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Critiques en vrac

Page mise à jour le 26/03/2017

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2016
 

Café Society  

Un film de Woody Allen (2016) avec Kirsten Stewart. Woody Allen est parfois comme Maupassant, il ne raconte pas grand-chose, mais qu'est-ce qu'il le raconte bien. C'est élégant, parfaitement bien maîtrisé avec une direction d'acteur exceptionnelle et un humour souvent très noir. Allen prend à rebrousse poils les codes de la comédie romantique nous expliquant qu'on peut très bien aimer deux personnes ne même temps. Ce film ne peut cependant rivaliser avec les chefs d'œuvre du maître, mais se situe dans la bonne moyenne de sa production.

Money Monster

Un film de Jodie Foster (2016) avec George Clooney et Julia Roberts. Le début est catastrophique, on croit que ça va s'arranger, mais on tombe vite dans une soupe où l'invraisemblable et le prévisible côtoient le soporifique. Clooney et Roberts jouent correctement leurs improbables rôles, la quasi inconnue Caitriona Balfe est plutôt mignonne mais on lui fait jouer (à elle aussi) un rôle improbable. Quant au type qui joue l'improbable braqueur il est mauvais.

Les innocentes

Un film d'Anne Fontaine (2016) avec Lou de Laâge. Esthétiquement c'est très beau, bien réalisé et excellemment interprétée (fabuleuse Lou de Laâge). Le rythme est parfois un peu lent mais jamais pesant. Le propos est intelligent et ne sombre jamais dans la caricature, on peut même dire qu'il s'agit d'une leçon de respect. La réalisatrice ne juge rien, prouvant s'il le fallait encore qu'on peut commettre les pires atrocités en croyant bien faire. Anne Fontaine est décidément une valeur sûre du cinéma français.

La chute de Londres

Un film de Babak Najafi (2016) : Invraisemblances comme s'il en pleuvait, poncifs éculés, personnages caricaturaux, acteurs bovins, humour débile, manichéisme outrancier, pro-américanisme primaire, effets spéciaux moyens… en voilà une série de casseroles ! Pourtant le film réussit le double exploit d'être regardable sans aucun ennui et ne nous déconnecter le cerveau pendant 90 minutes. Une fois reconnecté on se dit qu'on a bien perdu son temps.

Connasse princesse des cœurs

Un film d'Eloïse Lang et Noémie Sagglio (2015) avec Camille Cottin. En matière de caméra cachée, des choses sublimes ont été réalisées pour la télévision depuis 1948 aux USA et depuis 1964 en France. Donc rien de nouveau sous le soleil, mais pas mal de bonnes idées (le sketch du petit chien) et d'autres qui le sont moins (la séance d'essayage). Camille Cottin assure avec un culot inimaginable et avec beaucoup de charme, elle parvient à tenir le film. Sympathique mais vraiment pas de quoi crier au miracle

Le pont des espions  

Un film de Steven Spielberg (2015) avec Tom Hanks. Du travail d'orfèvre, on ne s'ennuie pas une seconde, l'action est menée de main de maître et Tom Hanks est encore une fois fabuleux, l'acteur anglais quasi inconnu Mark Rylance, fais une prestation remarquable en espion russe. L'ambiance d'époque est parfaitement rendue. Quelques détails mineurs empêchent toutefois le film d'être un chef d'œuvre notamment les allusions lourdingues à l'idéalisme américain et sa petite famille bien gnangnan mais ça reste excellent.

Les huit salopards

Un film de Quentin Tarantino (2015). Le film dure 2 h 40. Pendant près de deux heures nous assistons a du bon Tarantino, élégamment mis en scène, bien interprété et intéressant (même s'il peut paraître sur-dialogué). Et alors qu'on avait tout compris, que le film pouvait finir au bout de 2 heures voilà que Tarantino nous ajoute deux chapitres inutiles, l'un puisqu'il ne fait qu'illustrer ce qu'on savait déjà, et surtout le dernier dans lequel on sombre dans une espèce de bouillie insipide ou se mélange sadisme, hémoglobine, grand guignol et … référence lourdingue à Abraham Lincoln sans que cela n'apporte quoique ce soit au film. En fait on ne sait pas trop ce que Tarantino a voulu montrer et à ce stade on s'en fiche un peu. Nous avons donc là un film mal construit et décevant dont le seul souvenir sera l'impressionnante prestation de Jennifer Jason Leigh.

Seul sur Mars  

Un film de Ridlley Scott (2015) avec Matt Damon. Une énorme déception par rapport aux attentes et au foin médiatique, non pas que ce soit nul, c'est plutôt bien fait et il y a des belles images, mais c'est au niveau de la narration que ça pèche, tout est téléphoné, la narration emprunte aux pires documentaires : on explique ce qu'on va faire ou ce qui va se passer et ensuite on le montre. La première partie possède ainsi un côté "Myke Gyver sur Mars" qui devient vite gavant et parfois incohérent. Il n'y a aucune tension, Matt Damon sans être mauvais n'a rien de génial. C'est truffé d'invraisemblances comportementales, et ça collectionne les pires clichés. Seul le dernier quart d'heure nous réveille, mais uniquement par la beauté des plans, parce qu'encore une fois côté suspense, c'est le néant. Quand on pense que des bons films "martiens" comme l'excellent "Planète rouge" d'Antony Hoffman ou "The Last Days on Mars" sont passés inaperçus... Cela dit c'est toujours mieux qu'Interstellar mais on est loin de la perfection formelle de Gravity.

L'homme irrationnel

Un film de Woody Allen (2015) avec Emma Stone. Après le décevant "Magic in Moonlight", nous revoici à un excellent niveau. Woody Allen est au cinéma un genre à lui tout seul ce qui fait qu'on a l'impression qu'il répète toujours la même chose, chaque film est donc une variation sur ses questionnements et ses angoisses. Le petit machin de rien du tout qui fait basculer une vie est l'une de ses obsessions, dans l'excellent "Match Point", c'était une balle de tennis, ici c'est une lampe torche. Au passage, Woody arrivé au soir de sa vie nous confie par la bouche de son acteur principal qu'aucun philosophe ne lui a apporté les réponses qu'il cherchait. Le film est effrayant dans sa logique "irrationnelle", mais il est passionnant et parfaitement maîtrisé avec comme toujours une direction d'acteurs inimitable (fabuleuse Emma Stone). Notons au passage l'amusante prestation de Parker Posey en femme cougar. Alors, la vie a-t-elle un sens ? Vous ne le saurez toujours pas en allant voir le prochain Woody Allen en 2016. Sacré Woody, il est super ton film !

Papa ou Maman

Un film de Martin Bourboulon (2015) avec Marina Foïs et Laurent Lafitte. Une excellente surprise, d'abord c'est excellemment interprété par deux très bons comédiens, c'est bien filmé et le montage est efficace (les scènes sont souvent très courtes; ce qui évite les lourdeurs). Quant au sujet, il est délicieusement politiquement incorrect… et pour une fois l'humour fonctionne très bien.

Comme un avion

Un film de et avec Bruno Podalydès (2015) avec Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui.  Un film plutôt insignifiant avec quelques cotés bien sympathiques mais d'autres franchement cucul-la praline et en tous les cas rien qui ne justifie l'engouement critique. Certaines scènes sont ratées (le parking du super marché) d'autres bien lourdes (celles avec Arditi), la bande son est lamentable. On pourra toujours se consoler avec Kiberlain mais elle n'a pas assez d'espace pour sauver le film, voire avec le téton gauche d'Agnès Jaoui.

Mad Max Fury Road

Un film de George Miller (2015) avec Charlize Théron. La déception est à la hauteur de l'attente : énorme ! Certes, il faut bien admettre que la réalisation est brillante, folle et baroque, c'est même l'œuvre d'un génie, mais sinon c'est quoi ce film, sinon un péplum mécanisé, c'est dire le niveau ! Vous me direz : les précédents aussi, mais pour ceux-ci le concept était innovant, alors pourquoi ce remake qui n'a rien à nous dire de plus ? Pur produit hollywoodien, ce film s'appuie sur une recette simple : overdose (jusqu'à la nausée) de violence et de cascades (mais pas trop sanguinolentes non plus, on n'est pas dans un film gore), un doigt de féminisme, un zeste d'écologie, mais en revanche pas d'érotisme, même là où il en faudrait ! On notera aussi les erreurs de script à la pelle dont la plus belle est constituée par les robes blanches immaculées et infroissables après un épisode dans la boue. Les rares "moments calmes" du film prêtent à sourire en raison du jeu médiocre des acteurs parmi lesquels seule Charlize Théron "passe". Deux ou trois bonnes idées par ci par là ne peuvent prétendre à sauver ce film gavant.

Cinquante nuances de Grey

Un film de Sam Taylor-Wood (2015) avec Dakota Johnson. Mettons d'abord les choses au point, il ne s'agit pas d'un film érotique mais d'une comédie romantico-dramatique ayant pour thème les rapports sadomasochistes et qui comporte quelques scènes érotiques. Vu comme ça le film peut être qualifié d'intéressant (à défaut d'être génial). Le film nous parle donc du S.M. qui fait partie des pratiques mal connues et pour lesquelles les clichés vont bon train. On peut distinguer deux tendances dans cette pratique : c'est soit un jeu érotique parmi d'autre, dans ce cas quand c'est fini on passe à autre chose, soit un état permanent où l'on va jusqu'à signer un "contrat" pour en définir les détails. Dans le film l'homme est un adepte de cette seconde tendance, alors que la femme accepterait bien l'aspect ludique, mais sans se laisser enfermer dans des clauses contractuelles. L'évolution des rapports entre les deux personnages est à ce sujet très bien vu, les points de vue se rapprochant, l'homme abandonne le contrat écrit mais reste fidèle à ses règles orales au grand dam de la femme qui souhaiterait une relation plus "aérée". On déplorera la dernière scène S.M. absurde, puisque la femme se révolte contre ce qu'elle vient d'accepter (?) ainsi que la psychanalyse de super marché (si je suis comme ça, c'est parce que j'ai eu une enfance malheureuse et bla-bla-bla - mais le film à le bon goût de ne pas entrer dans les détails). La réalisation est correcte, les scènes érotiques sont assez jolies. Quant aux acteurs, Dakota Jonhson est surprenante, pas canon, mais super mignonne et jouant très bien (une fille trop glamour n'aurait pas fait l'affaire), Jamie Dornan, lui, a autant de charisme qu'un videur de boite de nuit, mais il reste passable au sens propre du mot. Quant à la fin, suivant son humeur on la trouvera abrupte, ouverte ou en queue de poisson…. Des défauts, certes, mais c'est loin d'être mauvais film, même si sur le sujet on peut préférer par exemple "La secrétaire" le chef d'œuvre de Steven Shainberg (2002)

Jupiter, le destin de l'Univers

Un film de Lana et Andy Wachovsky (2015). Encore une erreur des producteurs qui croient qu'il suffit d'effets spéciaux bluffants pour réussir un film. Parce que à part ça et quelques jolis décors, il reste quoi ? Un scénario d'une débilité absolue, que ce soit dans ses grandes lignes ou dans ses détails, des dialogues abscons entrecoupés de scènes d'action gavantes et sans tension. Mila Kunis n'est pas mise en valeur, quand aux deux "héros" masculins invincibles et sautillants ils ont autant de charisme que des bovins charolais. Fuyez !

Les survivants (Z from Zacharia)  

Un film de Craig Zobel (2015) Moi je veux bien qu'on fasse de psychologie avec des survivants d'une catastrophe nucléaire, encore faut-il que les situations et les personnages soient crédibles. Ici nous avons une bigote qui continue de croire en Dieu et à réciter les grâces après un holocauste nucléaire, mais qui est en manque de sexe. un athée noir mais respectueux des valeurs religieuses qui se révèle un véritable McGyver mais qui refuse de coucher avec madame pour des raisons "étiques". Une première partie assez pauvre puisqu'il ne se passe rien (et en plus c'est d'un lent !). Quand vient la seconde partie avec l'arrivée du troisième larron, ça se barre en sucette à ce point que le réalisateur n'a pas su finir son film. On ne sait pas trop ce qu'il veut nous raconter mais ses allusions religieuses deviennent pénibles (seule la foi permet de s'en sortir… et justement celui qui n'a pas la foi devient le méchant du film), Un joli ratage (joli à cause du décor !)

Crimson Peak  

Un film de Guillermo del Toro (2015) avec Mia Wasikowska et Jessica Chastain. Ce type est un surdoué de la caméra et de la mise en scène, ses plans, ses éclairages, ses décors sont fabuleux. Le montage est nerveux et très efficace du moins au début. Seulement ça ne suffit pas, il faut un scénario qui tienne la route : c'est loin d'être le cas : on ouvre des pistes que l'on oublie d'approfondir, on pose des énigmes qui ne seront jamais résolues, on accumule les facilités de scénario : ça commence par Sir Thomas capable de juger un manuscrit en n'en ayant aperçu qu'une page pendant quinze secondes, (et la nunuche trouve ça normal), mieux on a des criminels qui conservent des preuves de leurs crimes au lieu de les détruire, et encore mieux Edith qui se bat comme une ninja avec une jambe cassée…  Et puis il faut aussi parler du casting, le choix de Mia Wasikowska (qu'est-ce que les producteurs lui trouve à celle-ci ?) qui aussi glamour qu'une poignée de porte est une erreur surtout si on la compare à Jessica Chastain qui elle sait jouer et à une présence presque magnétique.

Strictly Criminal

Un film de Scott Cooper (2015) avec Johny Depp. Ça se regarde d'un œil détaché parce que a aucun moment la narration est maîtrisé, trop d'ellipses, trop de blablas, trop de personnages (certains apparaissent dans le film sans qu'on sache pourquoi ils sont là !). Ajoutons-y un Johnny Depp monolithique (et mal maquillé), une absence totale d'humour, une absence totale d'empathie pour les personnages principaux, une complaisance malsaine dans les scènes d'exécution (quand ils ne sont pas en plus complémentent téléphonée comme celui de la jeune femme), et une mise en scène sans imagination. Bref, c'est pas terrible ! Que sauver ? Peut-être le sourire de Dakota Johnson dont le personnage disparaît on ne sait comment au début du film.

The Big Short  

Un film de Adam McKay (2015). Malgré les tentatives didactiques du film, force est de constater qu'à à moins d'être un lecteur acharné des informations boursières, si on comprend en gros les grandes lignes de ce qu'y s'y passe, dès qu'on veut suivre les détails on est complètement perdu. Cinématographiquement c'est nul, ça blablate, ça pérore, on ne comprend pas les rapports entre les personnages, on ne se raccroche à rien, on s'ennuie et on se demande si on ne serait pas mieux à regarder autre chose.

Truth  

Un film de James Vanderbilt (2015) avec Cate Blanchett et Robert Redford. Drôle d'impression parce que le film est intéressant mais il n'est pas passionnant, sans doute est-ce en raison de l'académisme de la réalisation qui ne dégage pas d'émotions, à certaines longueurs (Les pleurnicheries finales sont insupportables) et du jeu monolithique de Robert Redford. Quant à Cate Blanchett, heureusement qu'elle est là, elle porte et illumine ce film bien moyen.

Régression  

Un film de Alejandro Amenábar (2015). Il faut attendre la fin du film pour comprendre que le sujet était intéressant et même assez fort. Le souci c'est que le réalisateur s'est complètement planté en nous imposant une mise en scène qui fait du surplace et qui côtoie l'ennui, ainsi qu'une direction d'acteurs déficiente (Ethan Hawke ne suscite aucune empathie et Emma Watson est en service minimum) On se raccroche à rien alors forcément on décroche.

Bone Tomahawk

Un western de S. Craig Zahler (2015) avec Kurt Russel. Russel joue une caricature de shérif (surtout au début), Matthew Fox interprète un personnage exécrable et Patrick Wilson fait pitié avec son rôle en béquilles. Seul Richard Jenkins apporte une note d'humanité dans cette galerie de caricature. Sinon c'est lent, et certaines scènes sont inutiles (ça sert à quoi l'histoire des puces savantes ?) on a droit à quelques bondieuseries et à quelques scènes gores (sans doute pour afficher la prétendue originalité du film) et puis surtout c'est du grand n'importe quoi, les invraisemblances et les facilités de scénario jalonnent ce film prévisible et mal écrit qui n'a rien à nous dire. (Et en plus Lili Simmons n'est m^me pas mise en valeur)

High Rise

Un film de Ben Wheatley (2015) d'après un roman de J.G. Ballard. Le concept est intéressant et intriguant au début du film, Tom Hiddleston joue avec beaucoup d'élégance et Sienna Miller est très sexy. Le souci c'est que très vite ça n'avance plus, ça tourne en rond, ça part dans tous les sens, ça devient saoulant et pour tout dire inintéressant.

La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil

Un film de Joann Sfar (2015) : Freya Mavor, l'actrice principal est merveilleuse. Mais c'est bien le seul intérêt de ce film auquel on ne comprend strictement rien du tout, qui nous fatigue et dont la révélation finale est un somment de nullité cinématographique.

Automata  

Un film de Gabe Ibanez (2014) avec Antonio Banderas. Que ce film n'ait pas bénéficié d'une sortie en salle en France est un véritable scandale. C'est passionnant et très bien réalisé, Banderas jour bien le coup, alors que peut-on reprocher à ce film sinon quelques raccourcis de scénarios et son final nimportnawak. Les images sont splendides, la bande son magnifique et même si le thème est classique la façon de l'aborder est particulièrement intelligente.

Gemma Bovery  

Un film d'Anne Fontaine (2014) avec Fabrice Luchini et Gemma Arterton. Un duo d'acteurs au top avec un Luchini impérial et une Gemma Arterton radieuse au service d'une histoire élégante et intelligente parsemée de quelques bonnes vannes et d'un humour noir assez étonnant. (la fin est grandiose). Ça pèche un peu du côté des seconds rôles et il y a quelques petites imperfections scénaristiques mais sinon ça fait partie des films qui se dégustent.

Big Eyes

Un film de Tim Burton (2014) avec Christoph Waltz et Amy Adams. Du Tim Burton assagi mais beaucoup de bonnes choses, une très bonne réalisation, les deux acteurs principaux au top, Christoph Waltz à la limite du cabotinage mais ça passe bien et Amy Adams dont l'étrange beauté crève l'écran. L'histoire est intéressante surtout dans sa première partie, après ça s'essouffle un peu, le film devenant prévisible et sans grand enjeu. Au-delà de l'histoire et même si ce n'est pas le sujet traité, on peut y déceler un regard très critique sur le fonctionnement du marché de l'art. La scène de procès (les américains ne peuvent pas s'empêcher d'en fourrer partout) malgré l'absence d'enjeu est plutôt réussie. C'est un biopic et il faut bien respecter l'histoire mais on peut cependant reprocher aux scénaristes de présenter la secte de Jehovah sous un jour trop bienveillant. Très belle B.O.

It follow

Un film de David Robert Mitchell (2014). L'idée de base est tout à fait originale et aurait pu nous donner un très bon film. Le résultat n'est hélas pas à la hauteur, on a l'impression d'avoir affaire à un scénario bâclé abusant des déficits d'explications, souffrant de dialogues mal maîtrisées et s'encombrant de plans inutiles et de références peu pertinentes à Dostoïevski. La scène de la piscine, devant constituer le clou du film ne tient pas toutes ses promesses et le mot "Fin" nous arrive comme un cheveu sur la soupe. Reste quelques bonnes scènes d'épouvante et une actrice principale plutôt mignonne (Maika Monroe).

Une nouvelle amie

Un film de François Ozon (2014) avec Romain Duris et Anaïs Demoustier. Grâce à un montage nerveux, Ozon va de suite à l'essentiel, il n'est pas un cinéaste littéraire mais un cinéaste pictural, et à l'instar des grands peintres ses films sont là pour montrer ce qu'il l'intéresse de montrer et uniquement cela. Le sujet n'est pas tant le travestissement que la fascination qu'exerce ce milieu (y compris chez les femmes, puisque c'est cet aspect qui est au centre du film). Le pari était risqué, il fallait éviter la caricature mais ne pas non plus tomber dans le politiquement correct, exercice d'équilibriste qu'Ozon réussit à merveille. Les deux acteurs sont excellemment dirigés avec un Romain Duris bluffant en travesti et une Anaïs Demoustier extraordinaire de charme et de sensibilité. Il y a de l'émotion (juste ce qu'il faut), une touche d'humour, une teinte d'érotisme et surtout beaucoup de tact. La scène de cabaret est grandiose. La réalisation est parfaite. On est donc passé très près du chef d'œuvre, hélas, il y a cette scène à l'hôpital, inutilement longue et lourde dont on ne comprend qu'après coup qu'il s'agit d'un clin d'œil à "la belle au bois dormant". Du grand Ozon cependant !

Interstellar  

Un film de Christopher Nolan, (2014) avec Matthew McConaughey et Anne Hathaway. Pourquoi suis-je aller voir ce film alors que je m'étais sauvé en pleine séance pendant la projection d'Inception ? Parce que la Science-fiction, les planètes et les fusées, c'est mon truc et qu'en la matière, je suis plutôt bon public. Si j'avais su.... Le film est ambitieux, ce qui n'est pas un reproche, mais il est prétentieux, (attention, les yeux, c'est mon dernier chef d'œuvre ...)  ce qui en est un.  Pire il est racoleur, tous les moyens étant employés pour rallier la critique : On surfe sur le slogan "il faut sauver la planète" et les écolos sont ravis, on met en scène d'interminables pleurnicheries, ça permet de dire que le film fait dans l'émotion, on égraine des prétendues énigmes philosophiques (d'ailleurs toutes résolues définitivement au XXème siècle) ça permet de dire que c'est un film qui fait réfléchir, ça veut faire parfois dans l'humour, ça ne fonctionne pas mais ça permet de dire que le réalisateur en a. Ça multiplie les références à 2001, ça permet de dire que ce film rendant hommage à Kubrik ne saurait nous laisser indifférent. Pire, ça dit sans le dire mais en le disant quand même que les missions Apollo lunaires étaient bidons, ce qui permet de se mettre dans son camp les conspirationnistes de tous poils. Le pitch est digne d'une mauvaise série B, le film use et abuse des facilités de scénario et du non-dit (ah, cette scène où Murphy crie Eureka car elle a tout compris.... mais pas nous !) On passera sur les stupidités scientifiques genre :" la 5ème dimension" qui permet de cautionner toutes les bêtises du scénario. On passera aussi sur les invraisemblances, la plus gonflée étant ce fameux plan B dont on nous dit explicitement qu'il n'intéresse personne (un éclair de lucidité ?) mais qu'on utilise tout ce qu'il faut, y compris le mensonge pour le mettre en œuvre. Alors on sauve quoi ? Les prétendues "paysages de planètes inconnues, magnifiques à couper le souffle" se résument à un désert de glace. La musique est envahissante. Au niveau acteur Matthew McConaughey se débrouille assez bien (quand il ne pleurniche pas), mais Anne Hathaway est aussi expressive qu'un baba à la crème. Il n'y a aucun suspense, aucune tension, on n'éprouve aucune empathie pour les personnages, mais le film possède un certain rythme ce qui fait qu'on regarde jusqu'au bout, Quant à la dernière demi-heure c'est du grand n'importe quoi. Certains ont cru pouvoir écrire qu'on ne sortait pas intact de la vision de ce film, qu'on l'ai aimé ou pas, moi je suis sorti en me disant simplement : "bof !".

Magic in the Moonllight  

Un film de Woody Allen (2014) : Un petit Woody Allen, assez inégal, démarrant assez fort puis encombré de longueurs et de dialogues interminables (et parfois limite pénibles) dans sa partie centrale. Heureusement la partie finale où l'on retrouve tout le talent de Woody Allen relève considérablement le niveau (avec notamment, une demande en mariage méritant de figurer dans les anthologies.) Woody a tellement fait mieux !

Elle l'adore  

Un film de Jeanne Herry (2014) avec Sandrine Kiberlain. Une bonne surprise ! L'histoire est originale et bien menée. (on déplorera juste un facilité de scénario au cours de l'enquête, ou alors c'est moi qui n'ai pas compris). L'interprétation de Sandrine Kiberlain est magistrale, c'est vraiment un bonheur de la voir jouer. On ne peut malheureusement en dire autant des acteurs jouant le couple de flics (l'homme est mauvais, la femme exécrable). N'empêche que, globalement c'est un très bon film sans prétention ni prise de tête.

La French  

Un film de Cedric Jimenez (2014). Le film souffre de plusieurs défauts majeurs, le premier et le plus important étant que le réalisateur connaissant le scénario par cœur oublie que le spectateur n'est pas dans le même cas, d’où des ellipses incompréhensibles, voire une certaine confusion (d'autant qu'il y a beaucoup de monde). L'histoire est volontairement idéalisé, c'est un choix, les méchants le sont vraiment mais ce n'était pas une raison pour tomber dans le manichéisme et nous présenter un juge Michel moralement sans aucun défaut ni travers. A ce propos la rencontre qui se voudrait shakespearienne entre Zampa et Michel est ridicule. Et puis tout ça manque de punch, certaines scènes sont inutilement longues à l'instar de celle ou la femme de Michel découvre le cadavre de son mari. Jimenez oublie là une des règles du (bon) cinéma, quand le spectateur à compris une scène, on passe à la suivante. Si l'interprétation de Lellouche est satisfaisante, celle de Dujardin (plus difficile) ne convainc pas complètement, non pas qu'il soit mauvais, mais on le sent peu à l'aise. Enfin nous infliger gratuitement un tube ridicule de Sheila n'est qu'une critique mineure, n'empêche que ça énerve. Cela dit, le film se regarde, l'histoire et l'ambiance restant intéressantes mais n'a rien d'indispensable.

Sin City, j'ai tué pour elle  

Un film de Robert Rodriguez et Frank Miller (2014) avec Eva Green, Jessica Alba, Mickey Rourke. Le premier opus fonctionnait en raison de l'originalité de son concept et de son découpage où plusieurs récits finissaient par se souder et on en oubliait la vacuité du propos. Ici on nous ressert exactement la même sauce dans un récit déstructuré qui n'arrive jamais à passionner et où les scènes deviennent répétitives (les types qui traversent les fenêtres et qui s'écrasent dans le verre brisé, ça va bien cinq minutes). La seule valeur ajoutée est la présence sulfureuse d'Eva Green, mais quand elle quitte le film, l'ennui s'installe dans un final aussi prévisible qu'inintéressant.

Redirected

Un film de Emilis Velyvis (2014). Un film complètement déjanté ou un quarteron de braqueurs minables se retrouvent contre sa volonté en Lituanie aux prises avec "leurs victimes"; la police et la mafia locale. Le regard porté par le réalisateur lituanien sur son propre pays n'a rien de tendre. On a un peu de mal à suivre, parce que l'intrigue part un peu dans tous les sens, mais ça se regarde avec plaisir d'autant que certaines scènes sont assez cocasses (le curé lituanien, le type avec son radiateur attaché au poignet…)

Lucy  

Un film de Luc Besson (2014) avec Scarlett Johansson et Morgan Freeman. Il faut bien sûr aimer la science-fiction et le ton qui parodie certains films d'actions asiatiques. Le seul problème c'est le thème choisi, forcément casse-gueule et qui ne mène nulle part. Mais cette réserve importante mise à part, le film est bon, les premières séquences sont exceptionnelles (après il y une petite baisse de régime). La fin mélange le gélatineux, le foutraque et se termine par des propos philosophiques dont tout le monde se fout (Besson le premier sans doute). Scarlett Johansson est réellement fabuleuse dans ce rôle, elle crève l'écran de façon incroyable, les méchants sont vraiment des méchants de bande dessinée, ce qui passe très, très bien, les images sont splendides, la bande son agréable et efficace. Bref c'est très bon.

La planète des singes, l'affrontement

Un film de Matt Reeves (2014) S'il y a des films qu'on a envie de démolir, d'autres qu'on a envie de défendre, ici on a simplement envie de dire : "bof" ! Le scénario n'offre ni surprise ni tension (juste un peu vers la fin). Les personnages sont stéréotypés, les situations intimistes déjà vu et revus, on a droit à des facilités de scénario de série B (les deux personnages qui se retrouvent "par hasard" parmi le fouillis guerrier d'une citée dévastée) et les invraisemblances nous sont servies à la pelle. Sinon en vrac : Les effets spéciaux sont bluffants, la BO est correcte, la 3D ne sert pas à grand-chose (sauf vers la fin), il y a une bonne scène comique où un singe fait… le singe, l'image est très sombre... Bref tout ça est moyen et constitue une réelle déception par rapport au précédent et par rapport à l'attente. (Quoique sachant que le réalisateur est Matt Reeves, l'auteur du calamiteux Coverfield…) Bof, bof, et rebof l

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?

Un film de Philippe de Chauveron (2014). Enorme succès populaire. Il n'y a pourtant vraiment de quoi s'affoler, une réalisation quelconque, une direction d'acteurs inexistante ce qui fait que seuls ceux qui ont de l'expérience ou du talent s'en sortent (Clavier, Laudy) et surtout un scénario lourdingue et parsemé de clichés (que le film prétend pourtant combattre). Ça se tourne pas mal en rond, devient un peu intéressant avec la partie de pêche puis tombe dans la pire sucrerie avec un happy-end stupide. C'est peut-être dommage car au-delà des bons sentiments à la tonne, le film avait l'audace d'essayer de montrer que le racisme, les préjugés et la connerie ne sont pas l'apanage de l'homme blanc occidental.

A coup sûr

Un film de Delphine de Vigan (2014) avec Laurence Arné et Valerie Bonneton. Ce film vaut bien mieux que le mépris avec lequel par la critique l'a accueilli. Le pitch est original, la direction d'acteurs impeccable (Laurence Arné est lumineuse et Valérie Bonneton complétement barré), c'est amusant, très décontracté et surtout ça a le mérite d'être très politiquement incorrect dans son propos (surtout quand on sait que la réalisatrice et scénariste est une femme). A noter : la stupéfiante prestation de Julie Faure dans le rôle d'Agathe, l'escort-girl. Certes la réalisation n'est pas sans défauts, on regrettera notamment le "happy end" un peu cucul qu'on sent venir dès le début, mais dans l'ensemble c'est un film qui nous fais passer un bon moment et qui décoiffe un peu.

The grand Budapest hôtel  

Un film de Wes Anderson (2014) Ours d'or à Berlin et éloges unanimes de la critique. Ce réalisateur filme avec une maestria assez rare, les images sont splendides, l'utilisation de la musique est impeccable, les acteurs sont bons et puis ça a le mérite de nous changer des blockbusters hollywoodien préformatés. Et pourtant le résultat n'est pas à la hauteur de son ambition : le scénario est (volontairement ?) simpliste voire schématique, l'humour ne fonctionne jamais (c'est même parfois d'une lourdeur inouïe - cf la scène du chat ou celle des moines). Il n'y a aucune profondeur, aucune émotion. Ça se regarde de façon distante, à la limite de l'indifférence et quand la fin arrive, on se dit qu'on a perdu son temps.

Maps to the stars

Un film de David Cronenberg (2014) avec Juliane Moore. Certes le film est plus cronenbergien que Cosmopolis, mais il est aussi tarte. A quoi voulez-vous vous raccrocher quand tous les personnages sont laids, suffisants, horripilants, voire repoussants ? Si au moins l'histoire était intéressante, mais ce n'est même pas le cas.

American Nightmare 2: Anarchy

Un film de James DeMonaco (2014). Ce n'est pas à proprement parler une suite du 1, puisque seul le contexte est conservé. Là où nous avions un "Chien de paille" relooké en SF et épouvante, nous avons avec le n°2 une odyssée extérieure dans la nuit de la purge. Le film fonctionne parfaitement et certains aspects sont si glaçants qu'on n'en oublierait presque que ce n'est que de la politique fiction. La réalisation est bonne, la direction d'acteurs aussi, on ne s'ennuie pas, on s'accroche à son siège. Une bonne série B en quelque sorte.

Europa Report

Un film de Sebastian Cordero. (2013) C'est de la hard science, catégorie mal perçue en France, mais qui possède à son actif "2010, l'année du premier contact", "Moon", "Solaris", "Planète rouge", "Apollo 13", "Gravity"… Mais pas 2001 qui appartient à une autre catégorie. Le magazine Time ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui dit du film "Contrairement à 2001, l'Odyssée de l'espace, Europa Report est rapide, excitant et terrifiant". Effectivement il s'agit d'une expérience en immersion totale, on est vraiment dans l'espace et pour qui veut bien s'y laisser prendre cette expérience est hallucinante. C'est bien joué et parfaitement crédible (amateurs de Star Sterk, s'abstenir !) PS : on pourra regretter que le film fasse l'impasse sur les inévitables tensions au sein du groupe, mais en fait c'est une conséquence du choix narratif.

Under the skin

Un film de Jonathan Glazer (2013) avec Scarlett Johansson. Le prégénérique annonce la couleur : long, chiant, nombriliste et quasi incompréhensible. Et tout le film sera comme ça. Je n'ai aucun a priori contre le cinéma expérimental, mais force est de constater que celui-ci est raté, que l'auteur n'a pas grand-chose à dire (car, non, il ne "prend pas son temps", il tire à la ligne pour atteindre les 90 minutes). Quant à Scarlett Johansson, elle donne énormément de sa personne pour faire vivre le film, mais ne parvient juste qu'à nous empêcher de nous enfuir avant la fin. Faut dire que l'actrice est superbe, d'autant qu'elle à la grande bonté de nous offrir le joli spectacle de sa nudité, (mais bizarrement beaucoup moins bien mis en valeur que son visage, hélas) mais ça ne vaut pas le prix d'une place de cinéma ! PS : il est amusant de constater que nombre de ceux qui encensent le film le font sur la base de son pitch et non sur sa réalisation.

Apprenti gigolo

Un film de John Turturro (2013) avec lui-même, Woody Allen, Sharon Stone, Vanessa Paradis. Excellente surprise que ce film où tout est excellent à commencer par le scénario gentiment amoral, mais qui jusqu'à la fin évite tous les pièges (et il y en avait !). La réalisation est sans faute et sans temps morts. Turturro et Paradis sont discrets mais justes, tandis que Woody Allen évite d'en faire de trop (et autant dire qu'ainsi, il est parfait) quant à Sharon Stone, ses apparitions restent toujours aussi sulfureuses. Un film qui vole bien plus haut que ses apparences, entre ceux qui vivent d'une certaine marginalité et ceux qui se cambrent dans une rigidité morale et religieuse, (qui fait peur) le réalisateur n'hésite pas ! Et ça fait du bien ! Il manque un tout petit je ne sais quoi ce soit un chef d'œuvre, mais on y est presque !

La venus à la fourrure

Un film de Roman Polanski (2013) avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. Même si c'est remarquablement filmé (et ce n'est pas un vain mot), c'est d'abord un film d'acteurs, et il faut bien reconnaître qu'Emmanuelle Seignier (46 ans mais elle en fait 15 de moins) crève l'écran de par son talent et de par l'érotisme sulfureux qu'elle dégage. Amalric est également excellent, incarnant une espèce de clone du réalisateur. Sur le fond, il y a sans doute plusieurs degrés de lecture, mais je ne vois pas pourquoi on privilégierait les réflexions de Wanda par rapport à celles de Thomas, (d'autant que c'est la "Wanda qui ne joue pas" qui professe des aphorismes féministes au ras des pâquerettes tandis que Thomas se met en colère en disant qu'il faut arrêter de tout ramener à la lutte des classes, au sexisme et tout ça). On ne saura jamais d'ailleurs d'où vient cette Wanda, est-réelle ou est-ce Thomas qui fantasme ? Mais ces points sont-ils vraiment si importants car le thème n'est pas là. Il s'agit d'un jeu de pouvoir entre une femme dominatrice et un auteur masochiste, et ce jeu est passionnant, intelligent, excitant, plein d'humour et remarquablement bien fait. Et inutile d'aller prendre ça trop au sérieux, ce n'est pas le but, on se régale, on est scotché et on en aurait bien repris 30 minutes de plus !

9 mois ferme  

Un film d'Albert Dupontel (2013) avec Sandrine Kiberlain. Un peu long à démarrer, mais quand c'est parti, ça ne s'arrête plus. Si Sandrine Kiberlain nous livre un numéro exceptionnel, il faut bien reconnaitre que Dupontel en fait de trop en tant qu'acteur perdant en crédibilité. Dans les seconds rôles Nicolas Marié en avocat bègue rate ses premières apparitions mais se rattrape avec une plaidoirie d'anthologie. Les vannes vachardes contre les médias sont excellentes. Dupontel nous montre aussi qu'il sait filmer, le film débutant par un plan séquence de pure folie. Une bonne surprise

Ma vie avec Liberace

Un film de Steven Soderbergh (2013) Bien que la réalisation soit talentueuse le film apparaît d'abord et surtout comme un film d'acteurs, le très inégal Michael Douglas n'a sans doute jamais été aussi bon et Matt Damon, parfois pénible est ici excellent. Cela dit l'histoire est (presque) sans surprise et les personnages ne suscitent pas l'empathie. Sur un thème similaire "I Love you Phillip Morris" était d'un autre niveau.

Malavita

Un film de Luc Besson (2013) avec Robert de Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron. Le film est réalisé dans le même esprit décalé que Nikita ou Léon. C'est très bien foutu, l'interprétation est parfaite, Dianna Agron est bien jolie, certaines scènes sont inoubliables (la descente du train) et la scène finale est jubilatoire. Tout juste peut-on regretter un peu trop de violence gratuite (et parfois téléphoné comme la scène du plombier). Quand à ceux qui ont pris le film au premier degré, tant pis pour eux !

Les garçons et Guillaume, à table

Un film de Guillaume Gallienne (2013) avec lui-même. Voilà un sujet qui aurait intéressé Almodovar, mais Gallienne n'est pas Almodovar, il en est même assez loin. Alors que dire : Plutôt bien filmé, bien interprété, le montage est par contre trop serré, nous empêchant parfois de comprendre la fin de certaines scènes. La bande sonore est un peu fourre-tout. On a dit beaucoup de choses fausses sur ce film, il serait désopilant, alors qu'il ne nous arrache juste que quelques sourires, il serait émouvant alors que la conclusion qui se veut pleurnicharde n'est pas très bonne, (en revanche la scène du manège sur la musique de Tannhäuser a de la gueule même si c'est un peu facile), il serait nombriliste, oui et alors, je n'ai jamais entendu que l'on fasse ce reproche à Jacques Tati (et pourtant…). Si le film interroge sur l'identité sexuelle, sur le rapport entre refus de la virilité et homosexualité, il est en revanche exact que certaines scènes sont inutiles (comme celle avec Krugger, néanmoins "amusante") ou malhabiles (celle avec les marocains veut nous dire quoi au juste, comme si la sexualité se devrait d'être agressive ?). Ensuite le film se contredit lui-même, à sa mère qui lui demande de choisir : soit 100% gay soit 100% hétéro, il répond fort justement que ce n'est pas comme ça qu'il faut voir le problème, mais nous montre ensuite le contraire dans une conclusion très guimauve. Alors évidemment dans la monotonie sans imagination du cinéma français, ça relève le niveau, c'est intéressant, mais de là à parler de chef d'œuvre, faut pas déconner non plus !

Gravity

Un film d'Alfonso Cuaron (2013) avec Sandra Bullock et Georges Clouney. La prouesse technique est extraordinaire, on en prend plein la gueule, les deux acteurs sont très crédibles et l'impression de réalisme fonctionne à fond, il y a du suspense et des scènes assez fabuleuses portées par une musique efficace. On regrettera juste un monologue un peu longuet et surtout très cucul de Sandra Bullock, mais ce n'est pas bien grave. Cela dit cet excellent film n'est pas non plus la perle exceptionnelle annoncée par la critique. Quant aux rigolos (Télérama par exemple) qui recherchent à tout prix une comparaison avec "2001", ils se plantent complètement. D'ailleurs vous ne verrez aucun parallélépipède rectangle dans "Gravity".  Et heureusement !

The Last Days on Mars

Un film de Ruari Robinson (2013) Une bonne petite série B avec de bons interprètes (dont l'excellente Olivia Williams, remarquée dans the Ghost writer), le scénario n'a rien de très original, c'est un survival martien (comme l'était l'excellent Planète rouge) mâtiné de zombitude. Si on peut regretter certaines confusions : qui est où ? qui va où ? qui est blessé ? ainsi que l'abus de plans tremblotants, l'ensemble se laisse cependant regarder sans déplaisir.

Django Unchained  

Un film de Quentin Tarentino. (2012) Le choix de Tarantino de nous montrer l'esclavagisme et le racisme dans ce qu'il avait de plus abject était à haut risque. Celui de tomber dans le politiquement correct, le manichéisme et la repentance convenue. C'est mal connaître le réalisateur.: voir la scène ou Django empêche Schultz de sauver un esclave qui va se faire bouffer par des chiens, et Il ne semble pas non plus que tuer des gens désarmé de sang froid à froid (cf le dernier massacre) soit politiquement correct. Inutile donc de chercher dans ce film ce qui n'y existe pas. C'est un western sur le thème de la vengeance mais à la sauce Tarantino (la sauce étant constituée de pas mal hémoglobine), et l'entreprise est parfaitement réussi. La réalisation est sans bavure, les dialogues savoureux, l'interprétation étonnante avec un Christopher Waltz magistral, Leonardo Dicaprio et Samuel Jackson, tous deux excellents et en contre-emploi. Et puis il y a cette façon qu'à Tarantino de déclencher la violence aux moments où on ne s'y attend pas, de jouer de l'humour (la scène où le Ku Klux Klan est ridiculisé est génialissime) Et puis tout ça c'est du cinéma, la dernière scène n'oublie pas de nous le rappeler et du bon ! Il faut sans doute remonter vingt ans en arrière pour retrouver un aussi bon western (Impitoyable de Clint Eastwood en 1992). Maintenant relativisons les choses, même si on est très haut, ce film n'est ni le meilleur western de tous les temps, ni même le meilleur Tarentino.

Blue Jasmine

Un film de Woody Allen (2013) avec Cate Blanchett. Le type d'histoire qui n'aurait sans doute aucun intérêt si c'était un autre que Woody Allen qui s'y était collé. Il est étonnant que la critique considère ce film comme étant le sommet de la période actuelle du réalisateur. Auraient-ils oublié le fabuleux "Match Point" ? C'est d'autant plus curieux que le thème est le même : l'absurdité de la vie, de ce qu'on appelle le destin, où des détails infimes font tout basculer, de façon parfois absurde, parfois tragique... Ce film reste cependant excellent de par sa mise en scène, de son souci du détail et de l'observation et de sa direction d'acteurs. Quant à Cate Blanchett elle est tout simplement sublime !

Jeune et jolie

Un film de François Ozon avec Marine Vacth. (2013) Quel film ! 47 ans après Buñuel, un cinéaste ose enfin aborder de nouveau le thème de la prostitution volontaire traité comme fantasme féminin. (un fantasme intellectuel et non sexuel qui existe bel est bien).  Le film est réalisé avec tact, intelligence, décontraction et une certaine pointe d'humour (et aussi avec une bonne dose d'érotisme) Marine Vacth y est sublime. Si les cris d'orfraie des culs bénis et des féministes autoproclamés n'ont aucune importance, il n'en reste pas moins que certains s'offusquent que le film s'abstient de porter un jugement sur son sujet ! Mais justement, quel jugement ? Pourquoi juger ? Il n'y a rien à juger ! Chacun est libre faire ce qu'il veut de son propre corps (y compris à 17 ans, à cet âge on est plus un enfant) et cela ne regarde personne d'autres. Et si le film affirme haut et fort ce principe essentiel, il va plus loin encore en abordant le problème des rapports entre le sexe, le corps et la société : Longtemps diabolisé, on a aujourd'hui tendance à sacraliser le sexe et à en glorifier son aspect intime. Ozon, lui, banalise le sexe, c'est un acte comme les autres, comme le boire, le manger... Le film se garde aussi de tout angélisme, les dangers de la prostitution y sont évoqués, ses aspects sordides aussi, mais le film se préserve bien, et c'est ce qui fait sa force, de ne nous délivrer une quelconque morale. Chef d'œuvre !

Perfect Mothers

Un film d'Anne Fontaine (2013) avec Naomi Watts et Robin Wright. Un sujet fort et sulfureux, un ode à la liberté de faire ce qu'on veut de son propre corps traité de façon intelligente, une interprétation magistrale des deux vedettes féminines. Hélas le film est entaché de deux gros défauts : D'abord sa lenteur qui nous donne l'impression que le film aurait pu durer 30 minutes mais qu'il est tiré à la ligne pour atteindre un format standard et ensuite l'interprétation des deux jeunes hommes assez pénible.

Quai d'Orsay

Un film de Bertrand Tavernier avec Thierry Lhermitte, Niels Arestrup… (2013) Cet excellent film vaut surtout pour l'originalité de son sujet. (ça fait peur de voir un ministère organisé de la sorte) et les interprétations fabuleuses de Thierry Lhermitte (peut-être au somment de sa carrière) et de Niels Arestrup. Bien filmé, direction d'acteurs sans faille, des séquences cultes, des dialogues ciselés, mais quelques petits défauts, comme le personnage incarné par Anne Dumoustier qui ne sert à rien.

Les amants passagers

Un film de Pedro Almodovar (2013). Un film où il est beaucoup question de bisexualité (entre autres). Almodovar a ceci de commun avec Freud, de dire que tout être humain à un jardin secret sexué. Mais là ou Freud y voyait matière à névrose, le cinéaste y voit matière à jubiler. Et c'est vrai que celui qui ne comprend pas ça ne comprendra jamais Almodovar (mais pourquoi ceux-là vont-ils voir ses films ?) Et même si le cinéaste a fait beaucoup mieux, on passe un sacré bon moment et certaines scènes sont dignes de figurer dans les anthologies (le show disco des trois stewards). A noter au tout début la présence en guest stars de Penelope Cruz et d'Antonio Banderas. A déconseiller aux coincés de la braguette !

Cartel  

Un film de Ridley Scott (2013) avec Michael Fassbinder, Brad Pitt, Penelope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem. On aurait aimé savoir quels sont les rôles exacts de Bardem et de Pitt dans cette organisation et comment Fassbinder doit s'y insérer, mais aussi comment le cartel fait pour retrouver le camion, comment Diaz fait pour retrouver Brad Pitt... Ça fait beaucoup de questions éludées. On aurait aussi pu raccourcir certains dialogues qui certes, martèlent le message du film mais qui en deviennent lourds. Le film va bien plus loin que son message de premier niveau ("il y a des engrenages dont on ne peut se tirer, comme l'illustre par métaphore le mécanisme étrangleur") de par son pessimisme absolu, nous montrant la nature prédatrice de l'homme, nous montrant que ceux qui tiennent les ficelles, les tiennent décidemment très bien. C'est très bien joué, les scènes sexy sont originales, et la scène du confessionnal est amusante. Il y a quelques scènes choc (la mort de Pitt). Sans le surcroît de blablabla et avec moins d'ellipses, on aurait sans doute eu là un chef d'œuvre.

Passion

Un film de Brian De Palma (2013) avec Rachel McAdams, Noomi Rapace, Karoline Herfurth. C'est passionnant et force est de constater que Brian De Palma est un orfèvre du langage cinématographique, l'intrigue est bien menée et le jeu de fausses pistes parfaitement maîtrisé, et quand arrive le mot "Fin" on est surpris car on en aurait bien repris encore une demi-heure. Côté interprétation rien à dire, même s'il faut reconnaître qu'en ce qui concerne Noomi Rapace, elle n'a vraiment rien de glamour. Bien sûr on est pas au niveau de Pulsion ou de Body Double, mais ce n'est pas pour ça qu'il ne s'agit pas d'un excellent De Palma.

Only lovers left alive

Un film de Jim Jarmusch (2013) avec Tilda Swinton. Le concept de cette histoire de vampire est intéressant, et Tilda Swinton est assez fascinante dans une composition vampiresque complètement atypique (elle avait 52 ans au moment du tournage). Pourtant le résultat ne satisfait que moyennement. Faute en est à certaines longueurs qui nous font bailler, à des digressions dont on se fiche complément (les descriptions des guitares électriques), à une bande-son assourdissante et au message écolo excessif (l'humanité est pourrie et la planète aussi, d'ailleurs l'eau va bientôt manquer...). Quant à l'humour, il faudra se contenter de deux esquimaux au sang, assez incongrus. (quel boute-en-train ce Jarmusch !). Voir aussi là

American Bluff

Un film de David O. Russel (2013) avec Amy Adams, Jennifer Lawrence. Que peut-on reprocher à ce film ? La réalisation sans être exceptionnelle est tout à fait correcte, mais il est vrai que c'est un film d'acteurs et ils sont tous très bons, quant aux actrices : entre une Jennifer Lawrence en pleine forme dans le rôle de la nunuche de service et Amy Adams qui nous scotche devant l'écran avec son petit sourire, ses décolletés vertigineux et son talent, on est vraiment servi. Le propos s'il est parfois confus (bien qu'on ait vu tellement pire dans ce genre de film) est intelligent et dénonce cette détestable pratique policière de la "proie facile" qui pousse des individus de peu d'envergure pénale à la faute pour les coincer ensuite, tandis que les vrais et les dangereux escrocs s'en sortent toujours. On ne s'ennuie pas, on déguste, c'est très bien.

Elysium

Un film de Neill Blomkamp (2013). Le début pouvait laisser présager un chef d'œuvre, au final au aura une série B de luxe, ce qui n'est déjà pas si mal. Côté casting Matt Damon est plutôt bon mais on regrettera que Jody Foster en méchante joue un personnage qu'on aurait aimé voir approfondi. La première partie décrivant une Terre au bout du rouleau où misère et état policier sont le quotidien des habitants est passionnante et bien vu. La seconde partie qui met en place les ressorts de l'intrique est un peu foutraque mais après tout pourquoi pas, et en tout cas ça fonctionne. C'est la troisième partie qui constitue une rupture de niveau, de la bagarre, toujours de la bagarre, non pas que ce soit mauvais mais l'inventivité n'est plus là. Quant à la chute qui nous est livré sans aucun recul, il ne lui manque que les violons. De la bonne SF, qui se regarde sans déplaisir mais sans plus.

World Z War

Un film de Marc Foster (2013) avec Brad Pitt. On en a dit des conneries sur ce film, il serait misogyne (ah ?), il contiendrait un message subliminal pro-israélien (c'est sans doute pour ça que malgré leur mur ils se font massacrer par les zombies) ou une pub pour les médicaments de l'OMS (sic). Et puis Foster ose foutre en l'air les codes du genre : ainsi les zombies courent comme des lapins et on est privé de cannibalisme sanguinolent en plan rapproché. Et alors, ils sont sacrés les codes ? Le comparer à l'excellente trilogie de Romero ou au très surestimé "28 jours plus tard" ne rime à rien, on n'est pas dans la même catégorie : ce film est un blockbuster, il faut le juger en tant que tel, et il tient ses promesses avec une réalisation ultra nerveuse, la panique au début est très bien réalisée, l'invasion d'Israël est spectaculaire, la scène dans l'avion est bluffante (quoique très Jamesbondesque) et la scène du labo angoissante à souhait. Brad Pitt est très bon tenant le film pratiquement à lui tout seul. On regrettera juste le côté gnian-gnian de la petite famille américaine. Quelques petit défauts inhérents à sa catégorie, mais on reste scotché devant le spectacle.

La stratégie Enders  

Un film de Gavin Hood (2013) avec Harrison Ford. Une insupportable puérilité. j'ai lâché l'affaire au bout de 40 minutes, le film n'ayant pas encore commencé. J'ai simplement assisté à une longue et ennuyeuse séance d'entraînement militaro-débile. J'ai vu Harrison Ford qui cachetonne en mode off, j'ai entendu des dialogues insipides et de la psychologie de bazar. C'est plat, moche, sans humour ni intérêt et ça trimbale une idéologie "enfants de troupe" nauséabonde. Bref on nous explique que le monde peut être sauvé grâce à un entraînement militaire de gosses surdouées et amateurs de jeux vidéo. Si c'est ça le message, je reste confondu !

Snowpiercer, le transperceneige

Un film de Bong Joon Ho (2013). Il faudra un jour rendre justice à l'immense scénariste que fut Jacques Lob, Blanche-Epiphanie avec Pichard, Délirius avec Druillet, Super Dupont avec Gotlib tout ça c'est lui et le Transperceneige aussi. Le film donc : Globalement c'est très bon, magistralement réalisé avec des décors fabuleux. On a un peu peur au début avec le personnage psychorigide de Chris de tomber dans une fausse lutte des classes bien manichéenne avec grand leader à l'appui (fausse parce que pour qu'il y ait lutte des classes il faut qu'il y ait un prolétariat), mais le film se révèle beaucoup moins schématique que ses premières apparences et même assez complexe. L'auteur a eu l'intelligence d'aérer la noirceur du récit avec deux excellentes trouvailles, d'abord le personnage de Mason jouée par une Tilda Swinton complètement allumée, et puis l'époustouflante et surréaliste scène de la salle de classe. Certains plans apparemment incompréhensibles et gratuits comme la salle des sushis trouvent leur explication dans le pitch final qui a défaut d'être original est superbement introduit. (il en est de même pour ce que certain ont pris pour des incohérences.) Au titre des quelques reproches, j'avoue ne pas avoir compris ces personnages à la fin laissés pour morts et qui repartent pour un tour (il paraît que c'est une spécialité asiatique !). Un très grand film de SF.

Oblivion  

Un film de Joseph Kosinski (2013) incompréhensible, incohérent, parfois grotesque (la piscine géante dans le vaisseau spatial), avec des scènes de bataille et de poursuite inintéressantes. A sauver le sourire des deux nanas et quelques beaux décors. Quand à Tom Cruise, il faudrait peut-être lui envoyer un mail pour lui conseiller de prendre des cours d'art dramatique. Bref c'est mauvais.

The Green Inferno

Un film de Eli Roth (2013). Ça commence comme un teen-movies niais, mal dialogué et mal joué le tout dans une ambiance qui se veut très "politiquent correcte" mais qui est très maladroite, ça s'anime un peu ensuite et ça devient un peu plus intéressant après le crash de l'avion. Assez bizarrement ça se regarde alors sans déplaisir malgré l'ambiance glauque et une grosse scène gore. Puis le ridicule reprend vite le dessus avec le petit garçon qui aide la jeune fille en détresse et ne parlons pas de la fin, d'une débilité sans borne, véritable injure à l'intelligence. Et puis ils sont quand même sacrément coincés ces américains, ils nous montrent des atrocités inimaginables, mais ils mettent une brassière-écharpe à la fille que l'on torture afin que l'on ne voit pas ses tétons, d'ailleurs les femmes de la tribu ont tous des brassières-écharpes, ce doit être une invention locale !

Alceste à Bicyclette

Un film de Philippe Le Guay (2013) avec Fabrice Luchini et Lambert Wilson. Un sujet sérieux puisqu'il est question de misanthropie, un traitement léger où l'humour n'est pas absent, des personnages secondaires loufoques, une confrontation étonnante par Molière interposé et un Fabrice Luchini au sommet de son art (le voir jouer est un plaisir de fin gourmet). Que du bonheur, sauf que ça se met à cafouiller pas mal vers la fin (les deux dernières scènes étaient-elles vraiment nécessaires ?). Un bon moment de cinéma.

Mariage à l'anglaise 2

Un film de Dan Mazer (2013). L'intention de départ est intéressante, puisqu'il s'agit d'une destruction parodique de l'institution du mariage, mais c'est malheureusement lourdingue, ça se traîne et ce n'est pas très intéressant. A sauver la présence magique de Rose Byrne (Anna Faris se débrouille pas mal, mais Simon Baker est nul)

Stoker

Un film de Park Chan-wook (2013) avec Nicole Kidman, Seule la beauté de Nicole Kidman permet d'aller jusqu'au bout car la vision de ce film est un supplice. Le réalisateur se perd dans effets de caméra et dans un montage chaotique oubliant qu'un film se doit d'avoir d'abord un scénario qui tienne la route. Ici l'histoire n'avance pas, est peu compréhensible, et n'a pas beaucoup d'intérêt. Côté acteur, Mia Wasikoswska n'a aucun charisme et Matthew Goode joue comme une patate.

Sherif Jackson

Un western de Logan Miller (2013) Ça commence assez bien. Les deux personnages principaux masculins sont caricaturaux mais on s'efforce de faire avec. Et puis tout d'un coup January Jones décide de tuer sa mère et à ce moment là le film s'embourbe et n'a plus rien à nous dire…

Ghost bastards

 Un film de Michael Tides (2013) Ça se voudrait une parodie de Paranormal Activity, mais ce n'est que l'humour prout-prout bien gras et bien lourdingue pour un film niveau cour de récréation.

American Nightmare  

Un film de James DeMonaco (2013). Genre qu'est ce qui se passerait si… Mais c'est débile... Ça ne fait rien on prend l'idée quand même… Ben oui, c'est le principe même de la science-fiction. L'idée est même un tiroir de Pandore et les suites risquent de proliférer comme des lapereaux. Voyons maintenant le film, à tous les coups le scénariste venait de revoir des "Chiens de Paille" dont il fait mine de s'inspirer. Sauf qu'ici on n'est pas dans un film d'auteur mais dans un film d'angoisse. Le miracle c'est que ça fonctionne, l'ambiance est oppressante, le couple d'acteurs est bien, il y a peu de temps morts, le petit garçon est exécrable mais son joujou téléguidé est génial. A déplorer quelques poncifs (le père de famille qui dégomme cinq assaillants à lui tout seul) et une scène raté parce que trop téléphoné (celle ou le black vient renverser la situation vers la fin). Sinon cette série B se révèle d'un très bon niveau et tient parfaitement la route. Quant au message il n'y en pas et pourquoi y en aurait-il un, sauf à dire qu'on ne répond pas à la violence par la violence… Peckinpah, lui disait qu'on ne répond pas à la violence par la non-violence, on finit par plus savoir, ma brave dame !

Evil Dead

Un film du dénommé Fede Alvarez. (2013) Après une intro gothique, le film peine à s'installer avec sa collection de clichés et son acteur principal tête à claques, c'est inintéressant au possible, sans une once d'humour, on n'éprouve aucune empathie pour les personnages et on se fout carrément de ce qui peut bien leur arriver. Ce n'est que du gore gratuit et puis qu'est-ce qu'on s'emmerde ! Nullissime.

Le dernier pub avant la fin du monde

Un film d'Edgar Wright (2013) Plus de vingt minutes de pénibles blablabla avant qu'il ne passe quelque chose. Puis la surprise finit par nous sortir de notre torpeur. Le souci c'est que ça devient répétitif et gavant (bagarres, parlottes, bagarres, parlottes) et que le scénario au lieu de s'enrichir finit par s'effilocher comme un tissu sans aucune consistance pour terminer dans l'absolu n'importe quoi.

Le loup de Wall-Street

Un film de Martin Scorsese (2013) avec Leonardo DiCaprio. Plusieurs choses frappent dans ce film : d'abord l'interprétation exceptionnelle de DiCaprio, ensuite le ton volontairement léger voire déjanté, Scorsese n'est pas là pour nous donner des leçons de morale ou pour juger mais pour raconter une histoire et bien la raconter, (à remarquer que le film prend grand soin de ne pas rendre DiCaprio antipathique, il a même ses "bons côtés") enfin Scorsese ne s'embarrasse aucunement des codes moraux d'Hollywood, il a  besoin de montrer du sexe, il filme la femme nue, et non pas avec son drap de lit remonté jusqu'aux aisselles, et tant pis si ça choque quelques tartuffes. C'est magistralement filmé, les seconds rôles sont bien dirigés et certaines scènes valent le détour à elles toute seules. Quant à Margot Robbie, non seulement elle joue parfaitement bien mais elle possède une plastique qui ne peut laisser indifférent. En fait ce film n'a qu'un seul léger défaut, il frôle parfois la longueur par manque de concision dans certains discours et dialogues. Un excellent film !

The Best offer

 Un film de Giuseppe Tornatore (2013). Les personnages ne sont pas attachants, c'est inintéressant, ça piétine et l'ennuie s'installe inexorablement.

A very Englishman  

Un film de Michael Winterbottom (2013) : Un biopic doit illustrer un personnage intéressant ou à défaut le rendre intéressant. Il y avait donc une bonne façon d'aborder le problème, celle de privilégier la vision hédoniste et de montrer comment Paul Raymond a bâti son empire en se moquant du puritanisme ambiant, ce cela aurait rapproché le film de l'excellent "Larry Flynt "de Forman. Force est de constater que le film ne persiste pas dans cette malgré la brillante performance de Steve Cogan et la présence de fort émoustillantes images (dont il serait hypocrite de se plaindre). Hélas, il vient mélanger tout ça avec les mésaventures (dont une dramatique) de sa vie personnelle semblant conclure en filigrane par une morale aussi naïve que sinistre genre : l'argent ne fait pas le bonheur, le sexe non plus. C'est-ce qui s'appelle passer à côté se don sujet.

All Cheerleaders Die

Un film de Lucky McKee et Chris Sivertson (2013). La première partie est inintéressante, accumulant tous les clichés pénibles des teens-movies. Heureusement l'apparition du fantastique va changer la donne, cela aurait pu s'accompagner d'un peu d'érotisme mais le film ne joue pas cette carte là et c'est vraiment dommage car les actrices sont mignonnes, on reste donc sur notre faim en matière de sexe et on se venge sur le gore, ça part un peu dans tous les sens, le scénario manque de rigueur, et le montage hystérique n'y est pas pour rien, mais ça nous offre quelques bons moments, même si à la fin on ne sait plus très bien où on en est.

 Dans la maison

Un film de François Ozon (2012) avec Fabrice Luchini, Emmanuelle Seigner, Kristin Scott. Un scénario de folie d'une perversion et d'une ingéniosité assez fabuleuse, une direction d'acteur sans faute dominé par un Luchini superbe. Des réflexions intelligentes sur la littérature, l'art moderne, l'éducation nationale... Et le voyeurisme. Un film qu'il faut sans doute revoir plusieurs fois pour en découvrir et en apprecier toutes les richesses. On ne voit pas le temps passer et quand viens le mot fin, on regrette… on en aurait bien repris une demi-heure…

Skyfall

Un film de Sam Mendes (2012) avec Daniel Craig dans le rôle de James Bond. Les critiques de complaisances s'en sont donnés à cœur joie, et même que ce serait le meilleur James Bond… Tu parles ! Au début du film Bond survit à deux balles dans le paletot plus une chute de 150 mètres. On apprendra après que les balles sont en uranium enrichi et qu'il a conservé des éclats sous la peau pendant plusieurs semaines. On ne saura jamais comment il a survécu (mais le réalisateur a le sens de l'ellipse). Encore plus fort, Bond et son agresseur s'enfoncent et se battent sous un lac gelé. Comment fait-on pour remonter de sous un lac gelé ? On ne le saura jamais, (car le réalisateur a le sens de l'ellipse). Bond apparaîtra juste un peu mouillé cinq minutes après. On pourrait aussi parler de l'évasion de Bardem, ou de l'ahurissante scène de craquage du code secret (avec un espèce de premier de la classe ridicule...) Et de la fin, véritable insulte à la stratégie militaire la plus élémentaire. Ça a beau être du cinéma et du James Bond en plus, faut quand même pas nous prendre pour des cons. Daniel Craig a autant de charisme qu'un adjudant en retraite, les James Bond Girls ne sont pas au rendez-vous et à la place on a M (Judi Dench), insupportable et horripilante mémère dont la mort fera pleurer Bond (pas rancunier, après toutes les vacheries qu'elle lui a fait).  Le scénario tient en une ligne : il faut attraper le méchant… c'est dire l'intérêt… Ah, qu'ils étaient sympas les James Bond quand c'étaient des séries B et qu'il y avait Ursula Andress !

Apportez-moi la tête de la femme-mitraillette  

Un film de Ernesto Diaz Espinoza (2012) avec Fernanda Urrejola. Cette série B chilienne violente, sexy, sadique et décalée qui lorgne vers Tarentino est une vraie bonne surprise. L'histoire est construite à la façon d'un jeu vidéo dans lequel le personnage principal doit accomplir des missions enchaînées (et parfois il les rate). C'est mené tambour baltant mais l'attraction du film c'est bien la très belle et très troublante Fernanda Urrejola (qui a participé au scénario) dans le rôle de la femme-mitraillette. Elle est superbement photographiée et mise en valeur. (on regrettera en revanche la trop longue scène d'amour médiocre et inutilement pudique). La fin est surprenante. On ne s'ennuie pas une seconde et on passe un excellent moment.

Killer Joe

Un film de William Friedkin (2012) Le réalisateur a le bon goût d'envoyer promener toute autocensure et nous prouve de façon magistrale qu'il est tout à fait possible de faire du trash qui soit intéressant. Le mythe de la petite famille américaine bien comme il faut en prend un sacré coup (on est très loin de Spielberg). L'interprétation est magistrale (mention spéciale pour les deux actrices féminines Juno Temple et Gina Gershon ). et le film joue avec nos nerfs. Quant à la fin, volontairement grand-guignolesque, elle nous rappelle au cas où on n'aurait pas compris qu'on est au cinéma... Mais quel cinéma !

Piranha 3D 2  

Un film de John Gulager (2012). On a parfaitement le droit de choisir le second degré, encore faut-il le faire dès le début, ce qui n'est pas le cas ici ce qui fait qu'on se demande ce qu'on est en train de regarder et si l'on excepte quelques jolies nudités, c'est vraiment mauvais. Heureusement quand le passage au second degré est assumé, on finit par regarder le film autrement. Cela dit ce n'est pas bon, c'est chaotique, parfois lourd et filmé n'importe comment. Reste de bons gags bien gore : le piranha logé dans le vagin de la fille, le gars qui est obligé de se couper la bite pour s'en débarrasser, le même piranha qui crache le bout de bite à l'autre bout de la cuisine, la tête décapitée du boss atterrissant entre les seins d'une jolie figurante et le final.

Paperboy

Un film de Lee Daniels (2012) avec Nicole Kidman. L'un des 6 films représentant les Etats-Unis à Cannes en 2012, il fut hué par les chochottes festivalières lors de sa projection, puis vilipendé par la critique bien pensante (Télérama, Libération).  Le film est hors norme mais passionnant, les acteurs sont excellents, la palme revenant à Nicole Kidman jouant à contre emploi et n'hésitant pas à payer de sa personne (si la scène de masturbation publique est simulée, celle (très brève) ou elle urine sur Zac Efron (pour  le guérir de son allergie aux piqûres de méduses) ne l'est pas !). L'intrigue policière n'est pas menée à son terme, mais c'est volontaire, le thème est ailleurs, c'est l'hybristophile, une déviance conduisant à rechercher ses partenaires sexuels parmi les hors la loi (au sens juridique et moral du terme) la dénonciation de l'erreur judiciaire n'étant dans ce cas qu'un prétexte. On regrettera juste certaines scènes peu compréhensibles. Esthétiquement c'est pas mal du  tout et les séquences de la fin prises dans le bayou sont splendides. Bref un film intéressant, bien fait et qui fait réfléchir !

L'amour dure trois ans

Un film de Fréderic Beigbeder avec Louise Bourgoin. (2012) Il faut s'habituer au ton narratif qui peut paraître déroutant au début mais on s'habitue. Le film est volontairement dérangeant puisqu'il dénonce le mensonge que la société se fait à elle-même en faisant encore semblant de croire aux serments éternels. Le propos ne se limite d'ailleurs pas là et est remarquablement intelligent. La direction d'acteurs est remarquable avec un étonnant Gaspar Proust et une Louise Bourgoin qui joue avec un naturel étonnant. A remarquer aussi l'excellent second rôle de Valérie Lemercier. Au titre des critiques mineures on peut regretter le défilé des potes ainsi qu'une bande son peu convaincante. Mais on peut aussi faire une autre critique, majeure cette fois, c'est qu'à force de tirer le film vers la comédie romantique, Beigbeder en arrive à nier le propos de son titre. Mais en fait c'est du cynisme mais ne s'en rendront compte que ceux qui écouteront Lemercier ajouter le grain de sel qu'il fallait en plein générique de fin.

Associés contre le crime

Un film de Pascal Thomas (2012) avec Catherine Frot et André Dussollier. Ce troisième opus des aventures de Prudence et Belisaire Beresford est une excellente surprise, (mieux que le n°2 qui était déjà mieux que le n°1). Le scénario est sans grande importance, n'étant que prétexte à des situations farfelues. A signaler une scène d'académie de dessin où le prof (Monsieur Courbet) se fait saluer par ses élèves d'un "Bonjour Monsieur Courbet" avant de mimer la pose du tableau "la folie" en regardant la jeune fille nue qui sert de modèle. On a aussi Dussolier qui fesse Catherine Frot (à sa demande) afin de lui rafraîchir la mémoire, et le final où un sale gosse est transformé en vieillard sénile. Un bon moment.

Total Recall

Un film de Len Wiseman (2012) avec Colin Farrell, Kate Beckinsale et Jessica Biel. Ah, les puristes qui crient au sacrilège ! Sous prétexte que le film de 1990 est excellent, on n'aurait donc pas le droit de s'essayer à une version différente. Car ce n'est pas un remake, c'est une réinterprétation ! Inférieur globalement au film de Paul Verhoeven  (il manque l'ambiance martienne, évidemment puisque ça ne se passe pas sur Mars, et puis il manque aussi Sharon Stone ! ) il le surpasse pour les étonnants effets spéciaux de vue citadines et pour les scènes d'action menées tambour battant. Quant à la jolie pute à trois seins, elle est quand même là (très brièvement) en forme d'hommage à la première version.

Piegée

Un film de Steven Soderbergg (2012) avec Miachael Fassbender, Ewan McGregor... Les exploits d'une espèce de superwoman bondissante et invincible aux prises avec des faux gentils et des vrais méchants. Non seulement on n'y comprend rien du tout, mais tout cela ne suscite pas le moindre intérêt.

To Rome with Love

Un film de Woody Allen (2012) . C'est souvent pareil avec ce réalisateur, ça débute et on se demande qui sont ces personnages, qu'est-ce qu'il va pouvoir bien en faire, et puis la mayonnaise prend, le charme opère, et on s'intéresse à ces gens plus ou moins farfelus qui se croisent, à ces couples qui se font et se défont. C'est une bouffé d'air frais remarquablement interprétée avec une mention spéciale pour Elen Page (surprenante en nympho) et surtout Penelope Cruz, irrésistible en pute de luxe !

Blanche-Neige et le chasseur

Un film de Rupert Sanders (2012) . Ce second Blanche-Neige de l'année s'avère une grosse déception. Au niveau du casting pas grand chose à dire du côté féminin (Charlize Theron et Kristen Stewart)  en revanche l'acteur principal masculin, Chris Hemsworth, affiche en permanence une vraie tronche d'abruti à la limite du supportable, les effets spéciaux laissent froid et les invraisemblances foisonnent (ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un conte de fée qu'il faut faire n'importe quoi, par exemple : mettre le feu à un village pour retrouver quelqu'un, ou Blanche-Neige qui prend le commandement d'une armée sans aucune formation militaire et on en passe), ajoutons quelques niaiseries, déplorons le manque absolu d'humour. Bref, à part quelques belles scènes de cavalerie, c'est complètement raté !

Prometheus

Un film de Ridley Scott (2012). Le moins qu'on puisse dire c'est que le scénario ne brille pas par son originalité. Mais à la limite on s'en fout, ce qui compte c'est la façon dont il est traité... et là chapeau bas, c'est magistral et super bien maîtrisé (il n'y a aucune longueur) on est scotché devant l'écran pendant deux heures et les images sont magnifiques. Les trois acteurs principaux (Noomi Rapace,  Michael Fassbender et la splendide Charlize Theron) sont très bons. On regrettera néanmoins quelques digressions religieuses assez pénibles.

Dark Shadow

Un film de Tim Burton (2012). Tim Burton est décidemment fasciné par les morts. On a droit cette fois ci à Johny Deep en vampire et à la merveilleuse Eva Green en sorcière. Le scénario est assez simpliste, mais fonctionne plutôt bien, les images et les décors sont splendides, l'humour est présent, les seconds rôles sont très bons (Michelle Pfeiffer et Helena Bonham Carter). On reste néanmoins (un tout petit peu) sur sa faim.

 

Le Prénom

Un film d'Alexandre de La Patellière et Mathieu Delaporte (2012.) Filmer du théâtre est facile ! En faire du cinéma n'est pas si évident et tout le monde de s'appelle pas Polanski (Carnage) ou Nichols (Qui a peur de Virginia Woolf ?) On est donc ici bien plus près du théâtre filmé que du cinéma, néanmoins, ce n'est pas mal et les acteurs jouent avec un naturel qui fait plaisir à regarder et à entendre et certaines réparties sont bien vues, du moins pendant la première heure, la fin étant gâchée par deux tirades aussi improbables qu'interminables. Quant au happy end, il n'est pas seulement incongru et inutile, il est ridicule et lourdingue.

Sur la piste du Marsupilami

Un film d'Alain Chabat (2012) avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Lambert Wilson. Quel est l'andouille qui a dit que c'était un film pour les enfants ? Celui-ci n'a pas du voir la scène (assez lourdingue d'ailleurs) où Debbouze se fait violer l'oreille par un chihuahua ! Le film est assez inégal mais reste néanmoins une bonne surprise, on ne s'ennuie pas une seconde et si Debbouze n'est pas très bon, Lambert Wilson nous fait un numéro exceptionnel travesti en Céline Dion. La chorégraphie Paya n'est pas mal non plus !

Happiness Therapy

Un film de David O. Russel (2012). Une déception. Après une première partie bluffante et d'un très bon niveau, tout se gâche à partir de la longue, lourdingue et inintéressante scène des paris (ce que ça peut être gonflant ces références au foot américain !) et tout ce qui vient après est digne d'un mauvais roman à l'eau de rose où tout est prévisible et finit dans la guimauve. Je n'accorde d'ordinaire que peu d'importance à la bande son, mais ici elle est gavante. Côté acteurs, Bradley Cooper est plutôt bon, De Niro fidèle à lui-même, la mémé agaçante et mielleuse, quant à Jennifer Lawrence, elle est tout simplement exceptionnelle, et ce n'est vraiment pas de sa faute à elle si le film ne casse pas trois pattes à un canard.

Blanche neige (Mirror Mirror)

Un film de Tarsem Singh (2012) avec Julia Roberts et Lily Collins. Le grand intérêt du film est de découvrir la merveilleuse Julia Roberts en femme-couguar méchante comme une teigne. Un régal ! Pour le reste, le film est farfelu à souhait (mais du farfelu pas toujours bien maîtrisé) le scénario est cucul, Lily Collins est fadasse, le monstre est ridicule. Quelques gags sont drôles, bref c'est moyen... mais c'est toujours largement supérieur au nullissime  "Blanche neige et le chasseur". Ah ! Au fait ne partez pas sans avoir vu le générique de fin accompagné d'une scène de bal aussi inattendue que complètement déjantée !

Voisins du troisième type 

 Un film d'Akiva Schaffer (2012) avec Ben Stiller. Ça se regarde même si c'est parfois lourdingue, mais la "vulgarité" des propos est clairement assumée. Après un début poussif le film démarre bien, l'action est amusante, les acteurs sont plutôt bons, c'est tout en référence et plutôt bien réalisé. On regrettera cependant les deux épisodes familiaux qui ne servent pas à grand-chose (surtout celui impliquant Ben Stiller). Rien d'inoubliable mais ça occupe les yeux.

L'oncle Charles

Un film d'Etienne Chatiliez (2012) avec Eddy Mitchell, Valérie Bonneton et Alexandra Lamy. Après la (toute relative) baisse de régime de "La confiance règne "et de "Agathe Cléry", Chatiliez revient en super forme, le trio d'acteur au service d'une intrigue volontairement farfelue nous fait une prestation d'enfer, on ne s'ennuie pas une seconde et puis en cette époque où le politiquement correct nous pompe l'air sans arrêt, du Chatiliez, qu'est-ce que ça fait du bien ! (C'est sans doute pour ça que les critiques n'ont pas apprécié). Ça rigole dans la salle et on ressort heureux !

Les adieux à la reine

Un film de Benoît Jacquot (2012) Sidonie Laborde, liseuse de Marie-Antoinette est bisexuelle. Elle aimerait bien prendre la place de la duchesse de Polignac qui est l'amante de la Reine, cette place elle la prendra à la fin, mais pas vraiment comme elle l'aurait souhaité. Voilà un scénario prometteur. Alors, qu'en a fait le réalisateur ? C'est bien filmé, bien photographié, bien joué, Diane Kruger en Marie-Antoinette est très bien (Virginie Ledoyen aussi mais on ne la voit pas assez), mais ça ne va pas ! Peut-être à cause de Léa Seydoux (erreur de casting ?) mais surtout parce que le réalisateur n'a absolument pas su rendre cette histoire intéressante. Quant au fait que ce film ait obtenu le prix Louis Delluc 2012, cela en dit long sur la valeur de ces récompenses.  Ah, j'oubliais : le film a réussi à réveiller le fan club des supporters de Marie-Antoinette (si, si ça existe) qui n'admettent pas l'idée que leur reine préférée ait eu un faible pour le gazon ! (nostalgie de la monarchie rimerait-il avec homophobie ?)

7 Psychopathes 

Un film de Martin McDonagh (2012) avec Christopher Walken et Colin Farell. Ça commence très bien  avec de très bonnes idées et un bon rythme où on sent l'influence de Tarantino. Et puis tout d'un coup le film n'a plus rien à nous dire, on s'ennuie à mourir, ça tourne en rond, ça devient prétentieux, et en plus à force de faire de la mise en abîme on ne sait plus où on en est. Un désagréable sentiment d'inachevé.

Les infidèles

Film à sketches de Michel Hazanavicius, Jean Dujardin, Gilles Lellouche... (2012) Bon, ça traite de l'infidélité, et cette comédie force pas mal le trait, mais on rigole bien. Quant à ceux qui cherchent des messages partout, l'équipe réalisatrice s'est montrée très roublarde car il faudra attendre que la moitié du générique de fin soit déroulée pour la connaitre (ce qui veut dire que la moitié des spectateurs l'auront loupés) à travers une courte scène : L'infidélité c'est pas terrible, mais la fidélité, c'est pas terrible non plus. Après, on s'étonne que la critique ne soit pas vraiment enthousiaste ! A voir car on passe un bon moment !

Byzantium

Un film de Neil Jordan (2012) avec Gemma Arterton. Dès le premier quart d'heure on croit deviner quelle sera la fin, mais le film nous bluffe, puisque c'en est une autre, autrement plus intéressante que celle qu'on prévoyait. Dommage qu'il faille faire avec la lenteur du sujet, le jeu aussi expressif qu'un bout de bois de la fille vampire et la laideur de son "petit copain". Dommage aussi ces petits côtés moralisateurs qui deviennent pesants (même s'ils perdent leur raison d'être à la fin). Quant à la très belle Gemma Arterton elle réalise une véritable prouesse, elle sauve le film à elle toute seule !

John Carter

Un film d'Andrew Stanton (2012) - Certains n'admettrons jamais que le cinéma est aussi un spectacle ! Alors évidemment si on recherche un quelconque sujet de réflexion philosophique dans ce film on ne va pas aimer. Par contre si on se laisse bercer par la magie des effets spéciaux (et à ce propos les paysages martiens numérisés sont véritablement impressionnants) ça marche très bien. L'intrigue est globalement cucul, mais pas plus que celle de Star Wars (et il a quelques très bonnes idées notamment la fin)  Les deux acteurs principaux font ce qu'ils peuvent : Taylor Kitsch porte très bien son nom, quand à Lynn Collins, un touche de glamour lui aurait fait du bien. Mais, bon, on ne s'ennuie pas, il y a de très belles images, un peu d'humour et c'est un bon divertissement !

Savages

Un film d'Oliver Stone (2012) avec Salma Hayek, Benicio de Toro. Un bon narco-thriller. On regrettera quelques trous dans le scénario qui gênent un peu la compréhension (qui est avec qui ? Qui trahit qui ?) Mais dans l'ensemble l'histoire est passionnante, les acteurs sont bons avec une Salma Hayek inquiétante et foldingue et une jolie Blake Lively (qui n'enlève jamais sa robe quand elle baise) et il y a quelques très bonnes scènes. Sur le fond, le réalisateur se moquant du politiquement correct à le cran de nous présenter les drogues douces sous un angle différent et puis ce ménage à trois est on ne peut plus sympathique. Un excellent moment sans prise de tête.

Arbitrage

Un film de Nicholas Jarecki (2012) avec Richard Gere et Susan Sarandon. On imagine quel chef d'œuvre ce film aurait pu être si De Palma avait été aux manettes ! Cependant Jarecki n'a pas à rougir du résultat, on reste scotché, ce qui n'est déjà pas si mal pour ce genre de film. Richard Gere est vraiment excellent (à ce point qu'on n'arrive pas à le trouver antipathique). L'histoire est bonne, peuplée de magouilles, de combines, de trahisons, mais où tout manichéisme est évité et où les aspects humains ne sont pas oubliés. Maigre un casting féminin est assez décevant (Laeticia Casta n'a pas le temps de s'exprimer, Susan Sarandon est en service minimum, quant à Brit Marling, c'est une catastrophe) nous avons là un bon film intéressant et intelligent.

L’Orpheline avec en plus un bras en moins

Un film de Jacques Richard (2012) d'après une pièce de Roland Topor (1938-1997) avec Noémie Merlant et Jean-Claude Dreyfus (excellent). On se demande bien pourquoi certains films sont condamnés aux salles confidentielles alors que des navets ont droit aux grands circuits de distribution. Ce film est truculent en diable, iconoclaste, politiquement incorrect, l'histoire est intéressante, les personnages féminins sont bien agréables et très décontractés (en revanche deux des personnages masculins ne sont pas trop à la hauteur). Les références abondent notamment celle du serviteur hindou qui semble sorti tout droit de l'univers de E.C. Jacobs. Parmi les curiosités "toporiennes" : une scène ou Jean-Claude Dreyfus donne la fessée à Caroline Loeb et une scène au cimetière où sur la tombe de la mère du juge on voit une femme avec trois seins ! Un bon moment de cinéma !

La cabane dans les bois

Un film de Drew Goddard (2012). Dans une cabane isolée de tout,  cinq jeunes jouent à "Action ou Vérité", Anna Hutchinson (qui se prénomme Jules dans le film, en voilà une idée ?) doit alors faire un french-kiss à une tête de loup empaillée, la scène est très belle et très sensuelle. Et c'est le seul intérêt du film. Quand, au début du film l'un des garçons refuse de regarder une fille se déshabiller à travers un miroir sans tain, on se dit que ça va craindre. L'idée de départ, pas mauvaise  est de mélanger le film d'horreur dans ce qu'il a de plus classique et la téléréalité,  mais la réalisation est grotesque, et le casting mauvais (mention spéciale à Chris Hemsworth  absolument insupportable) néanmoins ça se regarde (jusque-là on a vu pire). Puis vient la dernière demi-heure, où un mec poignardé dans le dos ressuscite et s'enfuit avec Kristen Connolly à travers un dédale de couloirs, des montres sortent de partout et foutent un bordel incroyable tandis que le film perd complètement son intérêt. Finalement tout le monde meurt sauf nos deux fugitifs (qui sont trop forts). On croit que c'est fini mais voilà que Sigourney Weaver se pointe en grande prêtresse du new âge, achevant de faire sombrer le film dans le ridicule le plus absolu !

The bay  

Un film de Barry Levinson. (2012) On comprend l'amère désillusion de ceux qui regardent les films d'épouvantes au second degré entre copains en bouffant des pop-corn. Ici pas de second degré possible. Utilisant la technique du faux found footage (utilisation par collage de vidéos privés par Internet ou par téléphone, d'enregistrements professionnels non publics et de caméra de télésurveillance), on est plongé dans un faux documentaire au réalisme étonnant. C'est vraiment très bien fait et on entre en plein dans le trip. On regrettera juste l'une des scènes finales qui concède au politiquement correct (avec un clin d'œil inutile aux films de zombies) quand la mère s'en va avec son bébé…

Looper

Un film de Rian Johnson (2012) avec Bruce Willis. Ce film n'existe pas puisque les hommes du futur viendront dans le passé pour qu'il ne soit pas dans le présent. Donc personne ne se souviendra de l'ennui mortel qu'il engendra, de son interprétation catastrophique et de l'indigence du scénario (sans parler de l'invincibilité de Bruce Willis qui passe à travers toutes les balles).

The battery

Un film de Jeremy Gardner (2012) Deux types dont on apprend que ces sont de rares survivants d'un monde envahi par les zombis, sont mollement filmés dans la campagne verdoyante et bavardent beaucoup, ils sont parfois à pied, parfois en voiture, ils écoutent de la musique et mettent cinq minutes à se brosser les dents. Soporifique et sans aucun intérêt.

Maniac

Un film de Franck Khalfoun (2012). Un regard nouveau sur le thème du sérial killer (version gore) La caméra subjective tente sans succès de nous faire entrer dans la peau du tueur. Les flash-back nous expliquent que le pauvre type a été traumatisé parce que sa maman était un peu pute, on aurait pu nous dispenser de ce genre de psychologie de comptoir à deux balles. Mais malgré cela le film fonctionne assez bien, c'est bien réalisé, bien photographié et les interprétations féminines apportent un peu de fraîcheur dans cette ambiance très glauque. (Nora Arnezeder qui tient le principal rôle féminin notamment, mais aussi Megan Duffi en nympho déjantée) On regrettera la fin un peu confuse

Cosmopolis

Un film de David Cronenberg (2012) avec Robert Pattinson. Si Cronenberg se met à être bavard, où va-t-on ? Et ce ne sont pas des petits bavardages, il n'y a pratiquement que cela, et ils n'ont pratiquement aucun intérêt, ça nous parle de spéculation boursière, d'art moderne (Radkho, cet imposteur), du nombrilisme des puissants et d'autres sujets tout aussi soporifiques. Quelques scènes de culs ainsi que quelques débilités viennent ponctuer tout ça (l'entartage, les toilettes dans la limousine) avant une scène finale, laide, grotesque et interminable (vision en accéléré recommandée). Quant au jeu de Pattinson c'est une catastrophe. A sauver éventuellement de ce naufrage, quelques visages féminins (Sarah Gadon, Juliette Binoche) Une nouvelle preuve que même les meilleurs se plantent parfois.

Last Days of Los Angeles

Un film de Mark Atkins (2011) Assez intéressant au début, puis vite lassant avec ces scènes de poursuite et de combat qui trainent en longueur. L'arrivée d'une guerrière ninja qui bousille les extraterrestres et leurs armes automatiques avec un katana vient ensuite faire sombrer le film dans le ridicule le plus achevé. Fermez le ban.

Scream 4

Un film de Wes Craven (2011). 10 ans après on recommence et c'est excellent ! Après le décevant opus 3, Craven retrouve Kevin Williamson l'excellent scénariste des deux premiers opus. L'histoire est bien ficelée (à partir du moment où on en accepte le concept) et renferme son lot de fausses pistes et de bonnes surprises, l'intro et le final sont ainsi particulièrement réussis et on ne s'ennuie pas une seconde. Courteney Cox est toujours aussi rayonnante, la seule (relative) ombre au tableau étant Neve Campbell qui trouve le moyen d'être de loin le personnage le moins sexy de la distribution.

Le Cochon de Gaza

Un film de Sylvain Estibal (2011). Si le fond est plutôt intéressant, la réalisation est molle, chaotique et rend parfois l'histoire peu compréhensible. Quant à la fin, elle laisse perplexe.

Sucker Punch

Un film de Zack Snyder (2011). La preuve est ainsi faite une nouvelle fois qu'on peut faire un très mauvais film avec des jolies filles et des scènes d'action spectaculaires. Le scénario ne se contente pas d'être indigent il est bouffi de prétention. La musique est niaise (à noter que la seule musique classique que l'on entend, le - requiem de Mozart - accompagne les agissements d'un cuisinier violeur, on notera le message subliminal pourri). Il n'y a aucune tension, on se contrefout du destin de ces demoiselles et de l'issue des combats grotesques. Finalement un film nul est préférable à un mauvais film, dans le premier cas on arrête au bout de 10 minutes, dans le second on a perdu sa soirée

Fright Night

Un film de Craig Gillepsie (2011) avec Colin Farell. Pendant plus d'une heure nous avons là un petit délire vampirique tout à fait regardable, pas franchement original, mais suffisamment déjanté pour nous accrocher, d'autant que Colin Farell en vampire, c'est assez croustillant (c'est le cas de le dire). Tout se gâche malheureusement dans la partie finale qui sombre dans un gloubi-boulga sans surprise et bordélique.

A Dangerous Method

Un film de David Cronenberg (2011) Ce film c'est d'abord l'interprétation exceptionnelle, magistrale, même de Keira Knightley. Sinon on se demande par quel bout prendre ce film. Histoire d'amour ? Rivalité entre les premiers théoriciens de la psychanalyse ? Tout cela est intéressant mais on ne sait pas trop où on va ! A signaler deux très courtes scènes où Keira Knightley se fait donner la fessée par Michael Fassbender.

The Thing

Un film de Matthijs van Heijningen Jr. (2011) Préquelle du film éponyme de John Carpenter (1982), le scénario en reprend grosso modo la trame (il s'agit du thème assez simpliste du petit groupe qui se fait décimer individu par individu par une sale bestiole), et n'est donc pas trop original, mais il faut dire que c'est pas mal réussi, il y a du suspense, de bons effets spéciaux, bref, on passe un bon moment.

The Darkest Hour

Un film de Chris Gorak (2011) Ce film SF-catastrophe américano-russe mérite bien mieux que le mépris critique dont il a été l'objet. Certes le scénario est très "série B", avec son lot d'invraisemblances, de situations improbables, de facilité de scénarios, et de personnages plus malins que la Terre entière et une fin ridicule. Mais à côté de ça nous avons une réelle ambiance avec ces rues de Moscou désertes qui font froid dans le dos, quelques scènes spectaculaires et des effets spéciaux pas si mal. Loin du chef d'œuvre mais toujours mieux que par exemple "28 jours plus tard" dont on nous a rabattu les oreilles.

Oh My God !

Un film de Tanya Wexler (2011) avec Maggie Gyllenhaal. Le titre original est "Hystéria", il a été traduit en français par "Oh My God" mais il faut lire "Oh My Gode" car c'est bien de l'invention du vibro-masseur dont il est question dans ce film. Avec un tel sujet on pouvait s'attendre à tout. Autant l'annoncer tout de suite, ça n'a rien de porno, rien d'érotique non plus (dommage d'ailleurs), disons que ça fait dans le grivois "à la britannique". Ce film (basé sur des faits réels, comme on dit) vole beaucoup plus haut que son sujet. Sont évoqués le traitement de l'hystérie, la misère dans Londres à l'époque victorienne, les débuts du féminisme (le vrai, pas celui de certaines castratrices contemporaines) l'hypocrisie de la bourgeoisie et même le coït chez les canards. Un vrai régal !
PS : Les spécialistes du "musical" auront remarqué la présence de Kim Criswell dans le rôle de la cantatrice italienne.

Carnage

Un film de Roman Polanski (2011) avec Jodie Foster, Kate Winslet et Christopher Waltz. Décidemment Polanski ne fait jamais la même chose et nous la joue cette fois ci en huit clos entre deux couples qui se chamaillent en temps réel. (on pense à "Qui a peur de Virginia Wolf" de Mike Nichols (1966) avec Elisabeth Taylor, c'est aussi bon). On pourra trouver que ce "théâtre filmé" constitue une œuvre mineure dans le cinéma de Polanski, mais comme dirait quelqu'un "un Polanski mineur, avec de très grands acteurs, vaut plus que bien des films majeurs d’autres réalisateurs". Petite critique, on reste un peu sur sa fin et une demi-heure de plus n'aurait peut-être pas été inutile. Mais bon, on passe un excellent moment.

Intouchables

Un film d'Olivier Nakache et Eric Toledano (2011) On se demande vraiment la raison de cet engouement pour ce petit film qui a réussi à éclater le box-office ? Des bonnes choses, il y en a, c'est vrai, (le film aborde notamment avec justesse le problème de la sexualité des handicapés et de leurs recours aux travailleuses du sexe) mais sinon c'est d'un lourd, mais d'un lourd ! Omar Sy en fait tellement trop qu'à certains moments on en est gêné pour lui. Par contraste, François Cluzet est reposant. Cela n'empêche pas la critique américaine qui qualifie le film de raciste d'être hors de propos à force de vouloir à tout prix caresser le politiquement correct. Cela n'empêche pas non plus la critique de Libération pour qui le film est réactionnaire au titre qu'un riche ne saurait être "gentil" de sombrer dans un manichéisme archaïque.

Les marches du pouvoir

Un film de George Clooney (2011) avec Ryan Gosling et George Clooney. Encore un film bourré de bonne intentions, le problème c'est que ça a du mal à décoller et que quand ça décolle ça le fait de façon molle et assez peu intéressante. Ça manque de puissance, d’originalité, de tension, de rythme. Quant à Gosling, il se la joue trop "beau gosse" pour rendre son rôle crédible. A réserver a ceux qui ignorerait encore que la politique est un cirque publique et un panier à crabe privé.

Time Out

Un film d'Andrew Niccol (2011) avec Justin Timberlake et Amanda Seyfried. De la SF avec une idée très originale, les humains bricolés génétiquement doivent après 25 ans acheter du temps qui est devenu la monnaie universelle, tout le monde a un petit compteur sur l'avant-bras, quand on a plus de temps on meurt. Le héros nous la joue à la Robin de bois (voler aux riches pour donner aux pauvres) avec quelques faux airs de Matrix. La morale est très inspirée de la Bande à Bonnot (Ce n'est pas voler que de voler ce qui a été volé). Les implications "économiques" d'un surplus de temps sont bien vus, action et rebondissements sont au rendez-vous et on ne s'ennuie pas. Manque juste un petit quelque chose, sinon c'eut été parfait…

Les aventures de Tintin - Tintin et le secret de la licorne

Un film de Steven Spielberg (2011) produit par Peter Jackosn. Une déception ! Les critiques dithyrambiques n'auraient-ils retenus de ce film que l'indéniable prouesse technique ? Bien sûr ce n'est pas mauvais, mais on va dire que ça ne le fait pas. Un film ce n'est pas une BD et il est difficile de s'accrocher à quelque chose dans cet univers artificiel et asexué.
Si le personnage de Tintin n'est pas trop mal rendu (mais sans fantaisie), Haddock est juste passable, les Dupont sont ratés et Milou méritait mieux. L'humour tombe à plat et certaines scènes d'action (notamment la dernière, interminable où l'on sent l'influence lourdingue de Peter Jackson) réussissent le tour de force d'être à la fois spectaculaires et inintéressantes (au sens propre, c'est à dire qu'elles ne suscitent pas l'intérêt.)
A sauver le très bon flash-back où Rackham le rouge donne l'abordage à la Licorne. Et puis Gal Elmaleh en cheikh arabe est plutôt rigolo.
Adapter un BD reste un tour de force, Besson l'avait réussi avec Adèle Blanc-Sec, pas Spielberg.

The Artist

Un film de Michel Hazanavicius (2011) avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo. Il faut être un peu cinéphile. Il faut aimer un peu le rag-time et le charleston. 100 minutes de bonheur total avec un Jean Dujardin extraordinaire, une Bérénice Béjo sémillante. Un film hors norme, réalisé de main de maître qui se déguste comme un plat pour gourmet, qui vous met le cœur à l'aise et qui vous colle un sourire sur le visage.

Le Chaperon rouge 

Un film de Catherine Hardwikie (2011) On aurait pu faire quelque chose de bien avec ce scénario, mais là, c'est mauvais, c'est lent, bavard, il y a une histoire de consanguinité qu'on ne comprend pas bien, mais on s'en fout complètement, les invraisemblances foisonnent (Ah, ces gens qui se font poignarder dans le ventre, mais qui sont en pleine forme cinq minutes après !), c'est mièvre et sans aucun humour, les acteurs ne sont pas dirigés et en deviennent pathétiques, Amanda Seyfried est aussi expressive qu'une laitue, son amoureux a une tête à claques... Le seul intérêt qui nous fait regarder jusqu'au bout est de savoir qui est le loup... Hou, hou ! hou !

Mysteria

Un film de Lucius C. Kuert (2011). Assez intéressant au début, ce thème déjà mainte fois traité de l'auteur mélangeant la réalité, ses fantasmes et ce qu'il écrit, déçoit d'un part par la lenteur du propos et aussi par le sentiment d'inachevé, c'est un peu facile de nous dire "hop, c'est du rêve, donc j'ai le droit d'être incohérent", parce que spectateur à la fin il se demande si on ne s'est pas foutu de sa tronche ! Dommage le décolleté de Meadow Williams était bien joli.

Habemus Papam

Un film de Nanni Moretti (2011) C'est excellent, on passe un bon moment (mais sans doute faut-il être imprégné de culture catholique et être quelque peu anticlérical pour en apprécier tout le sel) et Michel Piccoli (85 ans) est très bon. Sur le fond on pourra cependant critiquer le parti pris de nous monter les cardinaux électeurs comme une bande de niais, peu intéressés par l'accession à la charge papale. La vérité est autrement plus complexe et les conditions de l'élection de Benoit XVI en 2005 l'ont bien démontré quand on se donne la peine de ne pas interpréter cet événement de façon superficielle.

Drive

Un film de Nicolas Winding Refn (2011). Encensé par la critique et le public ce film est une bonne alternative au Temesta. Ryan Gosling se la joue genre beau ténébreux, les minettes et les cougars craquent et font la promo du film. Nous avons droit à un prégénérique prometteur qui nous fait nous installer bien comme il faut dans notre fauteuil. Mais catastrophe, il ne se passe rien pendant une demi-heure et quand il commence à se passer quelque chose on y comprend pas grand-chose (une histoire de faux hold-up assez embrouillé) mais on s'en fout un peu, tellement c'est chiant et les personnages inintéressants. Et c'est lent, lent, exagérément lent (mais les critiques adorent ça et ils nous parlent de film contemplatif). Parlons aussi des facilités de scénario (la télé qui donne des précisions sur le hold-up juste au moment où il faut, comme poncif, c'est pas mal) et des incohérences (le héros fout le bordel dans les loges des stripteaseuses qui pas paniquées du tout continuent à se pomponner, ou pire le héros se sachant menacé dans l'ascenseur par un tueur mafieux prend le temps de rouler une pelle à sa copine avant de le fracasser, et puis la fin où le héros oublie ses dollars sur le parking). La direction d'acteurs est inexistante, on ne parle pas on se fait des risettes. Quant à la B.O., la musique d'un film n'est bonne que quand elle se contente de porter le film, quand on s'en sert comme d'un collage, elle est inopportune. Bref un film qui ne mérite en rien ni ses honneurs ni sa réputation.

La piel que habito

Un film de Pedro Almodovar (2011) Un thriller mené de main de maître, avec tout ce qu'il faut de rebondissements, de flash back et de suspense. Le film contient de très belles scènes érotiques et Elena Anaya est sublime dans le rôle de Vera Cruz. Un excellent Almodovar.

Switch

Un film Frédéric Schoendoerffer (2011) Le scénariste est Jean-Christophe Grangé, un bon auteur de polar, on pouvait donc s'attendre à quelque chose de bien. Ben non, ce thriller raté est truffé d'invraisemblances. (Voir une petite dessinatrice de mode se transformer en combattante ninja et mettre en échec des policiers super organisés et super entraînés est à se tordre de rire.) le scénario est tiré par les cheveux, on ne comprend pas ce qui arrive à cette pauvre fille et quand le dénouement arrive on se demande si on n'est pas en train de se foutre de nous ! Parlons des acteurs, Eric Cantona n'en est pas un, mais ce n'était pas une raison pour ne pas essayer de le diriger correctement ce qui apparemment n'a pas été le cas. En revanche la jeune québécoise Karine Vanasse s'en sort bien (heureusement qu'elle est là !)

La planète des singes, les origines

Un film de Rupert Wyatt (2011). Hollywood nous gâte ! Une semaine après l'excellent SUPER-8, voici La planète des singes, les origines. La série doit compter maintenant 7 opus. Disons d'emblée que ce film se place parmi les meilleurs du thème, à égalité de qualité de réalisation avec ce qu'on fait Franklin J. Schaffner en 1968 et Tim Burton en 2001. Le scénario est inventif, remarquable d'intelligence, évitant à la fois les pièges et la facilité. Les effets spéciaux sont époustouflants et la bataille de Golden Gate Bridge devrait rester dans les annales. On est scotché. Excellent ! Ah, au fait : l'apparition du générique de fin ne marque pas la fin du film, restez trois minutes de plus dans votre fauteuil...

Comment tuer son boss

Un film de Seth Gordon  (2011) avec Jennifer Anniston. La différence est parfois tenue entre l'humour beauf et le politiquement incorrect et le ton du film oscille parfois entre les deux, mais le film est sauvé par son côté barré, par la plutôt bonne prestation des acteurs et surtout par la présence sulfureuse de Jennifer Anniston. Le scénario à l'avantage d'être original et de savoir nous surprendre. On regrettera quelques longueurs en tout genre, ainsi que la dernière scène inutile et raté. Au final une bonne petite comédie que n'apprécieront pas les coincés de la braguette.

Super 8

Un film de J. J. Abrams (2011). Ce film partait avec deux handicaps, le premier c'est de sortir en plein mois d'août, le second est d'être joué par de adolescents boutonneux (et on sait que cela peut devenir très vite insupportable). En fait un premier quart d'heure (peut-être trop long) nous présente une bande d'ado fana de super-8, bof... et puis tout d'un coup, le film bascule (c'est le cas de le dire) avec ce train qui déraille (qui n'en finit pas de dérailler) et c'est parti pour un spectacle qui nous tient en haleine jusqu'à la fin (on regrettera néanmoins le final, un peu cucul, et le rôle de l'adjoint du shérif dans la peau du "flic intègre qui n'a peur de rien"). Les ados jouent plutôt bien, on en a pour notre argent, c'est un excellent film.

Le moine

Un film de Dominik Mol! (2011) avec Vincent Cassel. En voilà un film qu'il est bizarre, c'est avant tout un film d'images, et elles sont superbes (les femmes aussi d'ailleurs) Sinon si le roman est passionnant et palpitant, le film fait d'abord œuvre d'illustration. Le moine fou de piété qui se révèle en réalité un fieffé hypocrite, on a déjà vu (revoir Simon du désert de Luis Buñuel, c'est plus court et plus rigolo).
Un petit mot tout de même à propos de la critique "café du comptoir" qu'on nous réchauffe à chaque film abordant ce genre de sujet : "On s'attaque à la religion catholique parce que c'est facile, ce n'est pas demain la vieille qu'on fera un film s'attaquant à l'islam…" C'est vrai et c'est faux, c'est faux parce que les temps ont changé : en 1966, c'était tout l'épiscopat qui réclamait l'interdiction de
la Religieuse de Jacques Rivette, aujourd'hui seuls quelques voix intégristes se font encore parfois entendre (et parfois de façon très violente), et puis le moine n'a rien d'un film militant… puisque je vous dis que c'est un film d'images, rien qu'un film d'images.

The Ward

Un film de John Carpenter (2011) non sorti en salle en France (ce qui est un scandale !). Il s'agit d'un très bon film d'épouvante illuminé par la présence magique de la très belle Amber Heard. Suspense, rebondissements, personnages bien campés, ambiance, musique, tout fonctionne à merveille et nous scotche sur notre fauteuil. Quant au twist final il a le mérite de rendre cohérent ce qui ne l'était pas forcement mais n'explique sans doute pas tout.

World Invasion: Battle Los Angeles

Un film prétendument de "science-fiction" de Jonathan Liebesman (2011) Un peloton de marines stéréotypés et complètement décervelés combat (victorieusement vous vous en doutez bien) une armada d'Aliens venu nous envahir. Les scènes de combat (il n'y a pratiquement que ça) sont spectaculaires mais au bout de 10 minutes on est gavé ! Tous les poncifs du genre "catastrophe" défilent, les civils qui veulent aider et qui se révèlent des boulets, les petits n'ienfants qui ont peur, les amis qui tombent au combat, l'héroïsme grandiose et incommensurable des marines… Les invraisemblances et les contradictions nous sont servies à la pelle. Aucun second degré, aucun humour, bref c'est nul. Ah, au fait vous savez ce que venait chercher les extraterrestres en débarquant sur la Terre ? De l'eau ? Juste de l'eau ! (d'ailleurs on nous précise que le niveau des océans commence à baisser !) . Moi quand j'ai besoin d'eau je vais à Auchan et je ne me mets pas à tuer tout le monde. A déconseiller d'urgence

Alyce kills  

Un film de Jay Lee (2011) Ça cause beaucoup trop, ce n'est pas toujours très bien filmé et ça devient rapidement saoulant, il y a beaucoup de remplissage, ça met un temps fou à démarrer et même le charme de l'actrice principal ne parvient pas à nous accrocher, puis quand ça démarre enfin cela sombre dans une overdose de gore assez vaine.

Black Swan

Un film de Darren Aronofsky (2011). Les pisse-vinaigres n'ont pas aimé, tant pis pour eux. Un thriller psychologique déroutant portée presque intégralement sur les épaules d'une époustouflante Natalie Portman. On regrettera certaines confusions (notamment au début) et une insistance assez lourdingue à nous montrer les syndromes de l'auto destruction de la vedette dont la fin est évidemment programmée dès le départ (mais on s'en fout on le sait, et l'intérêt du film n'est pas l)

Chez Gino

Un film de Samuel Benchetrit (2011) avec José Garcia. L'idée de départ était bonne, sa réalisation frise le grand n'importe quoi. On a droit à tout, du grand guignol, du patho en flash back noir et blanc (quel cliché !) à des erreurs de scénarios incompréhensibles (l'introduction dans l'histoire du vrai mafieux) voire grotesque (le poney qui s'en sort sans une goutte de sang alors qu'on a commencé à lui couper la tête), un final cu-cul. L'humour tombe à plat. Il y a une ou deux bonnes scènes, mais c'est tout.

Mon pire cauchemar

Un film d'Anne Fontaine (2011) avec Isabelle Huppert, André Dussolier, Benoît Poelvoorde : Balayons déjà certaines critiques : Le film serait vulgaire ? (il eut été réalisé par un homme d'aucun aurait criée à la misogynie) Il faudrait déjà qu'on nous définisse ce qu'est la vulgarité, passons, Les personnages et les situations ne seraient pas crédibles ? C'est du cinéma, de plus une comédie et non un documentaire (quoique des documentaires non crédibles, il y en a aussi). Bon alors on a un au départ un schéma classique, le télescopage de deux personnages que tout oppose, ici ça fonctionne parfaitement pendant une bonne moitié du film (bien qu'il faille se farcir les gosses, mais ils font malheureusement partie de l'histoire).  on y ajoute quelques vannes bien vues sur l'art moderne, l'intellectualisme… La seconde partie souffre de sa prévisibilité et surtout perd toute une partie de son humour en route. Donc un film à fort potentiel, sympa, avec des bonnes idées, (l'aquarium à femmes, il fallait le trouver, le graffiti final, il fallait l'oser) de bons acteurs, une réalisation nerveuse, mais ne tenant hélas pas la distance.

Les lyonnais

Un film d'Olivier Marchal (2011) avec Gérard Lanvin. Le film est ambitieux, trop peut-être. Ceux qui s'attendent à un polar vont être déçu, c'est un film de gangsters ce qui n'est pas la même chose. Force est de constater qu'on ne s'ennuie pas. Marshall a réussi un film d'ambiance et nous dépeint un milieu violent et pourri (sans épargner la police ni les politiques) avec une belle efficacité. La distribution est correcte mais sans plus, à l'exception de Gérard Lanvin qui en semble habité par son personnage.

L'exercice de l'Etat 

Un film de Philippe Schoeller.(2011) avec Michel Blanc. La scène onirique d'introduction est très jolie mais son  symbolisme est louirdingue. Après un démarrage intéressant : le déplacement obligatoire du ministre, les propos de circonstances, la langue de bois, on s'aperçoit après une scène ridicule (Blanc écoutant Malraux) que rien n'est maîtrisé, entre des dialogues qui sonnent souvent faux ("la politique est une meurtrissure permanente") des invraisemblances de situations (les blessées des Ardennes qui sont soignés à Pompidou, le chauffeur intérimaire recruté par le directeur de cabinet, la présence du premier ministre à l'enterrement du chauffeur et plein d'autres). Certaines scènes sont interminables (l'après accident, l'enterrement du chauffeur) d'autres sont inutiles (la naissance du bébé). La scène de la caravane trouve le moyen d'être à la fois invraisemblable, gavante, grotesque et mauvaise. Si on ajoute à cela un montage raté (on a parfois du mal à bien suivre), une musique grotesque et une fin bisounours, ben, c'est pas terrible. De plus idéologiquement on est en pleine démagogie, si l'auteur à raison de nous montrer un monde politique nauséeux et destructeur, lui opposer la prétendue pureté du peuple (figurée ici par la famille du chauffeur) procède d'un  manichéisme primaire. Les acteurs ne sont pas mauvais bien que Michel Blanc a l'air de s'emmerder. Sur un sujet proche on peut préférer de très loin "Quai d'Orsay" de Tavernier

Le pacte

Un film de Roger Donaldson (2011) avec Nicolas Cage. Ça commence plutôt bien, et le propos sous-jacent est loin d'être idiot, sauf qu'à la moitié du film Nicolas Cage se transforme en une espèce de superman et va affronter tout seul une organisation secrète super entrainée et super ramifiée. Il va nous faire des cascades de folie sur un échangeur routier, va enquêter à droite et à gauche en ouvrant les portes et les tiroirs au nez et à la barbe des systèmes de sécurité, va obtenir le vrai nom du chef en braquant un exécutant de dernière zone (elle est fabuleuse celle-ci !) et je dois en oublier. Dans la dernière demi-heure les invraisemblances et les raccourcis deviennent si nombreux qu'on arrive plus à suivre, mais à ce stade on s'en fout. Bref on s'est bien foutu de nous.

Les femmes du 6ème étage

Un film de Philippe Le Guay (2011) avec Avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke : On est quelque part entre Etienne Chatiliez et Pedro Almadovar (ce qui est un compliment). Un film roublard, intelligent et qui n'a rien de manichéiste, (à ce propos les quelques critiques affirmant que tout y est prévisible n'ont manifestement pas vu le film), C'est frais, bien joué, drôle. Luchini est génial. Un excellent film français.

Dream House

Un film de Jim Sheridan (2011) avec Daniel Craig, Naomi Watts et Rachel Weisz. Globalement, c'est intéressant et d'idée de renverser la réalité au bout d'un heure de film est astucieuse, car elle change complètement notre vision du film. La mise en scène est tout à fait correcte, Rachel Weisz est superbe (Naomie Watts aussi, mais il faut bien constater qu'elle n'a pas vraiment un rôle de composition), Daniel Craig n'est pas mal (on a la curieuse impression qu'il se prend pour Kirk Douglas). Ce film possède néanmoins un très gros défaut, c'est son twist final, incompréhensible parce que manifestement bâclé à ce point qu'on arrive à se demander si le film n'a pas été terminé dans l'urgence par un vulgaire tâcheron qui passait par là par hasard !

Albert Nobbs

Un film de Rodrigo Garcia (2011). La performance d'acteur ? Oui sans doute, la reconstitution historique ? Pas mal ! L'histoire ? Elle se laisse regarder jusqu'au bout sans déplaisir, mais que de facilités de scénario (ou d'invraisemblances) : Le secret de Nobbs aurait pu être dévoilé de façon bien plus intelligente, et la coïncidence qui va avec est assez ridicule. La patronne désargentée qui embauche le faux chauffagiste pour sa belle gueule, c'est pas mal non plus. (et puis, non, on ne répare pas une chaudière "au pif" !) Les clichés : il y en a une collection : la directrice est méchante, le docteur est ivrogne (depuis la chevauché fantastique tous les docteurs sont ivrognes), les serveuses sont "faciles" (tant mieux, ça permet une belle scène de gnougnoutage), le chauffagiste à une mentalité de maquereau et la pauvre fille naïve, se fait engrosser et lui obéit (c'est du Zola)…. Passons à Nobbs. OK, il fait des économies, mais fallait-il ces deux longues scènes où il n'en finit pas de compter ses sous ? En plus, il est con… ce qui fait qu'on éprouve aucune empathie pour lui. Mais ce n'est pas tout : la clé du film c'est lorsque Nobbs et l'autre camionneuse, se baladent en robe sur la plage et que Nobbs se prend les pieds dedans. Sans doute l'une des scènes les plus ridicules qu'on ait vu au cinéma. Mais cette scène à une "morale", la camionneuse dit à Nobbs. : "Il faut rester ce que nous sommes". On aura compris que le film défend et illustre la théorie du genre. Avec une illustration comme celle-ci, ce n'est pas gagné !

Sleeping Beauty

Un film De Julia Leigh (2011) avec Emily Browning. La réalisation est plate, abusant des plans fixes et s'attardant inutilement là où il aurait fallu enchaîner. Les passages "non érotiques" soft n'ont ni queue ni tête et s'enchaînent sans qu'on en comprennent les tenants et les aboutissants (Lucy veux se faire sauter, Lucy fait des petits boulots, Lucy a un copain malade, Lucy envoi son n° de carte bleue par téléphone, Lucy fait des demandes en mariages, Lucy oublie de payer le loyer…) On nous impose un interminable soliloque d'un vieux shnock dont on se contrefout. Quant aux passages érotiques à part deux jolis postérieurs entrevus et quelques tenues fétichistes… on tombe dans le morgue et dans le n'importe quoi. La scène finale est tellement mal réalisée qu'il faut lire le résumé du film pour le comprendre ! Reste Emily Browning, mignonne, une jolie frimousse, qui joue plutôt bien; mais bon… Bref, 1 h 40 d'ennui d'un film vide et prétentieux.

Hasta la vista

Un film de Geoffrey Enthoven (2011) Je n'ai pas aimé ce film. Il est sans doute bourré de bonnes intentions mais on ne les cerne pas toutes. Nous dire qu'être handicapé n'empêchait pas d'être minable est une chose que tout le monde sait, mais le politiquement correct empêche de le dire, le réalisateur à le courage de le montrer, et le personnage de Philip (avec son look à la Ribery est assez bien vu). Les trois personnages (les quatre, même) sont ultra stéréotypé (le teigneux, l'ange condamné, le sage) ce qui fait qu'on n'éprouve aucune empathie pour eux (pourtant on devrait, non ?) et que sans cesse on se dit que ce n'est que du cinéma (malgré le chantage au vécu). Et ne parlons pas de Claude qui assassine son mari mais qui serait une "brave file" (?). Parler des handicapés sous l'angle de la sexualité était une approche intéressante, mais le message reste décidément trop ambigu, le réalisateur a l'air de nous dire que la prostitution peut être un recours mais seulement pour Philip parce que c'est une teigne ou pour Lars parce qu'il va mourir… mais que sinon tout individu trouve toujours chaussure à son pied, (on sait pourtant que c'est globalement faux) et c'est ainsi qu'on a droit à une bluette incongrue entre Claude et l'aveugle. Le réalisateur ne se demande comment un tel couple improbable pourra perdurer, nous si !

Rhum express

Un film de Bruce Robinson (2011) avec Johnny Depp. Non seulement il ne se passe pas grand-chose mais le principal ressort dramatique n'a aucun sens. Depuis quand des promoteurs, banquiers et politiciens tiennent-il des réunions secrètes avec un écrivain raté pour lui faire écrire une brochure ? Et puis ça ajoute quoi au scénario de faire de l'un des personnages "sympathiques" du film un admirateur d'Hitler ? Bref tout cela ne tient pas la route, d'autant que la réalisation est mollassonne. Sinon Amber Heard est bien jolie !

Sex list

Un film de Mark Mylod  (2011) Malgré l'abattage et les tenues sexy d"Anna Farris , une fois qu'on a compris le concept, ça devient gavant et sans intérêt. Bizarre ce genre de film où les paroles sont très crues mais les images pudibondes !

La taupe

Un film de Tomas Alfredson (2011) avec Gary Oldman, Colin Firth… S'il y a un truc qui m'énerve ce sont ces réalisateurs qui sont capables de nous faire de plans léchés, des travellings de folies, des éclairages bluffants… mais qui sont incapables de nous raconter une histoire. Résumons-nous, c'est lent, ça n'avance pas, ça ne démarre jamais, les dialogues sont abscons, les situations incompréhensibles, il n'y a aucun suspense, aucune tension, aucune empathie vis-à-vis des protagonistes, la direction d'acteurs est minimaliste, Gary Oldman étant aussi expressif qu'un poisson rouge, la conclusion qui n'a d'ailleurs aucune espèce d'importance nous arrive comme un cheveu sur la soupe, bref c'est une belle perte de temps.

Love Ranch

Un film de Taylor Hackford (2010) avec Helen Mirren et Joe Pesci. Ce film maudit aux Etats-Unis (sorti dans seulement 11 salles avec une critique désastreuse) n'est pourtant pas loin d'être un chef d'œuvre.  C'est d'abord une très belle histoire d'amour avec des personnages complexes (Helen Mirren toujours exceptionnelle y est bouleversante) mais aussi une défense lucide du commerce du sexe. Il n'y a aucun manichéisme dans ce film ni chez les protagonistes, ni sur le cadre dans lequel se déroule l'action et c'est ce qui fait la force du film. Il y a quelques scènes fabuleuses dont le match de boxe, complétement bluffant. Hélas le réalisateur a cru bon de nous infliger une pénible scène de pleurnicherie tirant le film vers le mélodrame mais c'est sans doute le seul défaut du film. Quant à la fin, quel beau pied de nez à la morale puritaine américaine ! Pas étonnant qu'ils aient maudit le film !

Nous sommes la nuit

Un film de Dennis Gansel (2010). C'est vraiment très beau, l'ambiance est originale et portée par un splendide quatuor d'actrices. Il est dommage que le film souffre d'une erreur de ciblage (il lorgne sans arrêt vers un érotisme qui ne viendra jamais alors que le contexte l'imposait) et d'un scénario manifestement écrit trop vite. Il y a des ruptures de ton incongrues qui nous font passer de l'humour noir le plus réjouissant (Nora, la vampire qui rote dans la piscine) au mauvais mélo (Charlotte qui va voir sa fille vieille et mourante). Le refus de rapports lesbiens entre Lena et Louise est illogique et simplificateur, l'ellipse après l'enfermement de Lena et Louise dans le hangar est incompréhensible, le combat entre Lena et Louise n'est qu'une concession commerciale inutile, et la fin (faussement ouverte) est nunuche. Dommage, sans tous ces bémols nous aurions eu là l'un des films de vampires les plus intéressant sur ce thème. Tel quel le film reste néanmoins très attachant.

La disparition d'Alice Creed

Un film de J Blakeson (2010) avec Gemma Arterton. Un bon thriller en quasi huis-clos assez éprouvant remarquablement interprétée par la belle Gemma Arterton (il n'y a que trois personnages) et qui nous tient en haleine pendant la presque totalité de la projection. Hélas à la fin ça cafouille pas mal et ça devient n'importe quoi.

Minuit à Paris

Un film de Woody Allen (2010) avec Rachel McAdams. Un apprenti écrivain sur le point de se marier fait des sauts dans le passé tous les soirs à minuit et rencontre des artistes des années folles, puis de l'époque impressionniste. Un tel scénario aurait pu donner n'importe quoi, mais ici, c'est Woody Allen, sa réalisation nerveuse et son humour particulier. Le résultat, c'est 100 minutes de pur bonheur. (Seule petite ombre au tableau : Marion Cotillard, une erreur de casting ?)

True Grit

Un western de Joel et Ethan Coen (2010). Si les paysages sont magnifiques, les personnages sont très laids (à commencer par l'héroïne) et le film ne suscite à aucun moment l'intérêt.

Crime d'amour  

Un film d'Alain Corneau (2010) avec Kristin Scott-Thomas et Ludivine Sagnier. Kristin Scott-Thomas est très bien, Ludivine Sagnier est sans doute une erreur de casting mais il faut néanmoins admettre qu'elle s'investit à fond dans ce rôle difficile. L'histoire est intéressante mais est plombée par les invraisemblances de l'enquête, (je veux bien que la police fasse de bourdes mais ne pas enlever les tiroirs lors de deux perquisitions, faut quand même pas charrier, oublier de faire l'analyse ADN des traces de griffures ce n'est pas mal non plus… et il y en a d'autres). Les sous-entendus homosexuels de la relation entre Isabelle et Christine ne sont que (mal) survolés. Dommage parce que le scénario aurait été plus travaillé nous aurions eu un grand film. Malgré les reproches qu'on lui a fait le (faux) remake de De Palma tient autrement mieux la route.

Propriété interdite

Un film d'Hélène Angel (2010) avec Charles Berling et Valérie Bonneton. Une bonne surprise car voici une série B dans un registre peu fréquenté par le cinéma français. C'est bien joué, c'est très politiquement incorrect et on ne s'ennuie pas...

Tournée

Ce film de Mathieu Amalric (2010 - Prix de la mise en scène à Cannes), a reçu un accueil enthousiaste et quasi unanime. On se demande bien pourquoi ? Certes, toutes ces demoiselles fort pulpeuses sont charmantes... mais le reste n'est qu'une accumulation de saynètes parfois réussies, mais souvent ratées, voir lourdingues ou trop longues. Par ailleurs, certains aspects du scénario sont totalement incompréhensibles.

Daylight Saga

Un film de Brad Ellis (2010). Bon alors en gros, c'est un gars qui devient vampire et qui a des crises d'existentialisme. On aurait pu en faire quelque chose avec plus de rythme et d'audace (ça commence à être gonflant ces filles qui gardent leur soutif pour s'envoyer en l'air). L'actrice principale (Rachel Miles) est la seule très bonne surprise de ce film dont le final est ridicule

Les émotifs anonymes

Un film de Jean-Pierre Améris avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde (2010) Un très joli conte de Noël, émouvant et drôle. Et pourtant ça commençait mal avec un gag de Poelvoorde, lourd comme une enclume... ça se rattrape très bien après et le sourire d'Isabelle Carré a quelque chose de magique.

Potiche

Un film de François Ozon (2010) avec Catherine Deneuve, Gérad Depardieu, Fabrice Luchini. La critique a été bien complaisante avec ce film, car sans doute aurait-il fallu pas grand chose pour que ce soit très bon, mais ce n'est pas le cas ! Honnêtement réalisé, c'est le scénario qui pose problème : trop de caricatures, trop de schématismes, trop de féminisme à ras des pâquerettes. Et aussi trop de questions et de situations sans réponse. Et puis pour un film adapté d'une comédie de boulevard, on ne rigole pas souvent ! Depardieu est très bien, Deneuve aussi, on passe un bon moment, on reste sur sa faim et ou oubliera. Mention assez bien (ou peut mieux faire)

Tucker et Dale fightent le mal  

Un film de Eli Craig (2010). Avec un titre pareil on pouvait s'attendre au pire ! Et bien, quelle surprise ! Car nous avons sans doute ici ce qui s'est absolument fait de mieux en matière de parodie de film d'horreur. Le réalisateur retourne les rôles traditionnels du genre comme des  chaussettes et réalise le tour de force de nous faire prendre en sympathie deux "bouseux" dont la première apparition dans le film n'a rien de rassurant. C'est super sympa, granguignolesque et même parfois touchant. C'est correctement réalisé, la musique est bonne, l'actrice principale (Katrina Bowden) est craquante. Que du bonheur !

Inception

Un film de Christopher Nolan (2010) avec Leonardo Di Caprio, Ellen Page, Marion Cotillard. Il faut toujours se méfier des films qui sortent en Juillet-Août. Je ne cesse de me demander ce qui a rendu la critique si dithyrambique car ce film "ambitieux" distille un ennui d'une telle amplitude qu'on se demande si on ne serait pas mieux dehors. Il n'y a rien pour se raccrocher, ni les acteurs (véritables pantins) ni l'action (difficilement et sans doute volontairement incompréhensible), ni les scènes oniriques (bof !), ni les effets spéciaux (gratuits, puisqu'ils ne participent pas à la progression dramatique du récit). C'est chiant, mais chiant... Il y a des films qui ne sont pas bons, mais on reste quand même, là ce n'est même pas la peine ! PS : Et qu'on arrête de dire qu'il faut regarder le film plusieurs fois pour le comprendre. Ne pas communiquer de façon efficace avec le spectateur à la première vision n'est qu'une preuve d'échec non pas du spectateur mais bien du réalisateur.

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Un film de Luc Besson (2010) : Quelle bonne surprise ! J'avais envie de le voir, mais je me méfiais. Parce que Besson est capable du meilleur comme du pire, parce que Besson, c'est Besson, parce que la promo me semblait lourdingue, parce que surtout la critique "non complaisante" était plutôt réservée. (1)
Qu'allais-je voir ? Du mauvais ? Du moyen ?
Or le film sans être parfait, est très bon, on ne s'y ennuie pas une seconde, Louise Bourgoin est très bien, les décors sont superbes, il n'y a pas de temps mort, le ton est enjoué. Le résultat est un produit original, une sorte d'Indiana Jones revisité par Amélie Poulain (double compliment).
Et que l'on ne nous dise pas que la BD de Jacques Tardi(2)  est trahie, le film est mieux que la BD, (laquelle, quoique attachante, est loin d'être un sommet du 9ème art).
Alors on peut toujours ergoter, dire que certaines répliques sont peu compréhensibles, que la fin est un peu cul-cul, mais ce film reste un bon spectacle et le meilleur Besson depuis le "cinquième élément".
N.B. : (1) on se demande d'ailleurs si certains critiques ont vraiment vu le film ou s'ils se sont contentés d'extraits, il est par exemple hallucinant de lire sous leurs plumes, "qu'il est regrettable que Mathieu Amalric meurt si vite " (alors qu'il reste vivant jusqu'à la fin du film)
(2) Combien de critiques ont réellement lu toutes les aventures d'Adèle Blanc-Sec ? Il faut 3/4 d'heures pour lire un de ses albums, et il y en a 10 ! En fait, la plupart d'entre eux n'ont rien lu du tout et jouent au perroquet. D'ailleurs, Tardi qui est quand même le mieux placé pour juger ce genre de choses a trouvé le film très bien. !

Alice au pays des merveilles

Un film de Tim Burton (2010) : Un film où on ne regarde pas sa montre est toujours un bon film, c'est le cas d'Alice aux pays des merveilles, du génial Tim Burton. Que dire ? Des effets spéciaux, des animations et une 3D superbement maîtrisés. Des acteurs magnifiquement dirigés : (il faudra se résoudre à admettre un jour que Johny Depp. est non seulement le meilleur acteur de sa génération mais sans doute l'un des meilleurs acteurs de tous les temps). Mia Wasikowska surprend parce que quand on la voit au début, on se dit "Ah bon, c'est elle Alice, il n'a trouvé personne d'autre…" mais elle s'en tire à merveille. Anne Hathaway est superbe en reine blanche, et Helena Bonham Carter odieuse comme il se doit en reine rouge. L'histoire est sympathique mais forcément prévisible et de ce fait un peu plate, malgré une fertile inventivité dans les détails et quelques plans géniaux. On sort de la salle heureux, mais on se dit qu'il manque un tout petit quelque chose… peut-être un doigt d'érotisme… (juste un doigt...) mais que voulez-vous c'est produit par Walt Disney…

Siren 

Un film Andrew Hull (2010). Le film s'ouvre sur une première scène très sexy dans laquelle la très belle Anna Skellem en robe moulante rouge semble tapiner à un croisement routier. S'arrête un type qui au lieu de demander "c'est combien ?", demande "Vous allez où ? Et comme la fille ne sait pas quoi répondre, il l'embarque, Ça donne le ton. Elle excite ensuite le conducteur en se tripotant, lequel la saute lors d'une halte. Bref on se demande ce qu'on est en train de regarder quand voilà que surgit une ellipse, ces deux-là s'apprêtent à partir en balade en mer avec un ami… le film est baigné par une atmosphère de sexe soft omniprésente (scène de coït rapide et simulée, baiser lesbien, nus de dos) mais sans que jamais, au grand jamais le film ne nous montrera l'ombre d'un téton (?) Sinon en vrac nous avons deux actrices féminines très jolies, une belle photographie, des acteurs masculins très mauvais et une histoire sans queue ni tête et sans grand intérêt.

The Ghost writer

Un film de Roman Polanski (2010) : Attention chef d'œuvre ! Une bonne surprise car combien de cinéastes vieillissant n'ont plus été à ces âges que l'ombre d'eux mêmes (Hitchcock, Lang, Buñuel...) Ici l'œuvre vaut les autres, car il n'y a rien à jeter chez Polanski, une maîtrise du scénario sans bavures, une direction d'acteur qui est une véritable leçon de cinéma, un climat envoûtant, passionnant qui nous tient en haleine, à ce point que quand le rideau tombe on se dit qu'on en aurait bien repris encore une heure ou deux. Un grand thriller, très inquiétant, très noir, très pessimiste, mais quel film ! Merci Monsieur Polanski !

Nine

Un film de Rob Marshall (2010) : "Spectaculaire, glamour et sexy" s'extasie sur les affiches le critique de service de la revue "Première" ! Ah, bon ? On n'a pas dû voir le même film, moi j'ai vu un ennuyeux pensum moralisateur dont le message bien lourdingue est de nous expliquer que seul l'amour conjugal est capable d'apporter la sérénité. (L'affiche est à cet égard une tromperie sur la marchandise !) C'est ennuyeux, les flash-back avec les mômes sont ridicules, quant à Marion Cotillard, elle se prend pour une star (dans le rôle de l'épouse -forcément fidèle) mais elle en est bien loin. Reste de cette niaiserie, une chorégraphie très nerveuse (et sans doute volontairement vulgaire) mais qui n'a rien d'exceptionnelle, une Nicole Kidman bien jolie et une Pénélope Cruz éblouissante (le mot n'est pas de trop) , mais ça ne sauve même pas ce film bon pour les oubliettes !

The Terror experiment

Un film de George Mendeluk (2010). L'idée de départ est intéressante, les premières minutes prometteuses (quoique déjà la gamine…) et puis rapidement tout cela sombre dans un grand n'importe quoi où se mêlent des invraisemblances comme s'il en pleuvaient, des facilités de scénario navrantes, des personnages inconsistants, des poncifs rabattus, de la guimauve en stock... On attend jusqu'au bout la bonne surprise, en se disant devant les clichés qui arrivent gros comme une maison : il ne va quand même pas oser nous imposer ça ? Ben si, il ose ! Mais le pire c'est le "message" que ça trimbale sous l'air parano de "on nous cache tout, on nous dit rien" sans le moindre second degré. Lamentable.

Piranha 3D

Un film d'Alexandre Aja (2010) : Coté positif voila un film qui ne se prend pas du tout au sérieux, c'est du délire gore poussé à l'extrême et côté sexy on est gâté (et tant mieux si ça indispose les coincés de la braguette). La longue scène de panique sur le bord du lac est remarquable. Coté négatif, Jessica Szohr est assez mauvaise et on se demande l'intérêt de la séquence où cette dernière nous fait une crise, tout ça parce qu'elle a été entraînée à embrasser une autre fille. L'interprétation est moyenne, dominée par Elisabeth Shue dans le rôle du shérif, et si on a le plaisir de voir Kelly Brook à poil, son rôle n'est pas de composition. Quant à la fin, qui ne voit survivre que les "gentils" (les bombes sexuelles n'en faisant pas partie) elle est de ce fait tout à fait agaçante, mais heureusement gommée par le tout dernier plan qui nous rappelle que tout cela doit être pris au second degré.

Tamara Drewe

Un film de Stephen Frears (2010) : Quand il faut attendre plus d'une heure pour que le film décolle, c'est que n'est pas bon ! L'actrice principale (Gemma Arterton) est bien jolie, mais le réalisateur fait preuve d'une pudibonderie d'un autre âge en nous en cachant l'essentiel. Quant à la morale de l'histoire, c'est de nous expliquer que le libertinage ce n'est pas drôle, que l'adultère encore moins... Ah, oui l'humour : je vous assure qu'il y a quand même un bon gag, mais sur 1 h 40 ça fait pas le compte. !

Room in Rome

Un film de Julio Medem (2010). C'est à la fois très beau, très fort et magnifiquement interprété par deux merveilleuses actrices, l'espagnole Elena Anaya et la russe Natasha Yarovenko. Une histoire d'attirance mutuelle dépassant le simple physique puisque la mise à nu réciproque des personnages, pendant laquelle on oscille entre mensonge et vérité, durera le temps entier de ce magnifique huit clos. Il n'est pas question de passer sous silences les passages érotiques de ce film, ils sont tout simplement magnifiques. Quelques rares gags viennent dédramatiser la conclusion attendue. Sans doute le film est-il un peu long, mais c'est bien le seul reproche que l'on puisse lui faire.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Un film de Woody Allen (2010). Avec Naomi Watts, Antoni Banderas, Anthony Hopkins. C'est toujours un véritable bonheur de regarder Woody Allen et sa façon extraordinaire et unique de diriger ses acteurs (Naomi Watts est fabuleuse). Ça nous parle de l'absurdité de la vie, thème récurent chez Allen mais traité de façon autrement magistrale dans Match Point. Deux reproches, l'aventurière qui se fait entretenir par Hopkins avait-elle vraiment besoin d'être une telle nunuche de caricature ? Et puis cette fin qui ne conclut rien, alors que tant de questions restent sans réponse. Un Woody Allen mineur mais ne boudons pas notre plaisir

Star Cruiser

Un film allemand de Jack Moik avec lui même dans le rôle principal (2010, non sorti en salles en France et sorti en DVD en 2012). C'est de la Science fiction, mélange hybride de Star Wars, de Battlestar Galactica et autre produits similaires, ce film sans grande imagination et plutôt mal joué se laisse pourtant regarder sans déplaisir pourvu qu'on soit fan de SF. Les images sont souvent laides et l'auteur doit être misogyne, toutes les femmes sont des androïdes qui se font dégommer (sauf une) et sont aussi sexy que des bornes kilométriques.

Wolfman  

Un film de Joe Johnston (2010) Les producteurs ont choisi de faire un remake de l'excédent film de Georges Waggner (1941, The Werewolf) en en restituant l'ambiance et la trame dramatique et ce pari est réussi. Il est juste dommage que ce film souffre de quelques longueurs dont l'utilité n'est pas évidente. L'interprétation est étonnante de qualité (Anthony Hopkins et Benicio Del Toro, mais aussi la très envoûtante Emily Blunt). C'est bien photographié, on n'abuse ni des effets spéciaux qui restent au service de l'action ni des effets gores. et cerise sur le gâteau, le film est intelligent et se permet l'air de rien de critiquer férocement l'Angleterre profonde, le fanatisme religieux, la suffisance universitaire, l'intolérance et la bêtise de la foule, et puis il y a cette fin… mais chut…

Hisss

Un film de Jennifer Lynch (2010). Réalisé par la fille de David Lynch, ce film est une catastrophe, rien n'est maîtrisé, les acteurs sont mauvais (sauf peut-être la femme du flic), les seconds rôles abominables (mention spéciale à la belle-mère), les effets spéciaux ridicules, le rythme soporifique, l'action inintéressante. Quant à la très belle Mallika Sherawat dans un rôle muet son potentiel sexy (elle a bien été engagé pour ça, non ?) se trouve les trois quart du temps édulcoré de façon grotesque. Rien à sauver !

Robin des bois

Un film de Ridley Scott (2010) avec Russell Crowe et Kate Blanchett. Non seulement le film ne démarre jamais, mais comme catalogue d'inepties incohérentes on a rarement fait pire, le summum étant atteint par la scène du débarquement (ce n'est plus Robin des bois c'est le soldat Ryan au Moyen-Âge !) On a aussi un chef de guerre qui part à la guerre sans casque exposant ainsi sa fière calvitie, Kate Blanchett qui se prend pour Jeanne d'Arc (blessée seulement), un commandant d'armée (le roi qui plus est) qui prend la tête d'une charge, Robin qui nous fait un discours politique et cerise sur le gâteau, l'une des rares flèches tirée par Robin qui atteint le cou de sa cible chevauchante à 300 mètres…. On a beau dire que c'est du cinéma ça fait beaucoup ! Reste quoi ? Quelques scènes de batailles, quelques reconstitutions festives, la classe de Kate Blanchett… pour 2 h 30 de projection !

Shutter Island  

Un film de Martin Scorsese (2010) avec Leonardo DiCaprio et Ben Kingsley. Une histoire de fou, c'est le cas de le dire ! Contrairement à ce qu'on a pu lire çà et là, le film est directement lisible et compréhensible et ne nécessite aucune seconde vision et cela malgré la complexité du scénario. Cela est à porter au crédit du réalisateur (Et oui, c'est du Scorsese, pas du Lynch !). On croit au départ à une enquête d'un quelconque inspecteur Duflair qui repère tout de suite les indices au bon endroit, et on s'aperçoit au bout d'un moment que ce n'est pas ça du tout, on est en fait dans un thriller psychologique de très haute volée, remarquablement bien scénarisé (puisque tout s'explique à la fin) et réalisé de main de maître. DiCaprio est excellent, Ben Kingley fait du Ben Kingsey. Malgré tout il manque paradoxalement un grain de folie à ce film sur la folie qui permettrait de le considérer comme un chef d'œuvre.

London Underworld

Un film de Steven Lawson (2010). L'idée de départ de mélanger film de mafieux et film de vampires n'est pas forcement idiote si on veut faire dans le décalage, le souci, c'est que de décalage il y en a point, aucun humour, ces messieurs  dames se prennent au sérieux. Le casting est étonnant : côté masculin : un galerie d'abominables tronches de cake qu'on n'aimerait pas rencontrer seul la nuit, côté féminin, des jolies filles, mais attention, pas un poil d'érotisme même quand ça se passe dans un club avec go-go danseuses ! Comme souvent dans les scénarios écrits trop vite, on trouve des facilités, des situations abracadabrantes et du grand n'importe quoi. On n'éprouve de l'empathie pour personne, on se fiche complétement de la fin incompréhensible, mais ça se regarde quand même. (si on a rien d'autre à faire !)

L’Affaire Rachel Singer (The Debt)

Un film de John Madden (2010) avec Helen Mirren et Jessica Chastain. Une histoire qui avait du potentiel, mais parasitée par une mise en scène sans véritable inspiration, des épisodes sentimentaux qui ne servent à rien, une interprétation globalement peu convaincante (même Helen Mirren paraît en petite forme) et surtout une seconde partie d'une totale absurdité. Sinon, Jessica Chastain est bien jolie !

The town

Un film de Ben Affleck (2010) avec lui-même. Ça commençait si bien qu'on en arrivait à oublier que Ben Affleck joue comme une savate (mais le mec du FBI joue encore plus mal !) l'action est intense, les scènes de violence très efficaces grâce à un montage très pro. Et puis il y a Rebecca Hall qui apporte une touche de beauté et de talent. (malgré la scène de plumard complètement ratée) Pourquoi alors faut-il que tout s'écroule au cours de ce troisième braquage qui collectionne les invraisemblances comme s'il en pleuvait (le pire étant ce mec cerné par une trentaine de flics qui le ratent tous) et par cette fin bien gnangnan où il ne manque que le son du violon ?

Jusqu'en enfer

Un film de Sam Raimi (2009).Il faudra in jour qu'on m'explique le paradoxe de la sorcière, puisque elle est sorcière pourquoi mendie-t-elle un prêt au lieu de se servir de sa sorcellerie ? Cette réflexion nécessaire étant écrite, passons au film qui est étonnamment bon. L'idée de départ est géniale puisque c'est à partir d'une horreur sociale que le film va démarrer, les scènes d'horreurs sont (n'ayons pas peur de mots) parmi les plus réussies du genre (c'est très gore). L'actrice principale est très bonne (Alison Lohman), par contre les rôles secondaires sont plutôt légers. De très bonnes scènes (la visite chez les beaux-parents est un régal), une petite baisse de régime au moment de la scène de spiritisme que Raimi compense en la jouant à fond en série B. Jouissif !

I Love You Phillip Morris

Un film de Glenn Ficarra et John Requa (2009) avec Jim Carey et Erwin McGregor. Les ingrédients sont bons, l'idée de faire une comédie romantique sur l'homosexualité, une bonne histoire très originale, deux bons acteurs. Est-ce pour autant une réussite ? Balayons déjà les critiques d'ordre scénaristiques : dire que le film caricature la communauté gay n'a aucun sens, il y a autant de comportements différents qu'il y a de gays (et heureusement), ceux qui voudraient enfermer les gens dans des clous à ne pas dépasser finissent par devenir exaspérants. C'est un film d'acteurs auquel Jim Carey imprime son rythme à ce point qu'on se demande qui aurait pu tenir ce rôle à sa place. Seulement, voilà ce n'est pas l'acteur qui fait le film et celui-ci tourne en rond dans sa seconde partie, la faute à un montage mal pensé. Il aurait fallu moins d'ellipses (certaines sont incompréhensibles) et insister davantage sur les évasions. Malgré ses imperfections le film reste bon et agréable à regarder.

Moon

Un film de Duncan Jones (2009) On se demande vraiment pourquoi ce film n'est jamais sorti en salles en France ? Certes il n'est pas sans défaut (il est notamment assez longuet), mais le propos est intelligent et original. Malgré un budget modeste les reconstitutions lunaires sont très correctes et si la base a un petit air de déjà vu, le le robot ne se contente pas de faire de la figuration. Une curiosité à découvrir.

Inglourious basterds

Un film de Quentin Tarantino (2009) avec Brad Pitt, Christopher Waltz, Mélanie Laurent, Diane Kruger. Quand le méchant est réussi, le film est réussi disait Hitchcock et là il faut bien avouer qu'avec Christopher Waltz on est servi. Malgré le tempo léonien (L'influence de Leone est énorme), on ne voit pas passer les presque 2 h 30 du film. La tension est omniprésente, la violence surprenante, l'imagination débordante. On se s'aperçoit pas tout de suite que l'histoire est une uchronie, mais est-ce un problème ?. Difficile de trouver des défauts à ce film, c'est vrai qu'on peut toujours chipoter, on aurait sans doute préféré un Hitler et un Goebbels plus ressemblants, ou un Brad Pitt plus "présent", mais ce ne sont là que broutilles. Le film peut aussi se lire comme un hommage au cinéma, y compris au cinéma bis, l'un des basterds ne prétend-il pas s'appeler Antonio Margheriti ? Un chef d'œuvre !

Salvage

Un film de Lawrence Gough (2009). Beaucoup de bonnes choses dans ce survivor en quasi huis-clos. Une tension efficace, une actrice principale (Neve McIntosh) mignonne et crédible, des scènes d'actions courtes mais efficaces. Hélas il y a aussi pas mal de choses qui ne vont pas : une espèce d'entracte moral entres les deux amants adultères dont on se contrefout, deux fois de suite des protagonistes qu'on croyait morts et qui reviennent prêts pour la bagarre, des ellipses bizarres et des déficits d'explications. La fin du monstre peut paraître grotesque, mais au second degré elle est géniale et rend du coup la vraie fin flippante. Se regarde sans déplaisir.

Agora

Ce film de 2009 à grand spectacle d'Alejandro Amenabar (qui nous avait donné le très brillant "Les autres" avec Nicole Kidman en 2001) a un rapport direct avec l'astronomie. (non, ce n'est pas un péplum !) Deux histoires sont mêlées, la critique du fanatisme religieux (les chrétiens de l'époque n'ayant rien à envier aux talibans d'aujourd'hui) et les travaux d'Hypathie d'Alexandrie, mathématicienne, astronome et philosophe grecque (~370–415) qui aurait à l'époque supposé que les orbites des planètes autour du soleil étaient des ellipses (alors qu'à l'époque c'est le modèle de Ptolémée qui dominait.)
Il ne reste rien des écrits d'Hypathie détruit dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie... et Hypathie a été l'atroce victime à 45 ans du fanatisme sus-cité.
Un très beau film, une réalisation nerveuse, une très belle interprétation de Rachel Weisz, et une "morale" désespérante et désabusée tendant à dire qu'il n'y a pas grand chose à espérer de l'espèce humaine.

The box

Un film de Richard Kelly (2009). Que ça commençait bien ! Une idée de départ bien cornélienne, un personnage mystérieux, et la présence de la très belle Cameron Diaz. Hélas tout cela se transforme assez rapidement en une incompréhensible et ridicule bouillie mystico-gélatineuse. Dommage parce que c'était bien filmé !

Paranormal Activity

Un film d'Oren Peli (2009). L'idée de base est astucieuse, considérant que tous les films d'horreur ou d'épouvante sont vus de façon décalés puisque personne n'y croit, pourquoi ne pas faire du premier degré (avec chantage au vécu à la clé). Comme tout le monde n'a pas l'esprit cartésien (surtout aux Etats-Unis) ben, ça marche. L'immersion dans la vie quotidienne de ce jeune couple est assez réussi (le détail qui tue : quand on fait du faux documentaire, on évite de garder son soutien-gorge sous son tee-shirt pour aller se coucher, c'est surtout flagrant dans la dernière scène du film). Et puis qui n'a pas dans son imaginaire de vrais ou de faux souvenirs de terreur nocturne à base de bruits bizarres ? Mais difficile de tenir la distance avec seulement des portes qui grincent ce qui fait que ça devient rapidement répétitif et qu'on sent les longueurs (c'est le premier défaut). Le second c'est d'avoir introduit des éléments explicitement démoniaques (le ouija, la photo brulée) qui sortent le film du premier degré. Les acteurs ne sont pas si mal. Il n'y a que deux scènes "choc" (celle ou Kathy est tirée du lit par les pieds et le final). On ne peut néanmoins s'empêcher de penser que les démons c'est un peu comme les Ovnis, ils sont très forts et très malins, mais ils ont de gros problèmes de communications ! (lol). Quant à ceux qui ont pris la réflexion de Spielberg (selon laquelle il aurait été durablement effrayé par le film) au premier degré, ils me désespèrent. Ce film ne mérite ni l'enthousiasme délirant des uns, ni la descente en flamme des autres, il s'efforce d'être original, il y arrive un peu. Au final cela reste un film "pas trop mal" comme il y en a tant.

Avatar

Un film de James Cameron (2009). Certes le scénario lu de façon globale pourrait faire un western (les gentils indiens, les vilains militaires, et ceux qui ont des états d'âmes). Certes on a droit au poncif inusable du duel final à issue prévisible entre le plus méchant des méchants et le héros du film... Certes, ça a déjà été traité en Bande dessinée (Bienvenue sur Alflolol - dans Valérian et Laureline). Mais ce qu'il faut voir c'est le traitement de maître qu'en fait James Cameron. Déjà l'idée de l'avatar (déjà exploité dans Total Recall - Paul Verhoeven, 1990) est parfaitement maîtrisée, on ne s'ennuie pas un seconde, les effets spéciaux donnent le tournis, les décors sont d'une beauté à couper le souffle, bref, c'est beau, c'est très beau ! Quant à ceux qui comme pour "2012" détractent le film en n'ayant vu que la bande annonce... je les plains

Evil Angel

Un film de Richard Dutcher (2009). C'est bien simple, la première partie du film est incompréhensible, le montage est fait au hachoir , on a pas le temps d'essayer de comprendre une scène qu'en voilà une autre qui arrive. Le lien entre les protagonistes n'a rien d'évident, on y fait des références à une personne qu'on a ne voit jamais… bref c'est le bin's. On regarde quand même parce que l'ambiance est (un peu) "sexy". A la moitié du film (il dure 2 heures) on comprend un peu mieux mais il faut faire avec deux actrices qui se ressemblent et quelques clichés pénibles (le passionné d'occultisme qui sait tout, le détective qui a des bouquins sur le sujet et qui les mets sur sa table pour les consulter tous en même temps)… Malgré tout cette seconde partie rehausse l'intérêt, et puis bon, les filles sont jolies, il y a de l'action, quelques scènes gores et une conclusion plaisante. Mais pourquoi avoir voulu faire si compliqué ?

Etreintes brisées

Un film de Pedro Almodovar (2009) avec Penelope Cruz. Le seul défaut du film consiste sans doute en son intrigue un peu faible qui oblige à des retours sur explications dans la dernière partie du film (la lourde confession de Judit) qui ne sont pas des plus clairs. Sinon le film est d'une richesse incroyable, d'un rythme très nerveux  et d'une interprétation magistrale. Penelope Cruz est superbe. La scène où elle croit un instant que l'homme qui l'entretient vient de mourir d'épectase (un simple haussement de sourcils) mérite de figurer dans les anthologies.

Bienvenue à Zombieland

Un film de Ruben Fleischer (2009) Ça commence très fort, on se dit que le rythme va être difficile à maintenir, et effectivement le milieu du film ne tient pas la distance avec quelques scènes lourdes, voire consternantes. Ça se réveille plutôt bien dans la dernière partie avec quelques plans assez spectaculaires. Mais quand on joue la carte de la dérision et de la parodie, on le fait jusqu'au bout, alors quoi bon cette fin rose bonbon qui ne sert à rien ?  Voici l'occasion de reprendre  à mon compte cette réflexion pertinente : "lorsque Romero inventait le film de Zombie c'était avant tout pour critiquer la société... Aujourd'hui l'horreur à seulement pour but de divertir ou même de faire sourire ... "

2012

Un film de Roland Emmerich (2009). Certes, l'auteur ne jouit pas d'une bonne réputation en France, pourtant, Indépendence Day (1996) qui ne doit pas être pris au premier degré est un excellent spectacle, et si Godzilla (1998) n'est pas très bon, Patriot (2000) est une vraie réussite.
Quant à 2012 certains n'hésitent pas à démolir le film en n'ayant vu que la bande annonce...
Moi: j'ai bien aimé.
Certes, l'argument scientifique est débile (il n'y aura pas d'alignement planétaire le 23/12/2012, les mayas n'ont nulle part parlé de fin du monde, quant aux neutrinos qui augmentent la température du magma, j'ignore où le scénariste fou a été chercher ça)… mais on s'en tape !
Jamais au grand jamais, je n'avais vu de tels effets spéciaux, on est subjugué. Après un début un peu confus, l'action prend vite le dessus et je suis resté scotché sur mon fauteuil pendant toute la fin. Il y a beaucoup de bonnes idées, quelques conneries aussi (mais ce n'est pas bien grave). Du suspense (tout le final) dans la grande tradition du ciné américain où tout est possible (c'est un film à grand spectacle, ce n'est pas Citizen Kane). La réalisation (très nerveuse) et le montage (très court) sont réussis, les acteurs sont bien à leur place, il y a de l'humour et des clins d'œil (Ah ! la Reine Elisabeth avec son manteau violet et son clébard ?)
Bref, je me suis régalé, et je le conseille vivement aux amateurs de films spectacle !

Lesbian Vampire Killers

Un film de Phil Claydon (2009). Une série Z complètement déjantée et qui ne se prend jamais au sérieux (il ne manquerait plus que ça !) . C'est un véritable catalogue de tous les pastiches du genre. Effets spéciaux fauchés, pas de sexe (sinon quelques french-kisses entre nanas) mais une compagnie de très jolies femmes en tenues vaporeuses (Whaouh !)  dont la superbe Vera Filatova ! Pas de sang non plus, ces vampirettes, n'en n'ont pas, il coule tout à fait autre chose dans leur veines (et si voulez savoir quoi, il faut regarder le film). Un nanar, mais on passe un bon moment. (Non sorti en salle en France)

District 9

Un film de Neill Blomkamp (2009). Une excellente surprise ! Adoptant le parti pris du semi-documentaire, ce film de SF surprend par l'originalité de son propos, très engagé socialement il dénonce de façon très claire le pouvoir des multinationales. Le film est également nettement antiraciste mais sans aucun manichéisme. L'histoire est prenante et nous scotche sur notre fauteuil jusqu'à la fin. Le film n'est pourtant pas exempts de défauts : il abuse des caméras portées qui finissent par donner le tournis. On sent aussi la patte de la production et quand on sait que le producteur est Peter Jackson on comprend pourquoi le combat final devient par moment assez lourdingue avec l'utilisation du "Mécha" et finit carrément en poncif, il y a aussi des allusions à la l'exobiophilie et aux prostituées forcées à le pratiquer, ce qui semble donner la nausée à l'auteur (ou au producteur, plutôt, n'est-ce pas ce même Peter Jackson qui au début de son King Kong tenait à ce tout le monde soit au courant de son dégoût viscéral pour le sexe ? ). D'autre ont en la matière fait preuve d'un peu plus de fantaisie, ne serait-ce que Gilian Anderson qui déclarait : "J'aimerais faire l'amour avec des extra terrestres, c'est super excitant d'imaginer des relations intimes avec des non humains ?"  Et puis surtout : en 30 ans les terriens n'ont jamais revisité le vaisseau ? Ils n'ont jamais essayé de le comprendre ? Ils n'ont jamais prélevé des pièces détachés ou des artefacts ? Et les ET au lieu de mettre 30 ans à reconstituer un fluide leur permettant de rejoindre le vaisseau, n'aurait-il pas été plus simple de s'emparer d'un engin terrien ? Admettons néanmoins que ces défauts sont peu de choses à côté des qualités évidentes de ce premier long métrage plein de promesses.

Coco avant Chanel

Un film de Anne Fontaine (2009) avec Audrey Tautou et Benoit Poelvoorde. Un biopic agréable à visionner  avec de très belles images, une  mise en scène classique mais efficace, un montage nerveux, d'excellents acteurs et un personnage principal intéressant et complexe. Les femmes y sont fort belles (Tautou bien sûr, mais aussi Marie Gillain, et Emmanuelle Devos. Poelvoorde lui, est bluffant.

Le monde (presque) perdu  

Un film de Brad Silberling (2009). C'est lourdingue, poussif, encombré de référence à la sous culture anglo-saxonne qui nous passent au-dessus de la tête et l'humour ne fonctionne jamais. Et si on regarde jusqu'au bout ce n'est qu'en raison des décors très imaginatifs, des effets spéciaux qui sont pas mal du tout et éventuellement de la présence d'Anna Friel.

Star Trek

Un navet de J. J. Abrams - (2009). Plutôt que de perdre mon temps à chercher mes mots, je fais un copier coller de l'excellente critique trouvé sur le web et signée Arthur Hash : "Une bande de têtes à claques sautillants vous fait perdre deux heures de votre vie en débitant un tissu de niaiseries digne d'un épisode de OuiOui et Potiron sur fond cosmique. "

Mutants

Un film de David Morley (2009). J'ai d'abord pesté devant cette version française inepte avant de réaliser que le film était français ! Non seulement c'est mou et filmé n'importe comment mais rarement une direction d'acteurs et une post-synchro n'aura été aussi nulle au point de rendre la vision du film insupportable. Le fait qu'une partie de la critique de presse ait louangé le film démontre s'il en était en encore besoin qu'elle n'est qu'un vulgaire paillasson au service des professionnels de la distribution.

Smash Cut

Un film de Lee Demarbre (2009) avec Sacha Grey. L'idée de départ de ce film d'horreur c'est un réalisateur raté qui ayant tué accidentellement sa compagne d'un soir utilise des organes humains comme accessoires. C'est très gore et devient vite lassant. Certes, c'est du nanar assumé, mais c'est tellement mal foutu que même le second degré a du mal à fonctionner à l'exception de quelques rares plans. Sacha Grey, ancienne porno-star est fort mignonne mais on l'aurait préféré moins sage quand à Hershell Gordon Lewis, il a la bonté au début de nous dire "regardez si vous voulez, mais je vous aurait prévenu !" On aurait dû l'écouter !

Stripped Naked

Un téléfilm de Lee Demarbre (2009). Le fait que le film soit fauché ne saurait constituer une critique en soi, ce qui est important est de savoir si le réalisateur a pu se débrouiller avec le budget qu'il avait à sa disposition ! Or ce film a une qualité, il nous tient sans cesse en haleine et parvient même à nous surprendre, c'est déjà énorme, l'interprétation est tout à fait correcte même si les protagonistes ne sont pas trop fouillés psychologiquement (à l'exception du patron de la boite de nuit). Quelques critiques néanmoins : avec un tel titre on pouvait s'attendre à, quelques transgressions sexuelles, eh ben non il faut se contenter de furtifs strip-tease d'arrière-plan, c'est pas gentil ! Le film préfère insister sur le côté sadique du tueur, (non seulement sadique mais putophobe) pas sûr que ce soit une si bonne idée. Quant au passage où Kyla évoque son enfance, supposé fournir la clé de la conclusion, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est maladroit et lourd. Néanmoins cette petite série B se regarde sans déplaisir.

Jennifer's body

Un film de Karyn Kusama (2009) avec la superbe bombe Megan Fox. Des jeunes d'une même ville auxquels il arrive des tas de malheurs sanglants, on a déjà vu ça cent fois, mais là, c'est vraiment pas mal et ça se laisse regarder sans déplaisir, c'est d'ailleurs plus un film d'angoisse qu'un film d'horreur (même s'il y a des passages assez gores). Un soupçon d'érotisme épice le film notamment un joli début de scène entre les deux actrices principales. PS : A noter pour l'anecdote une bonne vanne très vacharde contre Wikipédia..

Extract

Un film de Mike Judge (2009) avec Mila Kunis. Une petite comédie américaine qui se laisse regarder sans déplaisir malgré quelques longueurs. Le problème c'est qu'on ne sait jamais dans quel registre on est, la comédie, le burlesque (l'accident de travail est génial), la critique de mœurs, l'humour noir, ou les bisounours (le dernier ¼ d'heure). Mila Kunis est absolument craquante, mais son personnage l'est beaucoup moins. Reste une certaine amoralité qui aurait pu être vivifiante si le réalisateur ne l'avait pas édulcoré en rendant le gigolo neuneu. On se serait aussi volontiers passé du refrain paternalisme à la fin.

Whatever Works

Un film de Woody Allen (2009) dont le titre non traduit pourrait l'être en "Du moment que ça marche" : Ça commence plutôt mal avec un bavardage interminable et gavant de l'acteur principal. Et puis la magie de Woody Allen opère : Un vieux ronchon transformé en Pygmalion, une bimbo (Patricia Clackson) qui s'avère moins nunuche qu'elle en a l'air, et les parents de la bimbo qui se redécouvrent à leur tour dans une comédie pleine de bonne humeur et d'intelligence.

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

Un film de Terry Gilliam (2009) Du délire ! L'auteur nous fait de suite entrer dans un univers de folie et de poésie, si on le suit le spectacle est plutôt agréable et on passe un bon moment. Une mention spéciale pour la très jolie Lily Cole dont la présence illumine ce film. On regrettera cependant quelques passages ennuyeux, la fin qui se traîne, le personnage du démon, assez insupportable, et surtout le fil du scénario qu'on ne comprend pas de suite et qui n'a rien de folichon.

Tsar

Un film de Pavel Lounguine (2009). Un film qui commence par des scènes gratuites de cruauté animale ne présage rien de bon. Certes la réalisation est brillante, l'acteur principal habite son rôle, les images sont saisissantes, mais ce film a de quoi irriter par ses partis pris. Le manichéisme y est exacerbé, qu'Ivan soit présenté comme un demi fou sanguinaire n'est jamais sue la réalité historique,  mais le métropolite trop gentil, trop lisse, trop religieux, ça a du mal à passer, il faut en plus supporter le gosse qui fait des miracles, une complaisance pénible dans les scènes de barbarie (on se croirait dans les pires Ken Russell ou Mel Gibson) et une outrance baroque agaçante. Il a voulu montrer quoi, Lounguine, au fait ? Que le pouvoir absolu, ce n'est pas bien mais que la religion c'est mieux ! Tu l'as dit Mitri ! Qu'est-ce que je vous ressers ?

The informant !

Un film de Steven Soderbergh (2009) avec Matt Damon. Toutes les histoires ne sont pas adaptables au cinéma, ici tout est centré sur le personnage principal et là où il aurait fallu un hyper actif, genre Jim Carey, on a un Matt Damon qui a du mal à s'imposer, les personnages secondaires sont inexistants (on a rarement vu un rôle féminin aussi fadasse). De plus le film est inactif et n'est qu'une suite de conversations, réunions et rencontres qui finissent par devenir ennuyeuses d'autant que Matt Damon ne se contente pas d'embrouiller tout le monde, il nous embrouille aussi sans parvenir à nous intéresser.

L'enquête

Un film de Tom Tykwer (2009) avec Clive Owen et Naomie Watts. Ce film aux intentions louables fait partie des films ratés qui se regardent quand même, sans doute à cause du duo d'acteurs principaux. Sinon le film balance entre plusieurs genres, débutant en thriller politico-financier abordant des thèmes intéressants, voilà qu'il se transforme en Sherlockolmerie (Ah Owen et sa grosse loupe qui détecte des empreintes de godasses) puis en improbable Jamesbonderie avec chargeurs perpétuels. Deux longues séquences de dialogues viennent casser le rythme dans la seconde partie et ne parlons pas des facilités de scénario (le gars qui donne comme l'adresse un terrain vague, mais qui justement passe par là au bon moment…) des ellipses incompréhensibles (le retournement de Skarssen), des questions sans réponses (pourquoi deux snippers ?) Et puis le PDG d'une banque pourchassé sur les toits d'Istanbul, ça c'est du réalisme ! Bref un scénario et une réalisation trop bordélique pour classer ça dans les bons films.

Antichrist  

Un film de Lars von Trier (2009) avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe : Le cocktail gagnant pour Cannes : de la lenteur, de l'esthético-pouet-pouet et un doigt de matière à scandale pour le buzz. Ajoutons des plans inutiles (qu'on me dise à quoi sert ce long zoom sur les tiges des fleurs dans le vase ?). Charlotte Gainsbourg (prix d'interprétation, je rêve) est aussi glamour qu'une boite de sardine. Y'a du sexe mais aucun érotisme (faut quand même le faire !) et du gore absurde. Bref c'est prétentieux, et ça me fait penser à ces prétendus artistes qui nous exposent des installations de n'importe quoi avec un feuillet explicatif pour les sots que nous sommes qui ne comprenons rien au génie de ces gens-là. Je range volontiers monsieur von Trier au rang des fumistes.

The House of the Devil

Un film de Ti West (2009) Ça aurait pu être très bien s'il n'y avait pas un problème de rythme et de montage. Ainsi la montée de la tension dramatique est très moyennement rendue et le basculement dans l'horreur trop abrupte. Le dernier plan qui se voudrait une référence à Rosemary's baby est ridicule. Dommage car il y avait du potentiel dans cette histoire interprétée par la belle et talentueuse Jocelin Donahue.

La proposition  

Un film d'Anne Fletcher (2009) avec Sandra Bullock. Le pitch de départ aurait pu nous donner quelque chose d'intéressant, mais ici ce n'est pas le cas malgré un départ en fanfare. Déjà on devine la fin dès le début : on aurait pu se tromper et la réalisatrice aurait pu nous surprendre, mais non, elle tombe à bras raccourci dans les pires clichés, plus le film avance plus il devient lourd et la fin est un sommet de gnangnantise rarement atteint. Quant à la grand-mère, on a en envie de la sortir de l'écran pour lui donner des baffes, le pire étant la scène de magie dans la forêt ! (mais comment, peut-on filmer des choses aussi nulles ?)

The Tribe, l'ile de la terreur

Un film de Jorg Ihle (2009). Un très mauvais survival qui peut néanmoins se regarder d'un œil distrait en raison de la présence de la jolie Jewel Staite (la seule qui joue bien) et des paysages costaricains. Sinon il y a vraiment trop peu de tension, les deux bellâtres de services sont tellement horripilants (surtout le brun) qu'on est content de les voir disparaître, beaucoup de clichés, beaucoup d'invraisemblances, et quelques scènes sentimentales d'un grotesque absolu.

Inside

Un film de Phedon Papamichael (2009) avec Elizabeth Rice. Cette excellente série B est astucieuse puisqu'elle inverse les valeurs, les méchants étant les fanatiques chrétiens. Nous avons donc là non pas un film d'horreur mais un thriller fantastique d'un anticléricalisme féroce. C'est très angoissant et le suspense est bien là. La jeune actrice Elizabeth Rice.est fabuleuse

Lascars  

Un dessin animé de Albert Pereira-Lazaro & Emmanuel Klotz (2009). Les décors graphiques sont très beaux, sinon c'est pas drôle, pas intéressant, les personnages masculins sont  très laids, les dialogues débiles et la musique soûlante

Mamma Mia !

Un film de Phyllida Lloyd (2008).  C'est tiré de la comédie musicale éponyme qui compile les tubes du groupe Abba. La direction d'acteurs semble inexistante, chacun ayant l'air de faire plus ou moins ce qu'il veut, résultat : Amanda Seyfried est étonnement volontariste alors que Meryl Streep frôle souvent le ridicule. Les acteurs masculins (Pierce Brosnan en tête)  ont l'air de s'ennuyer comme pas possible, une mention spéciale à Dominc Cooper (impossible d'être aussi mauvais !). Le film agace dans sa première partie par son côté hystérique, et se calme un peu ensuite (ou alors on s'habitue !) On pourra juger l'intrigue stupide mais un bon scénariste aurait très bien pu en faire une bonne comédie, ici ce n'est pas le cas, on a l'impression d'une série de clips qui s'enchaînent n'importe comment. Suivant son humeur on pourra trouver le film moralement assez osé, ou très conservateur (faut le faire !). Le twist final est du grand n'importe quoi, mais à ce stade tout le monde s'en tape. Reste la musique du groupe Abba qui quoiqu'en disent certains était bonne !

Agathe Cléry

Un film d'Etienne Chatiliez (2008) Même si on est assez loin des meilleurs Chatiliez, ça reste bon ! Après un début où on se demande où le film va nous embarquer, on finit par s'intéresser au personnage principal incarné par Valérie Lemercier. Bien sûr la fable antiraciste peut paraître facile, mais le film n'a rien de pamphlétaire, c'est juste un divertissement sur le thème du racisme. Et sans doute est-ce cette nuance qui a déplu à une certaine critique ?

MR 73  

Un film d'Olivier Marchal (2008) avec Daniel Auteuil. Le film commence très fort avec une allusion religieuse vaseuse et de mauvais dialogues. Le scénario déçoit rapidement et ne renferme que de très rares moments de tension. Certaines situations sont grotesques (la petite fliquette qui vit dans résidence de luxe au bord de la mer, Auteuil qui conduit une Volvo de collection ou qui trouve du premier coup son rival dans la bonne chambre de l'hôtel de passe…) En filigrane le film trimbale quelques clichés de comptoir bien réacs : la justice libère les criminels, les psychologues se font manipuler, aller aux putes c'est pas bien, par contre la justice expéditive et la peine de mort c'est très bien… On est dans le glauque absolu, c'est noirceur, décrépitude et déchéance, quant à la conclusion du film c'est une catastrophe, le parallèle entre la naissance et la mort tout cela sous le regard du Christ ensanglanté, il faut peut-être se calmer un peu ! Parlons de la réalisation ; ben c'est pas brillant, certaines scènes sont trop longues et trop lourdes voir inutiles (comme l'insupportable scène de la messe) alors que d'autres sont éludées. Quant au montage c'est du grand n'importe quoi on passe parfois d'une scène à une autre alors que la précédente n'est pas aboutie… Evidemment il y a Daniel Auteuil et on bien obligé de saluer sa performance, mais ça ne sauve même pas le film, d'autant qu'une question fondamentale reste sans réponse : qu'est devenu le chat ?

Vicky, Cristina, Barcelona

Un film de Woody Allen (2008) avec Scarlett Johansson, Pénélope Cruz, Rebecca Hall, Javier Bardem. Ce qui frappe tout d'abord c'est l'excellence de la direction d'acteurs, ensuite la beauté des actrices féminines (toute d'un genre différent). L'histoire est un conte philosophique sur l'inutilité des certitudes, sur la complexité des comportements et sur nos jardins secrets.  Avec sans doute le regret que la société ne nous permette pas d'assumer nos envies comme on le devrait. C'est remarquablement joué, c'est frais, intelligent, il y a des moments très forts (on n'est pas près d'oublier ce baiser entre Pénélope  Cruz et Scarlett Johansson). Même si Woody Allen a fait mieux, ce film est néanmoins un chef d'œuvre.
PS : Une petite erreur de script quand même : On voit un moment Scarlett Johansson photographier des prostituées de rue à Barcelone qui se laissent faire avec de grands sourires alors que dans la réalité, elles refusent (pour des raisons bien compréhensibles) toutes photos !

10 000

Un film de Roland Emerich (2008). Il fait prendre ce film comme il est  : une série B de luxe. Et si l'histoire est aussi simplette que cucul, il n'en reste pas moins qu'elle se suit sans déplaisir (à part quelques âneries quand même) et que les effets spéciaux sont impressionnants et parfaitement maîtrisés. Ce n'est pas un film "'préhistorique" mais de l'héroic-fantasy : Dès lors les cris d'orfraies des "Raymond la science" et de leurs perroquets qui nous bassinent avec le non-respect des vérités scientifiques (voir les 20 lignes des plumitifs de service sur Wikipédia) deviennent nuls et non avenus. Avec 10 000, on en prend plein les yeux, ça n'a pas d'autres prétentions et contrairement aux films de  Peter Jackson ça ne boursoufle pas.

Blood on the Highway

Un film de Barak Epstein et Blair Rowan (2008) Une parodie déjantée des films de vampires et de zombies assez amusante et sanguinolente avec une actrice principale aux faux airs de Buffy. Dommage que ce soit si bavard et que le casting masculin soit si moche (l'un n'a pas grand mal à jouer les débiles légers, un autre dont le physique fait penser à Guy Marchand est particulièrement agaçant.)

OSS 117 : Rio ne répond plus

Un film de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin. (2008) Le film a une qualité, on ne s'y ennuie jamais et constitue donc un bon spectacle. Mais c'est tout, le premier opus avait tout dit, ce second opus n'est que répétition avec un humour d'une lourdeur à la limite du supportable. Espérons qu'il n'y aura pas de 3ème épisode !

Gran Torino

Un film de Clint Eastwood (2008) : Avec Clint Eastwood dans le rôle principal, celui d'un vieil américain réac et raciste que des événements entrainent à côtoyer une communauté de vietnamiens mitoyens. C'est remarquablement réalisé, magistralement interprété, c'est plein d'humour, mais surtout plein d'humanité, sans mièvrerie, peu politiquement correct (ben oui, le racisme anti blanc, ça existe, et essayer de l'excuser est la dernière des débilités).  La conclusion fait un peu conte de fée, mais est-ce si important ? Un chef d'œuvre, chapeau Monsieur Eastwood !

Le crime est notre affaire

Un film de Pascal Thomas (2008) avec Catherine Frot et André Dussollier. Ce second volet des aventures de Prudence et Belisaire Beresford est beaucoup mieux maîtrisé que le premier. C'est volontairement farfelu et la résolution de l'intrigue (absolument incompréhensible) n'est qu'anecdotique, ce qui compte c'est le jeu des deux acteurs principaux. Quand aux acteurs secondaires, ils sont bien fades, et si Claude Rich arrive à tirer son épingle du jeu, la présence de Chiara Mastroianni est une véritable catastrophe. Quant au gag final, ça fait peut-être rire quand on ne connaît pas la blague, mais quand on la connaît... Un bon petit moment de cinéma malgré les réserves.

La fille de Monaco

Un film d'Anne Fontaine (2008) avec Fabrice Lucchini, Louise Bourgoin. Ou comment foutre en l'air une excellente comédie en ne sachant pas la finir ? Car alors que tout était parfaitement huilé avec d'excellent comédiens, un Lucchini égal à lui-même autrement dit très bon, une Louise Bourgoin magistrale et super sexy, un scénario que n'aurait pas renié Pierre Louÿs (la femme et le pantin), et après une bonne heure de plaisir voilà que ça tourne au tragique et comme si ça ne suffisait pas on nous pond un twist final lourdingue du genre "plus invraisemblable tu meurs." A voir quand même pour toute la première heure.

La ronde de nuit

Un film de Peter Greenaway (2008). Greenaway nous a pondu un film en clair-obscur d'une perfection esthétique rare. La bande son est superbe, les acteurs très bons, les dialogues souvent savoureux et relevés d'une vulgarité de bon aloi. Mais trop préoccupé qu'il était de soigner ses cadrages et ses éclairages, il en a oublié de maîtriser le scénario qui n'évite pas la confusion d'autant qu'avec ce foisonnement de personnages on a du mal à cerner qui est qui et qui fait quoi. Un film en deçà de ses ambitions.

Bienvenue chez les Ch'tis

Un film de Dany Boon (2008) : Je suis allé voir les Ch'tis (ça ne me disait rien, mais on me l'a conseillé) J'ai passé un excellent moment, je me suis bien marré et j'en aurais bien repris une demi-heure. A la sortie j'étais joyeux comme un pinson et avait envie de faire partager ma joie à ceux qui ne l'avaient pas encore vu !
Après avec le recul, on se dit :
- Que Dany Boon n'a pas su finir son film et que les dernières 20 minutes ne sont que pleurnicheries lourdingues (le pardon à l'épouse, à genoux, la déclaration d'amour de Dany Boom, la pitrerie de Line Renaud à la poste, et la scène finale). J'aurais préféré une fin plus comique, plus décalée.
- Que bon, ce film sympathique, n'a rien de plus que certains autres films comiques de ces 20 dernières années (Les Visiteurs, Le père Noël est une ordure, Palais Royal, le dîner de cons, la doublure, le placard...)
Alors ? Un très bon film ? Peut-être ! Un chef d'œuvre ? Non ! Mais personne n'a prétendu une telle chose.
Alors pourquoi un tel succès ? Sans doute parce que le film tente de véhiculer des valeurs trop souvent brocardées (l'écoute de l'autre, la compréhension de l'autre, le droit à la différence) Et que le réalisateur a su pimenter le comique de son film d'un doigt d'émotion (même si c'est parfois plutôt lourdingue)
Par contre ce qui m'énerve, c'est le cœur des aigris (dont certains n'ont même pas vu le film et qui s'en vantent) et qui mettent en avant le fameux faux axiome "Quand trop de gens aiment quelque chose, c'est suspect".
Alors ils nous disent que c'est mal réalisé (ce qui est objectivement faux), que ce n'est pas drôle (faux encore, les aigris n'ont aucun humour).  Où alors ils nous font de la critique sociologique : le film montrerait une société qui n'existe pas, sans chômeur, sans immigré, sans pauvre (on avait déjà entendu ce refrain à propos d'Amélie Poulain). Ben non, on n'en voit pas dans le film et si on n'en voit pas, ce n'est pas pour masquer la réalité, mais simplement parce que le sujet du film est ailleurs ! Reproche-t-on à Hitchcock ou à Truffaut de ne pas montrer souvent de pauvres ?
Ces gens qui disent "Quand trop de gens aiment quelque chose, c'est suspect". Je me demande quelle attitude, ils ont devant un plat de spaghettis bolognaises... mais peut-être, après tout ne mangent-ils que... des salades !

Sweeney Todd

Le Diabolique Barbier de Fleet Street : Un film de Tim Burton (2008) avec Johny Deep. Réalisé d'après la comédie musicale de Stephen Sondheim (1979), Tim Burton nous livre cette histoire d'amour, de vengeance et de descente aux enfers en faisant chanter ses acteurs. Cette reconstitution du Londres victorien est magique, l'interprétation brillante, le climat envoûtant, et le côté grand guignolesque ne gâche rien. Du grand Burton et du grand Deep, à souligner aussi l'interprétation remarquable de Helena Bonham Carter.

Pontypool

Un film de Bruce McDonald (2008). Le pitch de ce film canadien est génial : Nous faire vivre des événements étranges et inexpliqués à travers les informations que reçoivent les animateurs d'une station de radio locale. Ce huit clos étouffant parvient à nous angoisser. Dans la seconde partie l'angoisse continue mais le mal est identifié. C'est à ce moment que le film peut surprendre, car à l'angoisse s'ajoute nous seulement l'horreur (mais pas tant que ça !) mais une dimension fantastique qu'il convient d'accepter comme telle (si on commence à dire que ça ne tient pas debout, il est inutile de regarder des films fantastiques). C'est bien fait et bien dirigé. On pourra juste regretter le twist post générique assez incompréhensible. Une très bonne surprise

Mirrors

Un film d'Alexandre Aja (2008). Si le début fait craindre le pire, le film parvient à tenir fort correctement la route grâce à un scénario astucieux, une excellente interprétation de Kiefer Sutherland, des décors de folie et des effets spéciaux surprenants. Il y a quand même à la fin un déficit d'explication et un plongeon vers le grand guignol qui n'était sans doute pas nécessaire. Le twist final est amusant et l'idée d'habiller la très belle Paula Patton de décolletés plongeants est bien sympathique. A noter que la musique (très jolie) est un plagiat de la suite espagnole d'Isaac Albeniz. Un film pas parfait mais néanmoins excellent !

Les dents de la nuit  

Un film de Stephen Cafiero et Vincent Lobelle (2008). Une comédie avec des vampires dedans ! Ereinté par la critique dont on se demande si elle a visionné le film, celui-ci constitue une excellente surprise. Le scénario est simple mais original et offre pas mal de situations surprenantes. Les effets spéciaux sont réussies, la bande son est excellente et l'interprétation est tout à fait correcte notamment avec une Hélène de Fougerolles complètement barré et une Frédérique Bel mignonne à croquer. Ça n'a rien de grandiose mais c'est plutôt bien fait et on passe un excellent moment.

Bitten

Un film de Harvey Glazer (2008) avec Erica Cox. Comment être amoureux d'une femme vampire et réussir à gérer la situation ? Dommage que le film soit fauché, cette histoire avait du potentiel et la façon de la traiter est intéressante : Quelques longueurs, quelques lourdeurs, une fin un peu con, mais de de l'humour, de la dérision, et puis un peu d'érotisme avec la très belle Erica Cox peu avare de ces charmes (il y a aussi une très belle scène de trio FFH avec un belle blonde qui garde son string pour dormir). Bref une bonne surprise assez divertissante.  PS à voir jusqu'à la fin du générique afin d'y découvrir quelques perles.. et la vraie fin.

Vampire Diary

Un film de Mark James et Phil O'Shea (2008) . Hideux, mal foutu, ennuyeux et inintéressant. Juste à sauver quelques belles images de l'actrice principale Anna Walton

Burn After Reading

Un film de Joel et Ethan Coen (2008) : Ça aurait pu être très bien... mais quand on nous annonce qu'il s'agit d'un film comique alors que ça fait juste sourire, c'est qu'il y a un problème. On passe quand même un bon moment, mais ça n'a vraiment rien d'inoubliable.

The Spirit

Un film de Frank Miller (2008). Graphiquement, c'est parfois bluffant, (le style est très proche de celui de Sin City) les filles sont jolies et voir Scarlett Johansson en méchante déjantée est assez réjouissant. Mais c'est hélas tout ce que le film nous offre, sinon c'est chiant, bavard, inintéressant, débile et niais (le flash back en couleur bistre est une vraie purge !). et en plus Samuel Jackson est horriblement mauvais. Ah j'oubliais, il y a quand même quelques chats de gouttières rigolos. On ne s'improvise pas réalisateur, Monsieur Miller !

Indiana Jones et le crâne de cristal

Un film de Steven Spielberg (2008) - Certes, on ne s'ennuie pas (sans doute parce que Harrison Ford fait ce qu'il peut pour assurer), mais c'est mauvais. Le scénario est inexistant, (tout est résumé dans le titre, on cherche un crâne...) tout est téléphoné, il n'y a aucun suspense, on a droit à tous les poncifs des films de bagarres et de poursuites. Certaines scènes sont ridicules (le frigo en guise d'abri antiatomique, la séquence Tarzan, le duel à l'arme blanche, l'autoroute à deux voies en pleine jungle). L'épilogue à la sauce "ufologues et grands anciens" n'est qu'un "charabia d'images". Les gags tombent à plat (la poursuite qui se termine dans la bibliothèque...) et on a même droit à un mariage poussif à la fin. Le casting n'est pas assuré sauf par Harrison Ford qui fait ce qu'il peut et par Karen Allen qui nous apporte son merveilleux sourire, sinon le petit jeune (Shia LaBeouf) est agaçant au possible, la vilaine russe (Cate Blanchett) est aussi crédible que Fernandel en Roi Dagobert, les soldats russes sont des marionnettes, quant aux autres, on a du mal à suivre et à savoir ce qu'ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils cherchent. 27 ans d'attente pour assister à une course poursuite sans génie d'une heure 45 et qu'on aura jamais envie de revoir... Quelle déception... Heureusement il nous reste les trois premiers... chefs d'œuvres immortels.

Le Jour où la Terre s'arrêta

Un film de Scott Derrickson (2008) : Non seulement c'est mauvais, mais c'est pénible ! Le scénario ne tient pas debout, mélange de messianisme, d'écologie au raz des pâquerettes (les terriens ce ne sont rien que des méchants, ils font du mal à la planète !) de new âge et de n'importnawak truffé d'invraisemblances et d'incohérences saugrenues. Keanu Reeves n'est pas du tout convainquant, Jennifer Connely fait ce qu'elle peut et le gosse est une des pires têtes à claques vu au cinéma ces dernier temps ! Et pour finir ce n'est ni joli, ni intéressant. Alors que sauver ? Ben rien !

Zombie strippers

Un film de Jay Lee (2008). Un nudie gore avec des zombies s'inspirant de la pièce de Ionesco "Rhinoceros" et dans lequel joue avec l'ex vedette X Jenna Jameson ! Et Oui ! C'est une série Z qui s'assume en tant que telle. Le public est ciblé, (amateurs de gore et de jolies filles) et de ce côté-là on n'est pas trompé sur la marchandise. C'est complètement délirant, complètement barré et on passe un excellent moment.

Sexy Killer

Un film de Miguel Marti (2008). Ce film complètement déjanté se veut une sorte d'hommage au cinéma d'épouvante, il commence en sérial killer et se termine en film de zombie. La tueuse (Macarena Gomez) est foldingue à souhait et n'a aucun mal à dominer une distribution plutôt moyenne. De bons moments malgré quelques baisses de régime, quant au côté sexy, disons qu'il ne tient que très moyennement ses promesses.

Cloverfield

Un film de Matt Reeves (2008) - Il paraît que cette chose va révolutionner le film catastrophe ! Allons voir ! Ça commence par un enchevêtrement d'images marquées "avril" et d'autres marquées "mai" auxquelles on ne comprend pas grand-chose. Ensuite on a droit à une fête en l'honneur d'un gus qui a trouvé un job au Japon. On se farcit 20 minutes de "fête" au cours de laquelle rien n'est fait pour accrocher le spectateur, les gens parlent tous en même temps, font allusions à des gens et à des choses qui nous dépassent. C'est filmé n'importe comment (volontairement paraît-il) pour donner un aspect caméscope. Le réalisateur n'a sans doute pas compris que le cinéma était une technique, un spectacle, parfois un art et qu'il possédait ses règles, l'une de ses règles étant (comme en littérature) d'éliminer tout (paroles, scènes, images) ce qui ne participe de près ou de loin à l'action, une autre règle étant que le réalisateur doit communiquer avec le spectateur et ne pas lui imposer un truc tout droit sorti de sa tête et qu'il est le seul à comprendre. Je regarde ma montre, me demandant quand le film va commencer. Ah ! ça y est : boum, une explosion, et c'est parti pour un quart d'heure de vues de cohues et de prétendues paniques dans la nuit de Manhattan. Là encore rien n'accroche le spectateur. Puis les autorités demandent à la foule de traverser le pont de Brooklyn. Il paraît qu'il s'effondre, mais c'est tellement bien réalisé qu'on ne voit rien... mais c'est vrai qu'à ce moment-là je commençais à avoir la tête comme un zeppelin.

Pirates de Langkasuka

Un film de Nonzee Nimibutr (2008). Beau spectacle, des paysages splendides, de bons acteurs, de belles actrices. Le film est bien dosé et évite de nous gaver avec une overdose d'art martiaux. Cela dit, la philosophie sous-jacente nous passe par-dessus la tête et surtout le réalisateur a un sens de l'ellipse si étonnant que parfois on se demande comment certains personnages se retrouvent là où ils sont. Mérite d'être vue, ce qui n'est déjà pas si mal.

Phénomènes

Un film de M. Night Shyamalan (2008) - Un film catastrophe nul, avec des longueurs incommensurables. On y apprend entre autres conneries que le non respect de l'écologie est pire que le terrorisme. Histoire de meubler le film où il ne se passe pas grand chose, le réalisateur a voulu le pimenter d'une crise conjugale, on apprend ainsi que si Madame est rentrée en retard un jour ce n'est pas parce qu'elle a couché avec un collègue, mais parce qu'elle a été avec lui déguster un tiramisu... Lamentable !

Crimes à Oxford

Un film de Alex de La Iglesia (2008) avec John Hurt . Un polar à énigmes bâti sur le principe "Qui est le coupable ?" Pourquoi pas et ça commence plutôt bien, avant de se rendre compte que Elijah Wood ne sait pas jouer, que le commissaire est ridicule, que le blabla philosophico-mathématique nous embrouille au lieu de nous aider, que les invraisemblances foisonnent. Et plus ça avance, plus c'est pire (ça ajoute quoi d'avoir situé la scène de la bibliothèque à l'heure de la fermeture ? Et puis ils sont vraiment très forts dans ce film, ils trouvent quatre bouquins en 3 minutes alors qu'ils sont énervés comme des poux, les ouvrent aux bonnes pages et repartent avec plein de tuyaux… il y a encore des scénaristes qui osent écrire de telles inepties !) Quant à la fin : tout s'embrouille, on n'y comprend plus grand-chose et à vrai dire on s'en fout. Une seule chose à sauver la présence magique de la très belle Leonor Watling (et pas seulement parce qu'elle nous montre sa poitrine !)

Braquage à l'anglaise

Un film de Roger Donaldson (2008). Le scénario inspiré de fait réels nous dit-on, est à la fois astucieux, complexe et original, puisque non seulement tout le monde manipule tout le monde mais viennent se greffer des intervenants imprévus. Autant dire qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer tellement les rebondissements sont nombreux. La charge contre les services secrets britanniques est féroce. On regrettera quelques ellipses et la fin trop fleur bleue, mais dans l'ensemble nous avons là un excellent film de braquage

Le diable dans le sang

Un film de Julian Doyle (2008) L'idée de mélanger physique quantique, transfert informatique des données du cerveau, monde parallèle et démonologie a le mérite d'être originale, mais trouve vite ses limites d'autant que l'acteur Simon Callow (sur)jouant le rôle principal est une véritable tête à claques et que le film abuse de références et de citations obscures. Ça peut se regarder si on a rien d'autre à faire mais ça n'a vraiment rien de transcendant.

Undead or Alive

Un film de Glasgow Philips (2008). Cette série B constitue une excellente surprise, le mélange de western et de film de zombie fonctionnant plutôt bien avec une bonne dose de dérision et un petit peu d'humour. Il y a de très bonnes scènes, c'est parfois très gore, l'actrice principale est charmante, le double final est surprenant et on a même droit à un doigt d'anticléricalisme ! On ne s'ennuie pas une seconde, on passe un bon moment. Que demande le peuple ?

Musée haut, musée bas

Un film de Jean-Michel Ribes (2008) avec Michel Blanc, Gérard Jugnot, Isabelle Carré, Pierre Arditi, Daniel Prévost, Valérie Lemercier, Josiane Balasko, Victoria Abril, André Dussollier, Fabrice Luchini, Muriel Robin… On peut comprendre que ça ne plaise pas à tout le monde, ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans un musée ou qui manque de culture artistique (ça fait du monde) ne vont pas tout comprendre, et ceux qui n'y vont que par obédience vont s'énerver. Pourtant cette charge contre la muséemania et les dérives de l'art moderne est souvent géniale. Certes ce n'est pas parfait, c'est parfois un peu lourd, assez peu cinématographique et quelques scènes sont ratées, mais globalement le propos est jouissif et certaines répliques sont irrésistibles et/ou bien vus. C'est une comédie et si le propos est voilé sous le rire il ne perd rien de sa force au contraire. La scène où un groupe de visiteurs se retrouvent en tant qu'objet d'exposition est géniale car les choses sont vues autrement et la parole se libère pour dire... n'importe quoi.

The Reader 

Un film de Stephen Daldry (2008) avec Kate Winslet. Euh… personne pendant l'instruction du procès ne s'est donc aperçu qu'Hanna était analphabète ? Une énorme faute de scénario donc. Le fait qu'elle préfère se faire condamner à perpète plutôt que d'avouer son analphabétisme est un choix assumé du narrateur, c'est son droit mais on a aussi le droit de trouver ça bizarre. Sinon le début est intéressant avec une Kate Winslet qui crève l'écran. Ça commence à déconner sévère quand on se rend compte de l'empathie de Michael envers Hanna, du coup on ne cerne pas bien les intentions du réalisateur. A la fin le film n'a plus aucun souffle et les deux dernières scènes n'ont aucun sens.

Battlestar rebelion  

Un film de Fiodor Bondartchouk (2008) C'est très laid, l'acteur principal toujours souriant bien coiffé avec de jolies bouclettes, sautillant et invincible se croit dans une colonie de vacance et énerve son monde. Le scénario est débile, les scènes se suivent sans aucune cohérence comme s'il y avait des trous dans le montage, on ne se raccroche à rien, bref c'est incompréhensible et inintéressant.

100 feet (périmètre mortel)

Un film de Eric Red (2008) Une plutôt bonne série B tenue à bout de bras par la belle Famke Janssen (encore une qui fait l'amour en gardant son soutien-gorge, passons…). Le scénario est efficace et ne s'encombre pas de bavardages (on n'est pas dans Poltergeist). La tension est omniprésente, les scènes chocs sont très bien réalisées, il y a de l'angoisse, du suspense et un peu de gore. Certains diront que le fantôme n'est pas terrible, moi, je trouve qu'il est très bien comme ça ! Evidemment à la fin, on peut se demander pourquoi elle risque sa vie pour sauver ce type qui n'a pas cessé de lui jeter son mépris à la figure, mais bon, on va dire que c'est une brave fille !

Doomsday

Un film de Neil Marshall (2008). Le pitch de départ offrait des possibilités, mais les incohérences apparaissent dès le départ, et il semblerait que le scénariste en ai cure et qu'il ait choisi l'option "n'importe quoi pourvu que ça bastonne", alors on a un peu de Mad Max, un peu de zombies, un peu de Robin des bois (si, si !) tout ça dans l'incohérence la plus totale. On nous gratifie d'un concert barbare interminable et d'une laideur absolue, la longue scène de poursuite à la fin est soporifique, on ne s'attache à aucun personnage, Rhona Mitra n'a aucun charisme et ne sait pas jouer et en plus c'est moche.

En quarantaine

Un film de John Erick Dowdle (2008). N'ayant pas vu REC, dont c'est parait-il la copie, cela me permet de juger le film sereinement. Après un début un peu nunuche, l'action peut paraître intéressante quand ces messieurs dames se rendent compte qu'ils sont enfermés. Nous voilà donc avec un survival filmé caméra sur l'épaule (attention au mal de cœur !). Malheureusement le film est mal construit, ne sachant à aucun moment provoquer la tension inhérente à ce genre de film. C'est trop linéaire, trop plat et au bout d'un moment on en a franchement marre et le film devient saoulant (et en plus ça hurle !). Et ne parlons pas des incohérences du scénario, on passe son temps pendant tout le film a défoncer des portes mais à la fin on cherche une clé pour en ouvrir une dernière ?

Fanny Hill  

Un téléfilm en deux parties de James Hawes (2007) avec Rebecca Night. Quelle surprise ! Si tous les téléfilms étaient de cette qualité, les cinémas pourraient fermer leurs salles. Qu'on ne s'y trompe pas, le roman est l'un des chefs d'œuvres de la littérature érotico phonographique classique. Ici le réalisateur n'a pas voulu ne faire qu'un film érotique (même si l'érotisme y est omniprésent) mais a fait le choix de retenir du roman se philosophie "amorale". Et ma fois que c'est joliment fait, joliment dit et magnifiquement interprété avec une Rebecca Night absolument sublime (et le mot n'est pas de trop) qui crève l'écran de son talent et de sa beauté. L'image est splendide ; le propos intelligent, la musique appropriée, le politiquement correct y est balayé. Que du bonheur. Un chef d'œuvre.

Roman de gare

Un film de Claude Lelouch (2007) avec Dominique Pinon, Audrey Dana, Fanny Ardant. Le film n'est pas sans défaut, Fanny Ardant étant peu inspirée, Moatti grotesque et le commissaire franchement mauvais. Mais sinon c'est bon, certes la partie finale aurait gagnée à être davantage travaillée au niveau du scénario, mais le côté abracadantesque qu'on lui reproche parfois ne gêne que si on recherche la vraisemblance à tout prix, or ce n'est point le lieu, l'avocat ne dit-il pas "nous sommes dans un roman de gare" ? Les trois premiers quarts du film sont fabuleux et non content de nous offrir un jeu de fausses pistes parfaitement maitrisé, ils nous permettent d'apprécier l'interprétation extraordinaire de Dominique Pinon et celle d'un naturel époustouflant de la révélation Audrey Dana. La réalisation est efficace, le propos est étayé d'humour et de dérision. Quant à la bande son c'est Gilbert Bécaud, un artiste qui mériterait mieux que le quasi-oubli dans lequel il est tombé.

La légende de Beowulf

Un film de Robert Zemeckis (2007). Ça se regarde mais sans passion. L'idée de nous présenter un héros d'héroic-fantasy courageux comme il se doit mais également orgueilleux, menteur, hâbleur est bonne mais mal exploitée. Certains aspects restent obscurs (comme les rapports conjugaux du roi ou le rôle de la corne à boire) sans doute à cause d'un montage non maîtrisé, le premier monstre ne convainc pas, Angelina Jolie complétement numérisée, faussement nue (avec talons aiguilles incorporés) est ridicule, on ne s'attache à aucun des personnages, les références au christianisme qui arrivent comme un cheveu sur la soupe sont agaçantes. On sauvera quelques plans d'ambiance, et aussi le combat final qui se suit comme un cartoon (c'est dire le niveau du film). Bref c'est pas terrible.

2ème sous-sol

Un film de Franck Khalfoun (2007). Un bon film d'angoisse. Si le scénario accumule pas mal de clichés et quelques maladresses, il n'en reste pas moins qu'il bénéficie d'un suspense haletant et plutôt bien maîtrisé ainsi que d'une interprétation convaincante. Le décolleté de Rachel Nichols est tout à fait sympathique et on passe un excellent moment.

La vie d'artiste

Un film de Marc Fitoussi (2007) avec Sandrine Kiberlain, Denis Podalydès. C'est en fait trois films mélangés dont les protagonistes ne se rencontrent jamais (hormis un contact furtif entre Kiberlain et Podalydes). Il y a plein de bonnes idées mais elles sont mal exploitées. L'histoire du prof finit dans l'absurde, celle de la chanteuse dans le grotesque et celle de Kiberlain en queue de poisson. La direction d'acteurs étant inexistante, les bons s'en sortent y compris pas mal de seconds rôles, mais d'autres (comme Claire Maurier, méconnaissable ou l'élève blondinet) font vraiment pitié et certaines répliques tombent dans le ridicule. Quelques scènes amusantes à noter comme celle avec Emilie Dequenne en tenue d'hippopotame ne parviennent pas à sauver ce film qui n'a pas grand-chose à nous dire

Sa Majesté Minor

Un film de Jean-Jacques Annaud (2007) avec José Garcia, Vincent Cassel et Mélanie Bernier. Un film complètement atypique mais attachant. Film lubrique, oui sans doute, mais le choix est nettement affirmé, même si on aurait sans doute tort de ne retenir que ce point. Une fable sur la nature humaine qui rejette ce qui est différent, qui remet son destin entre n'importe quelles mains quitte à changer d'avis ensuite. Il n'y a pas de gentils dans ce film, même si certains personnages sont plus attachants que d'autres. Quant à Mélanie Bernier, elle est craquante !

Je suis une légende

 Un film de Francis Lawrence (2007) avec Will Smith d'après un roman de Richard Matheson. Côté positif, une histoire prenante (on ne s’ennuie pas une seconde), un très bon jeu d'acteur de Will Smith qui doit supporter le film à lui tout seul ainsi que les très belles vues de New York abandonné envahi par les animaux et la végétation. Côté négatif, les effets spéciaux numériques ne sont pas extraordinaires, le prêchi-prêcha aussi pénible qu'inutile sur l'existence de Dieu, et le final absurde. Difficile de le comparer avec la version de 1971 avec Charlton Heston, les deux films n'ont pas les mêmes qualités... ni les mêmes défauts.

L'homme sans âge

Un film de Francis F. Coppola. (2007). Après une première partie relativement regardable, le film semble ne devenir qu'un prétexte pour le réalisateur de porter sur la pellicule ses angoisses existentielles, autant dire que c'est chiant, incompréhensible, prétentieux, pénible et insupportable. Peut à la limite intéresser les adeptes des prétendues sciences occultes orientales (s'ils ne s'endorment pas avant la fin) . Une terrible déception de la part de ce grand réalisateur

La guerre selon Charlie Wilson

Un film de Mike Nichols (2007) avec Tom Hanks et Julia Roberts. L'excellent Mike Nichols se prend carrément les pieds dans le tapis avec ce film. Déjà voyons le scénario : Trois personnages dont deux absolument antipathiques se débrouillent pour armer les combattants afghans afin qu'ils puissent se libérer de l'invasion soviétique. Passionnant non ? Qui irait voir ça ? Mais on nous dit que c'est une comédie ! Dans ce cas allons-y ! Or la promotion du film a été basé sur un mensonge, ce film n'est pas une comédie, mais un brulot géopolitique d'un manichéisme primaire dans lequel les soviétiques sont présentés comme des brutes sanguinaires. (les américains au Vietnam étaient des saints, eux, c'est bien connus). C'est donc inintéressant, malgré le talent de Tom Hanks, tout ce petit monde devenant vite exécrable et insupportable au sens propre du mot. Bien sûr le propos de Nichols n'est point sot et constitue une critique de la stratégie Reagan "on vire les russes mais on se fout de ce qui se passera après", mais cette réflexion vient trop tard et il n'y avait pas besoin de tout ce blabla pour en arriver là.

Boulevard de la mort

Un film de Quentin Tarantino (2007). Qu'est-ce que ça cause ! (et sans retenir l'intérêt malgré la crudité des propos), fait attendre 45 minutes avant que le film commence, avec un assez bref éclatement de violence.(fort bien filmé mais quel interêt ?) La seconde partie commence comme la première par une interminable jactance avant de nous offrir une course poursuite assez haletante, seul moment d'intérêt de ce film, trop déséquilibré et qui n'a pas grand-chose à nous dire.

Planète terreur

Un film de Robert Rodriguez (2007) avec Bruce Willis et Rose McGowan. La "critique" a aimé, c'est pourtant aussi ridicule qu'affligeant et quand le film plonge dans le second degré, c'est encore pire que ça !

Dangereuse séduction

Un film de James Foley (2007) avec Bruce Willis et Halle Berry. Un thriller qui ne commence pas trop mal avec une Halle Berry plutôt en forme, puis soudain le film devient n'importe quoi, mais alors vraiment n'importe quoi.

Chambre 1408  

Un film de Mikael Hafström (2007). L'idée de base étant excellente, la bonne question était de savoir si elle suffirait à faire tenir la distance au film en sachant qu'elle n'implique pratiquement qu'un seul acteur (contrairement à ce qu'annonce l'affiche) . Force est de constater que non. L'auteur a donc choisi de nous imposer un faux twist au bout d'une heure, ce qui est une fausse bonne idée parce qu'à partir de ce moment-là, l'attention n'est plus là. Et puis il y a cette séquence finale, désagréable, insupportable, déplacée. Peut se regarder.

No Country for Old Men

Un film de Joel et Ethan Coen (2007) avec Javier Bardem et Tommy Lee Jones. Pendant une heure on se dit qu'on est en train de regarder un chef d'œuvre, puis tout s'écroule, tourne en bouillie, devient incompréhensible, blablate dans le vide et oublie de conclure. Cette rupture dans la construction du film n'a rien de fortuite parce qu'en fait ce n'est pas un thriller mais un pensum sur l'inexorabilité de la violence, mais pourquoi alors nous avoir fait croire pendant une heure qu'il s'agissait d'un thriller ? Et puis merci pour les facilités de scénarios (œil de lynx qui repère la mallette dans les broussailles) et les invraisemblances (demandez donc à ce propos à un secouriste combien de personnes sont capables de tracer la route après une fracture ouverte au bras.)

Cliente

Un film de Josiane Balasko (2007) avec Natalie Baye et Isabelle Carré. Balasko a réussi le pari de faire un film intelligent et drôle sur la prostitution, en inversant les rôles "traditionnels" et en allant à contre courant de pas mal d'idées reçues, que ce soit sur les clients ou sur les personnes se prostituant. Bravo !

Anna M.  

 Un film de Michel Spinosa (2007) avec Isabelle Carré. Le film commence assez mal, mais se rattrape assez vite et devient passionnant (et angoissant). Isabelle Carré interprète brillamment une jeune femme complétement dérangée. Certaines scènes sont assez hallucinantes, notamment la séance de baby-sitting (dont on ne verra hélas pas la conclusion). On peut déplorer quelques petites facilités de scénario (un type qui baise une parfaite inconnue dans un hôtel de luxe sans capote, c'est quand même assez glauque). Et puis il y a cette fin incompréhensible qui n'en est pas une et qui nous fait rester sur notre faim. Les références culturelles (Zurbaran, la cantique des cantiques) censés donner de la hauteur intellectuelle au film font flop. Dommage, ces petits défauts car on n'est pas passé loin du chef d'œuvre !

Détrompez-vous

Un film de Bruno Dega et Jeanne Le Guillou (2007) avec François Cluzet, Mathilde Seigner, Alice Taglioni. Un marivaudage qui en vaut bien d'autres. C'est frais, parfois rigolo, Alice Taglioni est superbe. Dommage qu'on ne sache pas clairement comment ça finit. (même si le sous titre du film "A quatre, ça va être compliqué" nous met sur la voie)

Invasion

Un film de Oliver Hirschbiegel (2007) avec Nicole Kidman et Daniel Craig. Nouvelle variation d'après le bouquin de Jack Finley. Le film était ambitieux, au final on n'a qu'une très bonne série B, ce qui n'est déjà pas si mal. Au positif la prestation éblouissante de la magnifique Nicole Kidman, et cette ambiance particulière de la population zombifiée !  Au négatif, le gamin, véritable tête à claques, et surtout le final aussi improbable et poussif. Le dernier plan du film pose la question ? Faut-il mieux un monde humain avec son lot de violence et de misère qu'un monde sans violence et sans misère mais déshumanisé ? Mais est-ce vraiment la bonne question ?

American gangster

Un film de Ridley Scott (2007) avec Denzel Washington et Russel Crowe. On va dire que c'est pas mal avec une réalisation efficace et un montage nerveux. On n'évite cependant pas une certaine confusion notamment au début. La prestation des deux protagonistes est bonne, malgré qu'ils ne jouent pas des rôles de composition. Le fond est intéressant décrivant la corruption généralisée et son seul obstacle : "Ne pas se faire prendre".

Joyeuses funérailles

Un film de Frank Oz (2007). Il faut vraiment être british pour oser faire un film comique sur un tel sujet... et le réussir. En effet si la plupart des film comiques se contentent de nous donner le sourire, celui-ci est hilarant. Mention spéciale à l'acteur Alan Tudyk, qui interprète avec une drôlerie irrespirable, un mec drogué par erreur. On a frôlé le chef d'oeuvre, mais certains personnages secondaires n'apportent pas grand chose à l'histoire (le dragueur fou) et l'épisode scato n'est pas terrible, mais ça reste très bon !

Live !  

Un film de Bill Guutenteg (2007) avec Eva Mendes. Avec un tout petit peu plus de rythme dans la première partie on ne serait pas passé loin du chef d'oeuvre, de plus le parti pris du faux reportage n'est pas une bonne idée (cette caméra finit par donner le tournis). Sinon c'est assez fort, Eva Mendes (qui a produit le film) est fabuleuse, et cette peinture d'une Amérique prête à accepter les pires violences, mais à refuser la vue d'un innocent téton est terrifiante. La longue séquence où l'on voit l'émission se dérouler est remarquablement bien réalisée avec une tension omniprésente, (alors qu'on peut s'amuser à deviner...). Très bien et intelligemment dérangeant !

99 francs

Un film de Jan Kounen avec Jean Dujardin (2007) Ça aurait pu être très bien car l'idée de base est intéressante, et il y a d'ailleurs de fort bonnes choses. Le résultat est une sorte de spot qui s'étire sur 90 minutes, ponctué de scènes trash et de gags d'adolescents (la scène du détournement de la pub vers la fin est à ce propos d'un ridicule achevé)

Sunshine

Un film de Danny Boyle (2007) . De la SF en huis-clos. Ce film nous montre la décomposition d'un groupe de cosmonautes partis en mission à la lisière du soleil. C'est l'aspect intéressant du film et heureusement parce que l'argument scientifique c'est vraiment n'importe quoi (le soleil est en train de s'éteindre et la mission (évidemment habitée) prétend le rallumer avec une énorme charge nucléaire ! Mais où les scénaristes vont ils chercher de telles âneries ?). Se laisse donc voir avec plaisir malgré quelques invraisemblances.

Cougar Club

Un film de Christopher Duddy (2007). Ou comment avec un pitch de départ assez intéressant (la création d'un club de rencontres pour femmes-cougar), on n'en arrive à produire un très mauvais film bourré de gags débiles. C'est d'autant plus dommage que le scénario prend un parti assez politiquement incorrect en matière de sexualité et de mariage mais qui est rendu vain par l'indigence de la réalisation. La présence au casting de Carrie Fisher dans un tout petit rôle fait hélas pitié. Quant à l'érotisme, il y a tromperie sur la marchandise, American Pie 1 et 2 nous en offrait au moins 5 bonnes minutes, là à part quelques nénés furtifs… mais qu'on nous ressuscite Russ Meyer, bon sang.

Transformers

Un film de Michael Bay (2007) avec Shia LaBeouf et Megan Fox. Ou comment réaliser un assez bon spectacle avec un scénario débile ! (La débilité du scénario est d'ailleurs assumée, heureusement). Si les effets spéciaux sont saisissants (et ce n'est rien de le dire), ils se doivent d'être au service du film et si les premières transformations sont fascinantes, leur répétition devient lassante. Coté acteurs Shia LaBeouf se défend bien et Megan Fox est resplendissante de beauté. L'action arrive à nous tenir en haleine pendant les trois quart du film, puis ça s'essouffle pas mal dans la dernière partie qui fait très fouillis ! On se serait aussi passé de quelques prêchi-prêcha.

28 semaines plus tard

Un film de Juan Carlos Fresnadillo (2007) qui est donc la suite du film de Danny Boyle de 2002. "Bruyant et grotesque" résumait "Libération", c'est méchant ! Ce film est un tissu d'incohérences à peine croyables, et en prime on a droit à un jeune garçon dans le pur style tête à claques. Pourtant ça se laisse regarder jusqu'au bout, pourtant c'est mieux que le premier. Mais ça ne marquera pas l'histoire du cinéma.

3 h 10 pour Yuma

Un film de James Mangold (2007) avec Russel Crowe. Je n'ai rien contre les remakes lorsqu'ils apportent quelque chose de plus à l'original, seulement ici c'est le contraire. D'abord les invraisemblances, dans la version de 57 on ne disait pas que la petite famille de fermier crevait la dalle, ici on le précise, ce qui fait que le repas collectif où chacun mange une belle entrecôte devient surréaliste. On a un type grièvement blessé, on lui extrait une balle du côté de l'estomac et le revoilà qui pète la forme. Le fermier a une jambe de bois, mais il court comme un lapin. La magnifique scène de 57 entre Glenn Ford et Felicia Farr est remplacée par une mini scène de cul pour patronage. Le rôle (ajouté dans cette version) du fils ainé dont l'importance ira croissante jusqu'au dernier moment du film n'a aucune crédibilité. Certaines scènes ajoutées ne servent à rien (la mine, les apaches). Le film de 57 avait deux défauts, la scène de la prière à table, on nous la ressert à l'identique. L'autre défaut était la fin qui aurait pu être grandiose mais qui était partiellement ratée parce que bâclée. Ici ce n'est plus un ratage, c'est une catastrophe qui enfonce définitivement le film dans le ridicule. Que sauver ? Rien !

Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde

Un film de Gore Verbinski avec Johnny Depp et Keira Knightley (2007). L'épisode de trop. Déjà que la série était moyenne, là ça devient n'importe quoi. A sauver l'introduction extrêmement dramatique, complétement déconnecté du ton je-m'en-foutiste du reste de la réalisation.

Les promesses de l'ombre

Un film de Davis Cronenberg (2007) avec Naomi Watts, Vigo Mortensen et Vincent Cassel. Un film coup de poing qui reste longtemps dans la mémoire tellement les images sont fortes. Le scénario de ce film de gangster est somme toute très classique, mais Cronenberg le transcende. Et qu'on ne nous raconte pas que le réalisateur a changé de thématique, les thèmes de la manipulation mentale et corporelle sont bien là ! Il y a des scènes chocs (de vraies scènes chocs) et une tension omni présente, la réalisation est parfaitement maîtrisée. Vigo Mortesnsen est sublime, Naomi Watts parfaite, on regrettera juste le surjeu de Vincent Cassel, ainsi qu'une fin qui nous laisse un peu sur notre faim. On a frôlé le chef d'œuvre.

Zodiac

Un film de David Fincher (2007). Le film se regarde sans déplaisir, mais sans passion. Après un bon démarrage, ça s'enlise assez vite : trop de personnages, trop de digressions, Fincher a voulu remplir son film au maximum, y mettre trop de choses, résultat ça va trop vite, ça part dans tous les sens et plus le film avance plus on est largué, les personnages ne sont pas très attachants, notamment ce dessinateur écrivain qui devient même passablement énervant. On reste aussi étonné du traitement du seul rôle féminin (Chloé Sevigny, complètement anti sexy). La conclusion est frustrante. On nous dit que tout ça est basé sur des faits réels… mais il est sans doute là le problème : dans le choix du sujet !

La Cité interdite

Un film de (2007) Zhang Yimou avec Gong Li. La preuve qu'un film peut être à la fois somptueux et kitch. Une mise en scène de folie, des acteurs fabuleux (et que Gong Li est belle). Les scènes de bagarres surprennent même si on "s'y fait". En revanche la grosse bataille finale est un peu bordélique. Un excellent et fascinant spectacle.

Le deuxième souffle   

Un film d'Alain Corneau (2007) avec Daniel Auteuil, Monica Belluci, Eric Cantona, Jacques Dutronc, Michel Blanc. Un polar passionnant, magnifiquement filmé et photographié, (certains plans sont hallucinants, le guet-apens dans les docks de Marseille, le final dans l'escalier en colimaçon).  La direction d'acteurs est excellente malgré quelques faiblesses dans les dialogues. Les scènes d'actions sont remarquables et malgré les 155 minutes on ne voit pas le temps passer. Un très grand polar français très influencé par ce que le cinéma américain a fait de meilleur dans le genre.

Les chansons d'amour

Un film de Christophe Honoré (2007) avec Ludivine Sagnier. Un supplice. ! Ce film se veut ambitieux en se référant explicitement à la nouvelle vague, mais manifestement il n'y a rien compris. De plus il faut supporter une musique aussi niaise que sirupeuse (César de la meilleure musique de film, je rêve !), un Louis Garrel, véritable tête à claque, une Chiara Mastroianni nulle, des scènes sans intérêt (t'a jeté le coussin par la fenêtre, j'y tenais à ce cousin - Bon je vais le chercher), des dialogues qui sonnent souvent faux et une direction d'acteurs inexistante (on a l'impression que chacun se débrouille). Quant au fond on finit par en plus l'entendre tant la forme handicape le film.

La faille

Un film de Gregory Hoblit (2007). Réalisation très moyenne mais une très bonne direction d'acteurs Assez curieusement le personnage de jeune arriviste joué par Rayan Gosling est tellement rendu détestable (c'est volontaire, du moins au début) qu'on se met à avoir de l'empathie pour Hopkins (ça m'étonnerait que ce soit le but des producteurs). L'intrique policière est intéressante, l'évolution du personnage de Golling raconté en parallèle l'est beaucoup moins et manque de crédibilité. Les personnages secondaires sont plutôt mauvais (la palme revenant à Rosamund Pike, carrément ridicule). Mais tout cela reste un bon petit moment de cinéma.

Rise

Un film de Sebastian Gutierrez (2007) avec Lucy Liu. Quelques rares bonnes idées en guise d'ingrédients (l'évasion de la morgue), mais la sauce ne prend jamais en raison d'une histoire poussive, d'une réalisation plate, d'un puritanisme assez lamentable et d'un fond nauséeux (pour accomplir sa vengeance Lucy se croira obligée de tuer un fumeur de joint et de torturer une prostituée, avec la justification "morale" de son mentor "personne n'est vraiment totalement innocent").

L'heure zéro

Un film de Pascal Thomas (2007) avec Danielle Darrieux et Laura Smet. Le film pèche dans deux domaines essentiels d'abord par son casting où chacun semble faire ce qu'il veut. Alors ça va de l'excellent (Darrieux bien sûr mais aussi la belle Laura Smet que l'on prend plaisir à voir faire de la provocation), à l'amusant (les domestiques) jusqu'à l'exécrable (Chiara Mastroianni). Les autres sont au choix insignifiants, fades ou mauvais (même si Alessandra Martines est fort jolie et ajoute un zeste d'érotisme). L'autre souci c'est le scénario, j'ignore si le roman d'Agatha Christie est intéressant, mais Thomas n'a pas su par ce film le rendre passionnant. La recette de ce genre de polar est déjà cousue de fil blanc, tous les suspects ne sont pas les bons et la solution ne sera dévoilée qu'au dernier moment, ici la révélation se fait dans des conditions complètements farfelus qui font perdre toute crédibilité à l'histoire : on jette gratuitement un type à l'eau pour savoir s'il sait nager, le coupable enfin confondu qui se tortille comme un malade… sans compter le rôle du témoin surprise d'une clarté très opaque… Bref la fin qui aurait pu sauver le film ne fait que l'enfoncer. Une belle perte de temps.

88 minutes

Un film de Jon Avnet (2007) avec Al Pacino. Al Pacino  à l'air de se demander ce qu'il fait dans ce film, il rencontre un tas de filles plus mignonnes les unes que les autres (j'aime beaucoup Amy Brenneman) et se retrouve au centre d'une incompréhensible machination qui ne tient pas debout et qui ne nous est expliqué qu'à la fin au cours d'une scène grotesque. C'est filmé à la diable, c'est invraisemblable, c'est tarte.

The Good German  

Un film de Steven Soderbergh (2006) avec Georges Clooney et Cate Blanchett. Le film d'espionnage est un genre dans lequel il est normal qu'au s'y paume à partir du moment où l'on retombe sur ces pieds à la fin. C'est le cas de ce film qui ne souffre d'aucun défaut de construction, et qui restitue habilement l'atmosphère des mois qui suivirent la chute de Berlin. L'intrigue est intéressante et nous scotche dans notre fauteuil, le propos également puisqu'on y souligne les étranges coups d'éponges que les américains ont donné dans les dossiers de chercheurs allemands qu'ils souhaitaient récupérer malgré leurs passés peu clairs. Le thème du prix de la survie y est aussi évoqué de façon intelligente et sans rien trancher. Soderbergh ne juge pas les gens, il essaie de les comprendre (on est très loin de Tony Scott ou de David Fincher) Signalons aussi la perfection de la photo, l'élégance de la mise en scène et bien entendu les performances d'acteurs tout à fait remarquables de Georges Clooney et de Cate Blanchett. The Good German est aussi un film de cinéphile, ce n'est en aucun cas un défaut.

L'illusioniste

Un film de Neil Burger (2006). Mauvaise intrigue, réalisation mollassonne, lenteurs, le titulaire du rôle principal est monolithique, Jessica Biel est transparente, l'esthétique rappelle les films de la Hammer, mais cet "Illusionniste" est bien loin d'en avoir le charme. Se regarde sans passion ni empathie dans l'attente d'une surprise qui ne viendra jamais, le twist final étant complètement raté.

Volver

volver.jpgUn film de Pedro Almodovar (2006). Une sombre histoire de disparition-réapparition et d'autres péripéties dans lesquelles des femmes s'assument complètement (sans pour cela que le film ne sombre dans le féminisme). C'est intelligent et magnifiquement joué. Le prix d'interprétation attribué collectivement à Cannes à l'ensemble de la distribution féminines est toutefois une concession au politiquement correct, Pénélope Cruz surpassant largement ses collègues en crevant littéralement l'écran de son talent et de sa beauté. Un régal !

Enfermé dehors

Un film d'Albert Dupontel (2006) C'est très spécial, c'est même tellement spécial qu'on se demande ce que l'on est en train de regarder, un cartoon avec des vrais acteurs ? On ne comprend pas grand-chose à l'histoire et à vrai dire on s'en fiche un peu, la seule belle chose que contient de film c'est le regard de Claude Perron.

Lady Chatterley

Un film de Pascale Ferran (2006) avec Marina Hands. Il faut toujours faire la part des choses. Le film a été multi césarisé, il ne le méritait pas, mais quand on voit la pauvreté de la sélection, cette victoire par défaut finit par s'expliquer. La vérité sur ce film se trouve quelque part entre une critique dithyrambique, mais non argumentée sérieusement d'une part et le rejet viscéral de quelques coincés d'autre part. Alors oui, le film a des défauts, il est trop long, un certain nombre de digressions auraient pu être évité (genre la panne de la chaise à moteur) d'autres sont assez gauches (le fleurissement mutuel), et puis il y a l'acteur principal, il passe assez bien tant qu'il fait le taiseux, mais quand il se met à faire dans la tirade à la fin, il perd complètement pied. Le film a aussi ses qualités formelles et notamment sa photographie remarquable, Mais en fait le film n'est tenu que par l'actrice principale, fabuleuse Marina Hands, jouant subitement de son regard, de sa bouche, de son corps et délivrant une performance remarquable, magique… mais tout son talent et sa beauté ne sauront sauver les défauts du film

Désaccord parfait

Un film d'Antoine De Caunes (2006) avec Charlotte Rampling et Jean Rochefort. J'ai failli écrire que malgré un bon duo d'acteurs le film déçoit, mais ce n'est même pas vrai car Rochefort cabotine de trop. Quant au film il est sans rythme, ne décolle jamais, ne suscite pratiquement aucun intérêt. Tout y est prévisible, l'ennui s'installe et les gags sont poussifs, Bref, c'est mauvais.

Bandidas

Un film de Joachim Rønning et Espen Sandberg (2006) avec Salma Hayek et Penelope Cruz. Ce film produit et scénarisé par Luc Besson doit être pris pour ce qu'il est, une comédie-western orienté sexy, et pas autre chose (inutile donc de crier à l'invraisemblance, le côté foutraque étant clairement revendiqué). Ça se regarde sans déplaisir les deux actrices aguichantes à souhait (mais c'est ce qu'on leur demande dans ce film) portant davantage le film que le réalisateur. On a droit à quelques scènes tout à fait affriolantes (les pompes dans la rivière et surtout cette incroyable séquence de leçon de bisous en tenue de French cancan, sur le détective ligoté). C'est loin d'être le film du siècle, mais on ne s'ennuie pas, on passe un bon moment et je ne vois pas pourquoi on bouderait notre plaisir.

La doublure

Un film de Francis Veber (2006) avec Gad Elmaleh, Alice Taglioni, Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Richard Berry, Virginie Ledoyen, Dany Boon, Michel Jonasz, Michel Aumont (quelle distribution !). Avec Veber on est rarement déçu, même et c'est bien le cas ici quand le scénario est tiré par les cheveux.  Une comédie très efficace avec des acteurs très bons et des situations cocasses. Alice Taglioni dans le rôle du top modèle canon est très bien, Richard Berry dans le rôle d'un avocat immonde qui lui va comme un gant est tout à fait crédible. Seule ombre au tableau : la présence nauséeuse de Karl Lagerfeld pendant quelques minutes dans son propre rôle. Un très honnête divertissement sans prise de tête !

Hors de Prix  

Un film de Pierre Salvadori (2006) avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh. Côté positif, on a enfin un film qui banalise le sexe au lieu de le sacraliser comme le voudrait le politiquement correct. On fait du sexe pour de l'argent et point barre. Seulement les choses sont un peu plus compliqué dans ce film : .Je n'ai rien contre la prostitution librement exercée quand il s'agit d'une prestation entre personnes consentantes, ce n'est jamais que de l'argent contre du sexe et personne (en principe) n'est dupe dans l'affaire. Mais ici il ne s'agit pas de ça, la prostitution exercée par le personnage joué par Audry Tautou (que le film voudrait nous montrer comme sympathique) est différente. Elle plume ses clients en feignant d'en être amoureux. On n'est plus dans le consentement puisque l'homme dans cette affaire est escroqué. Parfois le réveil est brutal, ben oui le mec de 50 ans qui se figure qu'une nana de 20 ans en pince pour autre chose que son argent…. Ce genre de nana existe, il y en a plein à St Tropez, elles vont parfois jusqu'au mariage, puis divorcent en bénéficiant d'une coquette pension alimentaire. Remarquez qu'on a la situation inverse, puisque dans le film Gad Elmaleh fait le gigolo, sauf que la cliente garde sa lucidité et ne se fait jamais d'illusions. Je n'aime pas l'escroquerie et encore moins l'escroquerie aux sentiments, mais quelque part le film me plait bien malgré la fin téléphoné et interminable aussi fleur bleue qu'improbable, sur l'air de "l'amour triomphe toujours" ou à la façon de Jules Renard "Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le !"  Tu parles d'une morale !

Quatre étoiles

Un film de Christian Vincent (2006) avec Isabelle Carré, José Garcia, François Cluset. Une comédie pétillante sur la vénalité qui n'hésite pas à prendre à rebrousse-poil les codes moraux. Isabelle Carré campe une aventurière sublime de charme avec un talent fou. Garcia et Cluset sont également très bons dans leurs rôles. Evidemment l'histoire patine un peu et certaines pistes scénaristiques ne sont pas trop exploitées, mais quand même quel agréable moment on passe !

La nuit au musée

Un film de Shawn Levy (2006) avec Ben Stiller et Robin William. Il y a des films pour enfants que les adultes peuvent regarder avec plaisir, pas celui-ci, ou la niaiserie, la mièvrerie, la lourdeur et la stupidité règnent en maître. Les personnages sont lamentables et la vision tourne vite au supplice. Techniquement ça craint un maximum au niveau des surimpressions et un grand bravo au scénariste qui ne sait pas que singes capucins n'ont rien à voir avec les animaux d'Afrique.

OSS 117, Le Caire nid d'espions

Un film de Michel Hazanavicius (2006) avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo. Pas facile de faire dans le pastiche et ce film ne n'y réussit que partiellement. Si l'intrigue est (volontairement incompréhensible) certaines scènes sont franchement étonnantes voire désopilantes, mais d'autres tombent à plat. Jean Dujardin est parfait. (A noter que pour certains propos qu'il tient dans le film, on se demande parfois si c'est ou non du second degré.)

Pirates des Caraïbes : Le secret du coffre maudit

Un film de Gore Verbinski avec Johnny Depp et Keira Knightley. (2006). Ça commence très mal avec une structure narrative tellement incompréhensible que les protagonistes sont obligés d'arrêter l'action pour entamer de longées et ennuyeuses séances de blablas qui loin de clarifier le sujet contribue à l'embrouiller davantage. Comme dans le premier opus, Johnny Depp cabotine, Keira Knightley prend de jolies poses, quand à Orlando Bloom, il essaye de faire des progrès, mais c'est raté, quand on est mauvais comédien, c'est pour la vie. Les effets spéciaux sont remarquables mais souvent gratuits, ce n'est qu'après 90 minutes de projection que le film devient intéressant quand les quatre principaux protagonistes arrivent sur une île et se battent comme des chiffonniers (l'épisode de la roue géante est une réussite), puis affrontent une pieuvre géante (très méchante) en pleine mer. Cette dernière partie rend donc contre toute attente cet opus légèrement supérieur au premier.

All the boys love Mandy Lane

Un film de Jonathan Levine (2006). Long, lourdingue et ennuyeux. L'identité du tueur nous est révélé au milieu du film, mais les motivations des crimes sont obscures et le sont encore davantage après le double (le triple même) twist final totalement incompréhensible. A sauver quelques vannes et quelques plans. ainsi que les jolies frimousses de Amber Heard (Mandy Lane ), et de Whitney Able (Chloe) dont une étrange scène de drague lesbos dans les toilettes (interrompue par l'arrivé d'un casse pied). L'affiche est très belle mais le film est mauvais.

The Unseeable

Un film de Wisit Sasanatieng (2006). Une belle surprise que ce film d'épouvante thaïlandais, avec une réalisation impeccable, des plans magnifiques, une photo léchée, des actrices au top (Supornthip Choungrangsee et Siraphun Wattanajinda sont sans doute des noms à retenir) et une tension dramatique parfaitement maîtrisée. On a frôlé le chef d'œuvre, et certains tâcherons américains feraient bien de s'en inspirer.

La colline a des yeux

Un film d'Alexandre Aja (2006). Ce remake du film de Wes Craven commence très bien et se maintien à un très bon niveau pendant les deux premiers tiers du film. Après ça devient n'importe quoi et on tombe dans les pires clichés du genre : Un  petit binoclard pacifiste qui non seulement devient increvable après avoir pris des dégelés qui enverraient le commun des mortels dans un coma profond, mais se bagarre comme un professionnels super entraîné, les méchants qui ne sont jamais  complètement morts, même après plusieurs blessures mortelles, (et ce n'est même pas du second degré) et ne parlons pas des guimauves finales.

V pour Vendetta

Un film de James McTeigue (2006) avec Natalie Portman. Les acteurs sont excellents, la réalisation est efficace, le rythme est soutenu, on ne s'ennuie pas un instant, et pourtant c'est mauvais ! Le scénario contient des absurdités incompréhensibles (notamment la scène centrale où Portmam est emprisonnée et torturée). La scène de duel avec les couteaux est débile. Quant aux dialogues, ils sont souvent aussi prétentieux que consternants. C'était pourtant bourré de bonnes intentions, ça ne suffit pas à faire un bon film !

Le feu sous la peau  

Un film de Paul Goldman (2006). A quoi bon un film glauque qui ne provoque ni plaisir ni intérêt ? On regarde le début comme une curiosité, puis vient l'ennui, le désintérêt et la lassitude et cela malgré les trésors d'énergie dépensée par l'actrice principale (Emilly Barclay). On ne s'accroche à rien, il n'y a aucune tension et l'auteur à l'air de nous expliquer que le sexe va de pair avec la délinquance, (postulat absurde). A noter la première apparition à l'écran de Mia Wasikowska, déjà bien fade.

Severance

Un film de Christopher Smith (2006).  Une bonne surprise que ce survival énergique qui nous change un peu des films américains sur le même thème trop orientés ados. Le film est intelligent ne se privant pas de critiquer le rôle des industries d'armements et aussi (mais de façon moins incisive) les dérives de l'esprit d'entreprise. Il y a aussi ce qu'il faut de cynisme et d'humour noir, de tension et d'horreur mais sans overdose, juste ce qu'il faut et c'est bien ce qui fait la force de ce film hors du commun. A compter parmi les meilleures réussites du genre.

Basic Instinct 2  

Un film de Michael Caton-Jones (2006) avec Sharon Stone. On a droit à une longue première partie ennuyeuse où on attend que le film démarre et quand ça démarre ça devient incompréhensible, peu intéressant, mou et lourd. Reste Sharon et sa beauté sulfureuse et quelques trop rares scènes érotiques. Bof !

Les fils de l'homme

Un film de Alfonso Cuaron (2006) avec Clive Owen. Du point de vue cinématographique, rien à reprocher, c'est même par moment assez fabuleux ! L'ambiance post-apocalyptique est particulièrement bien rendue (on est très loin des stupidités de "28 jours plis tard") et fait froid dans le dos. Clive Owen est excellent et son rôle d'anti-héros est intéressant. Julienne Moore est par contre assez transparente et le rôle de Michel Caine frise la caricature. Si l'histoire est prenante et sans concession, il n'en reste pas moins que les ellipses et les déficits d'explications foisonnent à ce point qu'on se demande souvent qui est qui, qui est avec qui, qui est contre qui. Ce coté brouillon du scénario ajouté à quelques bizarreries (un moment un type donne l'ordre de laisser Owen vivant, puis une minute après demande qu'on l'abatte) font qu'à la finale nous avons là un excellent film mais certainement pas le chef d'oeuvre que certains prétendent. (peut-être aurait-il fallu une demi-heure de plus ?)

16 blocs

Un film de Richard Donner (2006) avec Bruce Willis. Un thriller en real time avec un scénario qui n'a rien de transcendant mais le film se laisse volontiers regarder malgré quelques grosses facilités de scénario. Le happy-end est vraiment artificiel et assez nunuche. Bonne prestation de Bruce Willis

La chambre du fils

Un téléfilm de Alex de la Iglesia (2006). La physique quantique comme thème d'un film d'angoisse, on ne nous l'avait jamais encore fait ! Ça fonctionne très bien, l'interprétation (fabuleuse Leonor Watling) est tout à fait correcte, l'angoisse et la tension sont omniprésentes et la musique est bien adaptée. C'est très bien filmé et mérite bien son sous titre " unea películas para no dormir" . Bravo !

Le Dahlia noir  

Un film de bran De Palma (2006). Le gros handicap de ce film c'est la complexité de l'intrigue, et s'il est normal qu'on ne la saisisse pas durant le déroulement du film, la fin devrait nous éclairer, ce qui n'est pas trop évident ici. Sinon la réalisation est impeccable, la reconstitution de ce climat de l'immédiat après-guerre est géniale, l'ambiance est sulfureuse et on ne s'ennuie pas une seconde (en revanche, on s'en pose des questions !) Coté distribution, De Palma a fait très fort côté féminin (comme d'habitude) avec Scarlett Johansson, mais surtout Hilary Swank, absolument fabuleuse dans son rôle. Côté masculin c'est moins évident, Josh Hartnet n'ayant vraiment rien de charismatique.

Le diable s'habille en Prada 

Un film de David Frankel (2006). Histoire gavante et sans aucun intérêt, Merryl Streep est insupportable tellement elle surjoue, quand à Anne Hathaway son sourire et son talent nous font retarder le moment où l'on va lâcher l'affaire, jusqu’à ce qu'une scène débile nous fasse deviner ce qui va se passer pendant l'heure restante. Il devient alors inutile de continuer à perdre notre temps.

Les infiltrés

Un film de Martin Scorsese (2006) avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Jack Nicholson. Violent, efficace, jouissif et passionnant, magnifiquement servi par des acteurs au top, le film souffre néanmoins de la complexité de son scénario et de son montage trop serré rendant certaines scènes peu compréhensibles, mais sans que cela ne nuise au résultat. On regrettera aussi qu'il n'y ait personne de sympathique dans cette affaire, hormis le rôle mineur de la petite psy, seule vraie présence féminine au casting. A noter le rôle halluciné de Jack Nicholson (il faut le voir faire une imitation de rat !) et quelques vannes anticatholiques. C'est du très bon !

Les filles du botaniste

Un film de Dai Sijie (2006). Ni les bonnes intentions, ni la beauté des artistes et des images ne suffisent jamais à faire un bon film. Celui-ci en est une preuve de plus. Il se regarde le nombril, ne possède aucune dynamique, nous endort et nous agace.

Scoop

Un film de Woody Allen (2006). Scarlett Johansson crève l'écran. La voir jouer est vraiment un plaisir de fin gourmet. Le film est un faux thriller (faux, puisqu'on sait - presque - tout depuis le début) mais ça n'en reste pas moins très roublard dans son propos et parfait dans sa réalisation. Certes nous ne sommes pas au niveau des grands Woody Allen, mais c'est sympa et ça se déguste avec grand plaisir.

Madame Irma

Un film de Didier Boudon (2006). Didier Bourdon est un bon acteur et sa prestation est éblouissante,; le scénario tient bien la route pendant les deux tiers du film, après ça se barre hélas en sucette dès que la supercherie commence à prendre l'eau, et ça se termine version gnangnan. Dommage parce que la série de consultations dans la roulotte vaut quand même le coup !

Borat

Un film de Larry Charles (2006) avec Sacha Baron Cohen. le titre complet est "Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan", ce qui peut éventuellement être considéré comme amusant si on est en manque d'humour. Quant au film il est lourd comme une enclume, le personnage principal omniprésent et hyperactif fait dans l'overdose à ce point que l'on finit par comprendre ce que ressentent les oies lorsqu'on les gave.

Poséidon  

Un film de Wolfang Petersen (2006).  Les effets spéciaux de ce remake d'un film de 1972 sont spectaculaires mais c'est bien le seul relatif intérêt de ce survival dans lequel évoluent des personnages insipides interprétés par des acteurs insipides dont le sort nous indiffère totalement (on remarquera que dans le petit groupe, les gens modestes meurent en premier, les riches eux s'en sortent bien). Certaines séquences qui se voudraient dramatiques tombent dans le ridicule (la nana qui discute fiançailles avec papa en pleine scène de fuite, le môme qui raccroche la croix au cou de la fille qui s'est noyée). Certaines scènes ont déjà été vu mille fois (je me sacrifie, non c'est moi, n'y va pas, si, il le faut….) Les invraisemblances nous sont servies à la louche (le radar qui n'a pas détecté le tsunami, une grille qui s'ouvre avec un crucifix d'un millimètre d'épaisseur, des nageurs du dimanche qui font de l'apnée comme des champions, et le pompon, l'unique canot qui attendaient ces messieurs dames juste là, à la bonne place). On peut prendre les gens pour des cons, mais il y a des limites quand même !

Tales of Vampires 

Un film suédois de Anders Banke (2006) Une volonté de renouveler le mythe avec quelques bonnes idées. Après un bon prégénérique, le film devient une sorte de brouillon où le meilleur (2 ou 3 trois excellents gags) côtoie le pire (l'interminable retour sur explication). Les incohérences pullulent (y compris dans la personnalité des protagonistes) et puis c'est quoi cette improbable party où le sexe semble inexistant ? Un film bien à l'image de la société suédoise d'aujourd'hui : incompréhensible, illogique et néo-pudibonde.

Skin Walkers

Un film de James Isaac (2006). Seule l'affiche est réussie. Sinon nous avons un gosse tête à claques, des maquillages hideux, des fusillades grotesques, des clichés à la pelle, tout cela au service d'une histoire sans aucun intérêt

Le Direktor

Un film de Lars Von Triers (2006). ). Les insupportables et inintéressants bavardages de ce film finissent par nous assommer d'un ennui mortel.

Les Anges exterminateurs

Un film français de Jean-Claude Brisseau (2006) D'un côté un réalisateur qui demande lors d'un casting à une fille de faire des choses sexuelles explicites, mais qui ensuite ne la retient pas (ce qui est quand même son droit le plus absolu). De l'autre côté la nana déçue de ne pas avoir été retenue se venge en déclarant que le casting n'est qu'un prétexte de vieux cochon pour mater. Entre les deux versions, la justice, les féministes et la cohorte des bien-pensants ne vont retenir que la seconde. C'est le sujet du film. Or ici c'est le film qu'il faut juger pas autre chose, eh bien oui des réalisateurs qui se font manipuler par des filles qui leur racontent ce qu'ils attendent d'elles, ça existe (il n'y a pas que les réalisateurs d'ailleurs), le délit de harcèlement jugé interprété de de façon abusive et jugé à charge, ça existe, l'attirance sexuelle entre réalisateurs et actrices, ça existe aussi… et Brisseau montre tout ça en allant bien au-delà du politiquement correct. Comme il l'est dit dans le film "Pourquoi dès qu'il s'agit de sexe, les choses deviennent-elles si compliquées ? Les scènes les plus belles sont deux scènes érotiques, l'une au restaurant tout en suggestion, l'autre très explicite puisqu'il s'agit d'un trio lesbien en nu intégral (au passage j'ai bien aimé la vanne envers la pudibonderie américaine, les nanas qui viennent de faire l'amour toutes nues et que l'on voit après dans le plumard les draps relevés jusqu'aux aisselles). L'acteur principal est excellent, deux des filles sont très belles et jouent parfaitement leur rôles, la troisième n'est hélas pas très bonne. Maintenant l'idée d'introduire une dose de fantastique (d'où le titre) ne m'a pas paru très judicieuse. Un film à voir pour la force de son propos et pour son originalité même s'il a des défauts.

Blood Diamond

Un film d'Edward Zwick (2006) avec Leonardo DiCaprio et Jennifer Connolly. Le film est long et on ne s'ennuie jamais, c'est déjà une bonne chose. Au premier degré c'est un film d'aventures, bien hollywoodien avec un héros qui n'est blessé que quand il doit l'être, une improbable héroïne féminine et des facilités de scénarios parfois énormes (le petit carnet) mais c'est bien fait, Leonardo DiCaprio étant très bon et l'action passionnante. Il serait facile de reprocher au producteur une certaine démagogie, de crier bien fort que tout cela n'est qu'une vision américaine de l'Afrique, c'est peut-être vrai, et alors ? Le film dénonce l'activité des diamantaires générant des conflits armées avec massacre de civils et endoctrinement des mômes enrôlés dans l'armée. Au moins ceux qui auront été voir le film seront au courant. Et ne me dite pas qu'un petit documentaire non hollywoodien aurait dit mieux ! Il n'aurait eu qu'une poignée de spectateurs déjà convaincus d'avance. Merci Monsieur Zwick d'avoir fait ce film il est imparfait mais il est sympathique et salutaire

Un printemps à Paris  

Un film de Jacques Bral (2006) avec Eddy Mitchell, Gerard Jugniot… Au cinéma quand une scène est devenue explicite, il ne sert à rien de la faire durer, Bral ne doit pas être au courant qui fait durer chaque plan au moins 20 secondes de trop, le pompon étant la scène de l'enterrement dans les bois. On pourrait aussi parler des facilités de scénario : Madame encadre sa photo prise avec son amant dans le domicile conjugal et évidement Stevenin le découvre dans le premier tiroir qu'il ouvre ! Mais le pire est sans doute la séance de reconnaissance photo au commissariat (même endroit, même heure… plus incroyable, tu meurs). De plus c'est confus et mal monté ! Quant aux acteurs on a vue pire mais c'est vraiment service "très" minimum même si Eddy relève un tout petit peu le niveau. Bref c'est mauvais.

Hollow Man 2

Un film de Claudio Fah (2006). L'introduction est fabuleuse et prometteuse. Mais hélas le soufflé retombe bien vite au niveau d'une pauvre série B malgré quelques scènes de meurtres pas mal torchés et un certain réveil vers la fin. Faut dire que le film accumule les bourdes, le scénario est à la limite du compréhensible avec des scènes carrément absconses, des raccourcis et des grosses ficelles et n'a absolument rien de passionnant. Côté acteur Laura Regan est aussi expressive qu'un mannequin de vitrine et Peter Facinelli énerve son monde. Bref, c'est pas la joie !

Si près de moi ! / Étreinte Sanglante / Blood stains  

Un téléfilm de Robert Malenfant (2006). La jaquette du DVD laissait présager un petit film horrifique. Et bien non il y a tromperie, il s'agit d'un thriller mou du genou, à la fois inintéressant, incompréhensible et joué n'importe comment. Direction : poubelle (bien que les rares apparitions de Lisa Zane avec son rouge à lèvres carmin…quand même...)

The Dark Hour  

Un film de Elio Quiroga (2006). Dans ce survival post apocalyptique le réalisateur semble avoir multiplié les erreurs afin de rendre son film inintéressant. Photographie affreuse (c'est volontaire, mais n'empêche que c'est affreux), confusion entre les personnages, déficits d'explications, scènes inutiles, inaction et final incompréhensible.

La belle est la bête (Deer Woman)

N°7 de la série "master of horror (1ère saison) et réalisé par John Landis (2006) Le réalisateur s'auto-réfère en citant "Le loup garou de Londres", mais il est ici remplacé par une femme biche magnifiquement incarnée par la très belle Cinthia Moura. C'est pas trop mal foutu et se regarde avec un certain plaisir malgré l'absence de tout suspense, l'échec de l'effet gore, l'absurdité du scénario et les invraisemblances (Le flic qui retrouve sans chercher la chambre où a été tué son copain, et surtout la biche poursuivie qui au lieu d'aller se réfugier dans les sous-bois cavale au milieu de la  route.

A History of violence

Un film de David Cronenberg (2005) Je me demandais pourquoi ce titre bizarre, on m'a expliqué que history of violence peut aussi se traduire par passé violent… Cronenberg nous sert là un chef d'œuvre à la réalisation parfaitement maîtrisée et millimétrée, à l'interprétation parfaite, et au propos bien plus intelligent qu'il ne le paraît au premier abord (c'est bien d'une réflexion sur la violence dont il s'agit). Viggo Mortensen et Maria Bello étant parfaits (et cette dernière très sexy ce qui ne gâche rien). La tension se manifeste dès le premier long plan séquence du début et ne nous quitte pas pendant 90 minutes. Très bonne BO de Howard Shore.

Man With the Screaming Brain  

Un film de Bruce Campbell (2005) . Non sorti en salles en France. Complètement fauché et tourné en Bulgarie pour des raisons économiques, ce film de manque pourtant pas de charme. Il s'agit d'une variation loufoque sur le thème de Frankenstein (sauf qu'ici la créature a deux cerveaux). La réalisation est tout à fait correcte et la distribution honorable avec deux très belles actrices féminines et un Ted Rami (jouant l'assistant du professeur) complètement déjanté. Il y a quelques lourdeurs mais dans l'ensemble on passe un bon moment.

Witchs Sabbath

Un film de Jeff Leroy (2005) avec Ron Jeremy, Lisa Sparkxxx, Syn DeVil, Gina Valona… Une série Z en forme de nudie gore tout à fait regardable. Un quarteron de sorcières doit comptabiliser 666 victimes à offrir à Satan avant Halloween. Elles se hâtent donc de boucler le contrat en faisant leurs courses parmi les clients d'une boite de strip-tease. Deux jeunes couples s'y rendent, ce seront les dernières victimes… Effets gores et jolies filles dont l'actrice X Lisa Sparksss, ça ne se prend jamais au sérieux, on a droit à Ron Jeremy en guest star, à un improbable monstre tentaculaire et gélatineux à la fin et à un twist final assez réjouissant. Un bon moment de cinéma bis.

Braqueurs amateurs

Un film de Dean Parisot (2005) Dean Parisot qui avait réalisé en 1999 l'excellent Galaxy Quest déçoit quelque peu avec cette comédie qui réussit l'exploit de ne devenir intéressante qu'après 80 minutes de séquences trop lourdes (Carey en fait des tonnes), trop convenues, trop inutiles, limite ennuyeuse (l'envie de laisser tomber avant la fin est bien réelle). Bof !

The Island

Un film de Michael Bay (2005) avec Scarlett Johansson. Le film reprend le thème de la cité bulle dans laquelle un individu (le ver dans le fruit) finit par se poser des questions sur le système. (On pense notamment à l'âge de cristal - 1976, dont le plan final est un hommage direct) Mais ici le scénario va beaucoup plus loin. Le rythme est soutenu, les cascades sont impressionnantes, et Scarlett Johansson est superbe ! Un excellent film !

L'interprète  

Un film de Sydney Pollack (2005) Une Nicole Kidman et un Sean Penn plutôt convainquant dans ce thriller ayant pour cadre l'ONU. C'est plutôt passionnant et réalisé de façon nerveuse avec quelques très bonnes scènes, on regrettera le dernier quart d'heure inutilement lourdingue.

Land of the dead

Un film de George A. Romero (2005) avec Asia Argento. 20 ans après, Romero nous remet le couvert. Si le film va moins loin dans sa réflexion que le Jour de Morts-vivants, il n'en reste pas moins très bien fait, sans temps morts, bien interprété, combinant avec réussite le film d'épouvante et le film d'action, et proposant un regard intelligent sur la structure sociale de ce qui reste de la civilisation (à ceci près qu'on peut se demander à quoi va servir l'argent que Dennis Hopper tente d'emporter dans ses sacoches ?) On ne s'ennuie pas une seconde et en plus Asia Argento est charmante. Excellent !

Mon petit doigt m'a dit

Un film de Pascal Thomas (2005) avec Catherine Frot et André Dussolier. Ça commence très fort avec une ambiance et un jeu d'acteur déjanté. Mais ça ne dure pas, le film s'enlise vite, part dans tous le sens et devient incompréhensible. Du potentiel gâché !

Les Noces Funèbres

Un film d'animation de Tim Burton (2005) - Pendant cinq minutes on se demande ce que c'est que ce truc là, puis l'enchantement s'installe. Une très belle histoire d'amour sans aucune mièvrerie et un voyage au royaume des morts version Burton qui nous donne presque envie d'aller y faire un tour. La marionnette incarnant la mariée morte est absolument craquante.

King Kong (version 2005)

Un film de Peter Jackson (2005) - John Guillermin avait dans sa superbe version de 1975 compris le caractère érotique du mythe. (Ah cette scène où le singe dénude un sein de Jessica Lange !) On ne peut pas en dire autant de cette version qui n'est qu'un mélange extrêmement lourd d'effets spéciaux (remarquables, il faut bien le dire), de puritanisme revendiqué (la scène stupide où l'héroïne refuse d'aller travailler dans une boite de strip-tease est lamentable, celle ou un producteur réclame du sexe l'est encore davantage) et de manque de rigueur dans le scénario (qu'on nous explique le personnage du capitaine, constamment imprévisible) et dans le script (bravo pour la nuisette de l'héroïne, indéchirable, infroissable, insalissable et qui ne dévoile jamais un bout de sein....) Sinon toutes les scènes sont trop longues, tout est à l'image de l'acteur jouant le réalisateur ... trop lourd voir lourdingue...

The descent

Un film de Neil Marshall (2005). Un excellent survival qui réussit avec brio à nous emmener en compagnie de six jolies filles hors des sentiers battus et rabattus du genre. Le début de la descente est impressionnant et assez réaliste de façon à éviter que l'apparition du fantastique n'apparaisse que comme un collage sur la réalité. On regrettera juste une certaine confusion au moment de l'attaque principale et un manque de clarté dans les rapports entre les personnages. Et puis mention spéciale à la boite qui a fourni les fringues de ces dames, l'héroïne reste en sang mais sans le moindre accroc !

La Maison de cire

Un film de Jaume Collet-Serra (2005). Non ce n'est pas un remake du film de De Toth dont on a juste repris l'idée de base. Le rythme est malheureusement bancal, après une heure d'exposition assez intéressante, l'intérêt retombe comme un soufflé quand on comprend que l'insupportable bellâtre de service qui joue les gros durs va s'en sortir et exterminer les méchants. Donc plus de suspense et pas mal de bagarres aussi débiles qu'inutiles, mais heureusement les dernières vingt minutes sont tout simplement sublimes (anthologique, même) avec ces images prodigieuses où tout se met à fondre. L'interprétation est moyenne mais Elisha Cuthbert s'en sort pas mal quand à Paris Hilton qu'il est de bon ton de critiquer, elle vaut pourtant mieux que ses collègues masculins.

Red eye  

Un film de Wes Craven (2005) avec Rachel McAdams. On ne comprend pas le titre, mais ce n'est pas bien grave. Craven, le maître de l'horreur s'essaie au thriller. C'est une série B avec son lot de faux raccords , voire d'invraisemblances, mais il faut pas attendre autre chose que de passer un bon moment, et de ce point de vue on est pas déçu, du suspense, une Rachel McAdams rayonnante, un méchant très réussi et un final de slasher.

Kingdom of heaven 

Un film de Ridley Scott (2005). Une catastrophe ! L'une des premières répliques du film est "Je suis ton père", non ce n'est pas Dark Vador, c'est encore pire! Le film est un catalogue de situations invraisemblables : Orlando Bloom subit une demi-heure d'apprentissage de combat à l'épée et dans la foulée il est grâce à son habileté l'un des rares survivants d'un affrontement sanglant entre guerriers aguerris., Un peu plus tard (rappelons qu'on est au 12ème siècle) un type nous fait un cours d'anatomie sur le danger qu'il y a de laisser s'introduire de la moelle dans le sang… on pourrait en lister une page entière. Autre boulet, les dialogues, on sait que les chevaliers étaient d'une éducation très rustre (revoir Excalibur à ce propos), mais là ils s'expriment comme des agrégés de philo. Encore un boulet : Orlando Bloom aussi charismatique et expressif qu'un poireau… Et puis surtout ce n'est pas passionnant, on ne s'accroche à rien, on s'ennuie. Je veux bien qu'on nous dise que les intentions de Scott étaient bonnes, mais n'empêche que le film est raté de chez raté. Ridley Scott, l'homme qui rate un film sur deux.

Elecktra 

Un film de Rob Bowman (2005) avec Jennifer Garner. Ils se sont quand même mis à trois pour écrire le scénario de ce tissu d'inepties incohérentes. Des films nuls, il y en mais là on touche le fond.

Match Point

Un film de Woody Allen (2005) avec Scarlett Johansson. L'exemple même d'un scénario transcendé qui devient un chef d'œuvre. Soulignons d'abord ce qui est le plus frappant : la direction et le jeu d'acteurs qui atteint un niveau de "naturel" assez bluffant, Scarlett Johansson crevant littéralement l'écran. Ensuite le sujet est parfaitement maîtrisé, avec une montée en puissance qui va transformer la romance en thriller en faisant de Jonathan Rhys Meyers un personnage ambitieux complexe mais néanmoins sympathique, à ce point qu'on ne peut s'empêcher de s'identifier à lui, jusqu'à ce que cela ne soit plus possible. Que le film soit immoral est une évidence, mais c'était le but recherché, nous sommes bien dans une thématique de Woody Allen, rechercher le sens de la vie et la réponse qu'il nous propose est finalement désespérément réaliste. Un pur chef d'œuvre !

Les Frères Grimm  

Un film de Terry Gilliam (2005) avec Mat Damon. Il y a des films qui enthousiasme, des films qui horripilent et puis il y en a comme celui-ci où on a juste envie de dire "bof". En effet si l'idée de départ est originale, la réalisation satisfaisante, les acteurs plutôt bons (à l'exception de Belluci, assez éteinte), et les effets spéciaux inventifs, le film ne suscite aucun enthousiasme, l'histoire est plate, ne passionne pas et on est même parfois à la limite de l'ennui. Seul le sourire de Lena Headey éclaire ce film.

Palais Royal !

Un film français de Valérie Lemercier (2005) avec elle-même, Lambert Wilson, Catherine Deneuve, Mathilde Seigner, Michel Aumont… En voilà une idée de scénario qui est plutôt originale, aller raconter les tribulations d'une princesse héritière atypique au milieu d'une famille royale pas si claire que ça ! Ça fonctionne plutôt bien, tout ce petit monde est fort convaincant, et on est un peu triste à la fin.

Fog

Un film de Rupert Wainwright (2005) produit par John Carpenter. Le film reprend la trame du film de Carpenter de 1980. Je n'ai rien contre les remakes, encore faut-il qu'ils ne soient pas comme ici une dégradation de l'original et qu'ils apportent quelque chose de neuf. Nous avons donc ici un film mou avec des acteurs assez peu convaincants (mais les actrices sont mignonnes), un sale gosse qui non seulement tue le suspense (on sait très bien qu'il va s'en échapper) mais qui est plus malin que les autres (Ah, le papier collant en bas de la porte pour empêcher le brouillard de pénétrer dans sa chambre !) Quelques jolis effets spéciaux (le brouillard, la mort du pasteur). Le résultat est juste moyen mais ne mérite néanmoins pas la descente en flamme dont il a été l'objet..

Oliver Twist  

Un film de Roman Polanski (2005) avec Ben Kingsley. Il manque sans doute le petit quelque chose qui aurait pu en faire un chef d'œuvre. Mais ça reste très bon, le jeune Barney Clark est parfait, Leanne Leanne Rowe qui joue le rôle de Nancy est très affriolante, en revanche Ben Kingsley et Jamie Foreman donnent l'impression de surjouer (en fait quand on sait comment Polanski dirige ses acteurs ce n'est effectivement qu'une impression). Les reconstitutions londoniennes sont excellentes, la photographie et la bande sonore aussi.

Charlie et la chocolaterie

Un film de Tim Burton (2005) avec Johnny Depp. Visuellement c'est un enchantement (dès le générique), l'inventivité est partout et c'est assez réjouissant de voir le film régler son compte avec quelques sales gosses (on n'avait pas vu ça depuis WC Fields !). La parodie de 2001 est également assez cocasse. Côté négatif, les petits bonhommes sont assez agaçants, le côte psychanalytique navrant et la morale finale bien gnian-gnian .

Shadowboxer

Un film de Lee Daniels (2005) avec Helen Mirren. Un thriller impliquant un couple atypique de tueurs. C'est à la fois très noir, violent, émouvant et dérangeant et loin des codes et des standards d'Hollywwod. Helen Mirren montre encore une fois combien elle est une énorme actrice. Bonne direction d'acteurs, bonne musique, un film qui a des tripes. Chef-d'oeuvre !

Bubble

Un film de Steven Soderbergh (2005). N'importe qui a le droit de faire des films "expérimentaux". Ici on ignore quelle expérimentation a voulu réaliser Soderbergh, mais c'est raté, long, ennuyeux et inintéressant, quand le film semble enfin commencer on se dit qu'on va peut-être avoir droit à quelque chose de surprenant, même pas ! Et quand le mot fin arrive brusquement, on se demande ce qu'on vient réellement de regarder !

La légende de Zorro

Un film de Martin Campbell (2005) avec Antonio Banderas et Catherine Zeta Jones. Un insupportable sale gosse "tête à claques" (et faut le voir pour le croire), une intrigue complètement téléphoné et sans aucune subtilité, un complot débile, une idéologie simpliste, des allusions religieuses lourdingues, un humour bêbête (le cheval qui fume la pipe, qu'est-ce que c'est drôle !) un manque total d'enjeu, et un combat final très poncif. Ça fait beaucoup de casseroles ! Alors que reste-t-il , Le charme de Catherine Zeta Jones, ça ne suffit pas à faire un film.

Combien tu m'aimes ?

Un film de Bertrand Blier (2005) avec Monica Belluci, Bernard Campan et Gérard Depardieu. C'est du Blier tout craché, on aime ou on n'aime pas mais au moins ça a du style. Ce conte poétique avec un doigt d'érotisme (sublime Monica Belluci !) ne raconte pas grand-chose, mais il le raconte bien avec un mélange de tendresse et de folie et surtout infiniment de respect pour le personnage joué par Bellucci. D'ailleurs c'est bien cela la thématique du film, "le respect" ! Mais c'est une pute  ! diront plusieurs personnages ? Et alors ? fait répondre Blier.  La bande sonore composée d'extrait d'opéras italiens est fabuleuse et utilisée fort à propos. (cf La Traviata pendant la fête chez Belluci)

La vie de Richard Muller est plus belle que la vôtre

Un film de Richard Muller (2005). Lamentable. S'il y a une question qu'on se pose après avoir vu cette "chose" c'est comment un type peut se déconsidérer lui-même à ce point, étalant sa cruauté satisfaite (la scène du chat) son inculture crasse (les propos sur Truffaut) et ses problèmes d'ego. En plus c'est mal fait et la bande son est pourrie. A sauver du désastre l'interview cher France-Inter et le générique final qu'il convient de regarder jusqu'au bout.

Next Door

Un film norvégien de Pal Sletaune (2005). Un quasi huis clos racontant la folie d'un type qui ne sait plus faire la différence entre ses cauchemars, ses fantasmes, et la réalité. Après un début intrigant, le film perd son intérêt, et s'embrouille tout seul.  

Alone in the dark

Un film de Uwe Boll (2005) avec Tara Reid. Inintéressant, confus, bavard, mal réalisé et ridicule, même la présence de Tara Reid ne parvient pas a sauver ce film de l'ennui.

Pervert

Un film de Jonathan Yudis (2005) avec Mary Carey. Il faut aimer les séries Z et il faut aimer les gros seins. Ce film délicieusement absurde vérifie l'adage qu'un film que l'on regarde jusqu'au bout ne saurait être mauvais. Le scénario est d'une loufoquerie digne du surréalisme. Le film est inclassable, horrifique, érotique, fantastique, il est à la fois un peu tout ça, et si l'aspect gore n'a rien de terrible on n'est pas près d'oublier les prestations mammaires de ces dames, notamment celles de la sculpturale Mary Carey (Mary, pas Maria). Ce film se veut un hommage à Russ Meyer ! Un hommage fauché mais un bel hommage !

Brice de Nice

Un film de James Huth (2005) avec Jean Dujardin. S'il se regarde jusqu'au bout, c'est qu'on se demande ce qui pourrait sauver ce film : deux ou trois gags, la présence de Dujardin, les rôles discrets mais sympathiques d'Elodie Bouchez et d'Alexandra Lamy (en sirène). Le film n'est en fait qu'une succession de gags assez lourds voire ratés dans une ambiance de cours de récréation. C'est pas nul, mais c'est mauvais.

Crustacés et coquillages

Un film d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (2005). Un joyeux marivaudage où il est question de bisexualité et d'homosexualité. C'est bien, fait, très frais, intelligent, et à contre-courant de la morale bien pensante. Bref on passe un bon moment à condition de ne pas être coincé par le sujet. (le public a boudé... forcément ça dérange et c'est fait pour ça !). Valéria Bruni-Tedeschi est vraiment magnifique ! Côté négatif on regrettera une direction d'acteurs parfois approximative et Jacques Bonnafé dans le rôle de l'amant de madame qui est plutôt mauvais.

Sin City

Un film de Robert Rodriguez et Frank Miller (2005) avec Bruce Willis, Jessica Alba, Clive Owen, Mickey Rourke. Pour l'anecdote c'est tiré d'une BD de Frank Miller que peu de gens connaissent en France (en tous cas je n'en avais jamais entendu parler), ça n'a pas empêché les critiques de complaisance de gloser sur l'univers graphique de Miller sans en avoir jamais ouvert une page et juste parce qu'on en parlait dans le dossier de presse. Visuellement c'est grandiose : photographie et éclairages magnifiques, effets colorés sur le noir et blanc, montage survitaminé et femmes superbes, et ça réussit l'exploit de nous scotcher jusqu'au bout malgré la pauvreté (on pourrait même parler d'indigence) des trois scénarios (enfin presque parce que vers la fin on est quand même pas bien loin de l'over dose…) Il est amusant de constater que le film est construit suer le même principe que les films pornos à scénarios (comme ceux de Mario Salieri par exemple) dans lesquels l'histoire n'est là que pour introduire (humm) les scènes du genre. Ici simplement le sexe est remplacé par la violence et le sadisme. Et bien voyez-vous, je préfère le porno, c'est infiniment moins malsain. Cela dit j'avoue avoir aimé regarder ce film, mais sans doute est-ce parce que je ne suis pas parfait, mais qui l'est ?

Dirty Love

Un film de John Mallory Asher (2005) avec la très belle Jenny McCarthy (Playmate de l'année en 1994. Plus belle femme du monde pour FHM en 1998) qui a écrit le scénario. Descendu injustement par la critique et ayant récolté 4 razzies awards, ce film constitue pourtant un excellent divertissement. Jenny McCarthy est rayonnante de beauté et la voir jouer est un véritable plaisir. Le scénario n'a pas grande importance est n'est qu'un prétexte à introduire des scènes de comique de situation complètement barrés et qui admettons-le sont loin de faire dans la dentelle… Et alors ? C'est parfaitement assumé et l'essentiel est que ça fonctionne ! On ne s'ennuie pas et on passe un bon moment, on pourra juste regretter la fin un peu nunuche.

Les producteurs  

Un film de de Susan Stroman (2005). Susan Stroman est la chorégraphe qui monta la pièce à Brodway d'après le film de Mel Brooks (lequel a produit le film) . Chorégraphe et metteur en scène de cinéma ce n'est pas le même métier et ça se voit : il par exemple dommage que le film s'encombre d'un long début poussif, ou d'une scène de procès raté et pénible, car sinon nous avons là un petit bijou de kitch et de mauvais goût revendiqués. Tout est dans l'outrance et dans la vulgarité (vous savez cette vulgarité dans laquelle les gens se complaisent en société mais qu'ils s'évertuent à condamner au cinéma, que n'aurait-on point dit si le réalisateur eut été un homme, les féministes auraient crié au machisme et la misogynie. Mais manque de pot lé réalisatrice est une femme). Le film contient de grand moments, on n'est pas près d'oublier le ballet des déambulateurs et puis il y a Ulla Thurman, impériale. Alors l'impression finale est mitigée, ce n'est pas un mauvais film mais qu'est-ce qu'il, aurait pu être mieux !

Trans America  

Un film de Duncan Tucker (2005) avec Felicity Huffman. D'un côté nous avons une Felicity Hiffman dont le jeu (à défaut du physique) est absolument fabuleux, de l'autre un empilement de clichés qui devient vite pénible (la drogue, la prison, la prostitution, la mère suicidé, le père adoptif violeur… toute la panoplie quoi ! et même le refrain anti-tabac) On surfe souvent à la limite du mélodrame et on tombe en plein dedans quand madame se met à, chialer dans une scène insupportable. La réalisation est très moyenne, ça se regarde gentiment mais sans provoquer l'enthousiasme, on est loin de "Priscilla, folle du désert", très loin !

Gigolo malgré lui   

Un film de Mike Bigalow (2005), suite de Gigolo à tout prix, les gags de ce film sont aussi lamentables que dans le premier, pourtant ça se regarde, sans doute parce que ça ne respecte rien, et que le politiquement correct en prend pour son grade, sans doute parce qu'une sorte de 36ème degré nous y fait trouver de l'intérêt. Il est même supérieur au premier, le côté moralisateur étant nettement moins appuyé et limite décalé. PS : J'ai bien aimé Monika Kuczewska, la présentatrice météo.

7 secondes

Un film de Simon Fellows (2005) Ça commence par plein de braquages de fourgons blindés. On n'y comprend pas grand-chose. C'est suivi d'une improbable course poursuite comme on a en déjà vu mille fois. Et quand les fils de cet imbroglio commencent péniblement à se démêler on se rend compte que le réalisateur s'est moqué de son public sur toute la ligne.

Pretty Persuasion  

Un film de Marcos Siega (2005). Il a voulu nous monter quoi le réalisateur ? Une machination, nous montrer qu'à partir de faux témoignages on pouvait commettre des ravages parfois irréparables. Louable intention ! Le souci c'est que la démonstration est ratée : Techniquement c'est mal fait, scènes trop longues, trop de blablas, les prétendues audaces n'existent qu'au niveau du langage et Woods en fait tellement de trop qu'il en est ridicule. Sur le fond c'est plus grave, la scène où le moyen oriental s'en prend à "l'Amérique dépravée" est à gerber, et puis dans le genre cliché à deux balles, nous dire qu'une manipulatrice est forcément une prédatrice sexuelle, c'est d'un lourd. Un propos confus pimenté d'un moralisme ambigu. Poubelle.

Ma sorcière bien-aimée

Un film de Nora Ephron (2005) avec Nicole Kidman… Le pitch de départ avait du potentiel. Mais la réalisatrice a préféré nous pondre une histoire bien sucrée sans aucune surprise, encombrée de blablas inutiles, (les dernières quinze minutes sont à ce propos un véritable supplice). Will Ferrel est à la limite du supportable, Shriley McLaine et Michael Caine n'ont pas assez d'espace pour s'exprimer, seule Nicole Kidman sort du lot et nous empêche de couper rapidement court à ce ramassis d'absurdités mal réalisé, mal dirigé et au scénario prévisible sans intérêt (et même pas drôle).

Madame Edouard  

Un film de Nadine Monfils (2004) avec Michel Blanc, Didier Bourdon, Josiane Balasko, Dominique Lavanant… Evidemment si on regarde le film comme un polar on risque d'être déçu du voyage ! Mais justement ce n'est pas un polar et ce n'est pas une comédie policière non plus. C'est une galerie de portraits brossée à l'occasion d'une intrigue policière farfelue bourrée de trouvailles insolites. Tous ces personnages dont beaucoup sont des marginaux sociaux (le travesti, la prostituée, la nymphomane, le nain…) sont décrits avec un mélange de fantaisie et de tendresse. (le petit rôle de la fille de Bourdon joué par Julie-Anne Roth est à ce sujet éloquent, elle crève l'écran de son regard). On sent les acteurs joyeusement impliqué dans cette production, et si le rôle du légiste est un peu limite, on remarquera la surprenante prestation d'Annie Cordy ainsi qu'une guest-star inattendue en la personne du fantôme de Magritte. Un gros coup de cœur et très belle réussite !

Closer, entre adultes consentants

Un film de Mike Nichols (2004) avec Natalie Portman, Julia Roberts, Clive Owen, Jude Law, Magistralement réalisé et interprété, le film de Nichols se contente de nous montrer sans juger quoique ce soit. La réflexion ne porte pas sur une critique de l'adultère, mais sur la jalousie masculine (de ce point de vue, les femmes auraient presque le "beau rôle") et l'obligation du mensonge. Les dialogues sont bien vus, l'interprétation est solide avec Julia Roberts, divine mais c'est surtout la prestation de Natalie Portman que l'on retiendra sublime en strip-teaseuse ! Le film se réfère explicitement au Cosi fan tutte de Mozart et Lorenzo da Ponte (bande son et thème) Mozart nous montrait que rien n'empêchait de s'accommoder d'un ménage à quatre, Le film de Nichols est donc plus pessimiste et aussi moins subversif que l'opéra de Mozart, c'est juste un peu dommage !

Eros Therapie   

Un film de Danièle Dubroux (2004) avec Isabelle Carré, Catherine Frot, Julie Depardieu. Il y a plein de bonnes choses dans ce film, déjà l'interprétation avec une Isabelle Carré magistrale, une Catherine Frot très professionnelle, quelques personnages loufoques dont Julie Depardieu jouant la secrétaire du bordel SM clandestin et Claire Nebout (en jolie dominatrice). Certaines scènes sont hilarante (le curé). Le scénario est décalé, aussi ne cherchons pas les invraisemblances. On suit donc avec plaisir les improbables pérégrinations de tout ce petit monde même si le personnage de Bruno est très moyennement joué et passablement agaçant (on se demande aussi l'utilité de celui joué par Eva Ionesco). Mais le gros problème est que la réalisatrice n'a pas su finir son film, nous infligeant d'abord un retour à la "normalité bourgeoise", puis se reprenant au dernier moment, pour nous dire le contraire.

La mauvaise éducation

Un film de Pedro Almodóvar (2004) avec Gael García Bernal. Du grand art, même si parfois on est un peu perdu. Almodovar arrive a nous parler de sexualité enfantine sans être scabreux, de nous parler de de l'hypocrisie des curés sans sombrer dans le grotesque, et de nous parler d'homosexualité avec naturel. Une mention spécial pour l'acteur mexicain Gael García Bernal qui porte le film et dont le rôle en travesti est extraordinaire (l'un des plus beaux rôles de travesti de l'histoire du cinéma)

Le Marchand de Venise

Un film de Michael Radford (2004) avec Robert De Niro, Jeremy Irons et Lynn Collins. C'est du Shakespeare pur jus et le réalisateur a fait le choix de ne pas moderniser le récit qui mêle le tragique, l'absurde, la farce mais aussi l'ambiguïté, il n'a pas non plus profondément modernisé le texte, on peut sans doute le regretter. Visuellement c'est superbe, la photo et les décors sont magnifiques. L'interprétation de De Niro est magistrale, Jeremy Irons est très bon et Lynn Collins absolument fabuleuse dans le rôle de Portia. On ne peut en dire autant de certains seconds rôles masculins (les dénommés Kris Marshall et Charlie Cox sont absolument exécrables et font taches). Un bon spectacle.

Ocean's twelve

Un film de Steven Soderbergh (2004). On prend les mêmes et on recommence, on y ajoute Catherine Zeta-Jones (pas mal du tout) et Vincent Cassel (bof). Seulement là ça ne fonctionne plus, le scénario devient rapidement confus puis carrément incompréhensible. Faute de pouvoir vraiment suivre, on regarde le film de façon distante… pour les acteurs et quelques rares bonnes séquences notamment celle avec Julia Robert et Bruce Willis tandis que d'autres nous font soupirer d'exaspération (Cassel surfant entre les rayons laser). La malédiction des suites a encore frappé

Shaun of the dead

Un film d'Edgar Wright  (2004) Une parodie des film de zombies à la sauce british et complétement barré. C'est un peu long à démarrer (ça cause beaucoup au début) mais une fois que c'est parti, ça ne s'arrête plus. Tous les codes du genre sont repris, amplifiés, détourné jusqu'à l'absurde (les zombies qui brusquement stoppent l'attaque du pub, pendant que les "héros" réfléchissent", l'armée qui tire aveuglement sur tout ce qui bouge, mais qui épargne le couple de survivants, le groupe de survivants qui est décimé dans l'ordre "logique"). Réjouissant et iconoclaste.

RRRrrrr!!!

Un film d'Alain Chabat (2004). Ça se regarde mais laisse comme une impression de bâclé et/ou d'inachevé. Ce n'est pas nul, c'est juste mauvais. La distribution est très inégale, et si Maurice Barthélemy est mauvais, Jean Rochefort, ridicule, Jean-Paul Rouve et surtout Marina Fois sont, eux, très bons. On a droit à quelques surprises comme cette parabole où un type rejeté par tout le monde insulte Rouve à cause de sa blonditude (et oui, on peut être différent et con, hélas…) ou cette magnifique fin ou les deux clans se baignent dans la même rivière. Mais à côté de ça, il faut bien admettre que la plupart des gags et des répliques tombent à l'eau. Ici l'effet Garcimore n'est plus un mystère : ce qui fait rire à table entre potes ne produit pas obligatoirement le même effet au cinéma, et c'est sans doute ce que n'a pas compris l'équipe du film. Dommage le concept était amusant.

Capitaine Sky et le monde de demain

Un film de Kerry Conran  (2004) avec Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie. Heureusement qu'il y a Gwyneth Paltrow ! L'idée de départ est formidable mais mal exploitée en raison d'un scénario trop simpliste, des longueurs soporifiques et d'une intrigue qui n'arrive pas à nous passionner. Sinon les décors sont assez fabuleux, il faut bien le reconnaître, mais bon ça ne suffit pas a en faire un film.

Le Fantôme de l'Opéra

Un film de Joel Schumacher (2004). Andrew Llyod Webber avait réussi en 1986 une mémorable adaptation musicale de l'histoire de Gaston Leroux. Schumacher la porte donc au cinéma et le moins qu'on puisse dire c'est que ça aurait pu être beaucoup mieux. Bien sûr, la mise en scène est ingénieuse, les décors, les costumes, les seconds rôles (Ah, Minnie Driver en Carlotta !) sont parfaits. Mais là où ça pèche c'est au niveau des acteurs principaux. : Raoul est mauvais de chez mauvais, et si le fantôme passe à la limite, la jeune Emmy Rossum qui joue Christine est certes charmante et possède un joli filet de voix, mais elle n'a malheureusement rien d'une actrice professionnelle. Comment ce qui aurait pu être un excellent film parvient-il donc à être plombé par son casting ? On passe quand même un assez bon moment malgré quelques longueurs.

L'Enlèvement  

Un film de Pieter Jan Brugge (2004) avec Robert Redford, Helen Mirren, Willem Dafoe. C'est mou, c'est bavard, c'est filmé sans génie et il ne se passe pas grand-chose. Le montage parallèle est absurde : une longue marche en forêt du matin jusqu'au soir alors que l'attente familiale qui ne commence que le lendemain dure plusieurs jours (où étaient donc Redford et Dafoe les jours suivants et pourquoi cette balade en forêt sans but ?). La fin est bâclée et peu claire. Côté acteurs, ces messieurs assurent mollement, mais Helen Mirren, réussit à près de 60 ans à illuminer ce tout petit film.

La mutante 3

Un film de Brad Turner (2004). Ce film non diffusé en salles a été vilipendé par la critique pour de mauvaises raisons. Le scénario serait absurde ? Non, la SF n'est jamais absurde, on lui demande juste d'être cohérente. Les tartuffes poussent des cris d'orfraies parce qu'il y a de la nudité. Non soyons objectif : c'est une série B qui tient parfaitement la route, les effets spéciaux sont excellents, le scénario se tient, l'interprétation est correcte. Et si Natasha Henstridge n'apparaît que 5 minutes, Sunny Marbrey la remplace bien, et Amelia Cooke, est charmante

Le secret des poignards volants

Un film de Zhang Yimou (2004) avec Zhang Ziyi. Esthétiquement c'est une merveille, les acteurs jouent bien, Zhang Yimou est absolument charmante quoiqu'un peu frêle, on ne s'ennuie pas une seconde, malgré le côté peu passionnant et le vide émotionnel de l'histoire, bref un beau spectacle dont on regrettera la conclusion non pas à cause de ce qui se passe (à ce stade on s'en fout un peu) mais parce que le réalisateur en rajoute des louches. Il faut bien quand même parler du scénario qui réussit l'exploit d'être à la fois simpliste, absurde et incompréhensible (faut le faire !). Quant au fond, il est complètement lisse, sauf à nous dire qu'on est tous des pions… (Merci monsieur Zhang Yimou, ça c'est de la philosophie !). On ressort de la projection comme au cirque, en n'en rapportant rien si ce n'est près de deux heures d'émerveillement, après tout c'est toujours ça !

Catwoman

Un film de Pitof (2004) avec Halle Berry et Sharon Stone. Ce film a été descendu en flamme notamment en se faisant décerner trois Razzie Awards. C'est injuste, il s'agit d'un bon divertissement, les effets spéciaux sont très biens et Halle Berry est rayonnante de beauté. On regrettera simplement le combat final lourdement inutile.

Space movie : La menace fantoche

Un film de Michael Herbig (2004). Du grand n'importe quoi complètement assumé. Il faut s'habituer au trio en gilet fluo assez insupportable, c'est souvent très lourd, mais ça se regarde, il y a quelques bonnes scènes, la reine est bien jolie et le pastiche de Minority Report assez dément.

Van Helsing

Un film de Stephen Sommer (2004) avec Kate Beckinsale. Une idée de base farfelue puisque après une entrée en matière avec un improbable (et assez mauvais) Mr Hyde, Van Helsing va se trouver au milieu d'un embrouillamini à base de Dracula, de Loup garou et de Monstre de Frankenstein. (il ne manque que la momie et l'homme invisible !). Tout cela fonctionne fort bien pendant une petite heure, le temps d'être émerveillé par les effets spéciaux (les femmes vampires sont très réussie). Mais rapidement le film qui n'avait rien à nous dire n'a plus rien à nous montrer, on sait très bien comment ça va finir, les cascades sont répétitives, il n'y a ni tension, ni suspense, et on n'éprouve aucune empathie pour les personnages. Les acteurs sont passables, et Kate Beckinsale, peu mise en valeur. La moyenne, quand même... pour le spectacle…

Le jour d'après

Un film de Roland Emmerich (2004). C'est un film catastrophe à soubassements scientifiques farfelus sur le motif d'une seconde ère glaciaire réfrigérant tout sur son passage en à peu près une semaine chrono : l'hémisphère Nord, après avoir été dévasté par des typhons, est submergé par les eaux puis congelé par surprise (et moins 80° C), comme nos ancêtres les mammouths. Les effets spéciaux sont grandioses et le réalisateur arrive à nous passionner avec une intrigue neuneu.

Les bouchers verts

Un film danois d'Anders Thomas Jensen (2004) - L'histoire de deux apprentis bouchers, deux paumés qui peinent à lancer leur propre boucherie et qui finissent (suite à un concours de circonstance) par proposer de la viande humaine (des volaillettes) dont la clientèle va raffoler. Je vous laisse imaginer l'ambiance. C'est comique, mais c'est paradoxalement parfois très tendre et cette fable complètement immorale nous fait passer un très bon moment.

Fenêtre secrète

Un film de David Koepp (2004) avec Jonny Depp. C'est pas mal, le sujet n'était pas si facile, à la base il s'agit d'une histoire de Stephan King, un auteur pas toujours évident à adapter (Carrie et Christine étant deux belles exceptions). Certaines scènes sont téléphonées. Le twist final arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, quant à la dernière scène avec la venue du sheriff, elle laisse perplexe et contredit tout le discours du film selon lequel "c'est la fin qui est le plus important". Se laisse voir sans déplaisir pour les prestations de Jonny Depp et de John Turturro . A noter l'excellente musique de Philip Glass

Dead and Breakfast

Un film de Matthew Leutwyler (2004) Il faut supporter le premier tiers du film, son rythme bourrin et ses blagues potaches, à ce point que l'envie de laisse tomber n'est jamais bien loin. Et puis soudain, c'est le miracle, ça démarre, ça devient foutraque, l'hémoglobine coule à flot et tout se mélange (la nuit des mort vivants, massacre à la tronçonneuse, vendredi 13, body snatchers… et même Thriller, le clip de Landis et Jackson) ça ne se prend jamais au sérieux, tout cela commenté au son d'une musique country (un peu comme dans Cat Ballou). Ça n'a rien de génial mais on passe un bon moment (et en plus, les filles sont belles)

Dracula 3000  

Un téléfilm de Darrell Roodt (2004). Comme quoi au cinéma, tout est dans la réalisation. Avec ce même scénario où la science-fiction rejoint le film de vampire, un réalisateur doué aurait pu si on lui en avait donné les moyens nous sortir un bon blockbuster ! Mais ici c'est complètement fauché, les acteurs ne sont pas dirigés, (Coolio est insupportable de bêtise) et le vampire est aussi sexy qu'une charrette de foin) les décors sont minables. Heureusement le film lorgne vers le second degré, (il est question d'un vaisseau venant de la planète Transylvania dans la Galaxie des Carpates !) on aura ainsi le plaisir de voir une stagiaire spatiale avec des couettes, et la jolie Erika Eleniak qui joue le rôle d'un robot avouer qu'elle est une ancienne PP (pute programmée). On ne saura jamais la raison l'omniprésence de symboles de l'Union Soviétique dans ce vaisseau censé avoir été abandonné au 30ème siècle. C'est vraiment pas terrible, mais ça peut se regarder.

Man On Fire

Un film de Tony Scott (2004) Une première partie ennuyeuse où on attend que ça démarre, une seconde partie où le scénario vire dans le grotesque en nous montrant Denzel Washington luttant (avec efficacité et sadisme) contre toute les ramifications d'une cruelle mafia mexicaine (La seule bonne idée étant le démontage des magouilles liées à l'enlèvement et à la rançon). Si la réalisation est correcte malgré certains tics visuels dont on se demande l'utilité, c'est surtout au niveau du fond que le film est plus que douteux. Il s'agit ni plus ni moins d'une apologie des conceptions fascistes en matière de lutte contre le crime (on appréhende pas, on tue sans faire de détail et on interroge sous la torture, quant aux avocats, c'est bien connu ils sont tous véreux). Ajoutons-y une omniprésence ridicule de la religion, une vision raciste du Mexique, présenté comme un pays de gangsters où tout le monde est plus ou moins corrompu, (même le gentil inspecteur fédéral qui ne donne des renseignements que contre une partie de baise, même la gentille journaliste qui baise pour avoir des renseignements). Entre autres idioties on nous explique en passant qu'il vaut mieux faire du sport de compétition que d'assister à des cours de piano… et qu'il est possible de boycotter ces derniers en émettant des rots ! Et puis c'est quoi cette philosophie de bazar : "une balle dit toujours la vérité !", qu'on nous sert froid et réchauffé ? Quant au casting, si Washington est en service minimum, si Christopher Walker, perdu dans cette galère est excellent, le reste est médiocre. Le film se termine par un semi happy end aussi improbable que farfelu. A éviter !

Deep Evil

Un film de Pat Williams (réalisateur de téléfilms canadiens, 2004) - Le thème du petit groupe où tout le monde va se faire trucider, les uns après les autre par un montre gélatineux et avide de destruction. Film fauché, scénario absurde, acteurs têtes à claques (et c'est rien de le dire), les militaires sont cons comme ce n'est pas permis (mais là, le réalisateur n'y est pour rien)  Bref un navet (à sauver une étrange scène collé dans le film comme un cheveu sur la soupe ou Lindsay Maxwell nous fait un savoureux strip-tease suivi d'une danse-contact devant le "héros" du film menotté sur une chaise !)

Koma

Un film de Law Chi-Leung (2004) Une sorte de giallo hongkongais avec une actrice principale (Angelica Lee) fort jolie. On a du mal à suivre, c'est mou, c'est confus et plus ça avance moins c'est intéressant.

Coup de foudre à Bollywood

Un film de Gurinder Chadha (2004). Avec Aishwarya Rai. Les femmes sont belles, mais tout le reste est insupportable de ridicule, (l'histoire, les chorégraphies, les acteurs masculins, la mise en scène, la musique) et ne suscite vraiment pas l'intérêt.

La confiance règne  

Un film d'Etienne Chatilliez (2004) avec Vincent Lindon et Cécile de France. Si la réalisation est légèrement en deçà de ses films précédents, ce film n'en constitue pas moins un petit bijou d'insolence et d'amoralité. On est dans la farce, dans la dérision, inutile de chercher la vraisemblance. C'est très bien joué avec un Vincent Lindon jouant un personnage bien plus complexe qu'il n'y parait et une Cécile de France rayonnante. L'humour est parfois un peu prout-prout, et alors ?

Podium

Un film de Yann Moix avec Benoît Poelvoorde et Jean-Paul Rouve (2004) - Naïvement je croyais que le film allait tailler un costard aux claude-francisquins. Ben pas du tout c'est au contraire une sorte d'hommage béat à l'androgyne à paillettes. Le film est donc à l'image de son sujet : insignifiant !

The Grudge

Un film de Takashi Shimizu (2004) avec Sarah Michelle Gellar. Ça se traîne lamentablement, les acteurs sont mous (Sarah Michelle Gellar est très décevante), la réalisation est approximative c'est confus, peu compréhensible et on ne s'accroche à rien. Que ce film ait eu du succès à ce point qu'on ait produit des suite restes un mystère.

La chute

Un film allemand d'Oliver Hirschbiegel (2004). Il fallait une performance d'acteur assez exceptionnelle pour rendre le personnage d'Hitler crédible, et c'est réussi. Balayons les critiques : Le sujet c'est la chute du Reich ce n'est pas autre chose et c'est le choix du réalisateur. On aurait voulu humaniser Hitler ! Pas besoin c'était un être humain et même qu'il mangeait 5 fruits ou légumes par jour, et c'est justement le fait qu'un être humain ait pu devenir ce montre qui nous fout les boules. Pour le reste, voici une démonstration éclatante de c'est qu'est le syndrome du culte du chef. Ça fait froid dans le dos… surtout quand on pense que des tarés arborent encore aujourd'hui la croix gammée. Un film passionnant, et plutôt bien fait, même si l'image à la fin de la petite secrétaire (faux-cul) s'en allant en vélo parmi les champs de pâquerettes avec le gamin est complètement incongrue.

Aviator

Un film de Martin Scorsese (2004) avec Léonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Kate Beckinsale. C'est un biopic. Le genre est intéressant quand il décrit une personnalité hors du commun et ici avec Howard Hugues on est d'autant mieux servi que DiCaprio habite réellement ce personnage aux facettes mutiles : avionneur génial, aviateur casse coup, décideur puissant, homme à femmes et maniaque compulsif. La mise en scène et le montage tourbillonnent et ne nous laisse aucun répit. A souligner la performance exceptionnelle de Cate Blanchett qui réussit le tour de force de jouer le personnage de Katharine Hepburn en restant crédible. On ne peut en dire autant de Kate Beckinsale qui tente de faire du Ava Gardner, mais là le pari était sans doute impossible, sinon la direction d'acteurs est exceptionnelle. Il y a peut-être deux ou trois longueurs mais on ne va pas chipoter. Un biopic qui donne envie de voir ou de revoir ses trois films fabuleux (oui, trois parce que Scarface doit plus à Howard Hugues qu'à Howard Hawks.)

Monsieur N.

Un film d'Antoine De Caunes (2003). Et si Napoléon n'était pas mort à Sainte-Hélène ? Voilà un sujet dont il permit de de foutre comme de sa première culotte. Et bien, Antoine De Caunes a réussi à rendre cette histoire intéressante, que dis-je passionnante. La reconstitution est réussie, la musique colle au récit. Le scénario ne sombre pas loin de là dans l'idolâtrie napoléonienne, Philippe Torreton campant avec brio un Napoléon intelligent mais cynique et, manipulateur. Le reste de la distribution est également remarquable. Côté féminin si Elsa Zylberstein est très bien en Albine de Montholon, l'actrice incarnant Betsy fait un peu erreur de casting.

Prisonniers du temps  

Un film de Richard Donner (2003). Un vieil archéologue disparu pendant des fouilles est recherché par deux play-boys et une nana. Ils s'en vont donc se renseigner chez le sponsor qui cache une machine sécrète à remonter dans le temps. Ça tombe bien car justement le sponsor les attendaient pour les envoyer au Moyen-âge afin de récupérer le papy. Et cinq minutes après, nos trois zigitos partent dans la machine (avec quelques accompagnateurs) avec la même désinvolture que s'ils allaient chercher une canette de bière chez l'épicier du coin. On comprend qu'il y a des rivalités chez le sponsor et que l'un des accompagnateurs n'est pas très clair mais ce point ne sera jamais éclairci ! Bref cette entrée en matière est une accumulation affligeante et à peine croyable de bêtises en tous genres. On s'apprête donc à lâcher l'affaire quand nous voilà au Moyen-âge … et miracle on a droit alors à une série B tout à fait regardable.

Saw

Un film de James Wan (2004) : Ça commence plutôt bien avant de s'enliser complètement. On y croit pas une seconde et on ne peut se raccrocher à aucun des protagonistes. Le scénario est tordu et parsemé d'inepties et de contradictions (le toubib qui va s'en va voir une copine en pleine nuit pour ne rien lui faire, la poursuite avec une cible immanquable, mais des balles qui tombent à côté), la fin est d'une bêtise abyssale, c'est mal joué, nauséeux. De plus les aspects moraux (purement gratuits) sont débectants : le sommet étant atteint par une junkie qui remercie le tueur de lui avoir redonné le goût à la vie. Je préfère cent fois un bon porno, c'est beaucoup moins malsain.

Creep

Un film de Christopher Smith (2004) avec Franka Potente. Un excellent film d'horreur ayant pour cadre le métro et les égouts de Londres. De la tension et une très belle et très bonne actrice (Franka Potente) qui ressemble un peu à Cate Blanchett. Certes, on ne comprend pas tout, mais la suggestion et le mystère ne sont-ils pas des ingrédients de l'horreur ? Quant aux comportements des protagonistes pourquoi voudrait-on qu'ils soient rationnels puisque les réactions à la panique ne le sont presque jamais

36 quai des orfèvres  

Un film d'Olivier Marchal (2004) avec Gérard Depardieu et Daniel Auteuil. Le film souffre de plusieurs défauts, le principal étant sa confusion, on a du mal à comprendre les événements du début. Ensuite ça va mieux jusqu'à la conclusion ou les incohérences reprennent et où on nous adjoint du pathos. Si on y ajoute les dialogues couverts par la musique, les invraisemblances (Auteuil qui s'échappe du bureau du juge d'instruction juste pour faire un bisou à sa femme) et un Depardieu peu motivé, difficile de comprendre ceux qui hurlent au chef d'œuvre. Au titre des bonnes choses :  la scène du tout début où l'on pique la plaque de rue du quai des orfèvres et la présence de Mylène Demongeot en pute retraitée (69 ans au moment du tournage). Pas de quoi s'affoler, vraiment pas !

Piégés  

Un film de Miguel Bardem (2004) avec Victoria Avril. Les comédies sur les escrocs et les escroqueries sont souvent agréables à regarder et ici c'est le cas. La réalisation est nerveuse, l'interprétation est excellente, bref que du plaisir. Il est dommage qu'à la fin le réalisateur ait tellement forcé le trait qu'une avalanche de retournements de situations nous fait complètement perdre le fil et qu'il devient impossible de savoir qui est avec qui, qui trahit qui, qui est mort, qui est vivant et qui est escroqué.

La Secte des vampires (Out for blood)  

Un film de Richard Brandes (2004). Ça commençait très bien avec une première demi-heure originale et fort bien illustrée, la belle Jodi Lyn O'Keefe est très jolie et très sexy en vampirette, l'orgie est dépeinte de fort belle façon, juste ce qu'il faut sans excès mais sans pudibonderie et la scène d'horreur qui s'en suit vaut son coup d'œil. Le souci c'est qu'après ce départ flamboyant, ça tourne en rond et ça ne passionne plus, on part à la chasse aux vampires avec tout le fourbi. Evidemment la série de twist finaux est là pour nous surprendre mais ça fonctionne à peine entre situations alambiquées et le dernier plan qui défie la logique interne du film.. bref on est déçu !

La nuit des loosers vivants  

Un film de Mathias Dinter (2004) avec Collien Ulmen-Fernandes. Quelle surprise ! Déjà le scénario est astucieux puisque les zombies sont les héros de l'histoire et non les monstres à éradiquer. Et en plus ils réfléchissent (pas tous !). L'humour est très bien dosé, c'est très inventif, plein de trouvailles et de rebondissements, on a droit à une galerie de personnage plus farfelus les uns que les autres, dont une professeur cougar et une prof de gym sadique nommé Staline. Et puis il y a Collien Ulmen-Fernandes, inconnue en France mais qui a sa petite célébrité en Allemagne, elle est de père hindou et de mère hongroise, et ça nous fait une brunette absolument craquante. Un excellent moment de cinéma bis.

Chouchou

Un film de Merzak Allouache (2003) avec Gad Elmaleh - Beaucoup de tendresse, beaucoup d'humour. Le milieu travesti y est dépeint avec un mélange de respect et de fascination. Gad Elmaleh en femme est fascinant. On regretta juste la fin un peu tirée à la ligne et le rôle trop chargé de l'inspecteur Grégoire. Sinon un très bon et intelligent divertissement.

Kill Bill

Un film de Quentin Tarantino, (2003) avec Uma Thurman. Le scénario tient en une ligne : Une femme veut se venger et doit tuer cinq personnes. Il y a des duels où défilent tous les poncifs du genre (sans qu'on sache à quel degré ça doit être pris), quelques longueurs, de la jolie zizique, Uma Thurman est très photogénique, c'est plutôt bien filmé et bien monté, mais tout ça ne suscite pas l'intérêt.

La jeune fille à la Perle

Un film de Peter Webber (2003) Scarlett Johansson est très belle (On n'est pas près d'oublier la scène ou Vermeer lui demande se mouiller les lèvres - trois fois de suite,- mon dieu, quelle bouche !), même si ici seul le visage est mis en valeur. Que dire d'autre sur ce film qui a choisi la carte de l'esthétisme : Que c'est beau, que le métrage est mesuré évitant à l'ennui de s'installer malgré la lenteur du propos, et qu'on a tout sauf perdu son temps en le regardant.

Big Fish

Un film de Tim Burton (2003). Une déception car non seulement l'histoire est peu intéressante, mais les efforts du réalisateur pour la transcender fonctionnent mal. C'est pleurnichard, ça insiste lourdement sur le moralement correct (c'est quoi cette fable de homme qui refuse l'adultère ? On sait que la fidélité n'est qu'un manque d'occasion, or l'occasion il l'avait ! L'argument évoqué "Il n'aimera jamais qu'une seule femme" n'étant que de la propagande moraliste.) Ajoutons quelques mauvaise idées (le géant) et la prestation tête à claque de Marion Cotillard ! Que sauver ? Pas grand chose : peut-être la séquence chinoise, la sirène fugitive et l'excellent prestation de Helena Bonham Carter. Ça ne fait pas le compte.

Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl

Un film de Gore Verbinski avec Johnny Depp et Keira Knightley. (2003). Ça se laisse regarder mais ça n'est guère passionnant (comment voulez-vous vous passionner pour un scénario inexistant ?). La réalisation est molle, c'est tiré à la ligne avec des scènes interminables et sans surprises. Les duels sont inintéressants, les gags lourds et tous les poncifs sont là. Côté acteur, Johnny Depp a tendance à cabotiner, et si Keira Knightley est rayonnante de beauté, Orlando Bloom est une catastrophe (il est si mauvais qu'on se demande comment il a réussi son casting) . Que sauver ? Quelques bons plans, par-ci, par-là, quelques trouvailles et un brin de folie. Un résultat très moyen et un succès public inexplicable (alors que le sublime "Pirate" de Polanski n'a pas eu cette chance ! Allez y comprendre quelque chose, vous ?)

Le vaisseau de l'angoisse

Un film de Steve Beck (2003). Excellente surprise, une séquence d'ouverture absolument fabuleuse, une histoire passionnante même si on ne s'écarte pas trop des codes du thème, des décors fabuleux. Un mot sur le casting, si les acteurs sont bons et bien dirigés, le choix de Julianna Margulies comme actrice principale n'était peut-être pas très judicieux, en revanche la présence sulfureuse de la très belle et très sexy Francesca Rettondini, ça c'est quelque chose. Un très bon film !

Pas sur la bouche  

Un film d'Alain Resnais (2003). Avec Sabine Azema, Audrey Toutou, Isabelle Nanty, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Darry Cowl, Daniel Prevost… Un film d'Alain Resnais (2003). Avec Sabine Azema, Audrey Toutou, Isabelle Nanty, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Darry Cowl, Daniel Prevost… Adaptation à côté de la plaque d'une excellente opérette à succès de Maurice Yvain et André Barde (1925) Contrairement à ce qu'il affirme, Resnais ne connait rien à l'opérette qu'il massacre deux fois : d'une part en édulcorant l'excellente musique originale de Maurice Yvain avec des arrangements gnangnans où tout entrain disparaît, d'autre part en ayant fait le choix assumé de faire chanter des acteurs dont ce n'est pas le métier. Cela n'a pas empêché les critiques qui n'ont probablement jamais vu l'opérette originale d'encenser cette adaptation médiocre. La distribution est très inégale : si Lambert Wilson et Isabelle Nanty passent bien, si Darry Cowl (dans le rôle travesti de Madame Foin, la concierge) est surprenant, Pierre Arditi et Sabine Azema font peine à voir, quant à Jalil Lespert, c'est une véritable catastrophe. Certes, la mise en scène est inventive et soignée, mais elle ne peut sauver le film. Parlons du texte : les livrets d'opérettes étaient souvent des vaudevilles très légers et agréables et n'étaient que prétexte à la mise en musique… Si le livret était, disons moyen, et c'est plutôt le cas ici, on ne retenait que la musique… (d'ailleurs on venait surtout pour ça). Ici ça ne risque pas, alors que l'air vedette "pas sur la bouche" fit un tube à l'époque… Qu'on se donne la peine de comparer avec les belles réussites qu'étaient "Il est charmant" (Louis Mercanton 1931) ou "Un soir de réveillon" (Karl Anton, 1933), on se rend vite compte qu'il n'y a vraiment pas photo !

Willard

Un film de Glen Morgan  (2003) avec Crispin Glover. Evidemment que ce n'est pas crédible, puisque c'est un conte fantastique, (Est-ce que Dracula ou les 10 commandements sont crédibles ?). Crispin Glover se révèle être un acteur extraordinaire très expressionniste (au sens artistique du terme), parfois hystérique et porte tout le film.  Le rôle du patron, en revanche est très moyen. L'histoire est originale avec de très bonnes scènes (même si certaines sont téléphonés). Parfois amusant, parfois touchant, parfois effrayant... Un bon film.

Scary Movie 3

Un film de David Zucker 2003. Ça commençait pourtant très bien avec Pamela Anderson en guise d'intro, puis ça part dans tous les sens, c'est bavard, mal joué (l'ex acteur porno gay Simon Rex est très mauvais) et même ennuyeux. Quant aux gags ils sont aussi lourds qu'inefficaces. Autrement dit on a hâte que ça finisse. A sauver du naufrage trois choses : la veillée mortuaire, l'ahurissante remise du prix Mère Theresa par le président des Etats-Unis (Leslie Nielsen) et le dernier plan pas si mal. Il vous faudra néanmoins pour arriver à la fin vous armer de courage et subir une séquence de compétition de rap interminable et d'une bêtise incommensurable.  

Créance de sang

Un film de Clint Eastwood (2003). Le scénario est absurde, peu compréhensible (qu'on m'explique par exemple cette histoire de code !), ça n'avance pas trop vite, et le suspense ne dure pas bien longtemps. Une déception même si on regarde jusqu'au bout.

La Maison de l'Etrange

Un film de Kelly Sandefur (2003) avec Malcom McDowell. Tourné à la façon des téléfilms avec beaucoup de blaba, ce film tente d'exploiter son sujet avec plus ou moins de bonheur. La maison de poupée n'est pas mal, l'actrice principale (Megan Gallagher) non plus, les lutins sont médiocres. Deux ou trois bonnes scènes mais sinon tout cela est plat, sans surprise et sans risque tout en restant regardable.

Surrender

Un film de Katherine Brooks (2003). C'est creux, inintéressant, absurde, prétentieux, con, chiant et même les passages qui se veulent érotiques sont ratés.

Despedaro2 - Il était une fois au Mexique 

Un film de Robert Rodriguez (2003) avec Antonio Banderas et Johnny Depp. Le premier (El Mariachi) avait tout dit avec peu de budget, le second était médiocre, celui-ci n'ayant plus rien à nous montrer est nul. On n'y comprend rien et à vrai dire, on s'en fout complètement, les scènes de combat nous prennent le chou, Jonny Depp trouve le moyen d'être mauvais, et Banderas n'est pas mieux…

X-People

Un film X signé Antonio Passolini, pseudo de  Anthony R. Lovett, personnalité de l'underground de Los Angeles (2003). La volonté de lier les scènes hard par un scénario est louable, sauf qu'ici les propos tenus par un espèce de sosie d'Iggy Pop sont affligeants de stupidité, Reste le vif du sujet et force est de constater que si un certain classicisme est respecté, les modèles féminins (dont la superbe Tawny Toberts) sont tout à fait émoustillantes et que c'est très convenablement filmé.

I, Robot

Un film de Alex Proyas (2003) avec Will Smith. Un très bon film de SF, certaines scènes d'actions sont époustouflantes et l'intégration des robots dans les plans est tout à fait géniale. On ne s'ennuie pas une seconde, c'est très bien joué, on regrettera juste que le scénario soit basé sur une enquête en forme d'un jeu de piste alambiqué à la limite du compréhensible. Quant à la pub pour les godasses de sport c'est d'un grotesque !

Underworld

Un film de Len Wiseman (2003) avec Kate Bekinsale. C'est d'abord une ambiance, et l'idée de moderniser les vampires et les loups garous et de les faire évoluer dans un monde contemporain avec ordinateur, téléphones portables et armes high tech. (par contre les locomotives à vapeur font un peu désordre) est très bonne. L'ambiance des rues de Budapest est aussi très bien rendue, et l'actrice principale est très attachante. Pour ce qui est du scénario, c'est un peu confus, mais le film à l'intelligence de ne pas sombrer dans le manichéisme. Coté négatif, il faut bien admettre que ça devient pénible ces scènes de fusillades interminables à un contre 10 où seuls les acteurs principaux semblent savoir tirer correctement. Un bon divertissement qui n'a rien d'inoubliable..

Intolérable cruauté

Un film des frères Coen (2003) avec Georges Clooney et Catherine Zeta-Jones. Pas mal du tout; les frères Coen réinvente la comédie de mœurs à l'américaine, certes ça n'a pas le niveau des Lubitsch ou des Billy Wilder, mais le résultat est très correct, l'histoire est prenante, et les rebondissements bien amenés. On regrettera quelques longueurs (la scène du congrès est assez gavante), et une Catherine Zeta-Jones un peu figée. Clonney, lui est très bien. C'est un bon film, mêlant humour et cynisme…

21 grammes

Un film d'Alejandro González Iñarritu (2003) avec Naomie Watts, Sean Penn, Benicio del Toro, Charlotte Gainsbourg. Pseudo mélodrame sans grande originalité, sans intérêt, prétentieux, suffisant et contenant des allusions religieuses obsèdant le réalisateur jusqu'à la conclusion du film et qui finissent par devenir pénibles. Le récit est complètement déstructuré chronologiquement. Je n'ai rien contre à partir du moment où ça apporte quelques chose au film, je ne suis pas sûr que ce soit le cas ici. Il reste quoi ? Une excellente direction d'acteurs, les interprétations, celle étonnante de Sean Penn et celle magistrale de la très belle Naomie Watts ainsi qu'une assez jolie scène d'amour non doublée entre les deux ! PS : Le titre est trompeur, je croyais qu'il s'agissait d'une histoire de drogue, ensuite vu le déroulement du film, d'une histoire de taux d'alcoolémie, on n'apprend qu'à à la fin que 21 grammes ce serait le poids de l'âme (!), j'aurais su cela au début, cela m'aurais évité de regarder cette cuterie.

Confessions d'un homme dangereux

Un film de George Clooney (2003) avec Drew Barrymore, George Clooney, Julia Roberts et Sam Rockwell. L'entreprise était un véritable challenge : Faire un biopic d'un mec dont on a de bonnes raisons de penser que c'est un mythomane. (mais on n'en est pas absolument certain). Il ne fallait donc pas se planter sur le choix de l'acteur principal et il faut dire que Sam Rockwell fait là une performance remarquable, Clooney jouant les hommes de l'ombre en contrepoint discret. Côté actrice, si Drew Barrymore assure à plein régime, on ne peut en dire autant de Julia Roberts, qui ne fatigue pas trop. Le film est tout de même assez foutraque mais on s'habitue. Une sorte d'OVNI cinématographique, une curiosité.

Bienvenue chez les Rozes

Un film de Francis Palluau (2003) avec Jean Dujardin et Carole Bouquet. Partant d'un excellent pitch, le film offre quelques bons moments mais ne fonctionne pas dans la durée, la faute à un scénario bâclé, une réalisation molle et surtout une direction d'acteurs complétement déficiente (Carole Bouquet y est mauvaise). A retenir au milieu de ce désastre l'excellente scène avec la bonne

Confidence

Un film de James Foley (2003) avec Rachel Weisz, Andy Garcia, Dustin Hoffmann… Le début est prometteur, mais très vite le film devient confus et peu compréhensible, qui escroque-t-on ? Qui est avec qui ? Qui est contre qui ? Et plus ça avance plus c'est pire (à moins de prendre des notes, et encore !) Rachel Weisz est fabuleuse comme toujours et c'est elle qui nous fait regarder le film jusqu'au bout. Le réalisateur a choisi de laisser cabotiner Dustin Hoffman et Andy Garcia de façon éhonté dans leurs rôles secondaires et ils en abusent jusqu'au ridicule. Tout cela ne vole pas bien haut, c'est réalisé platement et le twist final est complètement artificiel.

Lost in translation  

Un film de Sofia Coppola (2003) avec Scarlett Johansson et Bill Muray. Malgré un début prometteur, ce film n'a rien à nous dire, et le charme de Scarlett Johansson ne parvient pas à nous sauver de l'insoutenable ennui qui s'en dégage. Les snobs ont aimé, tant pis pour eux.

Swimming Pool

Un film de François Ozon (2003) avec Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier. Parfois un peu lent, sinon c'est à la fois, très beau, et très très fort. La mise en place est longue sans être ennuyeuse, mais quand ça démarre, ça démarre, on a envie de savoir et certaines scènes sont proprement hitchcockienne (la magnifique scène du jardiner). Ajoutons à cela un fabuleux jeu d'acteur, Ludivine Sagnier qui joue de son corps avec un naturel époustouflant (Rampling aussi d'ailleurs, à 57 ans). Bref que du bonheur. Et quand la fin arrive on se rend compte qu'il y avait une tout autre lecture du film, ce qui aurait pu être artificiel, mais qui en réalité le rend encore plus intéressant.

Nathalie...

Un film d'Anne Fontaine (2003) avec Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu. Ce film beau et intelligent, il fallait oser le faire, merci à Anne Fontaine de l'avoir fait. Ce film sur un fantasme féminin est aussi un film sur le mensonge, sur la manipulation. Interprétation exceptionnelle de Béart et d'Ardant. Depardieu reste en retrait, puisqu'il n'est pas la vedette de ce film mais son sujet. Du grand art, d'autant que le twist final est terriblement astucieux puisque rien ne nous dit que Nathalie en se disant menteuse n'est pas en train de mentir (belle mise en abyme). Quelques petites digressions sortant le film de son scénario aurait pu être néanmoins être évitées.

Gothika

Un film de Mathieu Kassovitz (2003) avec Halle Berry et Penelope Cruz. Un thriller horrifique de bonne facture qui vaut bien mieux que sa réception critique. Le film est littéralement porté par une merveilleuse et resplendissante Halle Berry. Pénélope Cruz ayant écopé d'un rôle assez ingrat ne peut donner toute la dimension de son talent. Le scénario tient la route du moins pendant la première heure, (jusqu'à l'évasion). Après ça la baisse de régime est flagrante et on retombe dans une série B peu convaincante.

Après vous

Un film de Pierre Salvadori (2003) avec Daniel Auteuil, José Garcia et Sandrine Kimberlain. Un film sympathique mais qui donne l'impression de faire du sur place (un coup ça avance, un coup ça recule), ce manque de rythme aurait pu rendre le film poussif s'il n'était heureusement compensé par de bonnes performances d'acteurs, Garcia livre une prestation étonnante, Auteuil est très bon et Kimberlain merveilleuse comme d'habitude, quant à Marlilyne Canto qui disparaît à mi film elle ne démérite pas et est absolument charmante. La fin est peu douce-amère, mais au moins nous aura-t-on épargné les serments éternels. La bande son est exécrable.

Haute tension

Un film d'Alexandre Aja (2003) avec Cécile de France et Maïwenn. Ce film est d'abord un excellent film mêlant et dosant comme il le convient angoisse, horreur et gore. Le titre est bien choisi puisque la tension ne nous lâche à aucun moment pendant la vision du film. La performance de Cécile de France est remarquable et elle nous offre un quasi one-woman show qu'on n'est pas près d'oublier. Le réalisateur a choisi de twister son film afin de nous en offrir une seconde lecture, cette dernière est effectivement parfaitement possible et vient donner un sens à quelques scènes du début apparemment gratuites, mais laisse néanmoins perplexe. A voir absolument malgré cette réserve

Braquage à l'italienne

Un film de F. Gary Gray (2003) avec Charlize Theron. Un bon film de braquage même si on a fait mieux. C'est un divertissement efficace avec de jolies courses poursuite et la présence magique de Charlize Theron. C'est complétement invraisemblable mais ça n'a aucune importance On regrettera néanmoins une énorme facilité de scénario (la scène du restau), Et puis la publicité clandestine pour Mini-Cooper ça va bien cinq minutes. 

Good bye Lenin !

Un film de Wolfang Becker (2003) Quel dommage que le scénario cafouille vers la fin (l'attitude de la mère vis-à-vis du régime est-allemand manque de cohérence). Sinon c'est excellent. Rarement l'effet "Chris Marker" (qui montre comment l'image à elle seule est trompeuse et que le commentaire incorporé permet d'en dire tout ce qu'on veut y compris son contraire) n'avait été si bien illustrée. Le scénario qui n'aurait pu n'être qu'un simple vaudeville à le courage de nuancer certaines idées reçues et de poser quelques questions embarrassantes (qu'est-ce que la liberté quand on se retrouve sans travail ?) C'est bien interprété, c'est souvent drôle, intelligent. Bravo !

Wanted (Ils vont braquer l'Amérique !)

Un film de Brad Mirman (2003) avec Harvey Keitel, Gérard Depardieu, Renaud, Johnny Halliday. Richard Bohringer. On regarde jusqu'au bout sans s'ennuyer, (ce n'est pas le cas de tous les films), mais l'enthousiasme n'est pas là, non seulement c'est mauvais, mais on n'y comprend pas grand choses (et d'ailleurs on s'en fiche). Côté casting, Renaud et Halliday démontrent pour qui ne le saurait pas qu'ils n'ont jamais été des acteurs, Depardieu cachetonne, Keitel aussi (mais mieux). Le côté humour ne fonctionne pas, Une seule présence féminine, la jolie Joanne Kelly, mais le scénariste la fait disparaitre trop tôt; les scènes d'action sont mauvaises (à l'exception peut-être de la mort de Keitel), le final est grotesque… et on va arrêter là...

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2016
 


excellent
Très bon
assez bon, pas si mal
bof...
mauvais
nul