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Notes de Théâtre

Page mise à jour le 01/05/2017


Tartuffe - L'avare - Le bourgeois gentilhomme - Le triomphe de l'amour - La nuit et le moment - Les deux timides - Chat en poche - Le système Ribadier - Monsieur chasse - Un fil à la patte - L'hôtel du libre-échange - La dame de chez Maxim - La puce à l'oreille - La cruche - On purge bébé - Am-Stram-Gram - La folle de Chaillot - La cantatrice chauve - Lorsque l'enfant parait - La tête des autres - La manière forte - Le mari, la femme et la mort - Tresor Party - Patate - De doux dingues - La Vénus de Milo - Pomme, pomme, pomme - La facture - Cash-Cash - Adieu Berthe - La soupière - Le charlatan - Le noir te va si bien - Folie douce - Féfé de Brodway - Le père Noël est une ordure - Diable d'homme - Joyeuses Pâques - Nuit d'ivresse - Les seins de Lola - L'amour foot - Robin des bois - Le Temps des cerises - La maîtresse en maillot de bain

Tartuffe


Claude Winter et robert Hirch

Une pièce de Molière (1664) Vu dans la version de la comédie française (1975) avec un fabuleux Robert Hirsh dans le rôle-titre, Jacques Charon dans celui d'Orgon, la très belle Claude Winter dans celui d'Elmire et la plantureuse Françoise Seigner dans celui de Dorine, l'énergique soubrette. Sinon il faut bien avouer qu'on ne s'ennuie pas, la pièce est très bien rythmé, elle démarre très fort et on a envie de voir qui est ce tartuffe dont tout le monde parle et qui tarde à venir, les deux scènes de séduction entre Tartuffe et Elmire sont fabuleuses. Le fond est fort, l'hypocrisie cléricale en prend pour son grade, ainsi que celle de ceux qui refuse de la voir, mais il n'y a pas que ça, l'attitude d'Elmire est par exemple d'une modernité exemplaire. Certaines tirades peuvent aujourd'hui paraître un peu longues, mais à bien les écouter, ces vers sont loin d'être tristes. On remarquera que les ficelles du théâtre sont déjà là, les entrées et les sorties, les fausses sorties et les cachettes… Sans doute pourrait-on aussi regretter la fin, un peu faible, mais cette pièce reste un monument du répertoire.

L'avare

Une pièce de Molière (1668) Toute la pièce est articulée autour du personnage d'Harpagon, tout l'intérêt réside donc autour de son interprétation, le reste de l'intrigue ne servant que de faire valoir. Vue comme cela l'interprétation qu'en a fait Louis de Funès en 1980 pour le cinéma n'est en rien une trahison de l'oeuvre, il est simplement dommage que la réalisation ne soit pas à la hauteur et que certains rôles soient si mauvais. La conclusion de la pièce peut paraître facile, sinon bâclé.

Le bourgeois gentilhomme

Une pièce de Molière (1670) en fait une comédie ballet (musique de Lully, chorégraphie de Pierre Beauchamp). Ce qui est frappant c'est que 350 ans après sa création et alors que le sujet est dépassé (du moins dans sa conception d'origine) Molière parvint encore à nous faire rire.. La pièce est remarquablement construite, chaque personage est rapidement cerné dans ses travers et Molière n'épargne pas les profiteurs en tout genre, les cuistres (le professeur de philo), les esbroufeurs (le professé d'escrime), les hypocrites, les lèches culs… seul petite tache là-dedans le personnage de Cléante décidément trop lisse, mais on pardonne. Et puis Le bourgeois gentilhomme c'est aussi Lully et les ballets. Un enchantement, un chef d'œuvre intemporel. Vu dans une mise en scène très réussi de Pierre Badel (1968) avec Michel Serrault dans le rôle de Monsieur Jourdain (voir rubrique cinéma)

Le triomphe de l'amour  


Marie Piiton jouant le rôle de Léonide

Une pièce de Marivaux (1732) le fait est que les motivations de Léonide ne sont pas très claires, mais le jeu de séduction qu'elle exerce n'en reste pas moins fabuleux.  Vue dans une mise en scène de Jean-Paul Tribout (2001) avec comme unique décor quelques pots de fleurs (!), l'action étant transposée au 20ème siècle (pourquoi ?), malgré ces choix à priori contestables l'interprétation de Marie Piton crève l'écran et souligne merveilleusement le propos, on passe un bon moment !

La nuit et le moment

Une pièce de Crebillon fils (1755). On voudrait aimer cette pièce libertine, ce jeu du chat et de la souris, ces joutes oratoires, mais une heure de prose alambiquée et de tournures à l'imparfait du subjonctif, ça devient vite gavant. Vue dans une mise en scène de Nina Companeez (1978)  avec Francis Huster qui s'efforce de donner vie à ce texte difficile, mais son débit trop rapide n'arrange rien. Catherine Salviat qui lui donne la réplique est assez troublante

Les deux timides

Une pièce d'Eugène Labiche (1860). C’est très court (vu dans une version amputée de ses parties chantées, donc juste 40 minutes de spectacle. Ça n'a aucune prétention et à la limite ça ne rime à rien, ce n'est qu'une farce saugrenue, mais qu'est-ce qu'on se marre, les gags fonctionnent à fond. Du grand art ! Vu dans une version avec Jean Le Poulain et Francis Perrin brillants tous les deux.

Chat en poche

Une comédie de Georges Feydeau (1888) Mise en scène en 1975 par Jean-Laurent Cochet pour la télévision avec Thierry Le Luron, Micheline Luccioni, Yvonne Gaudeau... Du vaudeville à l'état pur, millimétré et truffé de bonnes répliques et de situations burlesques. Son seul défaut est sans doute de n'être qu'un vaudeville, et on est assez loin de "Un fil à la patte" mais on passe un bon moment et on ne va pas bouder notre plaisir.

Le système Ribadier

Une pièce de Georges Feydeau (1892). Du Feydeau tout craché avec une maîtrise du vaudeville assez incroyable, le délire allant crescendo. Vu dans une retransmission du Théâtre Montparnasse de 2007 avec une distribution bonne mais sans plus, à l'exception de Léa Drucker véritablement étonnante.

Monsieur chasse

Une pièce de Georges Feydeau (1892). Du Feydeau pur jus dans un thème qui sera repris deux ans plus tard dans "L'hôtel du libre-échange". Comme toujours chez l'auteur, rien n'est laissé au hasard, la situation se complique au fur et mesure que la pièce se déroule et quand les situations paraissent inextricables, le délire prend le relais (les scènes où les deux bourgeois chantent l'air final de Faust, et celle du faux fantôme sont des sommets de l'art vaudevillesque. A la fin tout semble rentrer dans l'ordre, mais personne n'est dupe.

Un fil à la patte


Micheline Boudet, Robert Hirch et Jean Piat

Une comédie de Georges Feydeau (1894) Mise en scène en 1970 par Jacques Charon pour la télévision avec Micheline Boudet, Robert Hirch, Jean Piat… Deux heures de pur délire, (même si l'acte 3 est un peu plus faible que le reste.). Interprétation fabuleuse, Hirch est dément, et Micheline Boudet a du charme à revendre. Feydeau se permet tout, y compris de de désacraliser le mariage (et avec quel talent !). C'est fin, subtil, et on s'amuse (tout à fait le genre de pièce que quelques auteurs autoproclamés comiques devraient regarder afin d'apprendre leur métier)

L'hôtel du libre-échange


 

Une pièce de Georges Feydeau (1894). Le vaudeville dans ce qu'il y a de meilleur .C'est complétement farfelu et évidemment improbable, mais ça fonctionne comme une mécanique parfaitement huilée, et plus c'est absurde, mieux ça marche avec en prime une belle dénonciation de l'hypocrisie bourgeoise. L'intrigue est saupoudrée de trouvailles irrésistibles (comme les quatre filles de Mathieu ou le gag du ramoneur), Vu dans une version fabuleuse avec un Jean Poiret en super forme, un Jean-Pierre Darras complétement allumé, Danielle Volle aussi resplendissante que talentueuse, ainsi qu'une étonnante Marthe Mercadier. Chef d'œuvre bien sûr. 

La dame de chez Maxim


Catherine Samie

Une pièce de Georges Feydeau (1899). Plus de trois heures de délire, un vaudeville fabuleux qui donne le tournis. Si l'acte 1 est excellent et l'acte 3 de bonne facture, l'acte 2 qui se déroule en Touraine atteint la folie pure et le délire et propulse cette œuvre au panthéon des œuvres théâtrales  Vue dans une représentation de la  Comédie Française (1982) mise en scène par Jean-Paul Roussillon avec Catherine Samie, fabuleuse dans le rôle de la môme crevette.

La puce à l'oreille

Une pièce de Georges Feydeau (1907) Du pur Feydeau qui a un peu de mal à démarrer avant de tomber dans sa deuxième partie dans un délire extravagant et irrésistible, tout cela uniquement à base de quiproquo en série dans la grande tradition boulevardière (la bonne !) Vue dans la retransmission du Théâtre des Variétés en 1996 à l'époque ou Belmondo en était le directeur. Hélas si Belmondo y est impeccable, on ne peut en dire autant de l'ensemble de la distribution, ou certains acteurs semblent avoir des problèmes de prononciation quant à celui qui bafouille exprès, il bafouille mal. En revanche ces demoiselles sont fort accortes notamment Charlotte Kady qui joue le rôle de  Lucienne Homénides de Histangua

La cruche

Une pièce de Georges Courteline et Pierre Wolff (1909). Après un départ prometteur, l'auteur se rend compte qu'il n'a pas grand-chose à dire et s'empêtre dans son sujet avec des mauvais dialogues aussi inintéressants qu'interminables (on a même droit à un monologue si soûlant qu'on finit par ne plus l'écouter). Bref c'est mauvais. (vu avec la très belle Katia Tchenko, malheureusement dans un petit rôle qui ne sert à rien)

On purge bébé

Une pièce de Georges Feydeau (1910). Comme souvent chez Feydeau on se demande dans quoi on s'embarque et plus ça avance, plus ça délire, et plus ça délire plus c'est bon. Une pièce où un seau hygiénique est omniprésent et où il est question de pots de chambres, qui ne sombre jamais dans la vulgarité, il fallait le faire. Vu dans une version télévisuelle de 1961 réalisé par Marcel Bluwal avec Jean Poiret et Jacqueline Maillan, l'interprétation en est extraordinaire.

Am-Stram-Gram

Une pièce d'André Roussin (1941). Les comédiens ont l'air de s'amuser comme des petits fous, hélas leur bonne humeur n'est à aucun moment communicative et on s'ennuie comme des rats morts.

La folle de Chaillot

Une pièce de Jean Giraudoux (1945). Cette pièce doit davantage sa réputation aux artistes prodigieux qui l'ont joués (Louis Jouvet, Edwige Feuillère, Judth Magre…), à son titre farfelu et son idée de base qu'à son contenu. Car enfin tout cela n'avance pas, ça pérore dans le vide, ça se répète, ça digresse… et surtout ça manque cruellement de rythme. L'auteur a cru bon pour nous ternir éveiller d'égrener le début d'interruptions diverses qui se veulent humoristiques, mais l'ennui prend inexorablement le dessus. Quant au fond que d'aucun voudrait voir comme visionnaire, il est d'une naïveté qu'on a le droit de trouver confondante.

La cantatrice chauve

Une pièce d'Eugène Ionesco (1950). La version que j'ai tenté de regarder est celle mise en scène par Jean-Luc Lagarce en 1992 (Réalisation pour Arte en 2007). Je n'ai rien contre l'absurde à condition que ça m'apporte autre chose que des bâillements. J'ignore qu'elles étaient les intentions de Ionesco mais au bout de 30 minutes j'ai laissé tomber tellement cela m'a paru insupportable de laideur, d'ennui et de vacuité. Voulant en savoir plus j'ai trouvé ce texte sur Wikipédia décidemment spécialiste du grand n'importe quoi  : "Jean-Luc Lagarce utilise des couleurs vives pour dénoncer le ridicule des bourgeois ainsi qu'un décor (une maison blanche et un jardin) pour souligner leur conformisme. Il souligne ainsi l'artificialité et la superficialité de ce monde (comme par exemple, la mise en scène d'un tuyau en plastique jaune fluo)" .  Au secours ! PS : Il semble bien qu'il existe de cette pièce des mises en scène moins étirées et plus intéressantes...

Lorsque l'enfant parait

Une comédie d'André Roussin (1951) Si le sujet est grave puisqu'il est question d'avortement, Roussin le traite en comédie puisqu'il place un sénateur adversaire de l'IVG face à l'hypocrisie de ses positions. Sa critique de la bourgeoisie est extrêmement féroce et intelligente, ces gens ne pensant tous (à l'exception du fils, un peu rebelle) qu'à leur réputation, leur carrière et leur fric. La pièce est donc fort bien menée pendant plus d'une heure trente. (nonobstant quelques dialogues parfois répétitifs et quelques pistes qu'on regrette qu'ils n'aient pas été exploités - les rapports du sénateur et de sa secrétaire par exemple). Pourquoi faut-il alors que dans les dernières vingt minutes tout ça retombe comme un soufflé, on a droit à un véritable hymne à la maternité (bien lourdingue en plus), tout s'arrange, les bourgeois continueront à "bourgeoiser", le fils rentre dans le rang (miracle !), le sénateur balaiera d'un geste les arguments qu'il n'avait cessé de mettre en avant pendant 90 minutes. Pourquoi cette conclusion, pour ne pas froisser le public ? Si c'est cela c'est bien triste, mais la pièce fut un succès (1603 représentation à sa création) La version de 1982 jouit d'une excellente interprétation (GuyTréjan pour le sénateur, et Marthe Mercadier pour son épouse)

La tête des autres

Une pièce de Marcel Aymé (1952). Un chef d'œuvre. Un bijou ! Evidemment, Aymé semble prêcher à des convaincus, les autres se contenteront de trépigner sur leurs fauteuils, mais il faut voir comment il traite cela, ce n'est pas un simple plaidoyer contre la peine de mort, ça va bien plus loin, il nous parle de la justice en tant que spectacle, des collusions entre les puissants et la justice et surtout et là c'est très très fort, du sentiment d'injustice que chacun porte peut-être au fond de soi-même. La conclusion est donc très pessimiste, mais le démonstration est brillante et géniale. Aymé ose tout, ne censure rien et on rigole de bon cœur. Il y a bien deux ou trois facilités de scénario (la tirade d'Alessandrovici), mais qu'importe… Un chef d'œuvre vous dis-je ! Vu dans la version d'au théâtre ce soir avec une Judith Magre (voir image) fabuleuse et un Guy Tréjean impérial.

La manière forte

Une pièce de Jacques Deval (1954). Au bout d'un quart d'heure on a déjà compris comment ça allait se terminer. Vu dans la version d'"au théâtre ce soir" avec Claudine Coster. Cette dernière m'a un peu aidé à supporter la pièce mais pas jusqu'au bout, ce n'est pas très amusant, ce n'est pas intéressant et on s'ennuie à mourir.

Le mari, la femme et la mort  

Une pièce d'André Roussin (1954) Ça commence par un trop long bavardage avant de devenir intéressant quand on finit par comprendre l'enjeu du scénario. C'est astucieux, et si certaines scènes sont téléphonées, la conclusion ne l'est vraiment pas, Roussin ayant choisi pour cette pièce de se débarrasser de tout moralisme à bon marché, c'est sans doute pour ça que cette pièce bien supérieure à "lorsque l'enfant parait" n'a pas eu le même succès. Vue dans une mise en scène de Francis Jouffo avec la très belle Catherine Rouvel et le très talentueux Jacques Morel

Tresor Party

Une pièce de Bernard Regnier (1955). Prendre un roman d'humour anglais pour la transformer en pièce de boulevard était un pari osé. L'adaptateur n'a rien compris au vaudeville et nous a pondu un spectacle lourdingue et profondément ennuyeux, sans humour et sans surprise, C'est à cause de pièces de ce genre que le théâtre de boulevard à si mauvaise réputation.

Patate

Une pièce de Marcel Achard (1957). Certes la pièce est agréable à regarder, mais avec un peu de recul on se demande ce qu'à voulu nous dire Achard. Rien du tout et seulement nous amuser ? Si c'était le cas il n'y aurait pas tous ces bons sentiments qui finissent par devenir lourds. En fait ça sent le cocktail, un vaudeville plus un peu de sentiment, deux doigts de modernisme et un peu de morale, tout cela ajouté au talent de l'auteur ne peut que faire un succès. Autrement dit c'est un peu artificiel et ça se sent… La pièce est ponctuée de facilités de plume assez peu pardonnables : Léon qui trimbale depuis 30 ans un papier dans sa poche arrière de pantalon (il doit être dans un bel état le papier !), d'invraisemblances comme la présence inexplicable à la fin de la femme de Noël chez les Rollo, et même d'incohérences comme l'absurde attitude d'Alexa qui accepte de trahir son amant et de se laisser enfermer. Quant au personnage d'Edith Rollo il apparaît vraiment comme improbable adoptant des postures morales, sans que cela ne l'empêche d'aller fouiller dans le sac de sa fille, humilié par son mari, mais l'adorant béatement… Vu dans une bonne mise en scène de Pierre Mondy avec une Michel Duchaussoy exceptionnel.

De doux dingues

Un pièce de Michel André (1960) . Du pur délire, à partir d'une situation absurde (une nana avait oublié de prévenir son nouveau mari qu'elle avait eu déjà trois maris qu'elle était deux fois veuve, qu'elle avait eu trois enfants, qu'elle était grand-mère, et que son dernier mari avec lequel elle était resté en bon terme lui servait de comptable….) On brode là-dessus pendant deux heures et ça fonctionne parfaitement. Vu dans la représentation pour au théâtre ce soir en 1972 avec Maria Pacôme, Georges Descrières, Jean Le Poulain, ça se déguste !

La Vénus de Milo

Une pièce de Jacques Deval (1962). Bien sûr, c'est facile (tout est basé sur le quiproquo initial) et on est en plein dans la caricature, mais ça fonctionne parfaitement. L'auteur égratigne l'hypocrisie bourgeoisie, n'a rien contre les putes (bien au contraire) mais n'aime pas les maquereaux et en plus il ne fait aucune concession au politiquement correct et choisit une fin tout à fait amorale. Œuvre mineure mais réjouissante que cette pièce. Vue dans une mise en scène de Fred Pasquali (1973) avec Denise Grey, Danielle Volle (voir image), Jacques Balutin... un régal

Pomme, pomme, pomme

Une pièce de Jacques Audiberti (1962) J'ignore si la faute en incombe au texte de l'auteur ou à l'interprétation agaçante au possible de son acteur principal, mais ne parvenant pas à m'intéresser à ce machin, je laissais tomber l'affaire.

La facture  

Une pièce de Françoise Dorin (1968). Une fausse bonne idée (celle d'une femme trop chanceuse craignant de devoir un jour payer la "facture") très mal exploitée. Chaque scène dure quatre fois trop longtemps, il n'y a aucun rythme, on nous répète tout le temps la même chose et tout cela est d'un ennui. Vu avec Jacqueline Maillan qui malgré son talent ne réussit qu'à nous saouler. Au théâtre, j'aurais quitté la salle

Cash-Cash

Une pièce d'Alistair Foot et Anthony Marriott adapté par Albert Husson (1969). On brode pendant deux heures sur une idée de base pas plus idiote qu'une autre. Le problème c'est que ça a du mal à tenir la distance. Individuellement la plupart des comédiens sont bons : Darry Cowl qui improvise à outrance, Jean Lefebvre et l'étonnante et fort sexy Claire Mourrier, mais la mayonnaise ne prend pas, ça s'enlise, ça tourne en rond, ça donne une impression d'inachevé, d'improvisation permanente et de mise en scène ratée.

Adieu Berthe

Une pièce de John Murray et Allen Boretz adapté par Albert Husson et Francis Blanche (1969). L'argument est minimaliste et rabâché (un type rencontre des difficultés à monter une pièce), mais l'adaptation qu'en a fait Francis Blanche nous rend un spectacle hilarant. Il y a bien quelques longueurs, et quelques maladresses (et puis il y a des allusions à l'actualité politique de l'époque qui tombent complétement à plat aujourd'hui) mais dans l'ensemble c'est très bon. La distribution est dominée par un Francis Blanche qui pète la forme mais aussi par un Jacques Jouanneau étonnant, un non moins étonnant Jean-Roger Caussimon ainsi que par un Jean Carmet lunaire. Et puis il ya la réplique culte : "Evidemment c'est pas du Racine, c'est pas de l'Anouilh non plus !"

La soupière

Une pièce de Robert Lamoureux (1971) On aime bien Robert Lamoureux mais ce n'est pas Feydeau. La pièce est bonne, souriante, (même si on n'est pas mort de rire). Certains aspects techniques de la pièce sont vraiment artificiels comme les prétextes de sorties de scènes où l'auteur ne s'est vraiment pas foulé. L'aspect vaudevillesque (quiproquos et bons mots) fonctionne plutôt bien. Le personnage de la bonne est particulièrement réussi. Cela n'a rien d'une pièce à thèse mais Lamoureux porte un regard féroce et sans concessions sur les relations familiales de la bourgeoisie. Un bon moment même si ce n'est pas parfait. Vu dans une bonne mise en scène de Francis Joffo avec Roger Pierre et Micheline Dax et une sémillante Juliette Meyniac dans le rôle de la soubrette Germaine.

Le Charlatan

Une pièce de Robert Lamoureux (1974) Au début on se demande vraiment où l'auteur veut en venir avec ces deux escrocs qui nous parlent de leurs escroqueries, jusqu'au moment où il vont jouer un jeu de rôle, révélant à l'un deux ses talents de bonimenteurs, et à partir de là on est entraîné dans un tourbillon de folie de plus en plus démente dans lequel tout le monde en prend pour son grade et qui se termine carrément par une révolte populaire (pourquoi se gêner ?) C'est très bon et Lamoureux en profite pour ridiculiser l'une de ses cibles préférées, le milieu politique. On rit beaucoup et bon coeur. Vue dans une version de 2004 avec Michel Roux et Balutin. Mais aussi un Olivier Till complètement déchaîné dans le rôle du député Carbille et Marie-France Mignal (64 ans) qui joue Madame Ourfoule avec étonnement de charme.

Le noir te va si bien

Une comédie de Jean Marsan (1972) d'après une pièce anglaise de 1959 de Saul O'Hara. L'humour est typiquement british, ça commence comme une comédie policière et dévie rapidement vers le burlesque le plus débridé, c'est assez savoureux et dans la version en DVD Maria Pacome domine de la tête et des pieds la distribution même si Jean Le Poulain qui a réalisé la mise en scène s'en sort très bien. Une bonne surprise.

Folie douce  

Une pièce de Jean-Jacques Bricaire et Maurice Lasaygues (1972). Tous les codes du vaudeville sont là : quiproquos à répétitions, époux adultères mais jaloux, personnages dans les placards, portes qui se ferment et qui s'ouvrent, happy-end. Et on y chercherait en vain la moindre critique de quoi que ce soit. Et pourtant ça fonctionne à fond, les répliques sont excellentes, les situations aussi délirantes qu'improbable. Vu dans une retransmission de 1973 avec une excellente Danielle Darrieux, une sémillante (le mot est faible) Dany Carrel qui officie au début en déshabillé transparent, et un Jean-Pierre Darras magistral. Une bonne surprise

Féfé de Brodway

Une pièce Jean Poiret (1977).La pièce souffre de sa longueur, et si les bons mots et les situations cocasses fusent, si la chorégraphie nous charme, il n'empêche que le sentiment d'avoir assister à une œuvre brouillonne finit par prendre le dessus. Vu dans une version avec Jacqueline Maillan (décidemment pleine de talent) et un étonnant Michel Roux. Roger Carrel en agité du bocal n'est pas mal non plus

Le père Noël est une ordure

Une pièce de Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot et Josiane Balasko crée au Théâtre du Splendid en 1979 avec des textes additionnels de Christian Clavier, Marie-Anne Chazel et Bruno Moynot. Le succès méritée de cette pièce tient de son alchimie : une équipe qui a appris à travailler ensemble, des répliques cultes à la pelle, et un surtout un pari particulièrement osé, celui de se moquer des pauvres (un peu à la façon de certaines comédies italiennes) et du bénévolat caritatif. Le résultat est explosif, subversif, mais pas si gratuit que ça (Preskovitch, le seul qui mériterait qu'on l'écoute ne l'est pas et se venge tragiquement). Une réussite exceptionnelle que le film qui en fut tiré n'a pas hélas, su préserver.

Diable d'homme

Une pièce de Robert Lamoureux (1980). Robert Lamoureux a une bonne idée de départ, ne sait pas trop quoi en faire, essaie de lorgner du côté du féminisme et va jusqu'à nous faire une fausse fin pour essayer de rééquilibrer une pièce qui déçoit énormément. Un des rares échecs de Robert Lamoureux. Vue dans une version avec l'auteur (toujours bien) et Marthe Mercadier (décevante)

Joyeuses Pâques

Une pièce de Jean Poiret (1982). Outre le fait que ce soit très drôle, passionnant (parce qu'on se demande comment tout ça va se terminer,) rythmé et fertile en rebondissement, on est agréablement surpris dans les cinq dernières minutes où Poiret trouve le moyen, de nous expliquer : un : que l'attirance entre femmes, ça existe, deux : que le fantasme du cocu ça existe aussi (mon conjoint est tellement séduisant qu'il plaît aux autres femmes... Mais c'est avec moi qu'il l'ait) et que l'infidélité n'est pas une exclusivité masculine. La mise en scène de Bernard Murat (2000) est tout à fait correcte, Arditi est bon (limite cabotin quand même), Caroline Sihol exceptionnelle et Barbara Schulz craquante. Une excellente surprise !

Nuit d'Ivresse

Une pièce écrite et mise en scène par Josiane Balasko (1985) Enregistré avec Balasko et Michel Blanc, cette pièce minimaliste est un petit chef d'œuvre d'humour. Pourtant il ne se passe pas grand-chose, ce n'est qu'une rencontre entre un looser et une taularde mais les répliques fusent avec un tel naturel qu'on pourrait écouter tout ça au bistrot d'en face en prenant un crème. Jouissif !

Les seins de Lola

Une pièce de Maria Pacôme (1987). Maria Pacôme est une actrice talentueuse et délicieuse, ça n'en fait pas un bon auteur dramatique. La pièce souffre de la faiblesse de son argument (une femme mature veut se faire refaire les seins) et de son absence de rythme, et d'une mauvaise répartition de la distribution entièrement axée autour de Maria Pacôme, résultat ; ça n'avance pas, ça tourne en rond, on s'ennuie et seuls quelques répliques excentriques de Maria Pacôme nous tiennent éveillées. Décevant.

L'amour foot

Une pièce de Robert Lamoureux (1993). Une peinture au vitriol des mœurs de la France profonde, du clientélisme, des ragots, des petits arrangements ou des petits règlements de comptes, bref tout le monde en prend pour son grade. Toute la pièce se passe dans le bureau du maire qui cumule les problèmes administratifs, les humeurs des opposants, la gestion d'un club de foot, les fantômes de sa vie sexuelle et celle de de sa belle-fille, plus quelques magouilles… tout cela dans une bonne humeur communicative. On regrettera juste la caricature quelque peu maladroite de l'homosexualité du marchand de chaussure (on peut rire de tout, mais là c'est un peu limite). La version enregistrée avec la distribution de la création avec Lamoureux dans le rôle du Maire qui domine de la tête et des pieds la distribution est un petit bijou d'humour.

Robin des bois… d'à peu près Alexandre Dumas  

Une pièce de Marina Foïs et Pierre-François Martin-Laval (1997) Une insupportable clownerie d'une laideur absolue ! Je n'ai rien contre les clowns quand ils sont bons, mais ici on touche le fonds.

Le Temps des cerises

Une pièce de Niels Arestrup, (2008) mise en scène par Stéphane Hillel, avec Cécile de France et Eddy Mitchell. Eddy Mitchell est un vieux grincheux qui a abandonné la peinture faute d'inspiration, et dont l'armoire à pharmacie déborde. Cécile de France est envoyé pour s'occuper de lui... Une confrontation passionnante et un Eddy Mitchell surprenant !

La maîtresse en maillot de bain

Une pièce de Fabienne Galula, (2011) mise en scène Jean-Philippe Azéma. avec Ludivine de Chastenet et Pauline Guimard… Un régal d'humour absurde (et parfois pas si absurde que ça). Les tribulations d'une directrice d'école maternelle acariâtre terrorisant ses collègues et se trouvant obligée de supporter la présence d'une psychologue  imposé par le ministère. Les deux femmes dans des styles radicalement différents sont extraordinaires, très belles et bourrées de talent (les hommes ne déméritent pas mais ont un peu une fonction de faire valoir). Si la critique du milieu enseignant et de son environnement est bien présente, celle de la psychologie de bazar est féroce et lucide. On se marre du début jusqu'à la fin, (une fin politiquement incorrecte). Un régal !


excellent
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assez bon, pas si mal
bof...
mauvais
nul

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