Le MOMOSITE vous présente

Anecdotes d'un promeneur solitaire (ou non)

Page mise à jour le 08/04/2016

Boulevard de Sébastopol : Paris1er
Avril 2016
Ayant besoin de satisfaire une envie pressante et naturelle, j'attendais que la sanisette se libère, le temps d'utilisation toléré va jusqu'à 20 minutes, il faut 30 secondes pour que la cabine se mette en nettoyage, le nettoyage lui-même dure 75 secondes.  Un quidam assez mal vêtu m'apostrophe : -Vous attendez ? La réponse devait être évidente mais je reste poli et confirme au type qu'effectivement j'attends. Et c'est là qu'il me dit :
- Faites attention hier il y avait un serpent :
- Un serpent ?
- Oui, il était caché dans le plafond et il sautait sur les gens.

Puis le gars est parti, je ne l'ai évidemment pas cru, mais une fois entrée dans la cabine je fus surpris de ne pas être si rassuré que ça…


Rue de Palestro : Paris II :
Il y a fort longtemps, je distribuais des prospectus dans cette rue avec un collègue quand notre regard fut attiré par une plaque noire sur laquelle était indiquée en lettres d'or et en toute simplicité : "Georges 1er, Roi" ! Bizarre ! Nous pensions d'abord à une sorte de marabout vu la vétusté de l'immeuble et par curiosité nous entrâmes, il semblait être ici le seul occupant nonobstant un entrepôt et un bureau occupé par un exportateur d'arachide. Par défi, nous sonnâmes à la porte du roi "Bonjour, nous faisons un reportage sur les souverains domiciliés à Paris…" Sans nous laisser finir, le dénommé Georges 1er, un solide gaillard de type africain, vêtu d'un élégant complet beige, d'une chemise en soie et d'une cravate fantaisie, nous fit entrer dans un salon qui aurait eu besoin d'un coup de peinture et d'un petit peu de ménage et où une très belle femme blonde en tenue de soubrette nous servit d'office des rafraîchissements non alcoolisés. Un peu gênés nous nous demandions comment nous sortir du guêpier dans lequel nous nous étions fourrés ! "Vous êtes le roi de quoi ?" Osais-je demander ! Sa majesté attrapa alors un fou rire ! "Le roi de quoi, mais le roi de la cacahuète, bien sûr !"


Station Réaumur-Sébastopol (Paris IIème et IIIème)
direction Porte d'Orléans.
Jeudi 29/7/2010, il est 10 h 30

Le métro est bien rempli mais pas bondé.
Monte un type pas rasé, pas très propre, s'exprimant très bien.
Il nous fait un spitch. Je comprends qu'il dit qu'"il a été cadre, mais qu'un enchaînement de circonstances fait qu'il est aujourd'hui SDF (femme décédée, pas de famille, pas d'enfants...)" Il nous demande comme de coutume une p'tite pièce ou un ticket restaurant..

Il fait la quête, personne ne donne, (moi non plus, avant je donnais, je ne donne plus qu'aux musiciens et encore quand la musique me plaît) On arrive à "Etienne Marcel", le gars n'a pas tout à fait fini sa quête et reste dans la voiture.

Soudain un monsieur, costard cravate, bien propre sur lui, prend la parole de façon très violente : "Y en a marre de ces parasites, ce genre de quête rapporte 100 euros de l'heure, à midi il ira manger dans un restaurant que personne ici ne pourrait se payer et en plus il ne déclare rien aux impôts..." (c'est juste un extrait)

Un troisième intervient, un grand black d'allure très correcte. "Ce n'est pas possible de tenir de tels propos et d'être si égoïste... puisque c'est ça, d'habitude je ne donne rien, mais là je vais donner 5 euros..."

L'assistance est du côté de ce dernier intervenant, du coup le SDF refait la quête, presque tout le monde donne (moi j'ai donné 2 euros)
On arrive aux Halles. Gros mouvement de foule. Je descends. Je me goure de sens sur les quais et reviens sur mes pas... et je croise mes trois bonshommes... je n'ai pas eu besoin de les écouter longtemps pour comprendre qu'ils étaient tous trois de mèche...

Moralité : aucune !


Rue Payenne (Paris IIIème)

Dans cette rue du Marais, se situe le centre culturel Suédois.  En Août 1982, le quartier était alors sous forte protection policière suite à l'attentat tout récent de la Rue des Rosiers (située à 200 mètres de là). C'est à cette époque que j'y visitais une intéressante exposition avec un ami, consacrée aux Vikings (avec en fond sonore, la 5ème symphonie de Sibélius qui n'était pas suédois, mais finlandais). Par inadvertance nous avons emprunté la sortie de secours déclenchant une alerte stridente, et un début de panique. Dans un moment comme celui-ci, on a vraiment envie de se faire tout petit.


Boulevard Saint Germain (Paris Vème)

Descendant le boulevard Saint-Germain, une jolie femme d'une trentaine d'années me demande son chemin, je le lui indique en confondant ma droite et ma gauche et en ne pouvant éviter mon regard d'aller plonger dans son décolleté rempli de promesses protosphériques. Et puis je me lance :

- J'espère vous avoir bien renseigné, vous êtes charmante !
- En général les hommes qui me trouvent charmante me proposent un verre !
- Mais c'était justement dans mes intentions.

On traverse le boulevard, il y a justement une terrasse en face.

- Là en terrasse ?
- Non, il fait trop chaud, allons à l'intérieur et demandez un endroit discret.

Je ne cherche pas à comprendre et comme le veulent les règles de politesse, je la précède dans l'établissement et demande au garçon qui à la bonne idée de croiser notre chemin s'il n'y aurait pas un endroit discret. Il nous en indique un. J'invite la dame à s'asseoir et vais pour m'installer à ses côtés.

- Non devant moi, je préfère !

Ah, pourquoi voulait-elle un endroit discret alors ? Le garçon vient de suite prendre nos commandes.

- Champagne ? Proposais-je, magnanime
- Si vous voulez, répond-elle, Champagne pour monsieur et un Perrier pour moi.

Là je commence à me demander si je ne me suis pas embarqué dans un truc de ouf.

- On va attendre d'être servis et je vous fais un tour de magie ! Dit-elle.

Un ange passe, on échange quelques banalités météorologiques et j'ai du mal à la regarder dans les yeux. Le garçon sert les consos. Elle engloutit son Perrier comme si elle n'avait pas bu depuis la Libération de Paris.

- Mettez 20 euros sur la table, vous allez voir c'est magique ! Dit-elle.
- Je n'aime pas la magie !
- Vous ne le regrettez pas, ça ne dure que 10 secondes et ce n'est pas renouvelable.

Les yeux qu'elle me fait.

Puisque c'est un jeu, jouons, je suis pourtant fort peu joueur (on ne peut pas avoir tous les défauts). Je sais qu'il existe des trucs où on commence par lâcher 20 euros et vingt minutes plus tard on en a lâché 100 (certains bonimenteurs de foire sont de vrais spécialistes). Je pose 20 euros sur la table, mais avec la ferme intention de ne pas me laisser plumer.

- Quand je dirai "comptez", vous compterez jusqu'à 10.

Elle défait les bretelles de sa robe, elle n'a pas de soutien-gorge.

- Comptez !

J'en suis incapable, alors elle le fait à ma place puis se rajuste.

- Alors ? Ça ne valait pas 20 euros ? Merci et bonne journée !

Elle se lève, disparaît de ma vie et me voilà comme un con tout seul avec ma coupe de champagne.

Je ne lui en veux même pas, des anecdotes comme celles-ci sont si rares.


Station Saint-Michel : Paris V :
C'était dans les années 1980, peut-être même avant. Il devait être 18 heures, autant vous dire qu'à cette heure là, il y a du monde ! Je monte dans une rame bondée, je me faufile à l'intérieur et surprise...   une femme d'aspect et de tenue tout à fait ordinaire se tient toute seule dans un coin avec un bon m² d'air libre à sa disposition. D'instinct, je me dirige vers cet espace libre sans chercher à comprendre.
- Ne m'approchez surtout pas, j'ai la gale ! Me dit alors la dame.
Alors j'ai fait comme tout le monde, j'ai reculé, lui laissant son m² de solitude.

Rue de Seine : Paris VI :
Invité à un vernissage assez croquignolet, à l'automne de l'an 1999, je fus entraîné alors par un groupe de joyeux lurons à prolonger la soirée quelques pâtés de maisons plus loin, cela se termina en orgie, et malgré l'alcool ingurgité j'ai toujours le souvenir de cette pulpeuse brune à la peau très blanche avec un petit serpent tatoué sur la fesse gauche avec qui je fis quelques délicieuses galipettes.

Place de la Concorde : Paris VIII :
Surpris par un très violent orage en traversant la place avec une amie nous nous sommes réfugiés nous abriter où nous avons pu... c'est ainsi qu'un larbin à casquette revenant d'accompagner dans une voiture je ne sais qui à l'aide d'un parapluie de compétition, nous invectiva, nous disant que nous n'avions rien à faire ici, sous l'auvent de l'entrée de cet hôtel de luxe. Les injures "pleuvèrent" (je sais, on devrait dire plurent, mais c’est tellement grotesque) des deux côtés, dont celle-ci restée à jamais gravé dans ma mémoire : "ce n'est pas un endroit pour vous !" Réprimant mon envie de lui foutre un pain dans la tronche, moi qui n'ai pas toujours de répartie, lui répondit alors avec assurance : "par contre c'est vraiment un endroit pour VOUS !"

Boulevard Haussmann : Paris IX :
Devant les Galeries, un clochard fait la manche, il a sur le visage un masque de diable, et sur la poitrine un écriteau sur lequel est indiqué "Pour un euro je vous décrit l'enfer". L'Enfer, je n'y crois guère mais ce type m'intrigue et je lui file un euro.
- Vous, l'enfer, vous n'y échapperez pas ! Me dit-il d'une voix grinçante.
- C'est ça votre description ?
- La description, elle est là ! Me répond-il en me faisant tirer un papier plié en quatre dans une petite coupelle.
Je m'éloigne avec mon bout de papier, je le déplie, il y est indiqué de façon manuscrite et appliquée : "L'enfer c'est les autres !" Ce n'est pas de lui (c'est de Jean-Paul Sartre), mais ça m'a bien plu ! (18 avril 2012, vers 11 heures)

Rue de Mogador : Paris IX :
J’apercevais tous les jours ce monsieur très distingué, costume trois pièces, droit comme un balai, il lisait le Figaro dans le train et arrivé à Paris, ne le rangeait pas, le gardant dans sa main gauche, la droite portant un attaché case de marque, puis il disparaissait dans le métro parisien. Mais ce jour-là, de métro, il n’y en avait point. J’allais à pied à mon travail et le hasard me fit suivre la même route que cet inconnu affairé. Les rues sont encombrées, les gens sont énervés. Et rue Mogador, notre homme en tamponne un autre, le voilà les quatre fers en l’air, on l’aide à se relever, mais son attaché case s’est ouvert, son contenu s’est répandu sur la chaussée. Je me baisse pour ramasser... et là où je pensais trouver des dossiers éparpillés échappés de chemises colorées dans lesquelles ils avaient été soigneusement rangés... je ne découvre que trois choses : un petit recueil de mot fléchés, une gamelle à réchauffer et un gros tournevis ! Je n’ai pu m’empêcher de lui demander à quoi pouvait bien lui servir cet outil ! Il m’a foudroyé du regard...

Rue du Faubourg St Martin : Paris X :
Fréquentant quelque temps cette rue au 6ème étage d'un vieil immeuble dont la fenêtre donnait sur la rue, j'eu la surprise plusieurs fois pendant l'été de l'an 2000, de surprendre une belle asiatique au même étage mais de l'autre côté de la rue pendre du linge à sa fenêtre sans se presser et les seins à l'air.

Gare de Lyon : Paris XII :
Presque tous les jours de la semaine, sur les quais du RER D, vers 10 heures, on peut apercevoir un personnage pittoresque, il est retraité, se ballade avec un sac à dos, regarde autour de lui, cherche le voyageur en difficulté et fonce vers lui. Il est très fort, il connait toutes les sorties, toutes les correspondances, toutes les voies… il renseigne même les gens qui lui demandent rien avec une assurance sans faille, puis satisfait de sa bonne action, il lève les yeux au ciel pour exprimer une grande joie intérieure, avant de recommencer avec un autre voyageur.

Avenue de la Porte de Choisy : Paris XIII
J'entre ce jour-là vers 13 heures dans un minuscule restaurant chinois, il n'y a pas grand monde. La serveuse est très mignonne et me lance des petits sourires… à tel point que je me dis que j'ai peut-être une "ouverture". Je ne risque rien, je me lance et l'interpelle : "Ça vous dirait si je vous payais un verre après votre service ?" "Oui !" Répond-elle simplement. Alors, là, je n'en reviens pas, moi qui m'attendais à une longue procédure de drague, c'est le "oui" direct. Elle s'éloigne, et revient avec un verre vide qu'elle dépose à côté de celui qui est déjà sur ma table, puis repart avec un sourire. Elle a tout compris de travers et mes illusions n'auront duré que moins d'une minute.

Place Saint-Pierre : Paris XVIII
Dans les années 1980, je passais Place Saint-Pierre, au pied du Sacré-Coeur, monument que j'ai en horreur. Il y avait là un marchand ambulant africain qui vendait toutes sorte de bricoles, des masques, des bracelets, des colliers, des petites sculptures en bois ainsi qu'un curieux instrument de musique constitué d’une petite caisse de résonance à cadre de 6 cm de diamètre montée sur un manche de 18 cm qu’on fait tourner de façon que les boules situées au bout des ficelles attachées au cadre viennent frapper les peaux tendues sur les deux faces. Je lui demande ce que c'est, il me fait une démonstration et m'indique qu'il s'agit d'un golo-golo et que ça vient du Congo. J'ai donc acheté le golo-golo du Congo et après avoir fait le pitre avec, je l'ai accroché au mur. Ce n'est que récemment après avoir fait une recherche Internet sur le mot golo-golo et ne trouvant pas l'objet que je fis quelques recherches poussées qui m'apprirent que la chose en question s'appelait un damasa et était fabriqué au Pérou. Je n'ai donc plus de golo-golo à la maison, ça me rend tout triste !

Rue Poulet : Paris XVIII :
Ayant rendez-vous avec une belle antillaise dans cette rue célèbre pour ses produits capillaires exotiques, je dégottai dans une benne un superbe fer à repasser en fonte datant du début de XX siècle. Quand la demoiselle arriva (en retard) je voulu lui faire partager la joie de ma découverte, elle m'a regardé bizarrement. Puis plus tard elle m'a demandé "si j'avais l'intention de garder mon fer à repasser à la main toute la soirée". Convenant que la présence de l'objet devenait incongrue, je le cachai méticuleusement derrière une sorte de borne dans une rue peu fréquentée. Le lendemain il s'était envolé !

Rue de Montreuil : Paris XX :
Dans les années 80, dans le cadre de mon travail, je me rends à un numéro précis de cette rue, il s'agit d'un tout petit immeuble de deux étages, très étroit, sans cour et sans gardien. Je rentre et commence par regarder les boites aux lettres... j'en ai compté 107, de toutes tailles, toutes dimensions et toutes couleurs, certaines posées n'importe comment, des particuliers, des sociétés, des associations... par contre la maison ne comptait que 3 occupants. On m'a ensuite expliqué que certains avaient ainsi trouvé ce moyen astucieux pour domicilier leur courrier sans que l'on puisse les retrouver... et d'ailleurs je n'ai pas trouvé la personne que je venais voir...

Une journée à Lyon dans les années 1990 : 1) le taxi :
Je dois me rendre à Ecully dans la banlieue de Lyon, pour le boulot, je ne connaissais pas la ville, j'arrive le matin à Lyon-Perrache et prend un taxi. Le mec sympa m'y conduit et me fait admirer la ville que je ne connaissais pas, le Rhône, la Saône et tout un tas de truc dont je ne me souviens plus. Agréable ballade avec anecdotes et commentaires à l'appui qui dure une bonne heure. On arrive à Ecully je paie la note astronomique, (Je m'en fous ce n'est pas moi qui paie). Après avoir fait ce que j'ai à faire je prends congé de mes collègues, je demande qu'on m'appelle un taxi mais on m'indique qu'il y a un car juste en face qui va à la gare. OK pour le car, qui arrive assez vite. Prévoyant une bonne heure de parcours, je sors le walkman, un bon bouquin et m'installe confortablement. Cinq minutes après on était déjà à la gare : Le taxi du matin m'avait bien baladé.

Une journée à Lyon dans les années 1990  : 2) La gare de Lyon-Perrache :
Près d'une heure d'attente pour le TGV pour Paris. Je tue le temps en cherchant quelque chose d'original a rapporter a ma femmes et aux gosses. J'entre dans une boutique et demande ce qu'ils ont comme souvenirs de Lyon, on ne me propose que des trucs sans intérêt, jusqu'à ce que la dame me propose… une tour Eiffel. "Comme souvenir de Lyon, ce n'est pas terrible !" Plaisantais-je ! Que n'avais-je pas dis là ! "La tour Eiffel, c'est la France Monsieur !" Me déclame la dame sur d'un ton aussi péremptoire qu'outragé.

Chez moi dans mon lit :
Nous dormons la fenêtre ouverte
En pleine nuit (le 17 juillet 2013), je suis réveillé par un hurlement de chat (ou plutôt de chatte puisque c'est l'époque de leurs "chaleurs")
Rien que du banal, me direz vous...

sauf que quand par réflexe je regarde mon radio réveil je découvre ceci :
 

 

 

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