Le MOMOSITE vous présente

 

Les faux "classiques"

Page mise à jour le 27/06/2017

Je trouve l'autre jour un bouquin sur les quais parlant des chefs d'œuvres du cinéma… Bon c'est vrai que les histoires de l'art, de la musique, de la BD, de la littérature, ne sont que des essais reflétant en majeure part les choix de ceux qui les écrivent, mais ce qui énerve c'est qu'indépendamment de ces choix, on y retrouve des œuvres "obligatoires" dont on vante les mérites en se recopiant les uns les autres. Par exemple :

 L'arrivé d'un train en gare de la Ciotat

Louis Lumière, 1895
On peut le consulter sur youtube ça dure 55 secondes.
Important historiquement, évidemment, mais ce n'est pas un chef d'œuvre du cinéma, c'est une attraction foraine, une excellente attraction d'ailleurs puisqu'à l'arrivée  du train les gens se planquaient sous les sièges. Mais ne mélangeons pas tout !
Aujourd’hui cela reste un document ! On ne juge pas un document.

 Seven chances de Buster Keaton

Buster Keaton, 1925
Le fil du scénario est simpliste, Keaton doit absolument se marier dans la journée pour toucher un héritage… Il drague donc comme un fou : Une scène le montre s'asseyant sur un banc où est déjà une jeune femme dont on ne voit pas le visage. Quand elle le dévoile, on s'aperçoit qu'il s'agit d'une femme noire ! Keaton s'en va dépité ! (C'est censé faire rire !) Et comme si ça ne suffisait pas, il y une autre scène assez similaire, mais cette fois on voit le visage de la femme, elle est blanche donc pour Keaton tout va bien, jusqu'au moment ou celle-ci sort un journal imprimé en yiddish ! Une nouvelle fois Keaton s'en va dépité, (une nouvelle fois c'est censé faire rire). Donc en résumé quelqu'un qui raconte des histoires racistes c'est un gros beauf, mais Buster Keaton, il a le droit, lui… comprenne qui pourra… Mais c'est vrai qu'il y a pire, parmi les grands classiques du cinéma on a aussi en catalogue, "Naissance d'une Nation" du dénommé Griffith, (1915) qui nous fait en toute simplicité l'apologie... de quoi donc ? Je vous le donne en mille ! du Ku Klux Klan ! Ben oui ! On a parfois envie de dire : "Classique, mon cul !"

Freaks (la monstrueuse parade)

Tod Browning, 1932
Il paraît que c'est un film culte ! C'est quoi un film culte ? C'est un film qu'on a pas le droit de critiquer ? Je vais me gêner, tiens ! Le concept de base était de se de dire qu'au lieu de montrer des Dracula et des monstres de Frankenstein, pourquoi ne pas montrer de vrais monstres, autrement dit des phénomènes de foire ! Et puisqu'il fallait obligatoirement une morale bien pensante, démontrons que les gens "normaux" sont parfois pire que ceux qui ne le sont pas ! Tout est donc prétexte à voyeurisme de bas étage. Tout est est laid là-dedans mais le politiquement correct empêche de le dire. C'est manichéiste, sans aucune nuance, moraliste au raz des pâquerettes (ah, ce concept mensonger de beauté intérieure !) et on ressort de la vision de ce film avec une étrange sensation de malaise.

Orgueil et préjugés  

Un film de Robert Z. Leonard (1940)
(avec Laurence Olivier) Tout ça pour ça ? A-t-on envie de dire après la projection de cette laborieuse "comédie de mœurs". Le ton est donné dès le début avec l'insupportable surjeu de Mary Boland jouant la mère Benett, non seulement elle n'arrête pas de parler avec une voix de crécelle, mais son discours est toujours le même, ça devient lourd à force ! Nous voyons ensuite ces dames choisir des tissus de luxe, s'en aller chez eux en calèche conduite par leur cocher personnel, à la maison les attendent une ribambelle de domestiques et un majordome. On nous explique peu de temps après qu'il s'agit d'une famille pauvre… rêvé-je ? (je sais bien que la pauvreté est une notion relative, mais faut pas pousser quand même !) Dans la seconde partie du film apparaît une autre mémère aristocratique et maniérée aussi insupportable que l'autre bien que dans un tout autre genre ! Ça commence à faire beaucoup de casseroles ! L'histoire est d'une platitude absolue, certes il y a une jeune femme qui a du caractère et qui ne se laisse pas faire (on l'applaudit bien fort, mais à part ça ?) Et la fin ? Accumulation de bêtises et de sucreries afin de terminer par un happy-end consternant ! Les dialogues sont théâtraux à l'outrance, ces messieurs dames sortant toujours des répliques appropriés de 50 mots au bon moment, et comme au théâtre les gens sortent et entrent sans être invités, mais ça ne fait rien on les fait s'asseoir… Parlons un peu de la distribution dans laquelle Laurence Olivier n'aucune épaisseur, Maureen O'Sulivan ne fait rien mais elle est bien jolie et fort bien photographiée. Reste l'étonnante Greer Garson dans le rôle d'Elizabeth, superbe femme et excellente actrice, heureusement qu'elle est là pour illuminer le film mais elle ne le sauve pas.

Arsenic et vieilles dentelles

Frank Capra 1944
Encore un classique dont la réputation est très largement surestimé. Non pas que ce soit nul, Priscilla Lane est absolument charmante, Il y a quelques plans impressionnants incorporant des jeux d'ombres dans le pur style impressionniste, le duo formé par un Peter Lorre, complémentent paumé et par Raymond Massey grimé en créature de Frankenstein est très bon. Mais à côté de ça, ça braille, ça gesticule, ça surjoue, Cary Grant est peu convaincant, le rôle du fou qui joue du clairon est plus débile qu'autre chose, quant aux deux vieilles l'une d'entre elle (la plus boulotte), elle est carrément insupportable (au sens littéral du terme). Sinon c'est une comédie et c'est surtout là que le bât blesse, parce qu'en fait d'effets comiques le film arrive tout juste à nous provoquer quelques rares sourires. Et qu'on ne vienne pas nous raconter que tout ça c'est parce que le film a vieilli ! Quand une comédie est vraiment bonne, elle ne vieillit pas (les comédies d'Ernst Lubitsch qui datent de la même époque) n'ont pas pris une ride !)

Le Grand sommeil   

Un film d'Howard Hawks (1946)
(
avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall). Un film réussi doit être compréhensible (il n'est nul nécessaire de tout comprendre de suite, mais à la fin tout doit devenir clair). Il doit aussi être compréhensible de par sa simple vision : c’est-à-dire sans être obligé de le revoir x fois, de prendre des notes, de lire les ouvrages spécialisés ou le roman qui l'a inspiré. Or nous avons ici un scénario confus et il l'est dès le départ quand le vieux commence à parler à Bogart de "Pierre, Paul Jacques" sans que l'on sache exactement qui ils sont et ce qu'ils manigancent. Présenter trop de personnages en même temps est une faute de narration classique, Hawk tombe en plein dedans, il réitère la même faute dans une interminable scène de blabla où il est encore question de "Pierre, Paul Jacques" (pas forcément les mêmes). La légende de ce film repose sur son affiche, le couple Bogart Bacall étant là pour attirer les foules, les foules sont venues, ensuite les critiques ont encensé Hawks… Pourtant si la direction d'acteurs est très bonne, si Bogart (qui fait du Bogart) est bon, Bacall nous fait du service minimum et osons le dire n'est même pas particulièrement sexy. Martha Vickers est bien plus sensuelle et Dorothy Malone est bien plus glamour. L'action à laquelle (au risque de nous répéter) on ne comprend rien (quel est l'objet du chantage ?) va de rebondissement en rebondissement avec ses faux traîtres et ses vrais traîtres et quand c'est fini ça recommence… A force c'en est lassant. Il faudra un jour admettre qu'Hawks fut un réalisateur moyen, ses derniers films sont catastrophiques, ses seuls réussites étant l'impossible Monsieur Bébé et Scarface (lequel doit essentiellement à Howard Hugues)

La vie est belle

Frank Capra 1946
(avec James Stewart). Capra nous fait des fables, mais si "L'homme de la rue" transcendait son sujet, ici nous n'avons qu'une niaiserie pour veillée de boys scouts quand il pleut de trop pour faire un feu de bois. La charité, la bonté, l'amitié et la foi sont plus forts que le pouvoir de l'argent nous dit Capra. A réserver aux bisounours qui y croient. La direction d'acteurs est médiocre surtout en ce qui concerne les petits rôles, c'est bavard, moralisateur, ennuyeux et cucul la praline

Les chaussons rouges

Michael Powell (1948)
Un classique ça ? Laissez-moi rire ! le scénario est aussi inintéressant que prévisible, le rythme n'existe pas (à moins de considérer l'ennui comme un rythme), la musique est quelconque, la chorégraphie n'a rien d'exceptionnelle, les acteurs vont du passable au mauvais (à l'exception d'Anton Walbrook)., certains dialogues sont consternant (voir le début dans la salle). Constamment la mise en scène est mise en avant au détriment de l'intelligence de l'action (voir la scène de l'escalier au début, merveilleusement filmée mais absurde.) Enfin quand on se veut un rigoriste de la mise en scène on ne remplace pas un melchior de champagne (18 litres donc 18 kilos) par une bouteille en papier qu'on croit sur le point de s'envoler. Alors oui par moment la mise en scène est géniale, mais elle reste au service d'une histoire fadasse dont on se contrefout. Powel réalisera trois ans plus tard "les comtes d'Hoffman", et là ce sera un chef d'œuvre, et pourquoi ? i parce qu'Offenbach c'est quand même autre chose qu'Andersen.

Jour de fête  

Jacques Tati 1949
On s'emmerde, c'est lourdingue et l'humour ne fonctionne pas, (on sourit juste un petit peu pendant le dernier quart d'heure !). De plus la restauration couleur est hideuse. A obtenu le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise en 1949 et le Grand prix du cinéma français en 1950 ce qui en dit long sur la signification réelle de ces palmes.

Une étoile est née

George Cukor 1954
(avec Judy Garland et James Mason). Le film est aussi raté que son modèle de 1937 mais pas pour les mêmes raisons. Cukor fait ce qu'il peut mais on sent qu'il n'a pas la maîtrise du film qui est un film de producteur entièrement construit autour de Judy Garland, et c'est justement là que ça ne va pas. Les numéros chantés sont interminables, souvent sans chorégraphie et desservie par une musique qui n'a rien d'exceptionnelle. De plus Garland, bien fatiguée a un problème de maquillage à ce point que dans une scène chantée, on se demande si tout ça ne va pas dégouliner. Quant à Mason, on l'a connu plus à l'aise. Bref tout cela est interminable, insipide et bien surfait.

Lola Montès

Max Ophuls, 1955
Il joue un peu dans l'histoire du cinéma français, le rôle de Pelléas et Mélisande dans celui de l'Opéra. En dire du mal vous fait passer pour un amateur de ringardises… Tout étudiant en cinéma se doit de l'avoir vu, d'en dire du bien et de mépriser du haut de sa jeune culture tous ceux qui n'ont rien compris à "cet éternel chef d'œuvre aujourd'hui unanimement admiré ". Et bien non, ce film n'est qu'un chef d'œuvre d'ennui et de prétention. A sa sortie le public l'a hué (comme il avait hué Pelléas) et le film fut un échec commercial. Vous me direz le public n'a pas toujours raison ! Certes ! Mais parfois quand même !
Sans les réactions et le "combat" de quelques critiques de la nouvelle vague (Godard, Truffaut, mais aussi Cocteau), plus personne ne parlerait de ce film aujourd'hui !

Les contrebandiers de Moonfleet

Fritz Lang, 1955
Prétendument chef d'œuvre "crépusculaire" de la période américaine du maître, ses admirateurs devraient déjà se renseigner et assimiler le fait que Fritz Lang a renié ce film ! C'est tiré d'un roman pour enfants, et si on enlève les scènes de tavernes (pas si mal) ça nous fait effectivement un film pour enfants. L'intrigue n'a ni queue ni tête, Stewart Granger joue comme une savate, Georges Sanders à l'air de se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère, le môme est une vraie tête à claques, c'est rempli d'invraisemblances, de clichés et d'erreurs de script. Les images sont jolies, la musique aussi mais ça ne suffit pas à faire un film.

Le testament du docteur Cordelier

Jean Renoir, 1959
Le film est censé se passer à l'époque de son tournage, le docteur Cordelier a embauché en toute simplicité un valet en tenue (vous savez avec le gilet à rayures comme Nestor dans Tintin) qui est incarné par Jean Topart qui avec toute la morgue dont il est capable, répond aux importuns que " Le maître n'est pas là ! ".
Le film est un ratage complet, la mise en scène est inexistante, chacun joue comme il veut, et Jean-Louis Barrault qui confond le cinéma avec le théâtre peut grimacer à souhait, on n'arrive pas à s'intéresser à cette pauvre adaptation de Dr Jekill et Mister Hyde. Mais attention certains ont voulu nous faire croire que c'était un chef d'œuvre. Comme si tout Renoir qu'il était, ce dernier n'avait pas le droit de se planter !

 Rio Bravo

Howard Hawks, 1959
Non Rio Bravo n'est pas le plus grand western de tout les temps… Ceux qui affirment ça n'ont sans doute jamais vu Johnny Guitar (Nicholas Ray, 1953)  ni l'Homme de l'Ouest (Anthony Mann 1958)  ni l'homme aux colts d'or (Edward Dmytryk, 1959) ni Vera Cruz (Robert Aldrich 1954) mais on pourrait en citer cinquante ! Alors pourquoi ? Et bien la nouvelle vague (encore elle), avait décrété que  Hawks était l'un des géants du cinéma américain, ses westerns ne pouvaient donc être que les meilleurs. En fait Hawks était plus un excellent technicien qu'un réalisateur au sens où on l'entend aujourd'hui, n'a-t-il pas déclaré par exemple qu'il avait dirigé le tournage du Grand Sommeil (The Big Sleep 1946), sans en comprendre le scénario (c'est vrai que Verdi avait fait la même chose avec le Trouvère, mais comparer Hawks à Verdi n'est pas gentil pour Verdi), et puis il n'est que de regarder Red line 2000 (1966) pour comprendre que pour faire aussi mauvais, on ne peut être dans les meilleurs. Et le film ? Il est lent, inintéressant (il ne se passe pas grand chose), tout est prévisible et convenu. Quand au coup de foudre d'Angie Dickinson pour John Wayne, on tombe carrément dans la gérontophilie (ce qui est son droit le plus absolu, mais ça fait un peu tache dans un western aussi moralisateur.)

La nuit

Michelangelo Antonioni, 1961
Ce film aurait du changer de titre, "L'ennui" lui aurait fort bien convenu. Quand on n'a pas grand chose à dire, il est inutile de rallonger les scènes à foison, d'ajouter du silence et de l'inaction. Tout ce propos aurait très bien pu tenir dans un court métrage de 15 minutes, mais il n'est même pas certain qu'il aurait été bon.

Juliette des esprits

Federico Fellini, 1965
L'imagination du réalisateur est sans doute débordante et réaliser un portrait non linéaire est une idée comme une autre, encore faut-il que le spectateur puisse se raccrocher à quelque chose, encore faut-il que le fil conducteur soit intéressant et Giulietta Massina n'a pas cette qualité, loin s'en faut ! On s'ennuie à mourir et certaines scènes sont carrément hideuses (la séance chez le médium).

2001: l'odyssée de l'espace

Stanley Kubrick, 1968
On change de catégorie : Et là ce serait le meilleur film de science fiction de tous les temps. Fermez le ban ! Et en plus c'est du Kubrick, celui là même qui venait de nous donner l'irrésistible docteur Folamour (1964) ! Alors soyons juste, moi qui l'ai vu à sa sortie sur l'écran géant de feu le Gaumont Palace de la Place Clichy, la première version est un enchantement… même si on peut trouver un peu gonflé de faire passer pour un exploit cinématographique le fait de faire valser un vaisseau spatial sur la musique du Beau Danube Bleu ! Même si on ne peut être que perplexe devant ce parallélépipède rectangle venu de nulle part… C'est à la seconde version que tout s'écroule, la magie n'agit plus, c'est lent, chiant, assez peu compréhensible… alors c'est vrai que dans le désert du cinéma SF de l'époque ça relevait le niveau… Mais depuis on a eu Alien et ça c'est du (vrai) cinéma de SF !

Théorème

Pier Paolo Pasolini, 1968
Considéré à l'époque de sa sortie comme un chef d'œuvre par les Cahiers du cinéma, le film fit scandale, mais ce n'est pas parce que ça fait scandale que c'est bien ! Dieu (Terence Stamp) est un jeune éphèbe à la braguette saillante, qui transfigure chacun des membres d'une famille bourgeoise avec qui il couche successivement : la mère se suicide après avoir enfin connu le plaisir, le fils se lance dans la peinture gestuelle, la fille je ne sais plus, le père donne son usine à ses ouvriers et s'en va nu dans le désert, et la vieille servante devient une sainte, mâche de l'herbe et lévite au-dessus de sa maison.  Les images sont belles, le reste est incohérent.

Bullitt

Peter Yates, 1968
Avec Steve McQueen et Ralph Vaughn. Encore un film qui ne mérite pas sa réputation car si les bons films ne vieilliront jamais, celui-là a pris un sacré coup de vieux. Son succès critique et publique fut provoqué par la poursuite en voiture, bluffante pour l'époque, depuis on a fait mieux. Quant à l'intrigue policière non seulement elle se traîne, mais elle est loin d'être terrible, débutant sur une absurdité : le protocole de protection du témoin est grotesque et se terminant. pas une autre : pourquoi faire descendre les passagers de l'avion ? Il n'y avait pas moins tordu ? Et l'autre qui est poursuivi en pleine nuit et qui se met à tirer signalant du coup sa position, passons aussi sur la confusion entre l'identité des blessés, volontaire, puisque c'est la seule "astuce" du scénar mais mal gérée. Tout cela fait très série B et encore, beaucoup de séries B sont supérieures à ça. Quant à Jacqueline Bisset qu'on nous explique à quoi elle sert ? Sinon l'interprétation est très correcte mais sobre. Moyen tout ça, très moyen !

Fellini-Satyricon

Federico Fellini, 1969
Quelques somptueuses images, d'autres qui n'ont rien de somptueuses, on ne se raccroche à rien , on s'ennuie, on décroche...

Orange mécanique

Stanley Kubrick, 1971
Le cinéma est un spectacle. La fonction d'un spectacle c'est d'apporter du plaisir au spectateur, par la beauté du spectacle ou/et par son intérêt. Orange mécanique est d'une laideur insoutenable et inintéressant, on ne se raccroche à rien,  Malcom McDowell joue comme une savate, on ne comprend pas la raison de cette violence gratuite qui nous est jetée en pâture et on s'ennuie à mourir. Un film qui donne la nausée !

Mort à Venise

Luchino Visconti, 1971
Avec Dirk Bogarde. Il y avait des ingrédient prometteurs, l'interprétation sobre et géniale du grand Dirk Bogarde, la présence en arrière-plan de la si belle Silvana Mangano, une photographie superbe faisant de chaque plan un petit tableau vivant et puis la musique sublime de Gustav Malher. Quant au choix du thème il est courageux et aurait pu être intéressant. C'est ce dont se souviennent ceux qui dise avoir aimer le film, en oubliant que ça tourne en rond, que ça n'avance pas, les longueurs exaspérantes, les scènes inutiles qui se comptent par dizaines et qu'on ne s'accroche à rien. Les dialogues sont rares et soit ne servent à rien, soit sont franchement ridicules (à l'instar de ces discussions byzantines et improbables sur la fonction de l'art). Tout cela aurait pu constituer à la rigueur un court métrage de 20 minutes, mais là nous avons deux d'heures d'ennui avec un fin interminable. PS : pourrait éventuellement intéresser les fétichistes des chapeaux,de femmes il y en toute une collection et ils sont très jolis.

Taxi driver

Martin Scorsese 1976
L'histoire d'un neuneu qui finit par se prendre pour un redresseur de tort et qui réchappe d'une fusillade où tous les impacts auraient dû être mortels. Le comique de service de Télérama a beau nous affirmer que le film est "bouleversant de sensibilité émotive percutante", ça se traîne, on s'ennuie ferme et le happy-end (ou rien ne nous est épargné) est débile. Quant à la réplique que tout le monde cite avec un air entendu " C'est à moi que tu parles ?" si quelqu'un veut m'expliquer ce qu'elle a d'extraordinaire je lui refilerais un Bounty.

Salo ou les 120 journées de Sodome

Pier Paolo Pasolini, 1976
C'est plus exaspérant et grotesque que réellement choquant. C'est chiant, laid, horriblement mal joué et sans intérêt. On se demande ce qui a pris à l'auteur de nous infliger ce film sinon le plaisir de tenter de faire dans la provocation. (à moins que ce soit pour la jubilation perverse de voir les critiques encenser une œuvre qui ne le mérite pas, mais mort tragiquement avant la sortie, il n'aura pas eu ce plaisir,). Une œuvre doit fasciner et/ou intéresser or ici, même la dualité fascination/répulsion ne fonctionne pas, c'est dire comme le film est creux !

Star Wars (la guerre des étoiles)

Georges Lucas, 1977
La bonne réputation du réalisateur (auteur de l'assez interessant THX 1138 en 1971) et une énorme campagne de publicité firent de ce film (puis de ses suites) un énorme succès commercial. Remettons nous dans le contexte de l'époque :
 Les producteurs d'Hollywood sont alors accusés par la droite républicaine de ne promouvoir que des films où le sexe et la violence seraient de plus en plus présent. Naît alors un projet de film qui serait tout public, sans scènes gore, sans scènes de sexe, dont le cadre serait le cosmos, mais inspiré des films d'aventures et de capes et d'épée... L'héroïne féminine devra être ni  sexy ni même glamour, (mais sans être laide pour autant), en fait on recherche du quelconque de chez quelconque. Ce sera donc Carrie Fisher et comme si ça ne suffisait pas, on l'affubla d'une coiffure immonde et de fringues grotesques. 
Ce premier épisode de la guerre des étoiles est un mauvais film, ça a beau se passer dans l'espace, les scénaristes n'ont jamais ouvert un livre d'astronomie ou d'astronautique et les invraisemblances et les bêtises ne se comptent plus... (Ah ces fusées qui font vroum-vroum ou qui explosent en quadriphonie dans le vide absolu !)  Les allusions mystico-religieuses sont pénibles ("Que la force soit avec toi", le "maître Yoda") Les acteurs jouent comme des patates (à l'exception d'Harrison Ford)... Et puis ces duels au laser sont d'une incongruité (pour ne pas dire d'une stupidité) totale. On en prend néanmoins pour qui veut se laisser prendre, plein la vue et la musique de John Williams est excellente, alors le public suivit, on pouvait emmener les gosses et acheter des produits dérivés. 
NB : Quand après le film Carrie Fisher apprit qu'elle avait été engagée pour la banalité de son physique, elle en fut terriblement vexée. Elle décida de se venger et voulu donner d'elle une autre image, et on la vit arriver aux réceptions Hollywoodiennes avec des tenues complètements transparentes. Elle exigea que dans la première suite, l'Empire contre attaque, (1980 Irvin Kershner, meilleur que le précédent épisode) une image moins nunuche et moins pudibonde de la princesse Leia fut donnée. Effectivement le tir fut alors un peu rectifié... Mais le mal était fait, Carrie Fisher traumatisée par ce qui fut son premier rôle se mit à boire et à prendre des substances. On dit que le tournage de l'épisode 3 Retour du Jedi, (Richard Marquand 1983) fut pour cette raison un enfer...
NB 2 : A remarquer que le titre français est mal choisi, Star Wars ne se traduit pas par la guerre des étoiles (ce qui en veut pas dire grand chose) mais par Les guerres de l'étoile (en référence à l'étoile noire pour ceux qui connaissent la série)

La Guerre des étoiles - V l'Empire contre-attaque

Irving Kershner, 1980
L'épisode n°1 de 1977 (devenue depuis le n°4) avait été lancé comme un produit manufacturé dans les conditions que l'on sait. Le succès populaire ayant été au rendez-vous, on confia à Kershner cette suite qui de l'avis général est supérieur au premier. Supérieure mais pas terrible ! Parce que si côté positif on a la beauté des images de la première partie sur la planètes des neiges, la musique de John Williams et le jeu d'Harrison Ford, côté négatif on a tout le reste : une intrigue inintéressante, un Mark Hammil mauvais, un duel au laser (avec des grands bruits métalliques) ridicule, une longue et ennuyeuse séquence d'initiation avec le Jedi qui tourne vite à la nunucherie, la réplique "Je suis ton père" censé donner une dimension cornélienne au film (tu parles !), les robots et le machin poilu qui n'ajoutent rien au film et qui ne sont là que pour créer des produits dérivés, et aussi l'incompétence crasse des scénaristes qui ne savent même pas ce qu'est une galaxie. La balance est vite faite et elle ne penche pas du bon côté. Longtemps je me suis demandé quelle était la raison de ces louanges, je devrais dire de cette ferveur, autour de cette saga. C'est un internaute qui m'a donné la réponse : "En revoyant l'Empire contre-attaque, j'ai retrouvé mon enfance et mon premier train électrique". Disait-il. C'est tout à fait ça : Star Wars est un conte pour enfant. Vous me direz : beaucoup d'adultes l'ont aussi apprécié. Normal, on peut être adulte, garder son âme d'enfant et continuer à aimer les trains électriques, et je ne n'irais jamais le reprocher à personne… sauf que ça n'a rien à voir avec le Cinéma.

Shining

Stanley Kubrick, 1980
Encore un film dont la réputation est largement surestimée. Bien sûr, il y a des images splendides, des travellings impressionnants, une utilisation démente de la géométrie (le labyrinthe, le tapis, les couloirs), bien sûr, les interprétations de Jack Nicholson et de Shelley Duvall sont exceptionnelles (à défaut d'être glamour pour cette dernière). Mais à côté de ça nous avons un scénario peu explicite, des personnages secondaires mal approfondis, d'interminables séquences de dialogues inintéressantes et paresseusement filmées et surtout une histoire peu passionnante à la narration dramatique mal maîtrisée et qui ne démarre véritablement qu'au bout de 90 minutes (sur les 115 que dure le film !) Quant à la photo finale c'est du grand n'importe quoi ! A sauver : la dernière demi-heure malgré le happy end fumeux, et cette très étrange scène de salle de bain dont la partie "jeune" est interprétée par Lia Beldam (un nom pareil, ça ne s'invente pas). Shinning, l'un des meilleurs films d'horreur de l'histoire du cinéma ? Certainement pas !

 A propos de la nouvelle vague

La nouvelle vague c'est le coup de pied dans la fourmilière, en ce sens qu'elle a été salutaire, le cinéma français s'enlisait dans des mise en scène sans imagination, dans des directions d'acteurs lourdes et dans des dialogues disjonctés du réel. En ce sens la nouvelle vague nous a donné quelques excellents films : Ascenseur pour l'échafaud (1957), Le mépris (1963) Pierrot le fou, (1965) et puis surtout toute l'œuvre de François Truffaut. Mais aussi pas mal de nanars godardiens et une palme pour ce monument d'ennui qu'est L'année dernière à Marienbad, (1961, Alain Resnais)

La nouvelle vague avant de passer derrière la caméra fut d'abord une équipe de critiques réunis autour de la revue "les cahiers du cinéma", admirateurs du cinéma américain, ils permirent au public français de découvrir à sa juste valeur Alfred Hitchcock pour ne nommer que lui, par contre d'autres choix furent plus contestables, (l'admiration exagérée pour John Ford, le culte porté à Howard Hawks ou la descente en flamme de John Huston par exemple)


excellent
Très bon
assez bon
bof...
mauvais
nul