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ANECDOTES CULINAIRES

Page mise à jour le 14/10/2015

Extrait des mémoires du Capitaine Cook (1728-1779)

Feenou, le roi de Tougataboo, (archipel des Tonga) trouvait tant de plaisirs dans la compagnie des européens qu'il dînait tous les jours avec eux, quoiqu'il se fit souvent servir son propre dîner. Son repas consistait en soupe, poisson et igname. La soupe était faite avec de la liqueur des cocos dans laquelle le poisson avait été bouilli et étuvé, probablement dans un vase de bois, à l'aide de pierres chaudes. On l'apportait à bord dans une grande feuille de bananier. Ce ragoût était exquis, le cuisinier anglais eut beau essayer la même méthode, il ne put jamais en faire d'aussi bons.
(Bibliothèque portative des voyages Tome XXIV. Troisième voyage de Cook. - Paris 1817 pour la  traduction française.)

L'origine du croque-monsieur

C'est René Girard, qui nous la raconte dans son livre "Histoire des mots de la cuisine française" (1947) : L'histoire se passe en 1901 Boulevard des capucines dans un bistrot qui s'appelait "le bel âge" et dont le patron se nommait Michel Lunarca (impossible de retrouver garce à Internet l'emplacement exact de ce café !)

Un jour Lunarca, n'ayant plus de baguette confectionna des sandwichs chauds au pain de mie. A un client qui demandait qu'elle viande il y avait dedans, il répondit par dérision "de la viande de Monsieur". La boutade connu un tel succès que le lendemain, le "croque-monsieur" apparaissait à la carte.

Le croque-monsieur a depuis connu des tas de variations plus ou moins heureuses, mais la meilleure restera a jamais celle servie en extérieur au 35 du bd St Michel par un self-service aujourd'hui disparu, il s'appelait le croque-Mich, et se dégustait par gourmandise. La recette n'a jamais été retrouvée.

Pourquoi dit-on "mettre la table" ?

On vous l'a fait à coups sûr : Au cher bambin à qui l'on demande d'aller mettre la table, le sale gosse de répondre "D'accord mais je la mets où ?" . En fait c'est lui qui à raison, au Moyen âge, on mettait réellement la table, c'est à dire qu'on installait des tréteaux sur lesquels on posait des planches...

D'où vient l'expression " Entre la Poire et le fromage" ?

La scène du banquet dans le château fort, ou l'on voit tous les convives, s'empiffrer de carrés de viandes tandis que d' affriolantes servantes remplissent les verres de moult breuvages est complètement fausse. L'ordonnancement du repas était profondément différent. Les pauvres eux mangeaient ce qu'ils trouvaient, mais les seigneurs et leur suite commençaient par manger des rôtis de toutes sortes sans rien boire (même pas un verre d'eau). Venaient ensuite les poires (le fruit le plus répandu à l'époque), il y en avait de nombreuses variétés et elles servaient à la fois de légumes et de désaltérant. Ce n'est qu'après que l'on buvait du vin, non pas pour épancher sa soif, mais pour y goûter, avec le fromage.

Pourquoi trouve t-on des couteaux à bout ronds ?

Et tout le monde de répondre : pour ne pas que les enfants se blessent !
Faux ! D'abord, il n'y a que depuis très peu de temps que les enfants prennent place entière autour de la table, avant ils avaient leur propre table (mais sans couteaux)
La vraie raison est ailleurs, Le cardinal de Richelieu irrité que les gentilshommes se curent les dents à table avec leur couteau, demanda à son coutelier d'arrondir les bouts de ces ustensiles...

Pourquoi ne doit-on pas couper la salade avec un couteau ?

Parce que ça ne fait pas distingué ?
Encore une fois derrière le "bon usage" se cachent des raisons bassement matérielles, les couteaux étaient souvent en argent, or l'argent avec le vinaigre ce n'est pas terrible...

La tarte TATIN

C'est à une maladresse des sœurs TATIN, aubergistes à Lamotte-Beuvron en Sologne vers 1898, que nous devons la tarte TATIN. Dans la hâte précédant l'arrivé de nombreux clients de l'auberge, l'une d'elle fit tomber une tarte aux pommes. En ce temps-là, la vie dans les campagnes étaient dure et jeter de la nourriture était sacrilège. Les sœurs TATIN ramassèrent la tarte en la remettant à l'envers dans son moule, et la repassèrent au four. La délicieuse (n'exagérons rien !) tarte caramélisée qui en résulta assura leur célébrité.

Les Papillotes de Lyon

Bon on aime ou on n'aime pas, mais c'est bien joli tout ces bombons de toutes les couleurs dans leur grand papier. Ça vient d'où ce truc. Et bien voilà : A la fin du 18e siècle, un dénommé Papillot, apprenti chez un confiseur lyonnais du quartier des Terreaux était amoureux d'une belle et avait pris l'habitude d'envelopper les bonbons fraîchement fabriqués avec des papiers sur lesquels il écrivait des messages enflammés. Surpris par le patron, il fut viré, mais ce dernier retint l'idée et vendit ses bombons sous le nom de "Papillote" en incluant au verso de l'emballage, une histoire drôle, une devinette, une citation. Bref les Papillotes étaient nées. Authentique l'anecdote ? On ne saura sans doute jamais ! Mais de toute façon c'est plus rigolo que de dire que Papillote c'est parce que ça ressemble à papillon !

Le Kir

Le chanoine Kir, ancien député-maire de Dijon (de 1945 à 1968) et personnage truculent aurait inventé le Kir en 1952.  Faux : on trouve dans la littérature la trace du blanc-cassis bien avant cette période ! (Parfois sous le nom de "rince-cochon"). Mais il est vrai que le Kir n'emploie pas n'importe quel vin blanc mais du Bourgogne aligoté. Il y aurait beaucoup à dire sur cette mode : En fait, on a trouvé le moyen de faire à la fois un apéritif pas cher et d'écouler des vins blancs à peine buvables. Le résultat n'est pas forcément mauvais en soi, mais faire passer ce mélange pour une découverte gastronomique est tout de même un peu fort. Depuis le Kir a fait des petits cousins : le cardinal (ou communard) qui est un kir au vin rouge (pas terrible !) et surtout le kir royal, véritable aubaine des buffets où l'organisateur peut se permettre de ne pas être trop exigeant sur la qualité du champagne dont le goût va être complètement dénaturé, et où les gens qui n'aiment pas le champagne mais qui n'osent pas le dire peuvent en déguster sans souci !
Finalement le chanoine Kir voulait surtout relancer la fabrication de la crème de cassis. Et il y est arrivé... A noter qu'au départ une seule marque peut utiliser la dénomination Kir (Lejay Lagoute) puisqu'en 1993 la cour de cassation à interdit à la concurrence (l'Héritier Guyot) l'usage de ce nom...
(voir aussi plus bas, les mélanges aux noms étranges)

La Naissance de la frite

1781 est une année historique, en effet si on ne sait pas exactement en quelle année la pomme de terre frite vit le jour, la première référence culinaire s'y rapportant eu lieu cette année-là ! Les circonstances de son apparition sont par contre connues.
A Namur (Belgique) une tradition réunissait la population près de la Meuse, dans laquelle on péchait des petits poissons, pour les faire ensuite frire dans l'huile bouillante. Une année la Meuse gela, empêchant de préparer la friture. Quelqu'un eu l'idée alors de découper des petits bout de pommes de terre dans la longueur, évoquant de loin la forme d'un petit poisson, la frite était née !
Auparavant la pomme de terre venue d'outre atlantique (avec pas mal d'autres fruits et légumes) avait conquis l'Allemagne, la hollande, et tout le nord de l'Europe, mais pas la France. Au pays de "la meilleure cuisine du monde" on se méfiait (et on se méfie toujours) des nouveautés qui sont toujours intégrées avec une bonne centaine d'année de retard...

La moutarde est-elle née à Dijon ?

Pas de bol, non seulement le Kir n'est pas né à Dijon mais la moutarde non plus !
Il y a 3000 ans les Chinois cultivaient déjà plusieurs espèces de cette plante crucifère à fleurs jaunes, très courante en Asie et en Europe. Ils ont été les premiers à en broyer les graines et à les mélanger à un suc acide extrait du raisin, le verjus, pour fabriquer un condiment : la moutarde.
C'est au 14e siècle, lors des fastueuses fêtes du Rouvre offertes par les ducs de Bourgogne que la ville de Dijon fut associée à ce condiment synonyme alors de richesse et de raffinement, la réputation de la moutarde de Dijon date de cette époque et sa fabrication en est strictement réglementée depuis 1390 !
Aujourd'hui malgré la concurrence du Ketchup et de la sauce Chili, la moutarde ne se porte pas si mal puisqu'on estime sa consommation annuelle à 60 000 tonnes !

La bûche de Noël

A l'origine, il s'agissait d'une vraie bûche qui devait brûler du 24 décembre jusqu'à l'épiphanie (et non pas jusqu'au nouvel an, car le nouvel an n'a pas toujours eu lieu le 1er janvier...). Pour qu'elle ne se consume pas trop vite elle devait être très grosse et en bois très dur (de préférence d'un arbre fruitier), symbole d'abondance. La mise au feu avait lieu, le plus souvent, pendant la veillée avant minuit. Le chef de famille bénissait la bûche qui était censé apporter protection et bonne récolte...On la bénissait à l'eau et au sel mais aussi parfois au vin pour l'exorciser...
Selon les régions elle portait des noms différents : Cosse de Nau en Saintonge, Trifougeaou ou Trifougeau en Poitou, Souche en Ile de France, Souque ou Chuquet en Normandie, Kef Nedelek en Bretagne, Cacho Fio en Provence. Les restes de la bûche étaient pieusement conservés. Ils accompagnaient parfois les morts dans leurs cercueils. Avec la partie consumée, les paysans du Périgord façonnaient le técoin qui calait leur charrue. Pour se préserver des insectes malfaisants ils en plaçaient un bout sous leur lit
Selon certains, la tradition de la bûche trouverait son origine dans les rites des celtes qui allumaient des feux de joies sur les collines à l'occasion du soliste d'hiver.(le fameux retour des jours longs) Elle à été reprise (comme beaucoup d'autres) par le catholicisme qui l'a sacralisé.
La bûche est apparue sous forme de pâtisserie pour la première fois vers 1870. sous la forme d'une génoise fourrée à la crème au beurre. Comme énormément de "faits" soit disant traditionnels son apparition est donc en fait très récente ! Depuis le temps a passé et on est maintenant à la bûche glacée (de quoi attraper un chaud et froid...)

Champagne pour tout le monde !

Vous voulez briller en société, apprenez par cœur les noms des différentes bouteilles de champagnes :
NABUCHODONOSOR (15 litres)
BALTHAZAR (12 litres)
SALMANAZAR (9 litres)
MATHUSALEM (6 litres)
REHOBOAM (4,5 litres)
JEROBOAM (3 litres)
Ensuite nous avons beaucoup plus prosaïquement, le Magnum (1 litre ½ ), la bouteille (3/4 litre) , la Demi-bouteille , le Quart et même... le Huitième !
Glou-Glou !

Tchin-Tchin !

Vous connaissez sans doute l'histoire de cet industriel qui après avoir signé un important contrat en Chine, honore ses hôtes d'un contrat d'adieu ou l'on sabre le champagne et lance à la cantonade un bruyant : "Tchin-Tchin ! " Le responsable de la délégation chinoise, après quelques secondes d'hésitations lève son verre à son tour en criant : "France ! France !"

Et Oui Tchin- tchin est devenu synonyme de trinquer. Pourtant quand on y regarde bien, il y a là une bizarrerie... La prochaine fois que vous serez en tète à tête au restaurant, trinquez avec votre partenaire ! Et écoutez le bruit ! Ça fait Tchin, pas Tchin-Tchin ! Il manque donc un Tchin ! Quel est donc ce mystère ?

Et bien voilà, au moyen âge, l'empoisonnement dans la nourriture ou dans la boisson était une pratique fort répandue dans certains milieux. Echanger un peu de son breuvage avec quelqu'un était donc en ces temps dangereux un signe de confiance mutuelle. Les verres étaient forts remplis de vin ou de bière (l'apéritif n'existait pas), et souvent dans des matières solides (argent, étain, fer, bois). L'un des 2 buveurs commençait à cogner son verre contre l'autre de telle façon qu'une partie du liquide s'éclabousse et atteigne l'autre verre (premier Tchin). Le second buveur lui rendait bien sûr la politesse (2ème Tchin).

Avec le temps, la confiance entre buveurs est revenue, on ne trinque maintenant qu'une seule fois et sans brutalité (Tchin !)

Il est curieux de constater que pendant les années 70, cette coutume à eu tendance à se perdre, remplacée par le lever du verre à l'Américaine (Ah ! Le type qui lève son verre en faisant Tchin-Tchin mais en ne trinquant pas...) Depuis les années 80 la tradition est repartie, allez donc savoir pourquoi ! Tchin !

Trempé comme une soupe

En voici une expression qu'elle est bizarre !, Une soupe ne peut pas être trempée puisqu'elle est naturellement liquide ! En fait le mot soupe comme de nombreux mot de la langue française à connu un élargissement sémantique. La soupe à l'origine n'était que la tranche de pain que l'on trempait... dans quoi ?

Dans le potage ! Lequel potage n'avait pas la même signification d'aujourd'hui et désignait tout ce qui cuisait dans le "pot" (mot que l'on retrouve dans poule au pot, manger à la fortune du pot…)

Le cordon bleu

Dire de quelqu'un que c'est un cordon bleu, d'accord mais d'où vient ce cordon et pourquoi est-il bleu ?
Le "cordon bleu" était en fait une distinction hautement honorifique instituée par Henri III, et supprimée par la révolution de 1789 qui lui substitua la "légion d'honneur" Le changement de régime pénalisa le milieu des grands cuisiniers (qui perdaient leur fond de commerce), qui par métaphore désignèrent du terme de Cordon Bleu les meilleurs d'entre-eux. Et l'on sait que c'est autour des tables que se véhiculent le mieux les expressions nouvelles...

La sauce Bechamel

La paternité officielle en revient à Louis de Bechameil (avec un e ! et à ne pas confondre avec la Becha-Mail), Marquis de Nointel qui déclara en inventer la recette en 1700 ! Les mauvaise langues diront bien sûr que le véritable inventeur était son cuisinier, mais apparemment personne n'a retrouvé son nom... 

La Biscotte

Il s'agit d'une invention récente ! (début du 20e siècle !). Charles Heudebert, boulanger de son état avait un stock de pain de mie invendu, il les coupa donc en tranche et les fit griller... Le succès fût immédiat, il ne restait plus qu'à apprendre à les tartiner (voir astuces culinaires)

Les Soi-disant produits traditionnels

Le camembert : Exemple  type de produit soit disant traditionnel et en fait pas si vieux que ça, puisque la première fabrication date de 1790 (par Marie Harel dans la ville normande de Camembert). Ce fromage obtint rapidement un grand succès. La recette a ensuite été imité, et certains ont fait mieux. Ainsi malgré mon amour du camembert, je trouve le COULOMMIERS meilleur !

Le champagne : Ce produit n'a été mis au point par Dom Pérignon qu'en 1690.

Le croissant : Inventé à Vienne (d'ou le nom viennoiserie) en 1683 par un boulanger d'origine polonaise, Kulyeziski. La forme était pour rappeler la victoire des occidentaux sur les armées turques dont le croissant était justement l'emblème !

Le petit beurre : inventé à Nantes par Louis Lefèvre-Utile (parfaitement c'était son nom, et c'est ce qui donna LU) en 1886

le sandwich : inventé en 1672, par le cuisinier de John Montagu, comte de Sandwich (authentique) afin de lui permettre de de ne pas mourir de faim pendant qu'il perdait tout son argent au jeu.

Des mélanges aux noms étranges 

Tango Bière et sirop de grenadine
Monaco Bière, limonade et sirop de grenadine
Valse Bière, limonade et sirop de menthe
Kir Vin blanc et liqueur de cassis
Kir royal Champagne et liqueur de cassis
Kir Breton Cidre Brut et liqueur de cassis (merci Sébastien)
Communard (ou communiste, ou cardinal) Vin rouge et liqueur de cassis
Radeau Limonade et rondelle de citron
Diabolo pinard Vin rouge et limonade
Tomate Ricard et sirop de grenadine
Perroquet Ricard et sirop de menthe
Melon Ricard et sirop d'orange
Mauresque Ricard et sirop d'orgeat
Feuille morte Ricard, sirops de menthe, de grenadine et d'orange