionnant d'ennemis avérés ou potentiel (dont l'un de ses propres fils). L'un de ses " trucs " quand il arrivait dans une nouvelle cité était de se plaindre de sa solitude familiale, et qu'il n'y ait personne pour le soutenir dans les moments difficiles. Si un "cousin" avait la malencontreuse idée de se dévoiler, il le faisait mettre à mort. Mais il fut le premier roi chrétien, l'Histoire lui pardonne donc tout !
Profitons-en (bien que cela n'ai aucune importance) pour dire deux mots du fameux vase de Soissons qui selon les historiens, soit n'a jamais existé, soit à été rendu par Clovis intact à l'Eglise, soit était en métal et donc incassable (quoi que cabossable)
Clovis ne s'est jamais appelé Clovis, son nom se décline suivant les historiens : Hlodwig, Chlodweg, Clhlododweg, Clodovech, (à vos souhaits) Clodovicus puis Ludovicus (donc Louis)

Dagobert : (600-636) : Cruel, sanguinaire sadique, sans aucune considération pour la vie humaine, il fit ainsi égorger en une seule nuit plus de 10 000 Bulgares (hommes, femmes et enfants) qui étaient venus se placer sous sa protection, il se complaisait à assister à la décapitation des malheureux qui avaient eu le tort de lui déplaire, il fit exécuter son demi-frère.... Une telle attitude chez un chef d'état de nos jours le ferait immédiatement ranger dans la catégorie des brutes sanguinaires infréquentables. L'Histoire n'a pas ses scrupules et retient de Dagobert qu'il fut un grand roi (voir les trois critères)
On apprend par ailleurs qu'il fut nommé roi à 13 ans, ce qui n'a pas grande importance sauf quand la chronique rapporte qu'avant d'être roi il commit son premier viol ! On dit aussi qu'il tomba amoureux d'une religieuse après avoir entendu le son de sa voix, il la fit enlever pour l'épouser, en profitant au passage pour répudier son épouse. Il vivait d'ailleurs au milieu d'un véritable harem ou l'on comptait jusqu'à trente concubines.

Charlemagne (768-814) : Celui-ci fit aussi dans la fourberie, tout aussi cruel que les précédents personnages cités, ainsi après avoir assuré à des ennemis prisonniers qu'il ne le verrait plus jamais en colère, il leur faisait crever les yeux ! Il s'en prit aux saxons chez lesquels il fait régner la terreur (il fera décapiter 4.500 saxons à Verden en 782).
Charlemagne aimait la bonne chère et la chair tout court (il eut 9 épouses et une demi-douzaine de concubines) Mais il existe sur le personnage une légende sulfureuse : Celle du péché de Charlemagne.
Il est évident qu'un grand nombre de documents d'époque ont disparu... aussi cette mention n'apparaît que plusieurs années plus tard dans un texte sur la vie de Saint Gilles écrit par un moine de l'abbaye St Gilles du Gard au 10e siècle. Comme toute biographie de saint, celle-ci est une compilation d'absurdités diverses, mais là où on croit rêver c'est qu'il est question là-dedans d'un péché de Charlemagne, un péché tellement grave qu'il ne peut même s'en confesser, St Gilles veut l'aider, célèbre une messe pendant laquelle un ange se pointe avec un parchemin sur lequel est indiquée la nature du péché en question : On apprend sur un autre texte (la Karlamagnus Saga) qu'en fait Charlemagne aurait eu une relation incestueuse avec sa sœur Gisèle, qu'ils eurent un fils de cette union, et que le fiston ne serait autre que Roland de Roncevaux !
Voilà qui fait un peu fouillis pour un personnage que l'Eglise a ensuite canonisé !
Légende ? Pourquoi donc un obscur moine aurait éprouvé le besoin de salir la mémoire de l'empereur ? Et d'ailleurs dans ce texte, il ne salit rien du tout, il crée les conditions de son pardon ! On peut voir cet épisode de la vie de Charlemagne dans plusieurs églises et chapelles de France notamment :
Dans l'église St Gilles à Malestroit près de Vannes dans le Morbihan Thème de la messe de St Gilles dans la partie inférieure de la verrière.
Dans la chapelle St Laurent, fresque sur les murs intérieurs (Le Loroux-Bottereau - Loire atlantique)
Et surtout sur le dernier vitrail (le 22ème) de la série de consacré à Charlemagne dans la Cathédrale de Chartres (tout en haut)
En 1563, le concile de Trente décida que cet épisode devrait désormais être censuré !
Amusant, et en ce qui nous concerne beaucoup moins grave que d'égorger 10.000 bulgares !...


Les trois critères : L'histoire de France a eu généralement tendance quand elle dressa le bilan du règne de ses souverains à ne retenir que certains critères :
- Toute politique en faveur de l'accroissement géographique du territoire national est positive
- Toute victoire militaire est au moins méritante, sinon glorieuse
- Tout activité en faveur de l'église (protection du clergé, construction d'édifices) est une preuve de piété et donc de sagesse.
Voilà trois critères que l'on retrouve chez nos trois personnages cités plus haut.... le bonheur du peuple, son aspiration à la paix, et à la tranquillité ne font pas partie des critères....
C'est le passé dirons-nous pourtant on retrouve les mêmes absurdités de nos jours quand on juge un pays à la santé de son économie plutôt qu'au niveau de vie de ses habitants....


Un dernier mot : Je ne suis pas historien, la plupart des faits ici ont été empruntés sur le web, beaucoup sont tirés des "mensonges de l'histoire de France" de Guy Breton. Certains ont accueillis la parution de cet ouvrage d'un rire gras et suffisant. Pourtant les plus graves des événements relatés (notamment les 10 000 bulgares) sont cités par la majorité des historiens de l'époque, pour le reste, j'ai en effet davantage de raisons de croire ceux qui présentent les souverains de l'époque comme des chefs barbares (tels qu'il y en a encore aujourd'hui pas mal de part le monde) plutôt que ceux qui continuent à prioriser des critères désuets...

Liens intéressants : Charlemagne, Mégalomane carolingien - Clovis, Loubard mérovingien - Dagobert, Tyran carolingien