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rodriguez

 

Critiques en vrac

Page mise à jour le 23/09/2017

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2016
 

Femme Fatale

Un film de Brian De Palma (2002) avec Rebecca Romijn et Antonio Banderas. Après le ratage de Mission to Mars, De Palma revient en superforme et traite le sujet qu'il connaît et qu'il affectionne le mieux c'est à dire la Femme ! Ce film est non seulement palpitant, il est magique, l'héroïne ne se contente pas d'envoûter son monde dans le film, elle envoûte le spectateur, le scotche et le phagocyte. Un De Palma baroque comme on les aime, rempli de fausses pistes et de scènes chocs, la réalisation et la direction d'acteurs sont remarquables, les plans géniaux (ne serait-ce que celui du rideau de la salle de bain) Rebecca Romijn est sublime et Antonio Banderas très bon. Quant à l'érotisme, il a juste ce qu'il faut mais pour notre plus grand plaisir ! Ce n'est ni Pulsion ni Body double, mais ça vole tout de même très haut ! !

Parle avec elle

Un film de Pedro Almodovar (2002). Almodovar ose réécrire le mythe de la belle au bois dormant en nous faisant nous questionner sur nos codes moraux. Le film est d'une richesse incroyable, l'histoire étant jonchée de pépites, comme ces plans magnifiant l'étrange beauté de Rosaria Flores ou Caetano Veloso qui nous pousse une chansonnette (jamais sans doute on avait aussi bien chanté "Cucurrucucú Paloma" !) ou encore cet amant qui rétrécit, hommage farfelu, décalé et érotique à Jack Arnold. Quelques piques sur les médias, les psy, le prêt à penser… Mais surtout cette histoire forte, qu'Almadovar nous dépeint avec tact et en s'abstenant de juger (il y en a tellement qui juge les autres sans tout savoir). On est passé tout près du chef d'œuvre, mais le début avec les gesticulations de Pina Bausch qui loin de m'émouvoir a eu tendance à m'agacer.

Gangs of New York

Un film de Martin Scorsese (2002) avec Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Díaz. Une fresque grandiose et baroque filmée avec une maestria incroyable et avec des acteurs au top (DiCaprio et et Day-Lewis bien sûr mais Cameron Diaz trouve ici sans doute son meilleur rôle.) Le film vérifie au passage l'aphorisme d'Hitchcock énonçant que quand le méchant est réussi le film l'est aussi. Que la vérité historique ne soit pas respectée n'a strictement aucune importance, ce n'est pas un film historique, c'est une fiction s'inspirant de faits historiques. L'obsession de la vengeance, les manipulations des puissants, des retournements de vestes et des trahisons, le bien qui affronte le mal. .Un drame shakespearien en quelque sorte parfaitement réussi.

Arrête-moi si tu peux  

 Un film de Steven Spielberg (2002) avec Leonardo Dicaprio, Tom Hanks, Christopher Walken, Nathalie Baye. C'est très bon, mais évitons aussi de crier au miracle. Certes Di Caprio est loin d'être mauvais mais ce rôle aurait sans doute mieux convenu à un hyper actif comme Jim Carey. Tom Hanks est bon (il est toujours bon et peut jouer n'importe quoi). Si on ne n'ennuie jamais dans ce film très dynamique on est bien obligé d'admette qu'il y a des trous. Dicaprio devient à la fin un expert universel en faux chèque, mais le film ne s'attarde pas trop sur la façon dont il y est parvenu. On regrettera aussi certains côtés gnangnans très spielbergiens (la nuit de Noël, les relations père-fils, le culte de la famille…) Mais ne bondons pas notre plaisir, on passe un bon moment.

Arac Attack, les monstres à huit pattes

Un film d'Ellory Elkayem (2002) Si tous les poncifs du genre défilent (et il y en a !), si le petit copain de Scarlett Johansson a une vraie tête à claques, le film (une production Roland Emerich) parvient malgré cela à pencher du bon côté grâce aux bons effets spéciaux, à la bonne prestation de David Arquette et aux charmes de Kari Wuhrer et de Scarlett Johansson. Un peu d'humour (quelque fois très noir) , des araignées pas sympas du tout, des bruitages amusants. En gros le film tient ses promesses, c'est déjà ça.

Le pianiste

Un film de Roman Polanski (2002) C'est un chef d'oeuvre et une prouesse cinématographique d'avoir su adapter ce roman autobiographique en réussissant à nous captiver, à nous émouvoir, à nous horrifier sans jamais tomber dans le mélodrame. L'acteur principal, Adrien Brody est exceptionnel. Un monument du cinéma !

28 jours plus tard

Un film de Danny Boyle (2002) Ça met un temps fou à démarrer, ça se traîne et ne suscite pas vraiment l'intérêt. Les scènes d'action sont réalisées à coup de montages peu convaincants. L'ambiance de la ville de Londres qui a été évacuée ne rime à rien (il suffit de réfléchir un petit peu). Certaines scènes sont d'une stupidité affligeante (le super marché). Mais il y a quand même une bonne idée, celle de ce militaire peu fréquentable. Quant à la fin qui nous montre un coursier maigrelet venir à bout de toute une compagnie militaire, faut pas pousser non plus. Ce n'est pas nul, mais c'est mauvais et le fait que ce film ait obtenu le prix Hugo (prix spécialisé dans la SF) en 2004 en dit long sur ce que valent certaines récompenses !

Terreur.com

Un film de William Malone (2002) avec Natascha McElhone. Malgré la présence de la très belle Natascha McElhone, le film s'enlise, ne suscite ni intérêt ni émotion et devient rapidement  aussi incompréhensible qu'ennuyeux…et en plus il fait mal aux yeux.

La secrétaire   

Un film de Steven Shainberg (2002) avec James Spader, Maggie Gyllenhaal. Ah ! Ah ! Les ultra-féministes vont en avaler leurs chapeaux. Une histoire de relation sadomaso entre une secrétaire soumise et un avocat dominateur et complexé qui devient une histoire d'amour. Curieusement la clé du film nous est fourni par Peter, l'amoureux éconduit qui ne comprend rien à rien mais qui explique que pour qu'un couple "marche" il faut qu'il y ait compatibilité. Le jeu pervers (mais émoustillant) auquel se livrent James Spader et Maggie Gyllenhaal (fabuleux tous les deux) finira par les réunir dans l'amour. Le réalisateur ne juge pas ses personnages et les montre aussi avec leur défauts (voir la façon avec laquelle Maggie rompt avec Peter), mais assène certaines vérités qu'il est parfois bon d'entendre ("ton corps t'appartient, à toi d'en disposer à ta guise", dira le père de Maggie) ce que font deux adultes consentants ne regardent qu'eux (c'est la conclusion du film), mais la relation SM ne saurait être permanente, ce n'est qu'un jeu qui quand il est terminé fait que l'on passe à autre chose, cependant une relation durable entre deux personnes qui partagent ces jeux est aussi viable que n'importe quelle autre relation. Le film comporte quelques scènes fortes assez réjouissantes (les fessées, la masturbation dans les chiottes, la branlette de James Spader, les scènes de nus à la fin...)

Le cercle

Un film de Gore Verbinski (2002) avec Naomie Watts. Le film se démarque de la production courante de par son côté investigatif, ce qui contribue à le rendre intéressant, l'autre atout c'est Naomie Watts qui porte littéralement le film. Si la résolution de l'énigme peut être considérée comme tirée par les cheveux, on peut faire avec, après tout, c'est du fantastique. En revanche les ultimes rebondissements et le demi happy-end plongent le film dans la confusion. Le film n'est pas mauvais en soi, mais n'a rien de génial.

8 femmes

Un film de François Ozon (2002). Si on essaye de regarder ce film comme un polar ou comme une comédie dramatique on va forcément trouver ça nul. En revanche si on le regarde comme un jeu de massacre ça fonctionne parfaitement et on se régale. Côté actrices, Isabelle Huppert (extraordinaire) et Fanny Ardent (Glamoureuse) se détachent du lot, Emmanuelle Béart n'est pas mal non plus, alors que Catherine Deneuve n'a pas la grande forme. J'ai trouvé en revanche Ludivine Sagnier assez énervante. Il serait vain de rechercher à tout prix un message dans chaque film et celui-ci n'en a pas sauf à nous dire sans doute que tout le monde à un jardin secret, parfois obscur, mais pas toujours. Seul bémol : le choix d'entrecouper le film de chansonnettes n'est peut-être pas une grande idée d'autant que le meilleur côtoie le pire. Un très bon film !

Embrassez qui vous voudrez  

Un film de Michel Blanc (2002) avec Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet, Michel Blanc, Karin Biard, Denis Podalydes, Clotilde Courau, Vincent Elbaz… Un regard lucide et sans concession sur les faux-semblants de la vie sociale où tout le monde en prend pour son grade. Le ton est décontracté, l'humour souvent paillard mais subtil fait mouche sans qu'il ne soit gratuit. Evidemment ça ne finit pas, mais en y réfléchissant quelle fin pouvait-on donner sinon imaginer que la vie continuera sans que rien de fondamental ne sera changé ? La direction d'acteurs est plutôt bonne (Viard et Padalydes en tête) même si Rampling parait un peu fatiguée et le docteur pas très bon. On remarquera le rôle surprenant de Réna, un jeune éphèbe androgyne amant de Dutronc.

Panic Room

Un film de David Fincher (2002) avec Jody Foster. Sur un scénario à la fois simple et complexe, nous avons là un huis clos qui nous tient en haleine dès la dixième minute du film et qui ne nous lâchera plus. La tension dramatique est très forte, la réalisation est géniale aussi bien du point de vue technique que de la direction des acteurs (Jody Foster crève l'écran, une fois de plus) . On pardonnera quelques facilités de scénario (surtout vers la fin) après tout on est au cinéma. Du très grand cinéma !

Photo obsession

Un film de Mark Romanek (2002). Prix spécial du jury du Festival de Deauville 2002 ! On se demande quels étaient les autres films en compétition, parce celui-là, non merci ! L'idée de départ n'était pas sotte, un pauvre type seul au monde  qui s'identifie à la vie des ses clients photographes du dimanche dont il développe les photos, et Robin William est bien dans le rôle. Mais c'est d'une lenteur et d'une lourdeur incroyable, et la fin inattendue sombre dans un crétinisme moralisant absolument abject. A fuir !

L'Amour, six pieds sous terre (Plots with a View)

Un film britannique de Nick Hurran (2002) avec Naomi Watts et Christopher Walken. De l'humour british très efficace pour une histoire ayant pour cadre les entreprises de pompes funèbres. Après un démarrage un peu poussif, le film réussit à nous tenir en haleine jusqu'à la fin grâce à une mise en scène habilement menée. A remarquer le rôle de Naomi Watts en aventurière nymphomane...

Le roi scorpion

Un film de Chuck Russell (2002) Après les gamineries du "Retour de la Momie", on pouvait s'attendre au pire dans ce qui présenté abusivement comme le 3ème opus de la saga. Car ici point de momie, c'est un péplum au scénario basique :  Il faut tuer le chef des méchants (ou plutôt la sorcière qui le guide). Et paradoxalement, ça fonctionne plutôt bien. C'est du péplum à l'état brut, parfaitement consommable et sans prise de tête. A cent lieux donc du surestimé (et puant) Conan, le barbare.

DeathBed

Un film de Danny Draven (2002). Un pitch original, une histoire intéressante, un huis clos angoissant, une Tanya Dempsey très troublante, un petit côté pervers, un soupçon d'érotisme, une musique inquiétante, un montage plutôt bien fait. Voici un cocktail plutôt réussi pour ce petit film sans prétention qui nous fait passer un bon moment. (Certes, la fin est assez cafouilleuse, mais ça passe !)

Minority Report  

Un film de Steven Speilberg (2002) avec Tom Cruise. Quatre défauts et un miracle : Quatre choses agacent dans ce film, déjà l'idée sous-jacente qu'on puisse prédire l'avenir, (et le blabla métaphysique qui va avec), la seconde ce sont quelques cascades assez ridicules, la troisième est la présence éhontée de pub, et puis il y a ce happy-end genre "petite maison dans la prairie". Le miracle c'est que malgré tout ça, le film est excellent, l'intrigue ne se dévoile qu'à la fin mais n'est pas du tout tordu, la réalisation est excellente, excellemment photographié et une fois n'est pas coutume Tom Cruise est tout à fait supportable. A noter la scène d'anthologie avec les "spyders", espèces de minuscules robots araignées chargé de scanner les yeux des citoyens

Impostor

Un film de Gary Fleder (2002). Le film est estampillé Philip K. Dick, comme si c'était une référence en soi ! (Dick avait de bonnes idées, mais reste un écrivain surestimé). Donc allons-y pour un nouveau problème d'identité. Le problème c'est que le scénario est d'une pauvreté affligeante. Si Vincent D'Onofrio incarne un méchant comme on les "aime", on va suivre Gary Sinise (très fade et qui n'a pas l'étoffe d'un premier rôle) dans une course poursuite qui doit durer à peu près une heure et demi ! Et évidemment il est plus fort que tout le monde, inutile de dire que ça devient vite gavant. Reste le double twist final (pour le premier c'est une surprise, pour le second on s'en doutait un peu), le souci c'est qu'il est d'une absurdité totale, pas tellement en lui-même (quoi que...) mais par la façon dont ça se passe. Pas terrible !

Teenage Caveman

Un téléfilm de Larry Clark (2002). Construit comme un millefeuille avec un début post apocalyptique pas terrible, une seconde partie fauchée mais assez érotique où la belle actrice d'origine philippine, Tiffany Limos nous fait une démonstration de ses talents et de ses charmes, une troisième partie qui ressemble à un final de slasher (sans surprise mais pas mal) et une conclusion que j'ai renoncé à comprendre. C'est dans l'ensemble plutôt bien joué, les filles sont bien jolies et les effets gores sont "amusants". Certains y ont vu un message, faut pas déconner non plus, mais pour peu qu'on se laisse entraîner dans les délires du réalisateur on passe un bon moment.

Chicago

Un film de Rob Marshall (2002). Un film musical est souvent une œuvre collective et dans cette œuvre multi-oscarisée on est surtout fasciné par l'interprétation : Catherine Zeta-Jones crève l'écran et supplante Renée Zellweger pourtant sublime. Richard Gere s'en sort aussi très Bien. Et si la chorégraphie est excellente, la réalisation sans être mauvaise n'est pas à la hauteur. Il faut bien aussi parler du scénario dont le propos est de critiquer le fait que "tout n'est que spectacle". Pourquoi pas, encore faut-il que le trait soit fin ce qui est loin d'être le cas. Les deux protagonistes féminines sont de véritables garces (c'est rien de le dire), il est alors quand même surprenant que le film nous fasse à éprouver de l'empathie pour elles. Cela reste néanmoins un excellent spectacle.

Petits massacres entre amis

Un film de Andrew Green (2002) avec Paris Hilton. Une série Z fauchée, tournée en quasi huis clos et sans effets spéciaux (ce qui est un comble pour un film d'épouvante). La première partie est chiante, longue, bavarde et inutile. Après ça démarre et on peut s'intéresser à l'histoire qui n'est pas plus idiote qu'une autre. (Même qu'avec plus de moyens, on aurait pu en faire quelque chose). On ne voit pas Paris Hilton bien longtemps, c'est la première, à se faire massacrer (pas de bol !). Se laisse regarder mais comme une série Z.

La reine des damnés

Un film de Michael Rymer (2002). Grotesque, inintéressant, pudibond, sans aucun humour, prétentieux. Rien à sauver.

Bloody Mallory

Un film de Julien Magnat (2002) C'est une série Z et le film doit être jugée en tant que série Z. C'est complètement fauché (on a droit à une espèce de messe noire... sur le parvis du Trocadéro). Un scénario de folie : le nouveau pape Hieronymus 1er a été enlevé par une secte sataniste... Bloody Malaury (jouée par la très jolie Olivia Bonamy) et une bande de mutants dotés de super-pouvoirs (dont Vena Cava une drag-queen complètement déjantée jouée par Jeffrey Ribier alias Papillon) se lance à sa recherche... On passe un excellent moment de cinéma bis.

Tomb Raider : Le berceau de la vie

Un film de Jan de Bont (2002) Lara Croft sauve le monde avec la même désinvolture que si elle achetait un paquet de biscottes. Les scènes d'actions se succèdent en enfilades sans arriver à nous faire oublier l’inconsistance du scénario. Les cascades nous font ni chaud ni froid, les acteurs sautillent, et cela jusqu'au moment où on se dit qu'on a peut-être mieux à faire que de regarder ce machin jusqu'au bout... La présence de la splendide Angelina Jolie est toutefois très astucieuse car au lieu de laisser tomber ce tissu d'inepties incohérentes au bout d'un quart d'heure, on ne le fait qu'au bout d'une demi-heure...

Solaris

Un film de Steven Soderbergh (2002) avec Georges Clooney et Natascha McElhone. Au début on se demande où on s'embarque (c'est le cas de le dire). C'est beau, c'est intelligent, c'est bien joué (mais c'est vrai que c'est un peu lent) et surtout c'est intelligent et ça fait réfléchir. Qui sommes nous, sinon la somme de nos souvenirs ? Et si ces souvenirs étaient capables de se matérialiser ? Et dans ce cas sommes-nous vraiment nous-même ou la projection des souvenirs d'un autre à moins que nous ne soyons qu'une probabilité mathématique ! Vertige et mise en abîme ! Et puis il y a Natascha McElhone, jamais une actrice n'aura été aussi belle dans un film de S.F. Chef d'œuvre (et par pitié qu'on arrête les comparaisons avec 2001, ça n'a strictement rien à voir !)

Blanche

Un film de Bernie Bonvoisin (2002) avec Lou Doillon (insupportable), José Garcia, Jean Rochefort, Carole Bouquet. Une nullité à peine croyable. Tout est mauvais : les acteurs, les dialogues, la mise en scène, le montage, il n'y a rien à sauver, rien, rien du tout !

Frida

Un biotype de Julie Taymor (2002) avec Salma Hayek. Produit et interprété par Salma Hayek cette dernière réalise un véritable tour de force en s'identifiant totalement, sensuellement et violemment à son personnage. D'un destin difficile voir tragique, les auteurs ont voulu insister sur les aspects positifs et sur la rage de vivre de l'artiste. C'est beau, c'est bien fait, c'est décontracté, plein de vie de musique et de couleur, c'est intéressant et surtout c'est intelligent.

L'âge de glace 

Un film d'animation de Chris Wedge et Carlos Saldanha (2002). Techniquement c'est très bien, c'est pour les gosses, mais les scénaristes ont incorporé une lecture adulte qui ne pisse pas bien loin, l'histoire se traîne un peu et on n'évite pas les mièvreries d'usages. Ne vaut probablement pas sa réputation.

Hero

Un film de Zhang Yimou (2002). Résumons-nous, On nous montre de très belles images puis des combats spectaculaires. Quand le combat spectaculaire est terminé, on nous montre des belles images et à nouveau des combats spectaculaires, et ça tourne comme ça en boucle pendant 90 minutes. Tout cela est entrecoupé d'une tentative de scénario aussi hermétique qu'un bocal de cornichons et de références politiques vraiment pas bien nettes. Beau, mais chiant et inintéressant (ah j'oubliais, Zhang Ziyi est quand même très mignonne.)

L'ascenseur Niveau 2

Un film de Dick Maas (2002) avec Naomi Watts. 19 ans après le premier opus, Dick Maas remet le couvert, ce n’est pas une suite c'est un remake, et c'est plutôt réussi : humour macabre, gore, ton très décontracté, mais ne gênant pas la tension. Le réalisateur semble avoir pris un malin plaisir à ne pas respecter les codes de ce genre de film, et cela est plutôt jouissif. Et puis il y a Naomi Watts, et c'est un vrai plaisir de la voir jouer. On pourra éventuellement regretter la confusion de l'assaut de la tour, mais bon c'est du cinéma, alors délire pour délire… On ne s'ennuie pas une seconde, on se régale. Un très bon film, un petit bijou injustement sous-estimé.

Spider-Man

Un film de Sam Raimi (2002) avec Kirsten Durst. Il faut remettre ce film à sa vraie place, celle d'une série B primaire qui n'a rien ni d'inoubliable ni d'indispensable. Après un début assez intéressant, on tombe vite dans une alternance de scènes spectaculaires et de situations intimistes. Or si les premières sont plutôt bien faites et constituent le clou du spectacle, il faut bien avouer que les secondes sont horriblement ratées, interminables et niaises. Côté acteurs, Kirsten Durst fait ce qu'elle peut dans la limite d'un rôle où elle ne peut vraiment s'exprimer, Tobey Maguire n'a rien de génial mais ça passe, quand à Willem Dafoe son cabotinage est pénible. Ah, j'oubliai le film en profite l'air de rien pour défendre la peine de mort (pourquoi se gêner ?) et au cas où on n'aurait pas compris on nous répète trois fois qu"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". C'est vrai que Stan Lee a toujours cru qu'il était philosophe.

La pute et le pantin (Penocchio)  

Un film X de Luca Damiano (2002). Une parodie assez délirante et amusante de l'histoire de Pinocchio. Les scènes chaudes sont très bien filmées et les filles sont superbes.

Resident Evil

Un film de Paul Anderson (2002) avec Mila Jovovich et Michelle Rodriguez. Heureusement qu'il y a les nanas parce que sinon le scénario réussit l'exploit d'être à la fois simpliste et confus et finalement sans aucun intérêt.

Bikini bandits

Un film de Steve Gasse (2002) Que dire ? C'est un long clip de 60 minutes où sont mélangées quelques esquisses d'histoires entrecoupées de fausses publicités pas toujours très fines et d'inintéressants dialogues animés entre les auteurs. C'est assez graveleux, mais pas si désagréable à regarder quoique cette accumulations de plans très courts est quand même parfois soûlante mais contrairement à "Moulin Rouge", ça n'a aucune prétention "artistique" ! Et comme disait quelqu'un "si ce n'est ni bon, ni mauvais, c'est que c'est moyen !"

Le gourou et les femmes

Un film de Daisy von Scherler Mayer (2002). Pas mal de bons ingrédients (dont une chorégraphie gentiment loufoque), mais la sauce ne prend que trop rarement, les acteurs sont mal dirigés avec un Jimy Mistry agaçant et une Heather Graham très inégale (en revanche Marisa Tomei est très bien), sinon ça se traîne, ça moralise, ça nous pond des clichés qu'on croyait ne plus jamais revoir au cinéma et l'insupportable prêchi-prêcha à la fin nous donne envie de jeter quelques tomates sur l'écran. Quand je pense que certains critiques y ont vu une critique sociale, je me marre !

WiseGirls

Un film de  David Anspaugh (2002) avec  Mira Sorvino et , Mariah Carey. ne excellente surprise. Certes le film n'est pas parfait, souffrant d'une trop longue exposition et d'une conclusion peu convaincante, mais il faut souligner le scénario très original. (La mafia vue du point de vue des serveuses d'un restaurant) On pouvait craindre la prestation de Mariah Carey, mais elle s'en sort admirablement bien, acceptant de s'effacer pour laisser le premier rôle à Mira Sorvino, laquelle nous fais une prestation extraordinaire (il est vraiment dommage que cette excellente actrice, (révélée par Woody Allen dans Maudite Aphrodite) ne soit pas davantage sollicitée pour de grands rôles.

Rue des plaisirs

Un film de Patrice Leconte (2002) avec Patrice Timsit, Laetitia Casta, Vincent Elbaz. Un beau sujet, mais c'est raté. Le problème est simple, quand un scénario est trop mince, soit on le rend en exigeant qu'on l'étoffe, soit on le prend tel quel et on tire à la ligne, et c'est exactement ce qui se passe ici. Cela aurait pu faire un excellent moyen métrage de 30 à 45 minutes, mais là la mayonnaise ne prend pas. Que sauver ? Une reconstitution d'époque assez jolie, un point de vue intéressant sur la fermeture des maisons closes, une bonne musique, une excellente photographie, un étonnant Patrick Timsit, et la présence de Laetitia Casta qui ne sait ni jouer ni chanter mais qui est bien jolie.

Box 507

Un film d'Enrique Urbizu, (2002.) Ça commence par un scène complétement ratée (l'incendie de forêt) ensuite c'est pas mal du tout pendant la moitié du film, puis ça se complique tellement qu'on y comprend de moins en moins jusqu'au dénouement final carrément incompréhensible. Si on ajoute à tout ça que les personnages ne sont guère attachants, il ne nous reste plus grand-chose.

Les rois mages

Un film de Didier Bourdon et Bernard Campan (2001) avec les inconnus. En fait cette histoire aurait pu être formatée pour un sketch de 20 minutes, en faire un long métrage n'était pas une bonne idée : Le film peut faire sourire au début en raison des anachronismes, mais devient rapidement lourd et gavant, de plus la grosse erreur est d'avoir ajouté ce personnage féminin véritable faute de casting, et surtout on dont se demande ce qu'elle vient faire exactement dans cette histoire. Le film ne sait donc pas tenir la distance et plus on avance plus c'est pire jusqu'à la fin comble du grotesque.

Le Journal de Bridget Jones

Un film de Sharon Maguire 2001 avec Renée Zellweger. Pendant une heure on croit qu'on va voir un film original et au final on a un film qui finit dans la pire des guimauves (on la sentait venir mais on se disait, ce n'est pas possible ils ne vont pas oser nous imposer ça, bien si, ils l'ont fait). C'est dommage, il y avait quelques bonnes idées surtout dans la première partie. Renée Zellweger est excellente, Hugh Grant est bien, en revanche Colin Firth est une vraie tête à claques. C'est ni bon ni mauvais, c'est… bof !

Les autres

Un film de Alejandro Amenabar (2001) avec Nicole Kidman. Probablement le meilleur film de fantômes de tous les temps. Cela tient à la réalisation quasi hitchcockienne, au au suspense omniprésent, et à la prestation exemplaire de Nicole Kidman. Mais tout est bon (musique, cadrage, image, montage, mouvements de caméra) Les enfants sont également très bien dirigés (ça nous change des têtes à claques que l'on nous impose trop souvent). Chef d’œuvre !

Le pacte des loups

Un film de Christophe Gans (2001) avec Vincent Cassel, Monica Belluci. Les critiques ont aimé, le public aussi et pourtant c'est mauvais, c'est long, c'est chiant, le mélange des genres est grotesque (un indien et un monstre métallique qui s'invitent dans un film de cape et d'épée ou l'on fait du karaté). Les dialogues sont ridicules. Rien à sauver !

Moulin Rouge

Un film de Baz Luhrmann (2001). Avec Nicole Kidman. Ce n'est pas un film, c'est un clip musical et deux heures de clip, c'est trop long, le réalisateur confond le kitch avec l'originalité, le clownesque avec le grinçant, l'hystérie avec l'efficacité. Il nous fait mal aux yeux et nous abîme les tympans au lieu de nous intéresser à l'histoire. Le cinéma peut tout oser, et effectivement créer un film qui se passe dans une sorte de monde parallèle en 1900 mais où on danse sur du Bowie ou du Elton Jones était un pari risqué, certains ont cru qu'il était réussi, grand bien leur fassent, ce n'est pas mon cas, et j'ai stoppé cette horreur au bout de 30 minutes. PS : au fait depuis la sortie du film; quelqu'un a-t-il enfin précisé au réalisateur que le prénom de Toulouse-Lautrec n'était pas Toulouse, mais Henri ?

D'Artagnan

Un film de Peter Hyams (2001) Une version se voulant revigorante des aventures de d'Artagnan, mais qui est en fait à la limite du soporifique et desservie par un casting gnangran dans lequel Catherine Deneuve semble perdue. Difficile de s'intéresser à tout ça même si on est réveillé par un amusant combat final au milieu de grandes échelles en équilibre qui n'a pas grand-chose à voir avec le cape et d'épées mais qui est chorégraphiquement plaisant.

Tanguy

Un film d'Etienne Chatiliez (2001) avec Sabine Azéma et André Dussollier. Sur le thème du môme qui a 26 ans continue à habiter chez ses parents et qui finit par devenir pénible (une vraie glue en fait) ! Encore une réussite totale de Chatilliez

The Barber

Un film de Joel Coen (2001). Une photo magnifique, un casting très efficace pour les premiers rôles (Billy Bob Thornton, Frances McDormand, Scarlett Johansson) mais moins évidente pour les seconds rôles souvent à la limite de l'outrance (la scène du professeur de piano est ridicule). Quelques bonnes surprises puisqu'on se demande comment vont évoluer les rapports entre le coiffeur et Scarlett Johansson (et là on est servi !). Mais aussi des digressions qui tombent comme un cheveu sur la soupe (les ovnis), de l'homophobie lourde et gratuite, et surtout cette lenteur, cette incroyable lenteur qui nous fait dire : "bon, ça va on passe à autre chose... Quant au fond, s'il comprend en filigrane une critique du système judiciaire et policier américain qui se prend le pied dans le tapis, son propos et de s'interroger sur l'absurdité du destin. Bonne intention mais moyennement réussie.

From Hell

Un film d'Albert et Allen Hughes (2001) avec Johny Depp. Une très bonne version de la légende de Jack l'éventreur, version "gonflée", mais après tout pourquoi pas, nous sommes au cinéma et cela permet au réalisateur de régler quelques comptes avec certaines sociétés "secrètes". Johny Depp est très bon, c'est bien filmé avec une bonne ambiance (hommage involontaire (?) à la Hammer film) et le scénario fait preuve de beaucoup d'intelligence malgré une tendance au misérabilisme au début.

Divine mais dangereuse  

Un film de Harald Zwart (2001) avec Michael Douglas et Liv Tyler. Quelle surprise ! Je m'attendais à une énième comédie américaine lourdingue ciblant le public adolescent. Et bien pas du tout, c'est au contraire très adulte et la galerie de portraits qui nous est offert est tout à fait réjouissante (l'avocat maso qui se fait fouetter, le curé bizarre, la psy très pro, le flic amoureux…. ) Certes ces dames ne vont pas toutes apprécier et le film pourra être taxé de misogyne, mais que voulez-vous les hormones ça existe, et c'est bien ce que montre le film, une jolie garce qui tient les mecs par son charme, et comment résister ? Le film est particulièrement bien structuré, on ne s'ennuie pas, la distribution très correcte et Liv Tyler… Divine.

Hannibal 

Un film de Ridley Scott (2001) avec Anthony Hopkins et Julianne Moore. Un film qui donne la nausée. En fait Ridkley Scott s'est planté, il n'a pas su dans quel registre tourner son film (horreur, thriller, drame psychologique ?), il n'a pas su (ou très mal) nous dire à quel degré il fallait prendre tout ça. Trop sérieux pour être du second degré, on en est réduit à accepter cet impossible histoire d'attirance sexuelle d'une fliquette envers un monstre cannibale qui sortira du film impuni et provocateur dans une écœurante derrière scène. Berck.

Zoolander  

Un film de Ben Stiller (2001) avec Ben Stiller et Owen Wilson. Quand ce n'est pas tournée façon clip, on a droit a des dialogues interminables champs contrechamps comme personne n'ose plus en faire. Le scénario est du grand n'importe quoi mais c'est assumé. Stiller est quand même assez étonnant (ce qui n'en veut pas dire qu'il soit drôle), Owen Wilson se débrouille, Mila Jovovich touche le fond, en revanche Christine Taylor (Madame Stiller) est bien. En toile de fond une satire du monde la mode (Jacobi Mugatu fait irrésistiblement penser à un célèbre grand couturier franco-allemand égocentrique) et un doigt de critique sociale.  Se regarde mais n'a rien d'indispensable

Le tombeau

Un film de Jonas McCord (2001) avec Antonio Banderas. L'argument est farfelu (il est prouvé scientifiquement qu'on ne cloutait pas les crucifiés) mais fournit néanmoins un sujet original. On aurait donc trouvé le tombeau de Jésus ! C'est traité à la façon d'un film d'action où un envoyé du Vatican va devoir prouver qu'on a rien découvert du tout, cela sous fond de tensions israélo-palestiniennes et d'intégrisme religieux. Le film est violemment anticlérical (avec toutes les religions) c'est ce qui fait sa force, mais il n'est pas anti-religieux, ce qui fait sa faiblesse en nous imposant notamment ce happy end improbable, suivi du dialogue nian-niande l'archéologue avec sa fille, puis de la réaction finale de Banderas incapable d'aller jusqu'au bout de sa réflexion. Un film intéressant malgré ces réserves.

Ghosts of Mars

Un film de John Carpenter (2001). L'idée de mélanger science-fiction et film d'épouvante est complètement farfelue, et puis le souvenir de l'échec de Mission to Mars (De Palma) incitait à la prudence. Hors, ce film est une réussite totale. Décors magnifiques, action soutenue, bons acteurs (à ce propos, Natasha Henstridge, qui tenait le rôle de la mutante dans le film éponyme, est remarquable).

Serenity

Un film de Joss Whedon (2001) Une excellente série B de science-fiction avec des personnages bien plus complexes qu'ils n'en donnent l'apparence. Des belles images, de bonnes scènes d'action (sauf l'éternel poncif du héros qui se bagarre avec le vilain méchant). Pas de tronches de cake à la Star Trek, pas de métaphysique à la Star Wars, mais une bonne critique de la "croyance". Des relations intéressantes entres les personnages, un peu d'humour, une distribution féminine agréable, un scénario qui tient la route. Bref beaucoup de bonnes choses et surtout beaucoup de plaisir en le regardant

La vérité si je mens ! 2

Un film de Thomas Gilou (2001) . Il est rare qu'on opus 2 soit du même niveau que le 1er ! Ici l'exception confirme la règle, ce n°2 est même supérieur au n°1. Il y a en fait deux histoires parallèles (qui se rejoignent à la fin) une avec Anconina (très bon), et une autre avec José Garcia, la véritable vedette de ce film où quelques gags sont véritablement à mourir de rire.

Bandits

Un film de Barry Levinson (2001) avec Bruce Willis, Cate Blanchett. Dommage qu'il y ait quelques longueurs, car ce n'est vraiment pas mal du tout, immoral à souhait, bien filmé, si Bruce Willis fait du Bruce Willis, (mais il le fait bien), c'est Cate Blanchet qui illumine le film (la scène du découpage des légumes sur fond de Bonnie Tyler est fabuleuse) de sa beauté et de son talent. Quant au final il est époustouflant.

Le Sortilège du scorpion de jade

Un film de Woody Allen (2001) avec Charlize Theron. Il paraît que le réalisateur a avoué sa honte d'avoir fait ce film (mais avec Woody Allen, méfions nous de ce qu'il affirme). En fait cette histoire extravagante de machination avec la complicité d'un hypnotiseur, tiens parfaitement la route et on ne s'ennuie pas une seconde. Quand à Woody Allen, il est parfait.

Gosford Park

Un film de Robert Altman (2001). Le film est ambitieux, trop peut-être car quand le mot fin apparaît on se demande ce qu'on a réellement regardé ! Une énigme policière à la façon d'Agatha Christie ? Certainement pas, et d'ailleurs le réalisateur nous le montre bien en rendant son inspecteur grotesque. Alors une peinture de la haute bourgeoisie anglaise de l'entre deux guerre ? De ce point de vue ça se laisse regarder mais on reste vraiment sur sa faim.

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre

Un film d'Alain Chabat (2001) avec Gerard Depardieu, Christian Clavier, Jamel Debouze, Alain Chabat, Monica Belucci... On ne s'ennuie pas, c'est déjà ça, beaucoup de gags tombent à plat, (la pire étant celle du nez du sphinx, d'un ridicule absolu !) D'autres sont trop prévisibles (pour qui a lu les albums d'Astérix) comme les naufrages à répétition des pirates. Debouze et Clavier ne sont pas très bons, en revanche Depardieu est étonnant, la mise en scène est soignée et souvent très inventive. Quant à Monica Belluci qui n'a pourtant pas un rôle de composition, elle crève l'écran.. Finalement un film surestimé mais qui reste néanmoins dans la bonne moyenne.

La Tour Montparnasse infernale

Un film de Charles Nemes avec Eric et Ramzy (2001). Les numéros de duettistes d'Eric et Ramzy sont dans ce film d'une bêtise affligeante. Pour le reste, le pitch pouvait donner quelque chose et débute plutôt bien avant de sombrer dans la médiocrité. Les acteurs sont mauvais et ne semblent pas dirigés (exception notable pour Marina Foïs qui joue très bien). On regarde quand même jusqu'au bout, ce n'est donc pas nul mais très mauvais. Quant à la fin, elle réussit l'exploit de combiner deux erreurs de scénarios (où et quand nos deux andouilles ont-ils pris le temps de surcharger tous ces billets ? De plus contrairement à ce que laisse penser le film de tels billets restent utilisables.)

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain

Un film de Jean-Pierre Jeunet (2001) avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Jamel Debbouze… Que du bonheur ! Des séquences ultra courtes pour un scénario original (Amélie Poulain a envie de faire le bien autour d'elle, et le fait avec malice). C'est très bien fait, les personnages secondaires sont hauts en couleur, rien n'est infantilisant, et à la fin du film on est aussi ravi que l'héroïne du film ! Juste un mot sur l'extrême imbécillité d'une certaine critique (l'Humanité notamment) qui reproche au film de montrer une société qui n'existe pas, sans chômeur et sans immigré… (Parce que Jamel Debbouze, il est auvergnat sans doute ? Et puis n'aurait-on pas le droit d'aborder d'autres sujets que le surendettement de la classe ouvrière ?)

Scary Movies 2

Un film de Keenen Ivory Wayans (2001). Le prégénérique donne le ton : il règle d'abord efficacement son compte à l'Exorciste (avec James Wood dans le rôle) puis tombe dans le dégueu. Et tout le film sera comme ça : un enchaînement de stupidités scato-vomitives d'une lourdeur rarement atteinte. (la scène du repas atteint des sommets de débilité). Ça se regarde, mais c'est vraiment n'importe quoi malgré quelques éclaircies comme le pastiche de "drôles de dames". Une déception par rapport au premier opus.

L'affaire du collier

Un film de Charles Shyer (2001) avec Hilary Swank. Mais pourquoi donc cet excellent film très proche de la vérité historique et magnifiquement interprété n'est-il jamais sorti en salle en France ? Hilary Swank est excellente, la musique aussi, on ne s'ennuie pas une seconde pendant les deux heures du film. Que voulez-vous de plus ?

Mulholland Drive

Un film de David Lynch (2001) avec Naomie Watts. Il y a quelque chose de fascinant dans ce film. Les images (du moins la plupart car il faudrait aussi parler de l'obsession de Lynch pour le kitch) sont splendides et Naomie Watts est tout simplement exceptionnelle dans son rôle (les scènes lesbos sont magnifiques) ! Le film se regarde donc sans déplaisir et si on ne comprend pas tout, on se dit qu'on comprendra après. Or justement il est là le problème : Car plus on se rapproche de la fin moins on comprend, certaines scènes sont incompréhensibles et n'ont aucun rapport évident avec l'histoire (si toutefois il y a vraiment une histoire).  A ce stade, on perd pied, l'explication par le rêve n'est qu'une facilité non entièrement convaincante.  Le fait qu'il faudrait revoir le film pour vraiment le comprendre ne fait que souligner l'incapacité du "savoir montrer" du réalisateur. Bref un assez bel emballage sans film à l'intérieur !

Rouge à lèvres et armes à feu

Un film de Mel Smith (2001) Je ne connaissais pas Minnie Driver, je suis tombé sous son charme, mais ce n'est pas l'unique surprise de ce film qui dans le genre comédie policière légère un brin déjantée est tout à fait réussie. L'intrigue est parfaitement huilée, l'interprétation est excellente, et comme dans tout polar, il y a de l'action, des rebondissements, du suspense, des meurtres et des beaucoup de coup de feu. On déplore juste quelques petites longueurs. Une petite pépite qui se déguste avec gourmandise !

Ocean's eleven

Un film de Steven Soderbergh (2001) avec George Clooney, Brad Pitt, Mark Damon, Julia Roberts… Le début fait craindre le pire avec une inintéressante présentation des membres de l'équipe, puis tout s'emballe assez vite et on devient vite scotché par autant d'idées, autant d'inventivité et de surprises et qui plus est parfaitement réalisé et superbement interprété (petit bémol quand même pour Julia Roberts qui ne paraît pas trop concernée) . Un film de braquage élégant, presque trop gentil, sans un coup de feu tiré.

She-Creature

Un téléfilm de Sebastian Gutierrez (2001). Si l'on excepte l'apparition assez grotesque de la reine des sirènes à la fin, c'est vraiment excellent. Le scénario est très original (à commencer par le prélude bluffant à souhait), la mise en scène est bien vue, les deux personnages principaux sont des vrais personnages non stéréotypés incarnés par deux acteurs étonnants (car si Rufus Sewell est très bon, que dire de Carla Gugino qui crève l'écran de son talent et de sa beauté !) Quant à la sirène on va dire qu'elle est sexy et amusante, elle est même un peu lesbienne  sur les bords et pas mal cannibale. Une très bonne surprise, un film à découvrir !

Le retour de la Momie

Un film de Stephen Sommers. (2001) avec Brendan Fraser, Rachel Weisz et la vénézuélienne Patricia Vélasquez. Une suite  inférieure au premier, d'une part par l'indigence du scénario (d'accord c'est du fantastique et du délire, mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi), d'autre part par en raison de la présence d'un gamin (véritable tête à claques) qu'on a envie de baffer. Les scènes de combats sont comme d'habitude sans suspense (on sait très bien qui va l'emporter), et celle incorporant le "Roi Scorpion" est ridicule à souhait. Rachel Wiesz est toujours aussi charmante mais elle devenue sérieuse (on apprend d'ailleurs qu'elle est la réincarnation de Nefertiti, pourquoi se gêner ?) Mais bon, malgré toute ces réserves, ça reste assez bon, et ça nous fait passer un bon moment.

La tentation de Jessica    

Un film de Charles Herman-Wurmfeld (2001). Tout est dans le titre et dans l'affiche. Personne n'est pris par surprise et on sait pertinemment ce que l'on va voir. (la tentation d'une relation lesbos) Reste donc à savoir comment les auteurs du film vont traiter le sujet. Or ça ne fonctionne pas,  car si les actrices (qui sont aussi les scénaristes) jouent assez bien la comédie, l'histoire telle qu'elle nous est contée n'arrive pas à accrocher, tout et prévisible, rien ne surprend, ça piétine, ça ronronne d'autant que sur un tel sujet on aurait aimé un peu plus de transgression. Si on ajoute à cela certaines scènes ridicules et le personnage hideux joué par Jackie Hofmann, cela devient vite gavant et la tentation de fuir n'est pas loin d'autant que le film ne sachant que conclure choisit de ne pas le faire.

Absolument fabuleux

Un film de Gabriel Aghion (2001) qui nous avait pourtant donné un honnête "Pédale douce" en 1996 et un bon "Le Libertin" en 1999, mais celui-ci est absolument nul. J'ai décroché au bout d'une demi-heure de conneries, le film n'ayant toujours pas démarré.

Ma mère préfère les femmes (surtout les jeunes)

Un film d'Inés París et Daniela Féjerman (2001). Une déception. Sur de bonnes intentions de départ, les réalisatrices ne nous rendent qu'un brouillon. La première partie est tout à fait regardable malgré quelques clichés biens lourdingues et l'idiotie de la scène du concert de rock. A partir du départ pour Prague le film tombe dans une interminable surenchère de nunucheries et de sucreries sans aucun intérêt. Quant à la direction d'acteurs, elle manque de conviction et seules Leonor Watling et Sylvia Abascal s'en sortent correctement.

Animal ! L'Animal

Un film de Luke Greenfield (2001) avec Rod Shneider. Souvent lourdingue, le film comporte cependant quelques scènes étonnantes (le repas du bébé vautour), une héroïne inconnue mais mignonne comme tout, et une réflexion sur la racisme à l'envers, Sinon bof.

Les morsures de l'aube

Un film d'Antoine De Caunes (2001) avec Guillaume Canet, Gérard Lanvin, Asia Argento. Le film est inclassable et ceux qui y ont cherché un film de vampires ne peuvent être que dépités. En fait l'intrigue sert de voyage initiatique dans le milieu des noctambules parisiens, et de ce côté-là on est pas déçu, cela a des côtés fascinants mais surtout des côtés plutôt effrayants. Canet et Lanvin jouent merveilleusement bien, la prise de vue est très efficace et on ne s'ennuie pas une seconde. Pas mal pour un premier film…

Choke (Shock)

Un film de John Sjogren (2001) avec Dennis Hopper. Le scénario est réellement excellent et le début du film parvient même à nous scotcher. Les fausse pistes abondent (les autostoppeurs, le voyeur…) Quel mouche a alors piqué le réalisateur pour nous imposer un long et inintéressant dialogue entre les deux protagonistes parsemés de flash-back dont on se fout complètement (je suppose qu'il s'agit d'une critique de la psychanalyse de "bazar", mais ça n'a rien à faire là-dedans et ça casse le rythme du film). Le twist final n'est pas mal et l'interprétation de Dennis Hopper très correcte. Ça aurait pu être un grand film.

Evolution

Un film d'Ivan Reitman (2001) avec Julianne Moore et David Duchovny. Dans le genre SF loufoque on peut évidemment préférer Mars Attack de Burton. Cela dit le film est plaisant, un brin potache, un brin politiquement incorrect (Orlando Jones qui explique à l'une de ses élèves comment avoir une bonne note), un brin irrespectueux (le général, le gouverneur). Les effets spéciaux sont dans l'ensemble assez bien faits (excepté peut-être la grosse bouillie finale), la direction d'acteurs est plutôt moyenne (Duchovni est très beau gosse mais n'a aucun charisme) Julianne Moore apporte son lot de fraîcheur (même si on la préfère dans Short Cuts). C'est un film sans prétention et c'est bien comme ça qu'il faut le prendre, contrairement à SOS Fantômes, !a bande son ne nous prend pas la tête, c'est sympa à regarder, ça met de bonne humeur et c'est déjà énorme ! P.S. : Je n'ai pas compris l'affiche du film, c'est grave ?

Lucia et le sexe

Un film de Jukio Medem (2001). Soyons juste Paz Vega et Elene Anaya sont très belles et les (rares) séquences érotiques ne sont pas mal du tout. Mais à part ça ? Un acteur principal agaçant, une action qui se traîne, des bavardages qui n'en finissent pas, quant à la narration elle est tout sauf maîtrisé et s'enferme dans l'ennui. Et me direz-vous l'histoire ? Et bien justement je me demande quelle histoire le réalisateur a voulu montrer, c'est dire si c'est intéressant. Medem est bien plus doué quand il aborde l'érotisme brut comme il l'a prouvé dans le magnifique Room in Rome.

Nadia

Un film de Jez Butterworth (2001) avec Nicole Kidman et Vincent Cassel. Le scénario est inepte, et tourne à la comédie romantique à la sauce gnangnan avec faux twist, fin prévisible et tout le tremblement. L'acteur principal (Ben Chaplin) est plat comme une limande, Cassel est insupportable tellement il surjoue et Kidman et sous exploitée. Que reste-t-il ? Eventuellement quelques dialogues débiles : "T'es une girafe ?" "Oui !" ou la réponse cinglante de Kidman à Ben Chaplin quand il prétend lui faire la morale.

Hollow man 

Un film de Paul Verhoeven (2000). Ça commence en science-fiction et ça se termine en film d'angoisse/épouvante à gros budget. On comprend que ça puisse gêner (pourtant c'était la recette d'Alien…). Ce film est bien fait, il est mené à un train d'enfer et on ne s'ennuie pas une seconde. Le casting et la direction d'acteur sont parfaits (mention spéciale à la très jolie Elizabeth Shue. Les effets spéciaux sont époustouflants et le pitch original et intéressant. On regrettera juste que le film n'insiste pas davantage sur ce que permet l'invisibilité (contrainte de la prod ?). Quant aux péripéties finales, elles sont sans doute le tort d'être prévisible, mais son néanmoins réalisés avec une maestria stupéfiante.

Mon beau-père et moi

Un film de Jay Roach (2000) avec Robert DeNiro. Heureusement que c'est vraiment très bien joué, ce qui fait qu'on regarde jusqu'au bout en souriant un peu (parce que il n'y a vraiment pas de quoi se bidonner). Les gags sont lourds, voire lourdingues et la dernière partie sombre dans la guimauve et la défense de l'institution du mariage.

Apparences

Un film de Robert Zemeckis (2000) : Ce film fantastique qui lorgne beaucoup sur le film d'angoisse est époustouflant, une direction d'acteurs exceptionnelle, à ce point que la superbe Michelle Pfeiffer arrive à voler la vedette à Harrison Ford. A partir d'un scénario simpliste mais à tiroirs, le réalisateur a réussi à nous scotcher devant l'écran de fort belle façon !

En face

Un film de Mathias Ledoux (2000) avec Jean-Hugues Anglade, Clotilde Courau, Christine Boisson, José Garcia. Une idée de départ farfelue, mais après tout pourquoi pas ? La première partie est regardable, il y a du suspens, des rebondissements, tout va  à peu près bien, et tout se gâte dans la seconde partie, on ne comprend ni le comment, ni le pourquoi de certaines scènes et plus on avance, moins ça s'arrange, et le film devient carrément incompréhensible, on ne sait plus qui a tué qui, qui à couché avec qui, qui a voulu faire quoi et pourquoi, bref on ne sait rien. Les acteurs sont plutôt bons Clotide Courau et Chrisitne Buisson nous montrent leurs nénés... mais ça ne sauve pas le film !

Merci pour le chocolat

Un film de Claude Chabrol (2000) avec Isabelle Huppert et Jacques Dutronc. Une catastrophe : La direction d'acteurs est inexistante, chacun se débrouille comme il peut, car si Isabelle Huppert arrive à sortir du lot, Dutronc n'est plus crédible dès qu'il fait autre chose que le prof de piano, et les jeunes acteurs font pitié. L'histoire ne tient pas debout, et la clé nous étant dévoilée très rapidement (et avec quels gros sabots !) tout le suspense réside dans le fait de savoir comment tout ça va évoluer. On a droit à une erreur de scénario assez incroyable à la fin (la fille qui se sait bourrée de somnifères et qui continue de conduire au lieu de s'arrêter !) et au final on comprend que les motivations d'Isabelle Huppert n'existent pas. Elle est tout simplement folle à lier (tout ça pour ça !) Ce film navrant a obtenu le Prix Louis Deluc en 2000 (mort de rire)

Gouttes d'eau sur pierres brûlantes  

Un film de François Ozon (2000) avec Bernard Giraudeau et Ludivine Sagnier. Cela aurait pu être très bien, malheureusement Malik Zidi ne sait pas jouer, ne sait pas rendre ses répliques naturelles et rend la première partie presque agaçante malgré un excellent Gireaudeau qui lui donne la réplique. La présence de Ludivine Sagnier dans la seconde partie change la donne et illumine le film. Sinon c'est déjanté à souhait, intelligent, osé et dérangeant. Dommage aussi qu'Ozon n'ai pas su finir le film (le fait que le scénario ne soit pas de lui ne constituant pas une excuse). A noter une bande son aussi hétéroclite que sympathique.

Sous le sable

Un film de François Ozon (2000) avec Charlotte Rampling et Bruno Cramer. Le film a deux défauts, l'extrême minceur de son scénario qui ne permet que peu de développements et sa lenteur (qui en est une conséquence, tout cela étant tiré à la ligne). Peu intéressant donc malgré la qualité de l'interprétation de Charlotte Rampling

Snatch

Un film de Guy Ritchie. (2000) avec Brad Pitt. Ça commence plutôt bien, puis les défauts apparaissent assez vite : trop de monde, trop confus, trop répétitif (on frôle l'overdose), quelques scènes stupides (les révolvers factices…). Sinon Brad Pitt en boxeur manouche est plutôt bon et le chien n'est pas mal non plus. La fin plutôt inattendue est une bonne surprise. Tout cela reste assez moyen et ne mérite pas qu'on en fasse un plat.

Road Trip    

Un film de Todd Phillips (2000). Bonne surprise ! Dans l'esprit d'Américan Pie mais en bien mieux aussi bien côté réalisation que côté casting, on a aussi un peu plus de rafraîchissantes nudités. Le scénario tente de ressembler à quelque chose et on se prend (ce qui n'avait rien d'évident !) à s'attacher à cette bande de guignols et à suivre cette histoire rocambolesque dont les conclusions n'ont rien à voir avec le politiquement correct. Ça n'a rien d'inoubliable mais dans le genre teen-movie sans prétention on passe un bon moment

Cadavres à la pelle

Un film de John Landis (2000). Encore un film maudit. Pas de vedette à l'affiche, un film à costumes dans l'écosse citadine du 18ème siècle, donc une ambiance très british, très Hammer. C'est pourtant très bon. Le parti pris est de ne montrer aucun personnage positif (sauf peut-être la jolie Ginny) mais d'humaniser les bras cassés que sont Burke et Hare alors que les membres de la high society .ne valent guère mieux. L'humour noir est au rendez-vous (le cadavre qu'on n'arrive pas à plier), c'est parfois burlesque, parfois grandiose (le toubib qui vivisectione comme s'il conduisait un orchestre) Certains ne comprendront jamais qu'un film comique n'est pas forcément un film qui nous dilate la rate, mais un film qu'on est heureux de suivre. Et avec celui-ci ça marche à fond. Mention spéciale pour le sourire d'Isla Fisher. Juste une petite réserve : on a l'impression que John Landis se retient un peu.

Escrocs mais pas trop

Un film de Woody Allen (2000) : avec Tracey Ulmann. Ce n'est pas la comédie du siècle, mais c'est léger, drôle, bien enlevé, bref c'est du Woody Allen ! Quant à Tracey Ulmann, elle y est étonnante de présence et de malice ! Un peu bavard, quand même !

Patriot 

Un film de Roland Emmerich (2000) Avec Mel Gibson. Une épopée héroïco- dramatique dans le cadre de la guerre d'indépendance américaine. C'est bien fait, il y a des scènes très fortes, (même si le réalisateur appuie assez lourdement sur le côté mélo) mais on aurait pu se passer du duel final entre Gibson et le "très vilain méchant" (poncif inutile) ainsi que de quelques mièvreries (la scène des draps). Et on pourra reprocher le côté "Viva América" du réalisateur. Avec toutes ces réserves, ça reste un bon film, pourtant je me pose une question, pourquoi n'ais-je absolument pas envie de le revoir ?

Baise-moi  

Un film de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi.  (2000). Il n'y aurait pas eu tout ce raffut provoqué par les interdicteurs compulsifs, ce film aurait eu une carrière inaperçue de 8 jours dans une salle d'art et essai. Mais la censure est tellement bête qu'elle a créé le buzz. Le film a donc eu deux publics à qui il n'était pas destiné : les transgressifs énonçant le sophisme : "si c'est interdit, c'est que c'est bon", et les inévitables petits curieux. Les premiers sont restés dubitatifs et les seconds ont crié à l'arnaque. Alors remettons les choses en place : Déjà un certains nombres de critiques frisent la mauvaise foi. Il est tout simplement faux de dire que l'interprétation n'est pas bonne, il est faux de dire que la réalisation est déficiente (elle est parfois malhabile et surtout fauchée, mais ce n'est pas la même chose), et il est surtout faux de qualifier le film de porno, comme disait quelqu'un : ce n'est pas un film de cul, mais un film avec du cul. Maintenant le fond : Despentes a des choses à dire et sa réflexion sur le viol au début mérite au moins qu'on s' attarde, pour le reste on ne sait pas trop où on va, non ce n'est pas une revanche des femmes sur les hommes (il y a des victimes féminines dont la pauvre nana qui ne fait que prendre des billets au distributeur), ce pourrait être une réflexion sur la place respective de la violence et du sexe dans le cinéma (et dans la société) mais si c'est ça c'est pas bien clair. Il reste du film une impression de violence gratuite, voire sadique, je ne peux pas croire qu'il s'agissait de l'intention de Despentes. Bref le film est assez creux et donc raté mais ne mérite en aucun cas les jugements excessifs de part et d'autres qu'il a provoqué, il fallait quand même oser le faire, et le visage de la regrettée Karen Bach continuera longtemps de nous hanter.

Chocolat

Un film de Lasse Hallström (2000) avec Juliette Binoche, Johnny Depp, Lena Olin, Carrie-Anne Moss. La comparaison avec "le festin de Babette" vient tout de suite à l'esprit parce que c'est mieux, mais ce n'est pas pour autant du très grand cinéma. C'est une fable, il faut donc en accepter les conventions y compris les personnages qui changent d'attitude juste avant la fin… Mais on est en droit de se dire qu'avec un sujet pareil, on pouvait faire beaucoup mieux, tout cela manque de sel, de verve, de férocité et n'évite pas la mièvrerie. Malgré tout le film à des côtés attachants, parce qu'il prêche pour le droit à la différence et qu'il est porté par une Juliette Binoche qui crève l'écran. A voir malgré ses défauts

Sexy Beast

Un film de Jonathan Glazer (2000). Après un début métaphorique dont on n'aura l'explication qu'à la fin, Glazer signe un thriller au traitement complètement atypique avec un inquiétant Ben Kingsley en caïd brutal et manipulateur. Une mise en scène originale, un montage nerveux et innovant, des acteurs bien dirigés, un suspense volontairement malsain, des personnages cyniques... Tout cela n'est pas mal du tout !

Gladiator

Un film de Ridley Scott (2000) avec Russel Crowe. Un magnifique péplum tourné de main de maître et qui nous en fout plein la vue !

O'brother

Un film de Joel et Ethan Coen (2000) : ce doit être un film pour faire rire les copains. Mais juste les copains alors, parce que au bout d'une demi-heure ce road-movie devient gavant de chez gavant. (une comédie irrésistible, ils ont écrit sur le DVD... ben oui si ça avait été indiqué : "comédie peu résistible," je ne l'aurais pas acheté.)

Mission to Mars

Un film de Brian de Palma (2000) qui vérifie que ce réalisateur est décidemment capable du meilleur comme du pire ! Ça commence par une interminable scène d'adieux de départ dégoulinante de mièvrerie. Les acteurs sont mauvais, les dialogues frisent le ridicule, les situations sont absurdes, la conclusion grotesque, et puis surtout ce film distille un ennui et un manque d'intérêt incommensurable. A ne pas confondre avec Ghosts of Mars de John Carpenter sorti quelques mois après et qui lui est excellent !

Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité ?

Un film d'Allan A. Goldstein (2000) avec Leslie Nielsen et Ophelie Winter. Il y a des films qui ne justifient pas leur mauvaise réputation, Celui-là si ! Il n'y a strictement rien à sauver, mais alors rien, vraiment rien… (et pourtant je suis bon public) juste un tissu d'inepties incohérentes

Piège fatal

Un film de John Frankenheimer,(2000) avec Ben Affleck, Charlize Theron, Gary Sinise. Le scénario est bien tordu mais fonctionne parfaitement. C'est machiavélique à souhait, avide en rebondissements et nous offre trois portraits de personnages assez fabuleux à commencer par une Charlize Theron rayonnante et manipulatrice, un inquiétant Gary Sinise et un Ben Affleck parfait en lampiste essayant de comprendre et de contourner les manipulations en série dont il est l'objet. C'est aussi un conte de Noël, version obscure en blanc et rouge, blanc comme la neige et rouge comme les Pères Noël. Quant au twist final il est complètement inattendu mais n'a rien d'illogique, le réalisateur ayant parsemé de légers indices là où il le fallait mais on ne les réalise qu'à la fin. Du grand art.

La confusion des genres

Un film de Ilan Duran Cohen (2000). Ce n'est pas si souvent que la bisexualité masculine est portée au cinéma et surtout avec cette liberté de ton. Il fallait oser. Le film se pose la question de l'absurdité de la vie (ou plutôt des choix que la vie nous impose). Et dans ce film tout le monde paraît paumé (parfois jusqu'à l'absurde). Le propos propre à énerver les coincés de la braguette est franc mais la réalisation parfois décousue et brouillonne. Coté interprètes, Pascal Greggory, nominé aux Césars pour son rôle m'a paru inégal. En revanche Julie Gayet crève l'écran. A remarquer Alain Bashung dans un sympathique rôle secondaire.

Supernova 

Un film de Walter Hill (2000) avec James Spader. Une série B de science fiction qui se laisse regarder sans déplaisir à condition que l'on soit amateur du genre.

Ginger snaps

Un film de Peter Fawcett (2000) Un film de loup garou avec un point de vue de traitement original. Les deux actrices sont très bien dans leur rôle, il y a une bonne progression dramatique. On pourra regretter l'ambiance "teenage" parfois pesante et la longueur de la dernière scène, ainsi que le final peu clair, et puis on se demande ce que sont devenus certains personnages secondaires

Destination finale

Un  film de James Wong (2000). Quand on commence à voir l'adolescent qui va tenir la vedette on se dit que ça va craindre. Effectivement ça craint, car après l'épisode de l'avion, ça devient n'importe quoi, tout est téléphoné, c'est mal joué, les dialogues sont débiles ("la mort a un plan !"), il n'y a aucune tension dramatique, tout le monde est constipé, sans aucun humour et on se fout complètement de ce qui arrive aux personnages.

Planète rouge  

Un film de Antony Hoffman (2000) avec Carrie-Anne Moss. Vilipendé par la critique, boudé par le public, ce film est pourtant une belle réussite. (La même année De Palma se plantait avec Mission to Mars). Contrairement à ce qui a été écrit ici et là, il n'y a pas de longueurs (certains qualifieront toujours leur propre désintérêt de "longueur") et le scénario est cohérent (mais c'est de la SF quand même !), l'utilisation des décors naturels est parfaitement réussie, la direction d'acteur est tout à fait satisfaisante et Carrie Anne Moss tient fort bien son rôle. Certaines scènes sont remarquables : l'atterrissage du module freiné n'importe comment par sa grappe d'airbags, l'asphyxie de l'équipe au sol et pour détendre l'atmosphère la fameuse scène de pipi collectif. Quant à la troublante scène de la douche, on a exactement la même dans une bande dessinée de la même année (Mission sur Mars par Wasterlain - les aventures de Jeanette Pointu). Lequel a copié sur l'autre ? On peut regretter le blabla philosophique, mais le réalisateur à l'intelligence de ne pas trop insister. Un excellent film !

Frayeur à Domicile

Un film de Paul Lynch (2000) avec Bo Derek. Une série B de plutôt bonne facture, agréablement joué par une Bo Derek à la plastique irréprochable et un étonnant Stephen Shellen doté d'une coiffure impossible. L'intrigue policière est intéressante et bien menée même si elle est cousue de fil blanc et si le suspense est plutôt artificiel. Le clin d'œil final au slasher n'était peut-être pas nécessaire, mais il est amusant.

Mon voisin le tueur

Un film de Jonathan Lynn (2000) avec Bruce Willis. Une comédie policière sans prétention avec beaucoup d'humour noir qui se regarde sans déplaisir, même si c'est un peu poussif par moment. On appréciera tout particulièrement le casting féminin avec une Rosanna Arquette complètement barrée, une très classieuse Natasha Henstridge (hélas bien plus sage que dans la mutante) et surtout l'étonnante Amanda Peet, rayonnante de charme et illuminant le règlement de compte de la dernière partie. Le scénario est extrêmement embrouillé et ne va pas en s'arrangeant en progressant, mais est-ce bien grave ?

Honest

Un film de David A. Stewart, le leader du groupe Eurythmics (2000) avec trois membres du groupe "All Saints". (Nicole et Natalie Appleton et Melanie Blatt). Il y a comme ça des films injustement maudits. Pourtant nous avons là un véritable petit bijou. L'histoire de cette comédie policière est amusante et nous conte les mésaventures d'un gang de trois jeunes braqueuses et cambrioleuses qui se déguisent en hommes pour accomplir leur forfait. C'est décontracté, déjanté, psychédélique, plein d'humour, il y a un peu de sexe (les sœurs Appleton sont craquantes), de la dérision, et un final à rebondissements multiples tout à fait palpitant. Gros coup de cœur.

Les rivières pourpres

Un film de Mathieu Kassovitz (2000) avec Jean Reno et Vincent Cassel. Ça commence plutôt bien (en général les polars commencent toujours bien !)  Puis ça se gâte assez vite (Qu'on nous explique à quoi sert cette stupide et interminable scène de karaté dans un fight club ?). Plus ça avance plus on se rend compte que l'intrigue est aussi ridicule que tordue. Quand on à peu près compris on n'est plus concerné, et le twist final nous indiffère totalement. A sauver les jeu des acteurs et les paysages de montagne. PS : On ne saura jamais pourquoi Reno a peur des chiens !

American Psycho

Un film de Mary Harron (2000). Non seulement c'est mal réalisé, mais on se demande où est le plaisir du cinéma là-dedans ? On nous présente un personnage principal débectant et ceux qui pourraient lui donner la réplique (Willem Dafoe et Chloe Sevigny) ne sont pas assez présents. Le film pose plein de questions et ne répond à aucune, accumule les erreurs de script et se termine dans un grand n'importe quoi. Aucun intérêt, à fuir ! PS : en plus c'est idéologiquement pourri puisqu'on nous explique en filigrane que consommer trop de du sexe c'est pas très normal.

La plage

Un film de Danny Boyle (2000) avec Leonardo di Caprio et Virginie Ledoyen. La critique s'est acharnée sur ce film qui pourtant est loin de démériter. Il s'agit ni plus ni moins d'une critique de l'utopie, assez féroce mais lucide. Bien sûr le film n'évite pas le côté carte postale, et alors, est-ce gênant de voir de beaux paysages quand ils s'intègrent parfaitement au récit ? La direction d'acteurs est correcte et Di Caprio n'a pas à rougir de sa prestation, si le film comptait sur sa réputation de beau gosse, certains ne sont pas aperçu qu'il était un grand acteur en devenir. On pourra cependant regretter les derniers plans un peu niais.

Trixie

Un film d'Alan Rudolph (2000) avec Emily Watson. Cette histoire d'une détective privée déjantée est (sans doute volontairement) incompréhensible, mais vaut par la prestation fabuleuse d'Emily Watson, la voir jouer est vrai régal, on ne peut en dire autant de son "amoureux" qui est une véritable tête à claques. Le film est émaillé de jeu de mots et de contre-sens qui la plupart tombent à plat, mais il faut bien avouer qu'il y en a de savoureux. Ça n'a rien d'inoubliable mais on passe un bon moment.

Erin Brockovich

Un film de Steven Soderbergh (2000) avec Julia Roberts et Albert Finley. C'est essentiellement un film d'acteurs entièrement construit autour de la personnalité de Julia Roberts, de son physique, de son sourire, de son talent, de ses tenues provocantes (pas mal d'ailleurs, même si d'aucuns les qualifieront de vulgaires) et de son langage (autrement dit on se réfère au personnage magique qu'elle incarnait dans Pretty Woman 10 ans auparavant). Et de ce point de vue le pari est gagné, elle crève l'écran et elle le crève bien. Albert Finley est également très bon. Quant à l'histoire, on va dire que ce n'est pas mal mais on a connu plus passionnant, et si la réalisation est bonne, le récit s'encombre parfois de mièvreries totalement inutiles. Ça surfe sur la vague écolo, mais ça reste subtil, on est loin des gros sabots genre "Le syndrome chinois". A voir essentiellement pour Julia.

Traffic

Un film de Steven Soderbergh (2000). avec Michael Douglas, Catherine Zeta-Jones. Ce film choral est formellement très bien fait et le sujet est passionnant, même si quelques clichés bien lourds auraient pu nous être épargnés et on ne voit pas passer les 150 minutes de projections, malgré la complexité du scénario. La direction d'acteurs est excellente et le montage très nerveux, sans temps morts. Il est juste dommage qu'après nous avoir fait partager son scepticisme, le réalisateur ne sachant pas trop comment conclure son film empile les stupidités dans les 10 dernières minutes (dont le pompon sera la présence ahurissante de Douglas et de sa femme à la réunion des adicts anonymes) à ce point qu'on se demande si toute la fin n'est pas à prendre au second degré. PS : Je n'ai pas bien saisi l'utilité des filtres couleurs mais ça n'a pas grande importance.

American Pie 2

Un film de James B. Rogers (2000).  On prend les mêmes et on recommence… en pire. Il faut attendre 45 minutes pour assister à la seule scène digne valable, (celles avec les deux "lesbiennes"). Puis l'ennui nous gagne, on croit que l'intérêt va rebondir avec l'arrivée de Shannon Elizabeth, et bien non, le film finit par tomber dans tous les pièges qu'avait évités le premier. Je me suis passé le dernier quart d'heure en vitesse rapide, je n'ai pas l'impression d'avoir raté grand-chose.

All sex

Un film de Mario Salieri (2000) C'est un film X à sketches. Le premier "Paris by Night", illustre le fantasme de la pluralité masculine (autrement dit le gang bang), le troisième "La bambola nera", est une sorte de mise en abime ou l'on voit alternativement une femme en train de photographier un couple et le résultat du filmage en noir et blanc avant que tous les protagonistes se rejoignent (on remarquera à ce propos un sens de l'ellipse assez aigu chez Salieri). Les numéros 2 "La guide touristique" et 4 "The drink" sont plus classiques et nous présentent des trios et des quatuors amoureux. C'est remarquablement filmé, avec des modèles superbes et apparemment très motivés. Du travail de classe, bien au-dessus de la moyenne des productions courant en la matière.

Space Cowboys

Un film de Clint Eastwood (2000) avec lui-même Donald Sutherland, Tommy Lee Jones…. Le pitch est absurde, mais après tout pourquoi pas ? Mais le scénario est poussif à l'extrême, ainsi le film est encombré de scènes inutiles (on sait bien qu'il va accepter, on sait bien que les copains vont accepter aussi, on sait bien que l'entraînement ne sera pas une partie de plaisir) ce qui fait que le prélude dure 75 minutes ! Après on est (enfin) dans l'espace, où nos rigolos sont les derniers à comprendre ce que tout le monde avait déjà compris, mais bon il y a un peu d'action (au fait le scénariste n'est pas au courant que le son ne se propage pas dans le vide de l'espace ?) mais le suspense est artificiel. Si les premiers rôles sont plutôt bons, les seconds ne le sont pas (le général russe à l'air d'un douanier mexicain, le directeur de vol ne sait que ricaner et la petite dame de service est complètement nunuche). Pas terrible, tout ça !

Dracula 2001

Un film de Patrick Lussier (2000). A sauver la première partie (jusqu'au crash de l'avion) ainsi que les très jolies vampirettes. Le reste est grotesque, horriblement mal joué (le casting masculin est une catastrophe à peine croyable) et encombré de bondieuseries ridicules.

Charlie et ses drôles de dames

Un film de McG avec Cameron Diaz (2000). Quand l'action est ennuyeuse, le scénario incompréhensible et que l'humour tombe à plat, que sauver de ce tissu d'âneries à part peut-être le sourire de Cameron Diaz ?

Company man

Un film de Peter Askin et Douglas McGrath (2000) avec Sigourney Weaver, Woody Allen, John Turturro… Le casting est brillant, mais ne peut parvenir à sauver ce brouillon de film bien lourd dans lequel rien ne fonctionne. A noter une étrange et courte séance dans un club SM gay.  Quant au seul bon gag, celui de tache de vin de Gorbatchev, il ne fonctionne déjà plus pour la moitié du public.

Wilder

Un film de Rodney Gibbons (2000) avec Pam Grier et Rutger Hauer. Une esthétique digne des pires téléfilms, un scénario très confus que le réalisateur n'a pas su rendre intéressant, une direction d'acteurs déficiente où ne surnagent que Rutger Hauer et Pam Grier, (cette dernière étant toujours aussi belle mais ne pouvant sauver ce navet à elle-seule)

Scream 3

Un film de Wes Craven (2000). Le 1er était un chef d'œuvre, le second était très bien, mais celui-ci est mauvais. Parvenir à s'ennuyer en regardant un film de Craven , faut quand même le faire, ce n'est d'ailleurs pas la faute du réalisateur qui fait ce qu'il peut mais celle du nouveau  scénariste qui nous a brodé une histoire qui n'a strictement aucun intérêt, qui se traîne et se vautre dans la confusion et l'absurdité. De plus les petites vannes moralistes égrainées tout au long du film sont exaspérantes : on s'en prend ainsi à Sharon Stone, mais le pompon est Carrie Fisher jouant le sosie de Carrie de Fischer et déclarant que si elle n'a pas joué dans Star Wars c'est parce qu'elle a refusé de coucher avec George Lucas (oups !)

Scary Movie

Un film de Keenen Ivory Wayans (2000). Une parodie loufoque des films d'horreurs et des slashers avec Carmen Electra au pré-générique. Irrespectueux, iconoclaste, déjanté.. que du bonheur ! Deux petites réserves, l'actrice principale qui n'est pas trop top et le côté prout-prout assez agaçant.

Scary scream movie

Un film de John Blanchard (2000) Ce film qui parodie la série Scream de Wes Craven (entre autres) mérite bien mieux que le mépris dont il est l'objet. Il est en tous cas bien supérieur à Scream 3 sorti la même année. Il faut évidemment aimer le burlesque,  le foutraque et la dérision, dans ce cas sachez que les filles sont belles, que certains gags sont savoureux, que le black de service est insupportable et que l'on passe un bon moment.

Chicken run

Un film d'animation de Nick Park et Peter Lord (2000) avec les voix de Lemercier, Depardieu, Pieplu, Balasko… La référence explicite a l'univers concentrationnaire me paraît pour le moins déplacé, à ce point qu'on peut se demander si le film n'est pas un outil de propagande végétarienne (quoique les enfants ne la saisiront pas). Sinon il faut bien avouer que la réalisation est magistrale et inventive. La séquence de la machine de terrine de poulet est géniale.

Docteur T et les femmes

Un film de Robert Altman (2000) avec Richard Gere, Farrah Fawcett, Liv Tyler. C'est vrai que la première partie est un peu longue, d'autant que malgré de très bonnes scènes on se demande quand le film va se décider à commencer, mais il n'empêche que cette charge contre l'absurdité de la vie sociale est d'une férocité inouïe (avec un zeste de fausse misogynie qui ne plaira pas à tout le monde) et bénéfice d'une direction d'acteurs absolument maîtrisé).

Blood

Un film de Charly Cantor (2000). Aucun rythme, beaucoup de bla-bla, des acteurs approximatifs, des mauvais dialogues, un gosse tête à claques, un scénario très mal exploité. Certes l'actrice principale est bien jolie et à l'extrême obligeance de se mettre à poil, mais cela ne saurait sauver de l'ennui ce film sans aucun intérêt.

De quelle planète viens-tu ?

Un film de Mike Nichols (2000). Comment peut-on faire quelques chose d'aussi lamentable ? L'idée de départ n'est pas mauvaise en soi et le début du film est drôle et prometteur, mais très vite ça s'enlise, ça devient n'importe quoi, (certes on le droit de délirer, encore faut-il respecter une certaine cohérence) c'est à la fois primaire, lourdingue et navrant, et pour ne rien arranger l'acteur principal est insupportable.. Le savoir-faire de Mike Nichols ne peut sauver le film de son scénario inepte

Le libertin  

Un film de Gabriel Aghion (2000) avec Vincent Perez, Fanny Ardant, Josiane Balasko, Michel Serrault, Arielle Dombasle, Audrey Tautou… Disons-le d'emblée, il y a un truc qui gêne : c'est la vision d'un Diderot versatile en matière de morale, cette bêtise toute droite sortie de la pièce éponyme de E-E.Schmitt fait un peu tâche. Et c'est dommage car le film se permet tout. La satire antireligieuse est féroce et jouissive, mais surtout le film prend nettement le parti de la liberté sexuelle, du libertinage et du libre choix de sa sexualité. On comprend que ça a dû en énerver quelques-uns. L'interprétation est parfaite Vincent Perez en premier, mais Balasco est tordante, Ardant impériale, Dombasle et Tautou craquantes sans oublier Serrault dans le rôle du cardinal. Une belle ode complètement débridée à la liberté sexuelle, bien jouée, plutôt bien réalisée, enjouée, jubilatoire et intelligente.

Crimes maquillés

Un film de Bill Eagles (2000) avec Rachel Weisz. Une excellente surprise ! Si vous n'aimez ni l'humour anglais ni l'humour noir ça ne vous plaira pas, mais sinon nous tenons là un petit bijou de comédie policière, c'est déjanté, c'est gonflé, c'est surprenant, Les deux nanas sont superbes et jouent admirablement (Rachel Weisz en fausse blonde à ses débuts, et l'étonnante et troublante Susan Lynch). Les bonhommes sont tous plus inquiétants et affreux les uns que les autres, le seul qui soit sympa c'est le marchand de cigarettes qui lit du porno en attendant le client. C'est assez fort parce qu'e malgré le côté parodique nettement assuré, le suspense fonctionne parfaitement et certaines scènes sont flippantes. Un film injustement méconnu qui mérite largement d'être réhabilité et réévalué.

Coup monté

Un film de Gregory Mosher (2000), La seule chose intéressante dans ce film c'est la très belle et trop rare Julia Ormond, sinon ça parlote beaucoup, ça digresse, ça tourne en rond, ça n'avance pas, ça tire à la ligne et ça n'a rien de passionnant.

Le couvent

Un film de Mike Mendez (2000) avec Adrienne Barbeau. Dans la catégorie pastiche des films d'horreur, celui-ci fait assez fort, fauché avec des effets spéciaux à quatre sous, ce film nous amuse par son côté irrespectueux, politiquement incorrect et complétement déjantée (il faut voir Adrienne Barbeau, jouant à 55 ans les amazones motorisées). Certaines répliques sont à tomber, Bref, ce joyeux nanar nous offre un très bon moment de cinéma bis.

Accord et désaccords

Un film de Woody Allen (1999) avec Sean Penn, Samantha Morton, Uma Thurman. Qu'a voulu démontrer au juste Woody Allen dans ce faux biopic remarquablement illustré musicalement et interprété de main de maître par Sean Penn ? Qu'on pouvait être un excellent artiste en étant à la fois un looser et un pauvre type (et même un sale type) ? Comme si on le ne savait pas ? Quoiqu'il en soit le résultat est étonnant, illuminé par la présence muette de Samantha Norton. Pas du grand Allen mais sympatoche.

Holy Smoke  

Un film de Jane Campion (1999) avec Kate Winslet et Harvey Keitel. Un film où tout le monde manipule tout le monde et où le démanipulateur se fait manipuler à son tour et ainsi de suite. Et pendant que nos deux héros se déchireront au non d'un prétendu sens de la vie, les bouffons s'agiteront autour d'eux les renvoyant dans l'inutilité de leur conflit.  Ça donne le tourbillon avec une efficacité redoutable, et c'est sans concession, on est loin des clichés d'Hollywood et qu'est-ce que ça fait du bien, parfois !  Kate Winslet et Harvey Keitel se donnent à fond (c'est rien de le dire) dans cette tragi-comédie dans laquelle les surprises abondent. Quant à la conclusion, est-ce vraiment un happy-end ou l'affirmation que la réponse à la quête du sens de la vie n'est que la banalité de nos destins ?

Le Quatrième Étage   

Un film de Josh Klausner (1999) avec Juliette Lewis. Un très bon thriller d'angoisse, le film est brillamment construit, la montée de la tension est extrêmement bien construite, les voisins de plus en plus bizarres, (même ceux d'en face) l'amant pas bien clair, avant que n'interviennent des phénomènes matériels et des invasions d'animaux nuisibles, puis dans la toute dernière partie, la violence… dernière partie qu'on pourra trouver décevante mais le film y est-il pour quelque chose ? On parle parfois du syndrome de la révélation du coupable, celui qui fait dire que le récit est toujours mieux AVANT de l'avoir trouvé. L'interprétation de Juliette Lewis est fabuleuse quant à Shelley Duvall 30 ans après Brewster McCloud, elle est toujours aussi déjantée. Une étonnante réussite.

Galaxy Quest

Un film de Dean Parisot (1999) avec Sigourney Weaver. Ce petit film de science-fiction parodique est un petit bijou.  Le scénario est très ingénieux, la description des conventions de "fans" est féroce et très bien vu. Les extraterrestres sont irrésistibles de drôlerie sans jamais tomber dans le ridicule. Beaucoup d'action, peu de blabla. Soulignons la performance extraordinaire et très en beauté de Sigourney Weaver en perruque blonde (50 ans à la date du tournage). Après avoir vu ce film, je me demande comment on peut encore gober du Star Trek au premier degré ? (Mais peut-être est-ce pour cette raison que le film fut si mal distribué et reste si peu connu ?)

Deuce Bigalow : Gigolo à tout prix  

 Un film de Mike Mitchell (1999). Dans le genre comédie américaine on a vu tellement pire… ici si le film ne nous faits pas hurler de rire, il reste souriant, c'est déjà ça. Donc passable sur la forme… Reste le fond, aussi contradictoire que stupidement moralisateur. On nous présente les clients de prostitués (ici ce sont des clientes) comme des personnes à problèmes et après on nous indique que moralement ils n'ont pas le droit d'avoir un peu de plaisir en payant… et histoire d'en ajouter une couche on nous explique que dans ces cas-là on peut trouver son bonheur autrement que dans le sexe (la rengaine grotesque de l'acceptation de soi). Une morale de vrai coincé de la braguette dans un  film bourré d'allusions sexuelles, ça porte un nom: l'hypocrisie.

Jeanne d'Arc

Un film de Luc Besson (1999) Balayons déjà la critique selon laquelle Besson n'aurait pas respecté la vérité historique. Ce film expose la vision de Besson sur le personnage de Jeanne d'Arc et n'a pas d'autres intentions. Le parti pris de montrer une Jeanne victime de délires chroniques d'imagination est intéressant et sans doute proche de la réalité. Evidemment c'est sans suspense, mais on ne voit pas passer les 2 heures 30 du film et c'est réalisé avec intelligence. Et puis Milla Jovovich est si belle. Quant aux curés et autres grenouilles de bénitiers qui crient au sacrilège... Et bien qu'ils crient !

Peut-être

Un film de Cedric Klapisch (1999) avec Jean-Paul Belmondo et Romain Duris. Il faut déjà se farcir une interminable et soûlante scène d'introduction, ça devient enfin intéressant quand Duris trouve un couloir du temps et se retrouve dans un Paris ensablé et bizarroïde et fait la rencontre de Belmondo… Puis malgré quelques rares bonnes idées et un doigt d'humour, ça se met à tourner en rond et à s'étirer en longueur dans une ambiance de plus en foutraque qui n'arrive pas à retenir l'attention, d'autant que l'enjeu du film est révélé très tôt, ne passionne pas et qu'on se doute bien de la façon dont cela va se conclure (avec les violons). Y-a-t-il une morale, dans ce cas elle serait fort primaire (il faut faire des enfants) ou ne s'agit-il que d'un exercice de style ? On s'en tape après tout.

La neuvième porte

Un film de Roman Polanski (1999) avec Johnny Depp et Emmanuelle Seigner. Ce film peut être déroutant puisqu'il nous fait graviter dans les milieux de la bibliophilie et de la sorcellerie., l'aspect fantastique du film n'étant révélé que tardivement. De plus le personnage de Depp est volontairement complexe, vénal et assez peu téméraire. Ce film est simplement passionnant, (je me demande où certains auraient vu des lenteurs ?) superbement maîtrisé techniquement (comme toujours chez Polanski). Johnny Depp est parfait, et si le jeu d'Emmanuelle Seigner paraît falot, c'est que son rôle dans l'histoire le veut ainsi. Ajoutons-y un zeste d'érotisme (juste ce qu'il faut), une belle musique avec la voix de Sumi Jo et une fin reste volontairement ouverte (sur la 9ème porte où chacun pourra imaginer ce que l'on va trouver). Bref, un régal de fin gourmet !

American Beauty

Un film de Sam Mendes (1999). Ce film propose plusieurs degrés de lecture, dont le premier est le thriller, en ce sens il est plutôt bon, la victime est désignée d'emblée, et les fausses pistes vont défiler jusqu'à la fin à travers une galerie de personnages assez pittoresques. Plutôt bon, agréable, mais pas exceptionnel non plus, la faute à une distribution déséquilibrée, car si les prestations de Kevin Spacey et de Annette Bening sont exceptionnelles, les seconds rôles ne suivent pas, joués par des acteurs médiocres. Passons sur la lecture "critique de la société américaine", dont on nous a rabattu les oreilles. OK, c'est traité de façon comique, voire tragi-comique mais quels sont les naïfs qui ignorent encore que le monde n'est que façades, mensonges, hypocrisies et faux semblants ? Quels sont les naïfs qui ignorent encore que le sexe est l'un des moteurs de l'activité humaine, mais que la société fait semblant de l'ignorer ? Non c'est la troisième lecture qui est celle qui a été voulu par le réalisateur, celle de nous dire que si l'être humain n'est pas parfait (loin s'en faut) il doit préserver sa "beauté intérieure". Concept mou qui ne veut pas dire grand-chose mais qui permet au réalisateur de blablater : et allons y pour la beauté du sac en plastique qui voltige avant l'orage et allons-y pour la scène complètement improbable (dans le contexte) où Spacey refuse de déflorer la copine de sa fille, et allons-y pour la conclusion péremptoire ("si vous ne comprenez pas, vous comprendrez un jour…") C'est sans doute en raison de ces quelques scènes que le film a connu son succès critique. On en est là ! Pauvre cinéma !

American Pie

Un film de Paul et Chris Weitz (1999). Ce film d'ado est filmé n'importe comment et possède un casting très inégal (avec beaucoup de têtes à claques). Ce n'est pas très intéressant, la plupart des gags sont lourdingues (comme la tarte qui donne son nom au film) ou tombent à plat et si le propos est parfois osé, le film reste pudibond, (ah, ces nanas dans les lits d'amour se couvrant jusqu'au menton !) exception faite d'une très bonne scène qui n'intervient qu'au bout de 45 minutes, ou la ravissante Shannon Elizabeth arrive à nous sortir de l'ennui avec ses charmes. Vers la fin, Alyson Hannigan en fausse ingénue nous surprend en nous racontant ses souvenirs d'un stage d'été. La conclusion a l'intelligence d'être lucide puisqu'il n'est pas question d'amour éternel, et c'est aussi bien comme ça.

Austin Powers et l'espion qui m'a tirée

Un film de Jay Roach (1999) Certes, il y a du budget, des idées de décors et de mise en scène Seulement le film est plombé par insupportable cabotinage de Michael Myers. Encore plus mauvais que le premier opus, c'est dire !.

Le projet Blair Witch

Un film de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez (1999). Déjà le film est malhonnête en essayant de nous faire croire qu'il est la copie conforme d’événements réels, mais il nous force à regarder jusqu'au bout dans l'attente d'une surprise, d'une émotion, enfin de quelque chose qui n'arrivera jamais. Parce que il faut le supporter ce film, des acteurs dont on se demande comment ils ont réussi le stade du casting, et une action nulle puisqu'il se ne passe rien, il faut attendre une heure avant de voir un soupçon de mystère qui ne provoque ni chaud, ni froid, le reste c'est du remplissage et des situations absurdes (on ne revient pas sur ses pas si on marche 15 heures vers le sud) et inintéressantes.

Entre les jambes

Un film de Manuel Gomez Pereira (1999). Un thriller plutôt sympathique mais au scénario très complexe et parfois déroutant voire confus. Les interprétations de  Victoria Abril et de Javier Bardem. sont excellentes et on ne s'ennuie pas une seconde grâce à un montage rapide et efficace. Le climat est assez sulfureux, lorgnant parfois du côté d'Almodovar. Se laisse regarder avec plaisir mais avec un petit goût d'inachevé quand même.

Hantise

Un film de Jan De Bont avec Catherine Zeta Jones (1999). Ce film partait avec deux atouts remarquables : des décors absolument fabuleux et de bons effets spéciaux. Voilà qui permet de faire illusion au début, et on assiste sans déplaisir à la longue mise en place du film, (malgré Catherine Zeta Jones qui n'est pas bonne) . Les choses se gâtent rapidement quand on s'aperçoit que le scénario est resté à l'état de brouillon, l'intérêt disparaît, l'ennuie nous gagne et le ridicule des dernières scènes nous achève. (à noter néanmoins une bonne scène avec l'escalier métallique qui se déglingue.) Certains producteurs ne comprendront décidément jamais que le scénario est l'âme d'un film (un bon scénario !) et que sans celui-ci le résultat ne sera qu'un objet creux.

Le derrière

Un film de Valérie Lemercier (1999) avec Valérie Lemercier. C'est un film d'acteurs bénéficiant d'une excellente interprétation (Claude Rich, Dieudonné, Marthe Keller) Lemercier est bluffante déguisée en garçon. Si la scène du pipi est anthologique et si nous passons un excellent moment, ça n'a non plus rien d'inoubliable.

Cookies's fortune

Un film de Robert Altman (1999). L'intrigue volontairement simpliste ne sert ici que de prétextes à une galerie de portraits de personnages bien typés. Il faut voir Glenn Close en dame patronnesse qui fait de la mise en scène et qui manipule sa sœur Julianne Moore dont la montée en puissance dans le film est extraordinaire. Et puis il y a Liv Tyler en filoute délurée. Les seconds rôles sont aussi (comme toujours chez Altman) très travaillés. Bref on prend beaucoup de plaisir à regarder cette étrange comédie policière dont le seul défaut est cet incompréhensible emberlificotage des liens familiaux vers la fin qui n'apporte rien au film.

Eyes Wide Shut

Un film de Stanley Kubrick (1999). C'est lent, très lent, chaque plan dure deux minutes de trop, les dialogues sont interminables et ponctués d'incessantes reformulations (vous avez bien dit...). Tom Cruise joue comme un patate, la scène de la secte est d'un ridicule absolu, un tas de questions restent sans réponse, certaines scènes n'apportent rien à l'histoire (les tribulations de la fille du gérant du magasin de costumes). Heureusement qu'il y a Nicole Kidman (merveilleuse) et un peu de fesses pour nous éviter de nous endormir.

eXistenZ  

Un film de David Cronenberg (1999) avec Jennifer Jason Leigh. Curieux et fascinant film qui nous fait plonger dans un univers de jeu vidéo dans lequel les participants sont connectés via leur système nerveux à l'aide d'un bioport, sorte d'entité biologique mutante. Cronenberg parvient à nous passionner pour cette histoire hors du réel et très inventive, les images peu ragoûtantes des bioports contrastent bizarrement avec la beauté du visage d'Allegra (Jennifer Jason Leigh) magnifiquement mise en valeur. A noter que si le film ne comporte aucune scène de sexe, les métaphores visuelles sont assez nombreuses. Le twist final est en revanche assez peu compréhensible.

Dans la peau de John Malkovich

Un film de Spike Jonze (1999) avec John Malkovich et Cameron Diaz. Ça fourmille d'idées, c'est très inventif, c'est absurde, intriguant, foutraque et souvent drôle. L'idée centrale est assez géniale même si on peut penser qu'il s'agit d'une sorte de variation sur le mythe du Dr Jekyll et Mr Hyde, sauf qu'ici les implications sexuelles de ce genre de choses sont mises en avant ce qui ne manque pas de créer des situations aussi inattendues que compliquées. Le film a cependant du mal à tenir la distance et le dernier quart s'enfonce dans un gloubi-boulga dans lequel on se perd. Bonne prestation des acteurs notamment Malkovich, mais Diaz est étonnante. Une bonne surprise !

Haute voltige

Un film de Jon Amiel (1999) avec Sean Connery et Catherine Zeta Jones. Rien de bien neuf dans cette histoire de casses qui recèle malgré tout quelques morceaux de bravoure, Sean Connery assure bien et la présence de Catherine Zeta Jones est absolument magique. Evidemment tout cela est complètement farfelu. (on n'a pas besoin de pénétrer dans les locaux d'une banque pour en pirater l'informatique !) mais bon c'est du cinéma. Précisons aussi à l'attention du scénariste que le 3ème millénaire n'a pas commencé le 1 janvier 2000 mais le 1er janvier 2001.

Passé virtuel   

Un film de Joseph Rusnak (1999). Ça commence avec une belle aura de mystère, et puis ce voyage dans les années 1920 est pas mal, mais le film ne tient pas la distance, on est rapidement largué, les acteurs masculins n'ont aucune charisme et la petite dame serait plutôt agréable si elle était moins pudibonde (pourquoi se cacher ostensiblement les seins quand on est seule dans sa chambre ?) Bref une bonne idée de base mais mal exploitée et faisant perdre au film l'essentiel de sa tension et de son intérêt

La Momie

Un film de Stephen Sommers. (1999) avec Brendan Fraser et Rachel Weisz. C'es très bon ! Le scénario tient la route (pourvu que l'on accepte les conventions de ce genre de film), la réalisation est nerveuse, on ne se prend pas trop au sérieux, sans pour autant tomber dans le loufoque, les scènes d'actions sont bien menées et une mention spéciale pour Rachel Weisz absolument charmante, habillée sexy et qui joue d ans le genre un peu fofolle. En revanche, les effets spéciaux sont assez inégaux, (les invasions de scorpions à répétition, c'est pas trop top !)

La dilettante

Un film de Pascal Thomas (1999) avec Catherine Frot. Un naufrage ! La faute n'en incombe ni à Catherine Frot qui est bien, ni au scénario qui n'est pas si idiot que ça et contient des choses intéressantes (pas toutes) mais bien à une réalisation incompréhensible. Le film dure deux heures alors que la matière ne demandait qu'une heure trente. Alors que fait Thomas, il tire à la ligne avec un nombre incalculable de plans inutiles, cheminements divers, ouvertures de portes, tirages de sonnettes, couloirs interminables à ce point que le rythme s'en trouve complètement anéanti et qu'on finit par trouver le temps long. Si l'on ajoute qu'au moins la moitié des seconds rôles ne sont pas à la hauteur, que quelques invraisemblances font tâches (la garde à vue avec un sac à main !), ça nous fait un tout petit film.

Tout sur ma mère

Un film de Pedro Almodovar (1999) avec Pénélope Cruz, Cecilia Roth, Antonia San Juan. Un film de femmes comme très souvent chez cet auteur où les destins se croisent et se décroisent avec ses obsessions habituelles (ici la prostitution et la transsexualité). C'est aussi un très bel hymne à la tolérance. Ce film a un petit côté légèrement pleurnichard qui peut agacer. A remarquer la distribution d'acteur (d'actrices) exceptionnelle dans laquelle il convient de détacher la prestation époustouflante de l'actrice transsexuelle Antonia San Juan.

Le monde ne suffit pas

Un film de Michael Apted (1999) . Petit tour d'horizon de la distribution : Pierce Brosnan (James Bond) est aussi charismatique qu'un contrôleur des impôts, Denise Richard (en physicienne nucléaire !) ne sait pas jouer, Sophie Marceau n'arrive pas à entrer dans son rôle (faut dire qu'avec le personnage qu'on lui fait jouer...). Quant à Judy Dench, c'est une vraie tête à claques. Les scènes d'actions sont tirées en longueur, ne suscitent ni intérêt ni suspense et ne distillent que l'ennui (on regarde souvent sa montre), à l'instar de cette ridicule scène dans la neige, En fait le réalisateur (et/ou le scénariste) n'a pas compris que le spectateur sait pertinemment que Bond s'en sortira toujours, (même s'il a mal à l'épaule, en voilà une fausse bonne idée !) et que c'est donc ailleurs qu'il faut créer l'intérêt. Quant au scénario lui-même, il est mauvais, par moment incompréhensible et inintéressant. Et ne parlons pas des invraisemblances à la tonne. Bref c'est mauvais.

Matrix

Un film d'Andy et Larry Wachowski avec Keanu Reeves (1999). C'est un bon film de science-fiction, mais de là à le considérer comme un chef d'œuvre du genre, faut pas déconner non plus. Il faut se farcir des combats de karaté dont on n'a rien à cirer et des considérations zéno-mystiques (l'oracle, l'élu et j'en passe) lourdingues. Il y a en revanche de très bonnes scènes de poursuite et l'actrice principale (Carrie-Anne Moss) est sublime. Mais on est vraiment loin d'Alien, de Blade Runner, d'Outland, ou même de Total Recall…

Bats (la nuit des chauves-souris)

Un film de Louis Morneau (1999). On pourrait passer sur le scénario complétement farfelu (après tout c'est une série B). Mais il faut faire avec une histoire plutôt inintéressante, sans surprise, ni suspense et avec des mauvais acteurs (le shérif est ridicule, le black de service… joue au black de service, le savant fou est pitoyable). Les scènes de paniques dans la ville sont grotesques. Bref, à part le sourire de Dina Meyer, il n'y a pas grand-chose à sauver.

Sleepy Hollow (la légende du cavalier sans tête)

Un film de Tim Burton (1999) avec Johnny Depp. Superbe ! Une ambiance gothique magnifiquement rendue. Un Jonnny Depp en pleine forme, des images magnifiques, et puis cette petite touche très burtonienne mélange de sensualité, d'humour et de macabre qui fonctionne parfaitement.

Intrusion

Un film de Rand Ravich avec Charlize Theron et Johnny Depp (1999). La première mauvaise idée est d'avoir voulu faire un remake de Rosemary's Baby, la seconde est d'avoir remplacé les satanistes par des extraterrestres. On a donc un déroulé de l'histoire sans surprise, ça se traîne, la direction d'acteurs est pitoyable (cf. la scène absurde où Charlize évoque au téléphone l'histoire de la princesse violée). Une seule bonne séquence est à sauver, celle de l'électrocution de Depp.

Drawing Blood  

Un film de Sergio Lapel (1999). Une série Z complètement fauché qui tombe (heureusement) assez vite dans le second degré. Le scénario n'est pas si idiot que ça et pourrait resservir, parce que ici la réalisation est grotesque. L'actrice principale (Dawn Spinella) est bien jolie.

Le Phare de l'angoisse  

Un film de Simon Hunter (1999) Le film réussit pendant 75 minutes à maintenir un climat d'angoisse et de suspense tout à fait efficace agrémenté de scènes remarquables d'inventivités (notamment la scène dans les toilettes), La mise en scène épaulée par une bonne musique est tout à fait correcte et les décors naturels des côtes de Cornouailles sont bien utilisés, la distribution assez inégale mais ne déméritant pas est dominé par la charmante Rachel Shelley. Il est vraiment dommage que dans les 15 dernières minutes le film bascule dans un incroyable délire foutraque et confus en rupture totale avec le ton du récit.

Sixième sens

Un film de  M. Night Shyamalan (1999) avec Bruce Willis. Dans un bon film, les scènes ne durent que le temps qu'il leur est nécessaire. Dans un mauvais film on multiplie ce temps par deux, voire par trois. Ici ça se traîne. Dans un film à twist final, la nouvelle vision du film doit devenir cohérente avec ce twist. Ici ça n'a rien d'évident. Si on y ajoute une narration brouillonne et un Bruce Willis peu convainquant, que reste-t-il ? Rien ! C'est chiant, peu intéressant, ah, si, quand même, le petit garçon est bien dirigé (ce qui ne l'empêche pas d'être agaçant). Un film à la réputation largement surestimée, tout comme son réalisateur d'ailleurs.

La maison de l'horreur  

Un film de William Malone (1999) Ce remake de "la Nuit de tous les mystères de William Castle" (1959 avec Vincent Price) produit par Zemeckis démarre en fanfare avec la fabuleuse séquence du parc d'attraction. Le vif du sujet bénéficie de bons atouts, d'excellents acteurs ce qui n'est pas si courant dans une série B : Geoffrey Rush qui s'appelle Price dans le film et porte les mêmes moustaches que ce dernier est très bon, quant à Famke Janssen elle est fabuleuse. L'idée de base est astucieuse, le souci c'est qu'il faut tenir la distance, et que ça ne le fait pas, alors les personnages tournent en rond et le film aussi. De bons moments cependant mais on ne peut s'empêcher de penser que ça aurait pu être beaucoup mieux.

Le songe d'une nuit d'été

Un film de Michael Hoffman (1999) avec Michelle Pfeiffer et Sophie Marceau. Commençons par ce qui ne va pas : Les protagonistes et leurs aspirations respectives sont présentés trop rapidement, ce qui entraîne une certaine confusion pour la suite. Par ailleurs le film souffre d'une pudibonderie visuelle qui vire au ridicule (des coquelicots pour cacher un téton !). Et puis le dernier acte passe complètement à côté de sa fonction burlesque. Mais sinon il est vrai que la féerie fonctionne, les images, les décors et la photographie sont splendides, la distribution féminine est excellente avec se détachant une Michelle Pfeiffer sublime. Et puis il y a la musique des grandes œuvres scéniques du 19ème siècle. Plutôt joli.

Lake Placid

Un film de Steve Miner (1999) avec Bridget Fonda. Mais que reproche-t-on au juste à ce film ? Le quatuor d'acteurs est impeccable dominé par une Bridget Fonda mutine qui crève l'écran, les personnages sont intelligemment différenciés, ça fait preuve d'une saine et remarquable décontraction et d'un humour qui n'interfère pas sur le déroulé de l'action. L'image est très belle, les scènes chocs sont rares mais bien amenées, il n'y a aucun temps mort. Ce film sans autre prétention que nous divertir se déguste comme une friandise coupable ! Mais que demande le peuple ?

La secte sans nom

Un film de Jaume Balaguero (1999). Ça commençait plutôt bien avec une ambiance inquiétante à souhait, puis après trente minutes, le film se dilue, patauge, part dans tous les sens, bavasse, certaines scènes sont ridicules (le mec dans sa prison). Quant à la fin…plus malsain, tu meurs, car enfin quel plaisir peut-on retirer d'une scène aussi horrible qui ne possède même pas ce petit recul, ce petit côté second degré qui nous fais dire "ce n'est que du cinéma". Direction poubelle en compagnie de Seven, d'Hannibal et de Saw.

La tête dans le carton à chapeaux

Un film d'Antonio Banderas (1999). Avec Melanie Griffith. Mélanger les genres à ce point-là était un pari fou, il est réussi. Bon c'est vrai que ça fait un peu bons sentiments, mais le traitement est tellement original que ça passe très bien. La performance de Mélanie Griffith est extraordinaire, celle de Meat Loaf en shérif ripoux fait froid dans le dos, les gosses jouent bien, quant à la scène du tribunal présidée par un excellent Rod Steiger, on ne sait plus si on est dans la comédie ou dans la tragédie, sans doute les deux à la fois, mais on se régale..

Mary à tout prix  

Un film de Peter et Bobby Farrelly (1998) avec Cameron Diaz et Ben Stiller. Un film très inégal et commercial dans le mauvais sens du terme. Il est archi faux d'aller clamer que le film serait politiquement incorrect : Au contraire, il essaie de caresser dans le sens du poil le maximum du monde, on est à la fois gentil avec les handicapés tout en se foutant d'eux, on se veut très libéré et, Cameron se fait tripoter les nénés mais Stiller est ravi quand il comprend qu'elle est vierge  (pourquoi ?), et puis il y a ces petites phrases dont on se demande ce qu'elles viennent faire là-dedans (je suis bisexuelle, non je rigole !) On fait dans l'humour bas de ceinture, mais on ne montre rien, comme si la vulgarité était plus fréquentable que l'érotisme ! Ajoutons les deux troubadours têtes à claques et le tableau sera bien sombre. Heureusement quelques scènes sauvent le film : uniquement deux en fait, celle du chien qui perd connaissance et le quiproquo de l'interrogatoire. Et puis il y a le sourire de Cameron Diaz, mais ça ne fait pas le compte.

La Courtisane (Dangerous Beauty)

Un film américain de Marshall Herskovitz (1998) avec Catherine McCormack. Attention chef d'œuvre ! Ce film nous raconte la vie de Veronica Franco la plus belle courtisane de Venise à la fin du 16ème siècle . Les images sont très jolies, l'humour et l'érotisme sont bien là par petites touches. L'univers des courtisanes est fort bien rendu sans jamais tomber dans le moralisme, bien au contraire puisque s'il y a un message, c'est bien celui de dire qu'il vaut mieux être putain et libre que mariée et soumise. Voilà qui est peu politiquement correct mais qui rend le film encore plus réjouissant. Quand à Catherine McCormack, elle est extraordinaire. Chef d'œuvre, vous-dis-je !

The Truman show

Un film de Peter Weir (1998) avec Jim Carey. C'est très bon et très fort. L'idée est tout à fait originale et traitée de main de maître par Peter Weir. La direction d'acteurs est exceptionnelle : ainsi Jim Carey est-il fabuleux dans le rôle de Truman, on notera aussi la très bonne prestation d'Ed Harris. Le réalisateur a particulièrement soigné le casting féminin, Laura Linney et Natascha McElhone sont non seulement éblouissantes mais elles sont excellemment photographiées. S'il est évidemment question de téléréalité, il ne s'agit là que d'un avatar du thème principal qui est une critique d'un monde dans lequel tout libre arbitre deviendrait impossible. Une sorte de récits orwellien revisité, en quelque sorte. Se déguste comme une friandise. Que du bonheur !

La nuit des vampires

Un film de Shaky González (1998). La construction de ce film danois est très atypique, bâtie en flash-back successifs. Le ton est relativement décontracté, et la photo est remarquable (de très nombreux plans rapprochés des visages des belles actrices, dont Maria Stockolm, vague sosie de Nicole Kidman) Bien sûr ça n'évite pas les clichés, mais quelques idées sont originales (le vampire qui écrabouille un crucifix dans ses mains, une fille qui garde de l'eau bénite dans sa bouche pour la recracher sur le vampire). C'est finalement assez jouissif (voir la fin où ça tourne à l'autoparodie). Une excellente surprise.

Armageddon

Un film de Michael Bay (1998). Le problème de ce film est qu'il n'arrive pas à trouver son ton. Avec Bruce Willis on est dans la grandiloquence ridicule ("Ce qu’on nous demande aujourd’hui c’est de sauver le monde. Quelqu’un veut refuser ?") A d'autre moment on fait dans l'humour décalé ("Les composants russes ou américains c'est pareil ! Tout ça c'est fabriqué à Taiwan !")  Les invraisemblances et les absurdités de toutes sortes qui ponctuent ce film (qui se termine par un mariage) rempliraient un véritable catalogue. A fuir, ou a regarder à la rigueur au second degré.

Le dîner de cons

Un film de Francis Veber (1998) avec Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Daniel Prevost, Francis Huster, Catherine Frot. Le scénario est très habile, nous faisant espérer participer à un dîner de cons qui ne se produira jamais (curieux d'ailleurs cette réaction, même assez malsain quelque part, mais d'un autre côté ça fait réfléchir). Le film nous tient en haleine jusqu'au bout grâce à un formidable numéro d'acteur. Evidemment, même si on peut louer l'effort d'adaptation, ça reste très théâtral, et puis on aurai pu imaginer une fin moins moralisante, plus grinçante, d'autant que le ton devient complétement décalé par rapport au reste du film (heureusement, il y a le gag final). Ce n'est pas parfait, mais c'est un très bon film.

Il faut sauver le soldat Ryan

Un film de Steven Spielberg (1998) avec Tom Hanks. Les deux longues scènes de batailles, le débarquement et le combat dans le village normand sont éblouissantes de mise en scène et de réalisme et méritent à elle seule la vision du film. Tom Hanks et très bon et plutôt bien secondé (mais petite réserve pour Matt Damon un poil bourrin). Hélas Spielberg est bien moins doué pour les scènes intimistes dont certaines sont assez pesantes (pour rester gentil). Quant à la fin (la scène du cimetière) elle est pire que ratée et carrément grotesque. Les qualités de ce très bon film film l'emportèrent néanmoins de loin sur ses défauts.

The Big Lebowski

Un film des frères Coen (1998) Les Coen brothers sont décidément capables du meilleur comme du pire. Ce film est lourd, long, par moment à la limite du supportable et Julianne Moore arrive à peine à nous réveiller de l'ennui.

Le fantôme de l'opéra

Un film de Dario Argento (1998) avec Asia Argento (scénario de Gérard Brach et Musique de Morricone) Il y avait tout là-dedans pour faire un chef d'œuvre version gore : une histoire éprouvée, des décors gothiques, des personnages secondaires intéressants et bien campés, (on remarquera à ce propos que Carlotta à le courage de chanter malgré les menaces du fantôme) des extraits d'airs d'opéra bien choisi, de l'humour, de la dérision, quelques vannes contre Edgar Degas, une machine infernale… et surtout la, présence assez fabuleuse d'Asia Argento. Oui mais voilà, j'ignore comment a été composé le casting, mais force est de constater que l'acteur qui tient le rôle de Raoul est mauvais et que celui qui tient le rôle du fantôme est d'une nullité à peine croyable. Alors évidemment ces deux erreurs de casting plombent le film et c'est vraiment dommage.

Sphère

Un film de Barry Levinson (1998) avec Sharon Stone et Dustin Hoffman. Une bonne idée de départ et un très bon commencement avant que le film ne s'enlise un peu dans des explications confuses (c'est pas moi, c'est toi, non c'est lui...) et casse l'intérêt. La fin (bavarde) pourra selon son humeur être qualifiée d'amusante ou de débile. Malgré une bonne direction d'acteurs, une bonne musique, des décors pas mal dans l'ensemble (hormis la sphère elle-même qui n'a rien d'exceptionnelle). cela reste assez moyen dans l'ensemble.

Very Bad Things  

Un film de Peter Berg (1998) avec Cameron Diaz. Ce jeu de massacre au second degré qui rappelle les meilleures comédies anglaises nous change des habituelles comédies sirupeuses. La charge contre certains aspects de la vie sociale est d'une férocité jubilatoire (le mariage, le type qui a lu le dernier bouquin sur l'attitude comportemental et qui s'en inspire à toutes les sauces…). Le film ne débute véritablement qu'avec une séquence érotique dans laquelle s'illustre l'actrice porno Kobe Tai, puis sombre dans un délire gore au tempo parfaitement maîtrisé avec en contrepoint une étonnante Cameron Diaz dont la seule préoccupation est de réussir non pas son mariage mais la cérémonie de son mariage. L'interprétation est dans l'ensemble excellente. Le final est un bijou d'humour noir. Un excellent film plus ou moins inclassable, mais quelle importance ? Nonobstant la réalisation parfois un poil chaotique on serait passé pas loin du chef d'œuvre !

Minuit dans le jardin du bien et du mal

Un film de Clint Eastwood (1998) avec Kevin Spacey et John Cusack. Un bijou ! A travers les tribulations d'un journaliste témoin involontaire d'une dispute préalable à un meurtre, Eastwood nous dresse le portrait d'une galerie de personnages surprenants dont la transsexuelle Lady Chablis qui nous fait une prestation fabuleuse toujours à la limite de l'outrance mais sans la dépasser. La direction d'acteurs est exceptionnelle, le propos est généreux, l'histoire intéressante. Alors bien sûr, il y a cette facilité de scénario à la morgue, mais on est au cinéma, n'est-ce pas ?

Taxi

Un film de Gérard Pirès (1998). Ce film écrit et produit par Luc Besson ne prétend à rein d'autre qu'à être un divertissement efficace, qu'importe alors les invraisemblances pourvu que le spectacle fonctionne, et il faut bien reconnaître que le rythme est enlevé et que tout cela est plutôt sympatoche. Côté acteur si Samy Naceri est plutôt moyen, (nominé meilleur espoir masculin aux Césars, je rêve ?) il faut noter le rôle étonnant de Manuela Gourary en sémillante quinquagénaire ainsi que Marion Cotillard qui n'était pas mal avant qu'elle n'attrape la grosse tête.

Snake Eyes  

Un film de Brian De Palma (1998) avec Nicolas Cage.  Un excellent De Palma (même s'il est en -deçà de ses grands chefs-d'œuvre). Le film vérifie le postulat selon lequel tout le monde est corruptible pourvu qu'on y mette le prix, mais que si le sexe s'en mêle ça devient compliqué. C'est du De Palma typique avec ses plans de folies, son montage millimétrique et son sens de la mise en scène. On ne s'ennuie pas une seconde dans le démontage de cette machination machiavélique. Nicolas Cage est très bien (un peu cabotin quand même), Gary Sinise a une tête à claque (mais c'est son rôle). On regrettera juste qu'il y ait si peu de séquences de présence féminine (à ce propos Carla Gugino est très bonne), ainsi que la fin un peu trop hollywoodienne.

Celebrity

Un film de Woody Allen (1998) avec Kenneth Branagh, Judy Davis, Melanie Griffith, Winona Ryder, Charlize Theron, Leonardo du Caprio. La couleur est clairement affichée dès le prologue, cette comédie chorale se veut une critique de l'ambition et de la célébrité. On ne s'ennuie pas, c'est très bien filmé, les acteurs sont fabuleux, il y a beaucoup d'humour. (De grands moments avec la leçon de fellation, le rôle super sexy de Charlize Theron, les types du Ku Klux Klan dans les studios de télévision ou le clin d'œil cinéphilique, le réalisateur qui veut faire un remake de "Naissance d'une nation" rien qu'avec des blacks !) Maintenant à la fin il est vrai qu'on peut se demander si Woody a véritablement traité son sujet, mais après tout qu'importe on aura passé un très bon moment.

Vampires

Un film de John Carpenter (1998). Mais qu'est-il arrivé au grand John Carpenter pour nous pondre un machin aussi mauvais ? Le film débute très mal en nous présentant les deux "héros" du film, et c'est une catastrophe car comment peut-on manifester de l'empathie pour ces types (James Wood est abominable de suffisance et son compère est un voyou affirmé qui ne vaut guère mieux) ? Le rejet de ces deux énergumènes est tel qu'on éprouve rapidement de la sympathie pour les vampires (ce n'était pourtant pas le but recherché, je suppose). Le scénario est d'une absurdité abyssale, il n'y a aucun suspense, le final est d'un ridicule à peine croyable, l'humour est nul, le petit quelque chose qui fait qu'on prend un certain plaisir aux films gore est complètement absent, ici ce n'est que boucherie et sadisme pur, et en plus c'est putophobe. Bref, je ne vois vraiment pas ce qu'il y aurait à sauver.

La Mutante 2

Un film de Peter Medak (1998). Une excellente suite. Le scénario ne fait pas l'erreur de reprendre le récit là où l'avait laissé le premier opus, mais construit une histoire vraiment très originale ce qui nous donne une film sans doute légèrement supérieur au premier. La psychologie de la mutante est moins primaire ce qui la rend encore plus attachante. Quand aux gentils s'ils y en a qui "passent", d'autres sont de véritables repoussoirs. c'est peut-être là la vraie morale du film. Natasha Henstridge est toujours aussi belle et l'érotisme y est bien distillé. A propos des scènes érotiques à signaler deux curiosités : d'abord une scène avec deux filles et un gars, en principe dans ces cas là, le trio va sur le plumard et et les protagonistes font ce qu'ils ont envie de faire, pas ici, la première fille fait l'amour avec le gars (sans aucun préliminaire), et la seconde attend son tour sur la chaise !  On a aussi une scène coupé au montage (mais visible dans les bonus) ou le gars monte par erreur avec un travesti, et évidemment ça se passe mal (dans la majorité des cas, les travestis et transsexuels ont l'intelligence d'avertir leur partenaire qu'il le sont avant d'aller conclure, justement pour éviter que ça se passe mal), cette scène n'aurait rien ajouté au film !

Godzilla

Un film de Roland Emmerich (1998) Faire un remake de ces mauvais films japonais n'était pas une bonne idée, et pour le coup, le réalisateur nous fournit une prestation calamiteuse. Jean Réno participe au naufrage comme les autres (il n'y a pas de raison !)

Le masque de Zorro

Un film de Martin Campbell (1998) avec Antonio Bandera, Catherine Zeta-Jones et Anthony Hopkins. Ce film de cape et d'épée saupoudré d'une pincée de western et d'un doigt de péplum s'encombre de nombreux poncifs certains bien lourdingues. Il  faut cependant reconnaitre que les scènes de combats survoltées sont très réussies, que tout cela ne se prend pas trop au sérieux qu'il y a deux scènes magnifiques avec la très belle Catherine Zeta Jones (le paso-doble et son duel avec Banderas) Bref ça se regarde avec un certain plaisir même si ça n'a rien de transcendant.

Susan a un plan  

Un film de John Landis (1998) avec Nastassia Kinsky, Lara Flynn Boyle. Encore un film maudit et mal aimé et on se demande bien pourquoi ? Evidemment il faut aimer l'humour déjanté, les scénarios de plans foireux avec des bras cassés, de la vénalité, de l'immoralité et du cynisme à la pelle. Tout cela sur le mode comédie, une comédie macabre dans laquelle les personnages hallucinent au sens propre et quand ça leur arrive c'est assez spectaculaire. Les filles sont belles, bien dirigées et peu avares de leur charmes. On comprend qu'un tel cocktail puisse désespérer les grincheux, les autres dégusteront ce petit chef d'oeuvre d'humour noir comme une délicieuse friandise.

La Malédiction de la momie

Un film de Russell Mulcahy (1998). C'est con comme la lune. Le scénario est un pompage maladroit des histoires habituelles sur ce thème. Les effets spéciaux sont mauvais, l'acteur principal qui joue le rôle d'un inspecteur de police est mauvais comme ça ne devrait pas être permis (et en plus son rôle est lourdingue !) Que sauvez là-dedans  à part les belles frimousses des actrices ? Peut-être quand même la surprise finale, mais c'est tout !

The X-Files, le film 

Un film de Rob S. Bowman (1998). Plus le film avance, moins il devient intéressant. Pourtant c'était prometteur, Mulder prenant contact avec un type alors qu'il est en train de pisser contre un mur, on ne voit pas ça tous les jours, mais ce doit être la seule bonne idée du film. La réalisation est médiocre, ça se traine lamentablement, les personnages sont inconsistants (malgré le charme de Gillian Anderson), le scénario est compliqué à souhait et par moment incompréhensible, il n'y a aucune tension, et l'ennui n'est jamais bien loin. Les facilités et les invraisemblances abondent (bravo pour l'épisode en Antarctique où on se balade le blouson mal fermé, sans lunettes et sans faire de buée). Bref, un beau gâchis !

Trafico  

Un film de Joao Botelho (1998). Certes, il a quelques personnages pittoresques, mais ça part dans tous les sens sans constituer l'esquisse d'une histoire cohérente. On nous impose des longueurs incompréhensibles (celle de la fin est un vrai supplice). On ne comprend rien de ce que l'auteur veut nous dire, mais on s'en tape, tout cela n'ayant aucun intérêt.

L'enjeu

Un film de Barbet Schroeder (1998) avec Andy Garcia et Micheal Keaton. On peut être un excellent réalisateur et se planter à cause d'un scénario qui ne tient pas la route. Ce film constitue un véritable catalogue d'invraisemblances du début jusqu'à la fin (Bravo par exemple pour ce prisonnier classé hyper dangereux et qui se trimbale avec des chaussures à lacets !) On a l'impression que le film a été pensé avec comme règle : Qu'importe la crédibilité, pourvu que le spectateur en prenne plein la vue. Alors en prendre plein la vue pourquoi pas mais quand c'est uniquement gratuit comme ce demi-tour sur l'autoroute avec zéro morts et zéro blessés, ça devient vite gavant. Quant aux détails, le film contient une erreur de script digne de figurer dans les anthologies : Keaton poursuivi enfourche une moto au hasard et démarre aussi sec (passons), sur le plan suivant on le voit 100 mètres plus loin sur sa moto, un casque sur sa tête !  Finalement c'est 96 minutes de lutte entre "super flic plus malin que les autres" et "super méchant plus malin que les autres", avec la participation de "madame super toubib"  et de "super petit malade", tous les autres personnages étant c.. comme la lune. Affligeant !

6 jours, 7 nuits

Un film d'Ivan Reitman (1998) avec Harisson Ford et Anne Heche. Une comédie romantique sous forme de Robinsonnade qui manque peut-être un tout petit peu de punch et dont le final est prévisible, mais qui possède des atouts non négligeables, la présence d'Harrison Ford qui assume, le charme et le talent d'Anne Heche et des paysages de rêves. C'est une comédie et le réalisateur n'a jamais tenté d'en faire une histoire réaliste, (on n'est pas dans l'excellent Mosquito Coast) si on ne comprend pas ça, on passe à côté du film. Même si on ne peut pas s'empêcher de se dire que tout ça aurait pu être bien mieux il n'y a aucune raison de bouder notre plaisir.

La Sagesse des crocodiles

Un film fantastique de Po-Chih Leong (1998) avec Jude Law. Une histoire de vampire nian-nian dans laquelle Jude Law se la joue beau gosse tandis que sa partenaire mal dirigée joue bien mal, c'est lent, c'est plein de digressions dont on se demande à quoi elles servent (qu'est-ce qu'on en à cirer du baptême du flic ?) On veut éviter les clichés du genre mais on nous montre d'autres (la scène de la main suspendue dans le vide, ça commence à bien faire) Et ça se traîne jusqu'au fond de l'ennui. Bref, ça ne vaut pas un clou.

Jackie Brown

Un film de Quentin Tarantino (1997) avec Pam Grier. Tarantino filme Pam Grier avec une telle application qu'on est en droit de se demander s'il n'est pas tombé amoureux de son personnage (ou de l'actrice), il est vrai que cette ancienne spécialiste des films de "prison de femmes" est le vrai sujet du film et qu'elle crève l'écran de sa beauté de femme mature. (il y a énormément de références aux séries B, peu de gens comprendront le clin d'œil de Pam Grier qui dit ne pas vouloir retourner en prison). Le film est par ailleurs un véritable bijou de direction d'acteurs, on a rarement vu Robert de Niro aussi cinglé, les personnages incarnés par Robert Forsters et Bridget Fonda sont également savoureux. Quant à Samuel Jackson, s'il est extrêmement agaçant, c'est le rôle qui veut ça. L'histoire est linéaire, à la fois simple et complexe (l'épisode de l'échange des sacs est à ce sujet un modèle d'embrouille complètement assumé) et vaut surtout pour les rapports entre les protagonistes. Sinon même si le film est relativement soft, ça reste du Tarantino pur jus et on se délecte. Quant à ceux qui y ont vu je ne sais quel message, ils me font mourir de rire, Quentin Tarentino n'est ni Tony Scott, ni David Fincher (et c'est très bien comme ça, heureusement). Chef d'œuvre !

Suicide Kings  

Un film américain de Peter O'Fallon (1997) avec Christopher Walken. Un film bluffant méritant bien mieux que le mépris qui lui a été infligé à sa sortie. Certes il y a quelques vilaines longueurs, mais grosso modo c'est assez bien fait, Christopher Walken domine la distribution mais les seconds rôles sont plutôt bons (le personnage jouant Lobo est pas mal trouvé). Construit comme un jeu de poker menteur, le film nous berne jusqu'à la fin. Un bon spectacle bien jouissif

En chair et en os

Un film de Pedro Almodovar (1997) avec  Javier Bardem, Francesca Neri, Angela Molina... Donc Almodovar nous pond un thriller, une fois n'est pas coutume. Après un long et réjouissant prégénérique avec Pénélope Cruz, on nous raconte les rapports complexes et les chassés croisés entre deux femmes et trois hommes. C'est intéressant et bien ficelé et la patte du réalisateur est bien là, mais il nous manque cruellement ses folies habituelles (après tout, c'est aussi pour cela qu'on l'aime). Les rôles féminins sont superbes.

Austin Powers

Un film de Jay Roach (1997) avec Elisabeth Hurley. Non seulement c'est d'une lourdeur à peine croyable, mais le film nous inflige des comparaisons moralisatrices entre les années 1970 et les années 1990 en critiquant de façon sous-jacente les premières prétendument trop décontractées du point de vue sexuel. Affligeant !

Le 5ème élement

Un film de Luc Besson (1997) avec Milo Jovovich et Bruce Willis. Il y a plusieurs façons de faire de la science-fiction au cinéma, et Besson a choisi de s'inspirer de l'ambiance d'une de bandes dessinée phare en ce domaine, les aventures de Valerian et de Laureline dessinées par Jean-Claude Mézières, et plus particulièrement de l'album contemporain du film "les cercles du pouvoir". L'idée des taxis volants par exemple, c'est Mézières.
Que le scénario soit cucul n'a aucune importance (et à bien réfléchir il ne l'est pas moins que celui de la "Guerre des étoiles" qui elle, se prend au sérieux) puisqu'on est dans le délire et le décalage.  On ne s'ennuie pas une seule seconde, ça regorge d'inventivité, de surprise. Les décors sont somptueux et l'interprétation est excellente (avec une mention toute spéciale à Mila Jovovich)
Quelques grands moments : L'évasion de Leeloo de son bloc médical ; Le cafouillage au terminal d'enregistrement avec Leeloo qui répète sans arrêt Moultipass, moultipass, la prestation de Maïwenn en cantatrice d'opéra (avec la voix de la soprano albanaise Inva Mula interprétant l'air de la folie tirée de Lucia de Lamermoor de Donizetti). Un grand moment de SF décontractée.

Alien, la résurrection

Un film de Jean-Pierre Jeunet (1997) avec Sigourney Weaver et Winona Ryder. Un 4ème Alien alors que Ripley s'est suicidé à la fin de l'Opus 3 ! Qu'importe on crée un clone, on pouvait donc s'attendre au pire, mais en fait c'est très bon. La transformation de Ripley (en fait un clone) en être hybride (elle a désormais du sang alien) permet de nouvelle possibilité, et Winona Ryder en androïde femelle est une bonne idée. La touche personnelle de Jean-Pierre Jeunet qui fait jouer ses potes apporte également un plus à cet épisode

Phoenix  

Un film de Danny Cannon (1998). Une histoire de flics ripoux, pourquoi pas ? Mais ici entre une réalisation aussi molle qu'un marshmallow, un acteur principal qui se regarde jouer, Anjelica Huston qui cachetonne un peu, un scénario collectionnant les débilités, et une morale grotesque, il ne reste pas grand-chose.

Scream 2 

Un film de Wes Craven (1997). On regrettera quelques trop longs bavardages en première partie et l'interprétation assez moyenne de Neve Campbell, ainsi qu'une scène se voulant parodique mais ratée (le réfectoire). En revanche Courteney Cox est fabuleuse (il y a aussi Sarah Michelle Gellar, qu'on ne voit pas bien longtemps mais ça fait toujours plaisir) Certaines scènes sont vraiment très réussies, le prologue, la répétition au théâtre, la traque dans le campus et la très longue scène finale. C'est évidemment très second degré (et parfaitement assumé) et il ne faut pas trop chercher la cohérence, mais on passe un bon moment.

The Game

Un film de David Fincher (1997) avec Michael Douglas. C'est lourd, c'est long, on est aux limites de l'ennui et surtout ça ne tient pas debout. Toute l'astuce du film est de nous faire demander dans quoi est embarqué Michael Douglas (peu convaincant dans ce rôle). On croit deviner, puis les fausses fins s'empilent jusqu'à la vraie qui non seulement est abracadabrantesque ! (un mec qui me ferait un tel "cadeau" ne mériterait que mon mépris le plus profond), mais elle est entachée de l'une de plus belles invraisemblances du cinéma contemporain : que le suicide par chute dans le vide  ait été "prévu" passe encore à la limite mais qu'elle ait lieu juste au point P et pas 5 mètres à côté sur la gauche ou sur la droite, faut pas déconner quand même !

J'ai épousé un croque-mort

Un film de John Bradshaw (1997) avec Adrien Brody. Un petit bijou passé inaperçu (la réédition en DVD en 2004 a été retitré "J'ai épousé un tueur !" Une comédie funèbre comme aiment en faire les anglais, sauf que ce film est canadien. Ça fonctionne très bien, Adrien Brody est très bon, les mafiosi, sont comme on les aime, les situations sont tout ce qu'il y a de loufoques et les filles sont superbes (Kari Wuhrer en femme de mafioso et Holly Gagnier en assistante dentiste), bon rythme, bonne musique. Bref que du plaisir sans prise de tête.

L.A. Confidential

Un film de Curtis Hanson (1997). Un film de 2 heures 15 qui se regarde jusqu'au bout sans qu'on voit le temps passé ne saurais être mauvais. Cela n'en fait pas pour autant un chef d'œuvre, le film trimbalant quand même son lot de casseroles : D'abord au début, la confusion est totale entre Kevin Spacey et de Russell Crowe, à ce point qu'on met quelques minutes à s'apercevoir que ce sont deux personnages différents. On a droit ensuite à une belle brochette de stéréotypes (manque de pot, "le bon, la brute et le truand", ça a déjà été fait et en mieux !). Et pour ce qui est de la fusillade finale, faut pas charrier non plus, (ou alors on transcende à la De Palma, mais Hanson en est trop loin). Quant à la fin qui mélange cynisme et happy end elle est ratée. Reste beaucoup de bonnes choses, un rythme d'enfer, des rebondissements à foison, le bon jeu des acteurs, l'interprétation sulfureuse de Kim Basinger, et une dénonciation sans concession de certaines méthodes policières, ainsi que du rôle de la presse.

Les démons de Jesus

Un film de Bernie Bonvoisin (1997). Ça se regarde, mais arrêtons de dire que c'est un film culte. Les dialogues dont tout le monde se gausse sont parfois à la limite du compréhensible, trop écrits genre "attention je sors encore un bon mot", trop coupés de la réalité (A la fille a qui il dit qu'il se prénomme Jésus, elle répond "mais c'est le prénom du Christ !" qui parle comme ça ? On peut aussi citer la tirade de l'exécrable gamin à table). Le casting n'est pas sans défaut avec un Thierry Fremont qui surjoue de façon éhonté et un Patrick Bouchitey trop vieux pour son rôle. La réalisation est peu maîtrisée et souvent lourde. Maintenant il faut parler de l'histoire, or là il y a un problème, c'est une comédie ou c'est une satire sociale ? On finit par ne plus savoir parce qu'on veut nous montrer quoi au juste ? Des personnages attachants ? Non, à part la mère et Maria, ils sont tous cons ou tarés (ou victimes de leurs environnement si on veut parler en politiquement correct). Les rapports à la Roméo et Juliette entre Jésus et Mathilde sont complètement improbables. La référence au cinéma italien (Affreux sales et méchants) est inopportune dans ce film sans véritable férocité. Quant à la scène finale, on nous le fait dans le genre "Travail, Famille, Tribu", le coup de grâce, quoi ! Quelques points positifs : l'ambiance du bistrot, le rôle de beauf de Victor Lanoux, partiellement celui de Nadia Farès. Quant à ceux qui ont cru voir naître un auteur ils ont vite déchanté, 5 ans plus tard, il réalisait "Blanche" l'un des pires films jamais tournés.

La vérité si je mens !

Un film de Thomas Gilou (1997) . Toujours souriant et parfois hilarant à condition d'être perméable à l'humour juif. On passe un excellent moment et Richard Anconina est très bien. Le happy-end est un peu cul-cul, mais que voulez-vous, c'est du cinéma !

Tenue correcte exigée

Un film de Philippe Lioret (1997) avec Jacques Gamblin, Elsa Zylberstein, Zabou, Jean Yanne, Daniele Prevost. Un vaudeville plutôt bien enlevé et assez intelligent grâce à des acteurs complétement impliqués. Ça part parfois un peu dans tous les sens avec des éléments de scénarios laissé en plan alors que d'autres manquent de finesse. La satire sociale sous-jacente est assez bien vue mais manque un peu de concision. La scène où Gamblin et Zylberstein se séparent est assez géniale, évitant grâce à une seule réplique tous les poncifs de ce genre de situation. Coup de cœur pour ce film malgré ses défauts.

Jurassik Park - Le monde Perdu

Un film de Steven Spielberg (1997) avec Julianne Moore. Une très bonne réalisation malgré un scénario inférieur au précédent. Il y a des scènes fabuleuses (le camion qui glisse dans le vide, l'équipe attaqué dans les hautes herbes, par les vélociraptors, le type poursuivi par des compsognathus). D'autres sont plus contestables comme cet absurde scène où la gosse (par ailleurs assez pénible) savate un vélociraptor en exécutant des mouvements de gymnastique, ou le passage pseudo king-kongesque ou le T-rex sème la panique dans la ville. Mais globalement c'est très tout de même bien.

Bienvenue à Gattaca

Un film d'Andrew Niccol (1997) avec Uma Thurman. Un thriller SF à la fois passionnant par le développement de son intrigue et effrayant de par le monde qu'il dépeint. C'est très bien réalisé, mais le quasi huis-clos donne une impression d'étouffement, la direction d'acteur est correcte, mais les personnages masculins qui n'inspirent pas l'empathie, heureusement il y a Uma Thurman. La musique de Michael Nyman est bien adaptée. Si on pardonnera volontiers de voir des cosmonautes s'embarquer en costard-cravate, on regrettera néanmoins certaines fautes de scénario comme l'incompréhensible arrestation du directeur qui tombe comme un cheveu sur la soupe, où Uma Thurman qui connaît l'adresse de Vincent sans jamais y être entré, quand à la révélation de la fratrie on touche le grotesque d'autant que le réalisateur s'est cru obligé de doubler cette lourde et improbable course de natation entre les deux frères ? Bref le film n'est pas mauvais, il est même bluffant mais il est loin d'être parfait.

Le loup-garou de Paris

Un film d'Anthony Waller (1997) avec Julie Delpy. Cet excellent film n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité. Si on a un peu peur au début de tomber sur un teen-movie, le film trouve de suite sa consistance dès qu'il bascule dans le fantastique. Le film est teinté d'humour mais possède une réelle dimension gothique, certaines scènes sont hallucinantes, notamment celle tournée au cimetière du père Lachaise près de la tombe de James Morisson, ou celle complètement surréaliste où l'on voit une victime crucifiée sortir du porche d'une église au milieu d'une foule en panique. Et puis il y a les deux Julies, Julie Delpy, trop mignonne et Julie Bowen, trop sexy. Au passif : Tom Novembre mauvais, quelques facilités de scénarios et un final débile, mais l'ensemble reste d'une très bonne tenue.

Nettoyage à sec  

Un film d'Anne Fontaine (1997) avec Miou-Miou et Charles Berling. C'est vraiment très bon, traiter de cette façon le thème du travestisme et de la bisexualité sans tomber dans la facilité, il fallait le faire. La direction d'acteur est impeccable avec une Miou Miou qui joue avec un naturel désarmant et le jeune Stanislas Merhar excellent et troublant. Bien sûr Anne Fontaine a choisi d'être pessimiste, elle n'y était pas obligé, mais paradoxalement cela renforce le film en renvoyant la société pour ce qu'elle est : se voulant tolérante mais ne l'étant pas tant que ça, les conventions sociales et morales dont on a beau se moquer finissant par étouffer le désir. Très fort

Cube

Un film de Vincenzo Natali (1997). Prétentieux, gonflant, incompréhensible, mal joué, et mal dialogué. Sans aucun intérêt.

Souviens-toi... l'été dernier

Un slasher de Jim Gillespie (1997) avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar. Une bonne idée de base, de bonnes scènes, du suspense, de l'action, du spectavle, Jennifer Love Hewitt  est étonnante, Sarah Michelle Gellar est mignonne, côté négatif, un scénario pas trop clair et le jeu exécrable du dénommé Ryan Philippe. Ça reste globalement assez bon.

Starship Troopers

Un film de Paul Verhoeven (1997). Il paraît que c'est du second degré et que ça veut dénoncer le militarisme, en voilà une intention qui est bonne, hélas c'est raté. Le scénario est primaire, les acteurs masculins ont des têtes à claques, Denise Richard ne sait pas jouer et affiche un sourire niais tout au long du film, les invraisemblances en tous genres foisonnent. Et puis surtout dans ce petit monde antipathique on ne trouve rien à quoi se raccrocher.  A sauver : une amusante scène de douche mixte.

Uncle Sam

Un film de William Lustig (1997) Un film au message ambigu puisqu'il bouffe à tous les râteliers, d'un côté il démystifie avec justesse l'héroïsme militaire, d'un autre il caricature grossièrement les "mauvais américains" (qui ne savent pas chanter l'hymne, qui brûlent le drapeau, qui ne payent pas tous leurs impôts, qui matent les nanas qui sortent de la douche, qui fument des joints, qui draguent les veuves éplorées, qui ont refusé d'aller au Vietnam…). Un sale gosse (très pénible) se prend pour un redresseur de tort et un zombie rapatrié du Koweït va profiter du jour de l'indépendance day pour faire un massacre. Le pitch en valait bien d'autres mais c'est mal foutu, mal joué et souvent ridicule. Une seule scène vaut le coup d'œil, celle du voyeur monté sur échasses déguisé en Oncle Sam.

Contact  

Un film de Robert Zemeckis (1997) avec Jody Foster. Le véritable sujet du film n'est qu'un laborieux et imbuvable pensum sur les rapports entre la foi religieuse et la science énoncée avec une suffisance crasse par l'insupportable Matthew McConaughey. On passera sur les invraisemblances (l'allumé religieux qui s'infiltre avec une bombe pendant les essais), sur ce mystérieux personnage occulte qui tire les (forcement) bonnes ficelles ainsi que sur le contact proprement dit d'un ridicule et d'une niaiserie à peine croyable. Sans aller jusqu'à l'analyse des créateurs de la série "South Park" pour qui l'évocation de ce film est employé comme vomitif, force est de constater qu'il s'agit d'un film plat à l'idéologie consternante dont le seul relatif intérêt est la présence de Jody Foster. Zemeckis est beaucoup mieux à l'aise quand il nous parle des aventures de Rogger Rabbit et de Jessica.

Orphans

Un film de Peter Mullan (1997). Ça démarre aux limites de l'insupportable, après ça va mieux et on a droit à quelques situations qui réveillent quelque peu notre intérêt, (la scène du bistrot n'est pas mal) avant que le dernier quart d'heure sombre dans le ridicule puis dans l'inutilité.

Le Veilleur de nuit

Un film d'Ole Bornedal (1997) avec Erwin McGregor et Patricia Arquette. Un début mou et interminable, le rôle débectant tenu par Josh Brolin, une scène de bagarre ridicule, une fausse piste grosse comme une maison, des clichés débiles, des facilités de scénario grossières, une résolution décevante, un final convenu… ça en fait des casseroles ! En fait cette variation moderne sur Jack l'éventreur souffre d'un scénario mal écrit. Erwin McGregor et Patricia Arquette sont sous exploités et le reste du casting ne brille pas vraiment. A regarder éventuellement pour imaginer le film que cela aurait pu être.

La prisonnière espagnole

Un film de David Mamet (1997). Excellent scénariste (le facteur sonne toujours deux fois, les incorruptibles) Mamet se plante ici doublement. En tant que scénariste parce que son histoire cumule inepties (c'est quoi cette formule magique qui réclame 200 pages d'algèbre ?) et absurdités (Le coup du livre sorti du coffre : le gars n'est même pas étonné que le FBI demande qu'on sorte l'original. Et puis comment a-t-on fait pour copier à l'exacte et aussi vite l'extérieur d'un livre que personne n'avait jamais vu de près ?) De plus on devine rapidement que la secrétaire n'est pas claire. Et puis il y ce final en forme de Deus ex machina qui pédale à côté du vélo ! En tant que réalisateur, disons que c'est un peu service minimum et beaucoup de blabla malgré quelques rares bonnes scènes. Le casting maintenant, l'acteur principal peut à la milite passer si on parvient à s'habituer à ce genre de bonhomme, l'actrice principale n'est pas trop dans le coup, les seconds rôles sont en minimum syndical. De plus l'intrique est incompréhensible à 75 %, sans doute pour mieux la comprendre faudrait-il revoir le film, je n'en ai pas envie !

Harry dans tous ses états

Un film de Woody Allen (1997) avec Kirstie Alley, Demi Moore. Woody Allen prend le pari risqué de l'introspection et le réussit de façon brillante. Cette réflexion quasi schizophrène sur la vie et l'art ne s'embarrasse d'aucun tabou et aborde avec un joyeux décalage les problèmes de la sexualité, de la fidélité, de la prostitution, de la création, de la reconnaissance, de la mort… Le ton est volontairement farfelu et le film comporte ses morceaux de bravoures, comme l'introduction (c'est le cas de le dire), la présence de la belle et déjantée prostituée noire, le pépé cannibale, l'acteur qui floute, quelques belles scènes de ménage et cette superbe descente aux enfers. Un régal.

Postman  

Un film de Kevin Costner (1997) avec lui-même et Olivia William. Un film peut être bourré de défauts et rester néanmoins sympathique. Alors d'accord, le pitch peut paraître puéril mais on peut faire avec en regardant tout ça comme une fable puisqu'en c'en est une. Non ce qui peut énerver c'est le côté "I love Etats-Unis", complètement déplacé dans ce contexte. La plupart des reproches adressés à ce film sont injustifiés. La réalisation est très correcte, Kevin Costner joue bien, Olivia Newton aussi, alors bien sûr certains seconds rôles sont un peu limites. On ne dira jamais assez la nuisance que peut faire à un film l'attribution des Razzie Awards par leur méchanceté gratuite. Certes, ce film n'a rien de génial mais se regarde volontiers.

8 têtes dans un sac

Un film de Tom Schulman (1997) avec Joe Pesci. Une bonne idée de départ (ou plutôt une excellente variation sur une situation vaudevillesque assez classique). Au début on rigole bien, hélas le film ne tient pas la distance, tourne en rond, n'a plus grand chose à nous dire et vire à la confusion. Quel dommage, mais que voulez-vous une seule bonne idée pour un film, ce n'est pas assez !

Complots

Un film de Richard Donner (1997) avec Mel Gibson et Julia Roberts. Une vraie purge, c'est incompréhensible, inintéressant, saoulant. Si le début peut passer grâce à quelques scènes d'action et un certain humour, ça ne tient pas la distance. On ne sait pas dans quel registre on est, tout ce fatras aurait pu passer si on avait été dans un film comique, mais ce n'est pas vraiment ça, ça tourne même à la tragédie genre "Qu'il est beau, l'assassin de Papa !" comme dans le Cid ! Tout cela est interminable et devient vite gavant !

Evita

Un film musical d'Alan Parker (1996) avec Madonna d'après la comédie musicale éponyme d'Andrew Lloyd Webber (1976). Pour ceux qui se demandent ce que vient faire Madonna dans cette réflexion désabusée sur le destin d'Eva Peron, la réponse est : elle est sublime ! Elle crève l'écran et endosse son rôle avec une conviction et une énergie assez fabuleuse. Par ailleurs le film est intelligent, brillamment réalisé et la musique de Lloyd Webber est un enchantement.

Pédale douce

Un film de Gabriel Aghion (1996) avec Fanny Ardant, Michelle Laroque, Patrick Timsit, Richard Berry. La réflexion selon lequel le film caricaturerait la communauté homosexuelle le ne peut tenir, le scénario étant l'oeuvre de Pierre Palmade, (en fait la communauté homosexuelle n'existe pas et le milieu n'est pas homogène, il y a des tas de comportements homosexuels différents). Sinon que dire ? Que Fanny Ardant est rayonnante de présence et de beauté, qu'il y a des très bonnes scènes, qu'on ne s'ennuie pas, mais qu'il n'y a pas non plus de quoi s'affoler. C'est un bon petit film, sans plus.

Ridicule

Un film de Patrice Leconte (1996). Une histoire peu intéressante et qui ne décolle jamais, des dialogues pompeux et digne d'un mauvais théâtre qui deviennent vite gonflant, des situations tellement surjouées qu'elles en deviennent…ridicules, des acteurs mal dirigés (seuls s'en sortent Rochefort et Ardent). Un film sans doute ambitieux mais très mal maîtrisé et dont le succès critique et populaire reste un mystère. César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1997 (mort de rire)

Mission impossible

Un film de Brian de Palma (1996) avec Tom Cruise. Coté positif : on ne s'ennuie pas une seconde, c'est déjà ça. Sinon ce film au scénario incompréhensible (mais nous sommes dans un film d'espionnage et c'est sans doute le genre qui veut ça ?) est truffé d'invraisemblances de toutes sortes. Des trois grandes scènes d'action que comprend le film, seule la première retient l'attention, les deux autres (une intrusion dans un local secret de la CIA pour aller recopier un fichier en passant pas une grille d'aération (!) et une autre où Tom Cruise et un méchant se baladent sur le toit d'un TGV fonçant à 300 km/heure tandis qu'un hélicoptère vole juste au-dessus) sont débiles à pleurer et ne provoquent aucun effet de suspense. La musique est mauvaise, quand à Tom Cruise, producteur et héros du film, on a envie de le claquer tellement il expose son côté bellâtre. Bref, c'est raté !

Nos funérailles  

Un film d'Abel Ferrara (1996) avec Christopher Walken. Ferrara est capable du meilleur comme du pire, ici on est dans le bon, mais un quart d'heure de plus aurait sans doute permis de combler certains déficits d'explications et autres ellipses obscures, notamment les sous-entendus politiques. Sinon cette peinture d'une famille de gangsters névrosés obnubilés par le culte de la famille et de l'honneur et développant un mysticisme de bazar est hallucinante .Pas beaucoup de personnages positifs dans cette noirceur absolue, à part peut-être la belle Annabella Sciorra. Christopher Walken est impeccable, et fidèle à sa réputation. On n'est pas passé loin du chef d'œuvre (dommage aussi ces faux raccords dans la scène de cul)

Mars Attack

Un film de Tim Burton (1996) avec Jack Nicholson. 90 minutes de pur bonheur. On se régale dans cette parodie des film d'invasions d'extraterrestres. Ça fourmille d'idées toujours excellentes, c'est superbement réalisé, les acteurs sont géniaux : citons Jack Nicholson qui trouve un rôle à sa mesure (celui de Président des Etats-Unis), à Lisa Marie dans le rôle de "la martienne", Tom Jones dans son propre rôle qui s'auto- parodie. Notons aussi la présence de Natalie Portman qui n'avait que 15 ans à l'époque...

Beaumarchais l'insolent  

Un film d'Edouard Molinaro (1996) avec Fabrice Luchini. Un biopic réussi doit rendre son personnage central captivant et attachant. Et là avec Fabrice Luchini dans le rôle de Beaumarchais, on est servi, nous dépeignant un personnage intelligent, tolérant mais aussi très complexe. il n'incarne pas le personnage il l'habite. Evidemment le reste de la distribution est écrasé et éparpillé (normal pour un biopic) mais on remarquera quelques belles prestations dont un inattendu Jean Yanne, Claire Nebout dans le rôle du chevalier d'Eon, Florence Thomassin en belle intrigante et surtout Sandrine Kiberlain rayonnante de beauté. Jolie musique, jolis décors, c'est bien foutu, le scénario est intelligent, tout pour plaire. Juste un tout petit bémol pour les prestations de Piccoli et de Brialy, assez fades.

Independance Day

Un film de Roland Emmerich (1996). C'est avant tout un spectacle de Science-fiction et à ce titre il est magnifiquement réalisé, scotchant les spectateurs sur leur sièges pendant près de 2 heures 30. Bien sûr on pourra gloser sur les deux principaux reproches que l'on a fait à ce film : d'abord celui de faire dans le "patriotisme" américain outrancier, et l'autre d'avoir truffé le scénario d'invraisemblances dont la plus criante a fait date (celles où deux héros vont détruire l'ordinateur de bord des aliens en allant y injecter un virus !) Mais ces deux reproches ne gênent en rien la vision du film !

Le syndrome de Stendhal

Un film de Dario Argento (1996) avec Asia Argento. Le film à plusieurs défauts, déjà la durée, deux heures c'est trop long (du moins pour ce que l'auteur veut nous dire), ensuite si le sujet est prometteur, le traitement n'est pas des plus passionnant, ça se traîne, ça s'étire, ça n'a aucun rythme. Asia Argento parvient néanmoins par sa présence à sauver un peu le film et si la scène où elle massacre (le mot n'est pas trop fort) le violeur est hallucinante, l'ensemble reste juste moyen.

Le jour de la bête

Un film de Alex de la Iglesia (1996). Le film est déjà une belle galerie de portraits, un curé très méchant, un hard-rocker simplet, un faux magicien… Le scénario lui tient de la pochade horrifique avec un côté grand guignolesque qui n'est pas déplaisant, sauf quand apparaissent de vrais fachos d'une violence extrême et du coup notre méchant curé devient subitement bien plus sympathique. Amusant et plutôt bien fait même si ça reste léger et anecdotique.

Scream  

Un slasher de Wes Craven (1996). Les films d'horreurs sont-ils toujours pareils ? Ce film qui lorgne parfois du côté du second degré nous apporte la réponse. Car s'il s'agit bien d'un sérail killer complètement timbré qui va tuer ses victimes à l'arme blanche les unes après les autres, la façon de conduire le film est d'un habileté et d'une originalité remarquable. A noter que l'horreur n'est pas toujours on le croit (ainsi cette scène hallucinante ou des collégiens boutonneux se bouscule pour aller se précipiter au spectacle de leur proviseur pendu par les tripes). Côté actrices on a droit à la très jolie Courteney Cox dans le très bon rôle de la journaliste, Neve Campbell en actrice principale est très bien, et Drew Barrymore (qu'on ne voit pas beaucoup) n'est pas mal non plus.

Sang froid

Un film de Reb Braddock (1996). Produit par Tarantino, ce film est en fait le remake d'un court métrage, dont il a conservé une partie de la structure (peu de personnage, intrigue très linéaire, à la fois tordue mais simple). Si le traitement est très original, le thème l'est beaucoup moins, la passion pour les mauvais garçons n'est pas chose nouvelle ("Y'a pas mieux pour donner l'grand frisson qu'un mauvais garçon" chantait déjà Henri Garat dans "Un mauvais garçon "en 1936). Le rythme est très lent, trop lent, mais l'actrice principale Angela Jones se débrouille plutôt bien et nous gratifiera d'une sorte de danse macabre en solo qui constitue le clou de ce film pas vraiment génial mais bien sympatoche.

Barb Wire

Un film de David Hogan avec Pamela Anderson (1996). Une excellente série B. dont tout le charme est de fonctionner autour de la plastique de Pamela Anderson. Tous les poncifs du genre défilent (bagarres diverses et variés, poursuite automobile, méchants en tout genres) mais ils défilent plutôt bien. Mention spéciale pour le combat final, assez bluffant. Bref tout cela est assez jouissif et on ne s'aperçoit qu'à la fin que le scénario est pompé sur celui de Casablanca, mais après tout quelle importance ? Une excellente surprise !

Bernie

Un film d'Albert Dupontel (1996) On peut être bête et méchant en restant intéressant, mais ce n'est certainement pas le cas de ce film qui n'a rien à nous dire, qui n'a rien à nous montrer sinon sa laideur. Que certains critiques aient osé parler de "film culte" témoigne de leur incompétence. Que ce film ait pu être nominé (juste nominé, faut pas pousser non plus) aux Césars finit (s'il le faudrait encore) de déconsidérer cette institution.

Trainspotting

Un film de Danny Boyle (1996) J'ai lâché l'affaire au bout d'une demi-heure, j'ai lâché l'affaire au bout d'une demi-heure, j'ignore ce que voulait faire le réalisateur et ne le saurais sans doute jamais, d'ailleurs je m'en fiche. Je n'ai vu que 30 minutes de junkies débiles, d'humour scato, et scénario absent.

Mary Reilly

Un film de Stephen Frears (1996). Avec Julia Roberts et John Malkovich. Quelle idée d'aller transformer une histoire fantastique en un prétentieux mélodrame ?  Et puis qu'est-ce que ça se prend au sérieux, pas la moindre distance, pas la moindre fantaisie, et quand le réalisateur à quelques minutes de la fin veut enfin virer son film vers le fantastique, ça devient franchement grotesque. Ajoutons-y un filigrane moralisateur assez pénible et quelques clichés inutiles pour terminer le tableau. Sinon les acteurs jouent bien, les images sont belles, mais globalement ce film est un échec.

Un air de famille

Un film de Cédric Klapisch. (1996) A part quelques flash-back pénibles, ça s'apparente plutôt à du théâtre filmé qu'à du cinéma. Les acteurs sont assez bons, la palme revenant à Catherine Frot (heureusement qu'elle est là !) Daroussin n'est pas mal non plus malgré un rôle improbable. Seule Agnès Jaoui dénote en nous la jouant féministe branchée et en se plantant en beauté.  En fait l'idée de départ est de faire un jeu de chamboule tout autour d'un repas d'anniversaire, c'est assez classique au théâtre et c'est d'ailleurs à l'origine une pièce de théâtre montée trois ans plus tôt par Jaoui et Bacri avec les mêmes acteurs. Or le défaut majeur de la pièce (et donc du film puisque c'est la même chose) tient à la mauvaise idée d'introduire au sein de cette querelle de famille le personnage de Betty qui contrairement aux autres membres de la famille a toujours les "bonnes" réparties, les "bonnes" vannes, le "bon" comportement, la "bonne" posture : une sainte féministe au milieu de deux machos et deux bourgeoises. On aurait aimé quand même un peu plus de sens de la nuance et moins de caricature. Catherine Frot surnage de façon touchante et amusante dans cette réalisation surestimée.

Fargo

Un film de Joel et Ethan Coen (1996). La vision de ce film est basée sur un mensonge, pire sur une malhonnêteté, il nous est précisé au départ que l'histoire est inspiré d'une histoire vraie. Or c'est faux (c'est d'ailleurs indiqué dans le générique de fin à la dernière ligne, de plus personne n'est capable de retrouver une histoire similaire dans l'histoire criminelle des USA). Donc pourquoi ce chantage au vécu qui qu'on le veuille ou non influence notre vision du film ? Il faudra aussi nous expliquer ce que vient faire dans la progression dramatique du récit cet asiatique mythomane en costard ? Il faudra aussi nous expliquer pourquoi les frères Coen dépeignent les prostituées de façon aussi caricaturale ? Le pitch est un classique du roman noir mais ce qui est original ici c'est le traitement qui en est fait et il faut bien avouer qu'on ne s'ennuie pas. C'est très bien filmé, très bien photographié, très bien monté et aussi très bien interprété (mention spéciale à Frances McDormand dans le rôle de la fliquette) avec une excellente tension dramatique. En revanche la toute dernière scène nous fait dégringoler dans l'eau de rose. Un film surestimé, qui se regarde néanmoins avec plaisir, mais dont le mensonge originel nous laisse un petit goût bizarre.

Larry Flynt

Un film de Milos Forman (1996). Ce biopic du fondateur d'Hulster nous content ses démêlées avec les représentants du puritanisme américain est savoureux. Déjà l'interprétation est extraordinaire (Woody Harrelson dans le rôle titre, mais surtout Courtney Love absolument bluffante en amoureuse un peu à l'Ouest). Le film a  !évité les pièges de son sujet en se concentrant sur le personnage excentrique de Larry Flynt, un personnage tragi-comique, avec ses défauts, mais toujours resté intransigeant face aux hypocrisies de la société américaine. Un grand film. A remarquer que la très belle affiche conçue pour le film représentant le Flynt nu, le sexe caché par un drapeau américain, en position de crucifié sur un corps féminin dénudé provoqua un tôlé, contraignant le réalisateur à en proposer une autre.

Les pleins pouvoirs 

Un film de Clint Eastwwod (1996) avec lui-même et Gene Hackman. Un bon petit thriller très bien fait et jouant sur le suspense. La séquence d'ouverture est magistrale. Bien interprété avec un Gene Hackman inquiétant et une Judy Davis étonnante. On déplorera néanmoins quelques facilités de scénarios (la scène de la tentative d'assassinat, la poursuite en forêt) et une fin qui déboule un peu trop rapidement. Mais ne chipotons pas c'est du bon Clint Eastwood

Crash

Un film de David Cronenberg (1996). Un sujet de folie qui nous montre un groupe de personnes tous rescapés de crash de voitures qui s'excitent comme des malades à la vision de tout ce qui a un rapport avec des accidents de la route. A la question de savoir ce qui est le plus malsain : jouer au voyeur devant les conséquences d'un accident de voiture ou baiser sans entraves, Cronenberg apporte sa réponse. Si certaines scènes sont volontairement dérangeantes (l'obsession de Cronenberg pour les corps, mutiles, déformés, s'en donne à cœur joie), la beauté des scènes des sexes, leur audaces (sont abordées la bisexualité masculine et féminine, le candaulisme, mais aussi l'acrotomophilie ou fascination pour les corps mutilés), la beauté et l'implication des actrices (Holly Hunter, Rosanna Arquette mais surtout Deborah Unger) et des acteurs (James Spader est génial) font de ce film une œuvre à part, un OVNI cinématographique dont les images continuent à perturber longtemps après leur vision.

Twister

Un film de Jan de Bont (1996).  Ça se voudrait un film catastrophe, je ne sais pas si c'est un film mais c'est effectivement une catastrophe. Le scénario n'a aucun sens, on se balade au milieu d'une tornade qui fait s'envoler tout ce qui bouge, mais la voiture de nos deux héros tient miraculeusement le coup à chaque fois. Les acteurs sont mal dirigés et Helen Hunt a un rôle tête à claques. On a droit à tous les clichés de ce genre de production, la petite vieille blessée seulement qui fait de l'humour, le gros toutou qu'on sort des décombres, les méchants qui roulent en voitures noires (les méchants ont toujours des voitures noires) une histoire sentimentale d'une débilité absolue où les joyeux divorcés se rabibochent à la fin (on le savait dès le début) tandis que la jolie brunette se fait la malle (en ratant sa scène d'adieu). C'est ennuyeux, stupide et sans surprise. Seule la vache qui vole a réussi a éveillé mon intérêt.

Une nuit en enfer

Un film de Robert Rodriguez (1996) avec George Clooney, Quentin Tarantino, Harvey Keitel, Juliette Lewis. Rodriguez est un réalisateur inégal, (mais on sent ici la patte de Tarantino) mais là il a fait fort avec ce superbe mélange des genres puisqu'il suffira d'une merveilleuse danse de Salma Hayek à mi film pour qu'un road movie sanglant et hyperréaliste se transforme en film de vampires version grand guignol. On bascule ainsi dans un second degré savoureux (les dialogues entre Clooney et Keitel sur la façon d'affronter les vampires, tout en références, sont à ce propos tout à fait délectables)

Le patient anglais  

Un film de d'Anthony Minghella (1996). Grandiose, magnifiquement interprété notamment par Juliette Binoche et Kristin Scott Thomas toutes deux rayonnantes de charme, de beauté et de talent. Il y a néanmoins quelques longueurs qui auraient pu être évité et puis surtout la narration dramatique n'est pas toujours bien maîtrisée d’où parfois une certaine confusion entre les personnages et quelques scènes peu compréhensibles (l'arrestation de Carravagio)

Diabolique

Un film de Jeremiah Chechik (1996) avec Sharon Stone et Isabelle Adjani. Je n'ai rien contre les remakes quand ceux-ci apportent un éclairage nouveau sur une œuvre. Mais là c'est un désastre, le film étant plus court que celui de Clouzot, on ellipse à tout va dans la première partie sans se rendre compte que cela va nuire à la compréhension de la suite, on regarde quand même avec un petit plaisir, les deux actrices étant quoiqu'on en dise de très bonnes professionnelles, et ce jusqu'à l'arrivée (particulièrement ratée) du personnage interprété par Kathy Bates, insupportable repoussoir bouffi de suffisance crasse auquel le dialoguiste a cru bon de faire réciter un catéchisme ultra féministe complétement déplacé. L'intrigue se poursuit de façon décousue avec l'adjonction de séquence débiles (la femme enceinte) et on pousse un ouf de soulagement quand Kathy Bates se fait démolir. Puis voilà la fin. On se dit que les auteurs ont voulu faire une fin grand guignolesque qui aurait pu sauver le film sur le mode de la dérision… mais revoilà la mère Bates qui revient définitivement tout gâcher. Au secours !

Bound

Un film d'Andy et Larry Wachowski (1996). C'est bien filmé, superbement et méticuleusement photographié, les deux actrices sont au top : Gina Gershon (qui eut, dit-on, une aventure avec le président Clinton) et la troublante Jennifer Tilly avec sa drôle de voix. Les gens de la mafia sont dépeints pour ce qu'ils sont : des brutes primaires. Il faut attendre un tout petit peu que le suspense s'installe mais quand c'est parti on reste cloué dans son fauteuil jusqu'à à la fin. L'histoire nous est narrée avec une maestria incroyable, puisque rien ne se passe comme on croit que ça va se passer. Une réussite parfaite. Hélas les Wachowsky ne persisteront pas dans cette voie talentueuse en nous offrant un Matrix regardable mais prétentieux puis en touchant le fond avec un Jupiter grotesque.

Coup de sang  

Un téléfilm de Jonathan Kaplan (1996). Le film souffre évidement de son format, c'est un téléfilm de deux fois 90 minutes, et on sent parfois le tirage à la ligne (ou le remplissage). Mais sinon que dire, la direction d'acteurs est excellente, l'ambiance est parfaitement restituée que ce soit du côté de la petite famille méthodiste, des gens du FBI et bien sûr des deux criminels. On ne s'ennuie pas, on regrette juste qu'un format plus adapté au cinéma n'est pas été produit.

Tout le monde dit I love you

Un film de Woody Allen (1996) avec Woody Allen, Julia Robert et Drew Barrymore. Woody Allen est un magicien, d'une histoire d'une banalité confondante, il nous pond un film qui se déguste comme une friandise. Avec quelques morceaux de bravoure comme, Woody draguant en jogging dans les rues de Venise,  la robe hyper moulante et presque transparente de Drew Barrymore dans la scène de flirt avec Tim Roth, le gosse qui chante Chiquita Banana, les swings endiablés du personnels de l'hôpital (et des malades), des fantômes, et des clones de Groucho Marx… et il y en a d'autres. Un régal !

Fantômes contre fantômes

Un film de Peter Jackson (1996). L'introduction est superbe, le début prometteur puis tout s'écroule comme un château de cartes dès qu'apparaissent les copains fantômes du héros. Non seulement ça devient inintéressant, mais ça devient hystérique, les pitreries d'acteurs auxquelles se livrent l'adjudant kubrickien et surtout Jeffrey Combs (qui nous a fait jadis un très bon Réanimator mais qui est ici d'un ridicule consternant) finissent par défigurer le (déjà pauvre) propos.

Les grands ducs  

Un film de Patrice Leconte (1996) avec Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Philippe Noiret. On voit à peu près ce que le film aurait pu être s'il avait maîtrisé mais il ne l'est pas. L'action tourne en rond, fait du surplace et ne se met à avancer qu'à la fin, la réalisation est carrément bordélique et puis surtout nos trois acteurs vedettes ne sont jamais dirigés, c'est alors à qui cabotinera le mieux, Rocherfort en devient pénible en moulinant des bras. Notons la présence de Michel Blanc exceptionnellement mauvais et il ne nous reste plus grand-chose : si peut être quelques rares gags et Catherine Jacob toujours bien , ça fait peu.

Beauté volée

Un film de Bernado Bertolluci (1996) avec Rachel Weisz et Liv Tyler.  Il est bizarre ce film, cumulant le très bon, le surprenant et le pénible, et puis on ne sait pas trop ce que ça raconte, si ce n'est une dix-millième dissertation sur "l'amour, la vie, la mort", il y a bien deux fils conducteurs mais ils ne conduisent pas trop bien et à vrai dire on s'en fiche un peu. Alors ce qui énerve, ben c'est l'absence de tension, c'est Jeremy Iron et surtout cette compagnie d'insupportables bellâtres (je sais que c'est fait exprès, mais n'empêche). Côté positif, le casting féminin, toutes les femmes sont belles et talentueuses quel que soit leur âge, mais on est obligé de remarquer que coté bombe sexuelle, Liv Tyler malgré ses charmes est beaucoup moins piquante que la pétulante Rachel Weisz qui a la grande bonté de nous dévoiler sa jolie poitrine. Quelques très belles images, quelques nudités coquines, quelques audaces (dont une scène uro !). Mais enfin heureusement que c'est beau parce sinon…

Blood & Wine

Un film de Bob Rafelson (1996) avec Jack Nicholson, Michael Caine, Jennifer Lopez. Un film dominé par les interprétations magistrales de Nicholson et de Caine. Jennifer Lopez, injustement critiquée est très bien dans son rôle. On regrettera quelques zones d'ombres dans le scénario, par exemple :  le fils est bourré de tunes (comment ?) mais n'aide pas financièrement sa mère ! Il y a des ellipses maladroites qui nous obligent à reconstituer ce qui s'est passé à postériori. Et puis la fin c'est un peu n'importe quoi. Mais dans l'ensemble ça reste un bon thriller

Maudite Aphrodite

Un film de Woody Allen (1995) avec Helena Bonham Carter. Un excellente comédie dans laquelle Woody Allen innove en faisant commenter l'action par un chœur antique (un peu déjanté le chœur antique !) Le personnage de Linda Ash, une sémillante prostituée, joué de façon excellente par Mira Sorvino (cela lui a valu un Oscar !) est à la fois truculent et très attachant. (il est juste un tout petit peu dommage qu'elle apparaisse aussi nunuche). Beaucoup d'humour et de fantaisie, mais aussi beaucoup de tolérance. Un excellent Woody Allen.

Le bonheur est dans le pré

Un film d'Etienne Chatiliez (1995) avec Michel Serrault, Eddy Mitchell, Sabine Azéma, Carmen Maura. Le thème des inversions de rôle semble bien convenir au réalisateur qui nous dépeint ici un surprenant monde paysan non empreint d'une certaine tendresse. des répliques qui font mouches et quelques situations "politiquement incorrectes" comme on les aime. C'est bien joué, Eddy Mitchell est en pleine forme, et on se marre, mais on se marre.

Planète hurlante (Screamers)

Un film de science-fiction de Christian Duguay (1995). Une bonne intro, pas mal de bonnes idées, des décors intéressants (mais fauchés) et une belle actrice féminine (Jennifer Rubin). Voilà des ingrédients qui auraient pu donner un bon film. Ce n'est malheureusement pas le cas !

Waterworld

Un film de Kevin Reynolds (1995) avec Kevin Costner. Evidemment que ça fait penser à Mad Max ! Et alors ? C'est vrai qu'il faut mieux laisser son rationalisme au vestiaire, parce que sinon des questions à la pelle, il y en a : on trouve de l'essence, des cigarettes, du métal, mais pas des fringues… et puis l'argument du film basé sur un tatouage incompréhensible est assez faiblard. Mais bon, on s'en tape, c'est du bon cinéma d'action et surtout c'est d'abord du cinéma, le réalisateur nous le rappelle d'ailleurs quand vers le fin il s'amuse à filmer une impossible scène de yoyo au cours de laquelle Costner sauve la gosse, suivie d'un tripe emboutissage explosif d'engins nautiques. Les décors sont très inventifs, toutes ces cordes et ses poulies donnent le vertige, ainsi toutes ces inventions bizarres (dont la surprenante machine à recycler le pipi dans la première scène), les scènes d'actions sont menées tambour battant (même si on ne comprend pas bien parfois comment Costner fait pour s'en sortir !). L'interprétation est correcte et l'idée de rendre Costner pas si sympathique que ça est un bon pari. La fille est jolie et la gosse supportable à 90 % ce qui n'est déjà pas si mal. De l'excellent cinéma de  divertissement.

Dr. Jekyll et Ms. Hyde

Un film de David Price (1995). Une excellente surprise. Faire une variation sur le thème du Dr Jekyll et Mr Hyde en transformant Hyde en femme avait déjà été traité avec brio par Roy W. Baker en 1971. Mais là il s'agit d'une comédie. Il y a quelques maladresses dans la réalisation mais les acteurs sont convaincants (Sean Young dans le rôle de Helen Hyde et Timothy Daly dans celui du chercheur) et surtout l'humour fonctionne efficacement (ce qui n'est pas toujours évident dans les "comédies"). On pourra regretter la fin un peu poussive et convenue mais globalement c'est pas mal du tout.

L'armée des 12 singes

Un film de Terry Gilliam (1995) avec Bruce Willis et Brad Pitt. Le film reprend le synopsis esquissé dans la Jetée de Chris Marker. Malgré le sujet casse gueule (il s'agit de voyage dans le temps), Gilliam s'en tire vraiment très bien à quelques déficits d'explication près et en déplorant qu'il reprenne le twist final de La Jetée en guise de fausse bonne idée. L'interprétation est excellente (Bruce Willis et Brad Pitt y sont parfaits), c'est mené tambour battant et réalisé brillamment. De la très bonne SF.

Seven

Un film de David Fincher (1995) avec Morgan Freeman et Brad Pitt. En gros le film nous explique que le monde va tellement mal qu'il n'est pas étonnant que des redresseurs de torts viennent foutre le bordel. On a droit a tous les clichés de l'Amérique réac (Les avocats sont tous des salauds, les criminels sont chouchoutés en prison, les clients des sex-shops sont tous des tarés…). Tout cela se complet dans le glauque et le bavardage. Le scénario pour sa part contient (au moins) deux énormes faiblesses (la découverte - miraculeuse - de l'adresse du tueur, et surtout le rôle joué par Gwyneth Paltrow dont il est aisé de comprendre qu'en la rendant si voyante, il va finir par lui arriver malheur). Quant à la scène finale (Bravo à Freeman qui ouvre un colis qui pourrait être une bombe avec un canif !) elle est aussi interminable que téléphoné. A sauver la direction d'acteurs (Brad Pitt est excellent) et une bonne scène de poursuite. Sinon bof !

Gazon maudit

Un film de Josiane Balasko (1995) avec Victoria Abril, Alain Chabat et Josiane Balasko. C'est une comédie et c'est en tant que tel qu'il faut juger ce film. Cela n'empêche pas le propos d'être intelligent malgré l'outrance, nuancé malgré la parti pris affiché de défendre une sexualité différente, et d'une certaine façon moraliste malgré l'immoralisme apparent du propos. ( La morale pouvant être que tout est permis entre adultes responsables à partir du moment qu'on ne s'enfonce pas dans le mensonge et la dissimulation.) Tout cela est joué excellemment par le trio vedette (et ils sont bien tous les trois même si Victoria Abril survole la distribution). On passe un bon moment et la fin est très astucieuse, non expliquant que ce n'est que le film qui est fini, pas l'histoire... A signaler une scène avec une prostituée d'une rare intelligence. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde, on rigole bien et on passe un excellent moment.

La Mutante

Un film de Roger Donaldson (1995) Le concept est génial  : nous présenter une mutante super sexy (mais néanmoins dangereuse). La prestation de Natasha Henstridge dans ce rôle est tout à fait réussie, d'autant qu'elle a en face d'elle une bande de "gentils" qui est en fait un véritable catalogue de têtes à claques. Alors évidemment c'est à la mutante que l'on s'identifie ! Après tout pourquoi pas ? Le rythme est très enlevé, il y a juste ce qu'il faut d'érotisme. Bref un bon moment pour un très bon film.

Les trois frères

Un film de Didier Bourdon et Bernard Campan (1995) avec eux-mêmes et Pascal Légitimus (le trio des Inconnus). Les inconnus ont eu leurs heures de gloire méritées. Leurs sketches étaient tantôt ratés, tantôt géniaux, on oubliait les premiers et on se régalait des autres. Trouver un fil permettant de coller des sketches les uns aux autres n'étaient pas évident, pourtant ce de côté-là le pari est plutôt réussi mais c'est la réalisation qui est déséquilibrée. Tenir 105 minutes (alors que 90 suffisait) n'est pas évident, et après un début sur les chapeaux de roues, le film s'essouffle dans sa seconde moitié et certaines scènes sont ratées (la scène à la montagne) voire ridicule (le petit Prince). Il y a quelques longueurs et pas mal de lourdeurs, mais on passe néanmoins un agréable moment

Priscilla, folle du désert

Un film de Stephan Elliott (1995) avec Terence Stamp. Un road-movie avec une transsexuelle et deux drag queens ! On se demande où on s'embarque avant d'être pris au piège de ce film intelligent et brillant. Les trois protagonistes sont montrés à la fois avec tact mais sans concessions avec leurs défauts et leur faiblesse. La musique est bien, les costumes superbes. C'est vraiment très sympa et très attachant. Quant à Terence Stamp il est extraordinaire !

Frankenstein  

Un film de (et avec) Kenneth Branagh (1995). Quand on est à regarder sa montre afin de savoir combien de temps il nous reste à endurer le film, c'est très mauvais signe. Pourtant le film ne manque pas de qualités, belles images, réalisation par moment très nerveuse, mais les défauts l'emportent, les longueurs sont insupportables, Kenneth Branagh ne convainc pas, De Niro non plus (en revanche Helena Bonham Carter est très bien comme d'habitude), Le pari était risqué, il est raté.

Casino 

Un film de Martin Scorsese (1995) avec Robert de Niro, Sharon Stone. Le cinéma a cela de magique qu'il lui arrive de nous faire intéresser à des sujets qui sont assez loin de nos préoccupations. Ainsi Coppola a-t-il réussi (par trois fois) à nous passionner avec des histoires de mafieux. Scorsese retente le pari et il se plante ! Bien sûr la réalisation est brillante, côté acteurs : Sharon Stone est brillante, Robert De Niro impeccable et Joe Pesci énervant au possible (mais c'est le rôle qui veut ça) mais c'est trop long, trop bavard, trop confus et finalement peu intéressant. Quant aux scènes de violence, je n'ai rien contre sauf quand ça vire en complaisance. Bref un film qui n'a rien d'indispensable.

Dracula, mort et heureux de l'être 

Un film de Mel Brooks (1995) avec Mel Brooks, Leslie Nielsen. Ça se regarde mais force est de constater que Mel Brooks n'a plus la forme. Le film est trop sage, là où on attend un peu d'érotisme ou de transgression, on reste à chaque fois sur notre faim, la narration se contente d'être une version pseudo-comique du livre de Bram Stocker, évitant toute surprise alors qu'il aurait fallu introduire des variations. A l'exception notable de la très belle scène du bal, jamais on ne ressent ce plaisir d'être devant un bon film, il n'a rien de jouissif et les gags font à peine sourire. (les spécialistes auront tout de même reconnu Anne Bancroft en gitane roucoulante) Néanmoins, la réalisation est correcte, ainsi que l'interprétation, Leslie Nielsen en tête. En matière de comédie vampiresque le Bal de Vampires de Polanski n'est toujours pas détrôné.

Apollo 13

Un film de Ron Howard (1995) avec Tom Hanks. Sans doute faut-il s'intéresser à l'astronautique et à histoire de la conquête spatiale pour apprécier ce film à sa juste valeur. En attendant chapeau, le réalisateur arrive à nous passionner et à nous émouvoir avec cette histoire alors qu'on est censé en connaitre le dénouement. C'est très réaliste, bien filmé et bien interprété, on regrettera seulement quelques mièvreries qui n'apportent rien au film.

Judge Dredd

Un film de Danny Cannon, (1995) Comment peut-on produire quelque chose d'aussi mauvais et d'aussi ridicule ? Le scénario trouve le moyen d'être à la fois tarabiscoté et simpliste. Les invraisemblances pullulent, et pour ce qui est du jeu des acteurs, il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie Stalonne jouer pour comprendre qu'il est difficile de faire pire. Quand à la philosophie, elle est tout simplement facho (tout le système est corrompu, mais les policiers doivent aussi être des juges et des bourreaux) pas étonnant dans ces conditions que le film soit adulé par quelques nazillons (l'un écrit "Ahhh si le fonctionnement était comme çà de nos jours !", un autre  nous dit "Flic et justice sur un même pied pour rendre le job de gangster moins facile qu'aujourd'hui ; c'est un propos plutôt jouissif") Certains dirons que c'est du second degré et qu'il y a de façon sous jacente une critique de l'état policier, tu parles, Charles ! Un film à vomir !

Naked Souls

Un film de Lyndon Chubbuck (1995). Ennuyeux, inintéressant, mal interprété, mal réalisé, sans aucun humour, même les séquences olé-olé avec la belle Pamela Anderson ne parviennent pas à nous sortir de la torpeur dans laquelle nous plonge ce film complètement raté.

La fleur de mon secret

Un film de Pedro Almodovar (1995) avec Marisa Paredès. Moi qui adore Almodovar, je n'ai trouvé aucun intérêt à ce film. L'histoire n'est déjà pas terrible, mais le réalisateur n'a rien fait pour la rendre intéressante, adoptant un rythme mollasson qui fait parfois penser aux pires Bergman. L'un des rares échecs du maître.

Augustin  

Un film d'Anne Fontaine (1995). On se demande ce qu'on est en train de regarder et on a hâte que ça se termine, mais paradoxalement ça se regarde jusqu'au bout (sans doute parce que c'est court ? 59 mn). La partie avec Lhermitte n'est pas mal.

Usual suspects

Un film de Bryan Singer (1995) avec Kevin Spacey. Un rythme mollasson pour une intrigue qui trouve le moyen d'être peu intéressante et complètement tiré par les cheveux. Le film est non linéaire, c'est un choix mais encore faut-il que cela n'embrouille pas le spectateur, or sur ce point ça commence vraiment mal. On ignore (sauf si on a lu des choses sur le film) où le réalisateur veut nous emmener, et on a droit à une histoire à tiroirs abracadabrante avec des personnages peu attachants, peu ou pas approfondis (le seul rôle féminin est minimaliste) et surtout à un twist final (qui a fait la réputation du film) qui nous arrive comme un cheveu sur la soupe et auquel on n'était pas forcément préparé. Il a certes quelques rares bonnes scènes d'action, mais il n'y a aucune suspense. La réalisation sans être mauvaise n'a rien d'exceptionnelle. Un mot sur le procédé de l'intrigue : le film peut (ce n'est qu'une option) se lire comme une histoire à énigme : la recette n'est pas nouvelle, les premiers classiques du polar fonctionnent de cette façon et souvent dans ces cas-là le "coupable" est celui qu'on attend le moins, donc rien de nouveau sous le soleil. Sauf que dans les cas en question, le narrateur égraine des indices qui peuvent aider le lecteur à trouver la solution, dans le cas d'Usual suspects, c'est impossible puisque toute la narration est basée sur un mensonge. On ne peut donc ici trouver que par fausse déduction (parfois ça marche) et à condition d'entrer dans ce jeu. Au final un polar plutôt médiocre qui nous enfume sans convaincre.

Le village des damnés

Un film de John Carpenter (1995). Un film de John Carpenter (1995) avec Christopher Reeves. Pourquoi produire un remake d'un chef d'œuvre, réponse : Pour gagner du fric !  Le film de 1960 était parfait. Qu'est-ce que celui-ci apporte de nouveau ? Le casting masculin ; Christopher Reeves n'est absolument pas convainquant dans le rôle et n'arrive pas à la cheville du George Sanders de 1960, quand à Mark Hammil en pasteur, c'est une catastrophe, avec ses insupportables prêchi-prêcha qui traînent en longueur. La modification du scénario original (l'un des enfants est différent des autres) est une idée absurde, et ne parlons pas du happy-end débile et poussif. Côté positif notons une étonnante prestation de Kirstie Alley, une bien jolie Linda Kozlowski et quelques scènes choc (le gars qui crame sur le barbecue, le suicide du type sur une échelle, et surtout les flics qui s'entretuent). Ce remake ne s'imposait pas, il est néanmoins regardable, mais on est loin de l'orignal !

Kiss of Death

Un film de Barbet Schroeder (1995) avec Nicolas Cage. Le scénario est très classique mais fonctionne parfaitement (malgré une certaine confusion vers la fin). La réalisation est sans faille, les acteurs excellents, mention spéciale à Nicolas Cage parfait dans un rôle de brute caractérielle (et asthmatique) . David Caruso pour sa part est d'un calme étonnant. Bon thriller même si Schroeder a fait bien mieux.

La cérémonie

Un film de Claude Chabrol (1995) avec Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire. C'est toujours un réel plaisir de voir jouer Isabelle Huppert, mais c'est sans doute le seul intérêt de ce film. Le concept est peu crédible mais après tout pourquoi pas ? L'histoire se suit assez bien (bien que certaines pistes resterons toujours inexplorées) jusqu’à ce qu'apparaissent les premières absurdités (ce repas aux girolles trop vite bâclé, cette scène de collecte de vêtement se voulant délirante mais qui n'est que lourde, le curé trop ridicule) Quant à la fin c'est du grand n'importe quoi (la crise de folie est ratée, quant au massacre, il réussit l'exploit de transformer des carabines à deux coups en fusils à répétition). Sinon on en a dit des conneries sur ce film, certains y ont même vu une critique de la bourgeoisie (je ne vois pas trop ce qu'on aurait à leur reprocher aux bourgeois du film, sinon d'être des bourgeois). Quant à l'affirmation que ce film aurait été inspiré par le crime des sœurs Papin en 1933, il semble qu'il ne s'agisse là que d'un argument publicitaire.

Desperado

Un film de Robert Rodriguez (1995) avec Antonio Banderas et Salma Hayek. Deux ans après El Mariachi, Rodriguez nous ressert la même soupe. Il y a plus de dollars il y a deux grosses vedettes, et ça trouve le moyen d'être moins bien. Pas de scénario, de la violence mal maîtrisé, un doigt de sentimentalisme niais avec un gamin tête à claques, Banderas fait ce qu'il peut mais Salma Hayek joue les potiches. Limite ennuyeux, mais on regarde jusqu'au bout en attendant la petite étincelle qui peut-être changera tout, elle ne viendra jamais. A sauver, l'intro, la scène avec Tarantino, et celle où Banderas chante en public en s'accompagnant à la guitare. Bref vraiment pas de quoi s'affoler !

Heat

Un film de Michael Mann (1995) avec Al Pacino et Robert de Niro. Un très bon film de gangsters, bien réalisé, bien monté, nerveux et passionnant. De Niro fait du de Niro, Al Pacino cabotine un peu trop. On regrettera le dernier plan qui se voudrait émouvant mais qui ne parvient qu'à être débile.

Un Vampire à Brooklyn

Un film de Wes Craven (1995) avec Eddie Murphy et Angela Basset. Les effets spéciaux souvent réussis et la beauté d'Angela Basset ne peuvent masquer la médiocrité de ce film d'où l'on ne sauvera que le sermon surréaliste du vampire déguise en pasteur. Sinon, c'est bavard et sans réelles surprises, de plus le dénommé Allen Payne qui joue le gentil a non seulement un rôle débile mais joue comme une savate

Miss Shumway jette un sort

Un film de Clare Peploe (1995) avec Bridget Fonda et Russell Crowe. D'après une nouvelle de James Hadley Chase, une comédie policière complétement déjantée avec de la magie, dans le genre inclassable ce n'est vraiment pas mal. Bridget Fonda assure bien le coup, mais Russell Crowe est bien fade. De très bon moments (dont le macho transformé en saucisse), mais aussi quelques longueurs dans les épisodes sentimentaux. Au dernier tiers du film on a du mal à suivre les dernières péripéties, mais ça n'a pas grande importance. Un bon moment de cinéma.

Harcèlement

Un film de Barry Levinson (1994) avec Michael Douglas, Demi Moore, Donal Sutherland. Le scénario de de Michael Crichton qui en principe est plutôt bon, mais pas ici. La première demi-heure avec la fameuse scène torride entre Moore et Douglas faisait présager d'un chef d'œuvre. Hélas tout retombe comme un soufflé et le film s'enfonce dans des protocoles judicaires convenus, des gadgets futuristes invraisemblables, des facilités de scénario qu'on pensait ne plus jamais voir (le coup du mec qui passe derrière une porte juste au moment où l'on dévoile des gros secrets) et  pour finir un Deus ex machina complètement improbable qui vient régler tous les problèmes alors que la tension et l'intérêt sont retombés depuis longtemps et que l'on n'éprouve aucune empathie pour Douglas. Et comme le réalisateur trouve que le massacre n'est pas suffisant il faut qu'il nous ajoute de la guimauve y compris dans le plan final. Quel gâchis !

Quatre mariages et un enterrement

Un film de Mike Newel (1994) avec Hugo Grant, Andy McDowell, Kristin Scott-Thomas. La fin est prévisible dès le début, mais heureusement on échappe au pire. Pas mal de trucs qui clochent : déjà ce milieu plein de fric assez gavant, l'enterrement imposant une brutale rupture de ton qui ne sert à rien et une dernière cérémonie aussi interminable que téléphonée. Quelques lourdeurs aussi (Mrs Bean rate son numéro). Sinon, ça se visionne sans déplaisir, Hugo Grant est bon, Andy McDowell est superbe quant à l'ombre de Kristin Scott Thomas, on en redemande. Un film surestimé mais regardable

Pulp Fiction

Un film de Quentin Tarantino (1994) avec John Travolta, Samuel Jackson, Uma Thurman, Harvey Keitel, Rosanna Arquette... Il faut entrer dans le film, il faut savoir qu'on va assister à quelque chose qui ne ressemble pas à ce qu'on voit d'habitude. Cet obstacle passé, le film se déguste comme une délicieuse friandise. L'inventivité est partout que ce soit au niveau des scènes d'action ou au niveau des dialogues, le film ne cesse de nous surprendre soit par son côté loufoque, (le twist de Travolta) voire par moment surréaliste (l'esclave enchaîné) ou d'une violence sauvage. Les acteurs sont tous très bons : Travolta, Jackson, Willis mais aussi Christopher Walken qui nous pond une tirade aux conclusions plutôt inattendues, Harvey Keitel en nettoyeur consciencieux, Tarantino lui-même en "ami qui ne veut pas d'emmerde avec son épouse" et côté actrices si Uma Thurman est parfaite, la belle surprise est Angela Jones dans le rôle de la chauffeuse de taxi Esmeralda Villla-Lobos. Maria de Meideros qui joue la maîtresse de Bruce Willis et Amanda Plummer en braqueuse psychopathe ne sont pas mal non plus dans leur genre, quant à Rosanna Arquette on comprend pourquoi Cronenberg la choisira dans le casting de Crash ! On ne voit pas passer le temps. Que pourrait-on bien reprocher à ce film ? Le désordre chronologique ? Il ne nuit en rien à la compréhension du film, les morceaux se recollant parfaitement les uns aux autres. Immoral ? Il ne l'est que pour ceux qui n'ont pas compris que tout ça n'est que du second degré… 150 minutes d'un excellent spectacle, 150 minutes de grand cinéma !

La jeune fille et la mort

Un film de Roman Polanski (1994) avec Sigourney Weaver et Ben Kingsley. Trois personnages dans un quasi huis clos étouffant mais passionnant, angoissant et remarquablement bien interprété (Sigourney Weaver y est formidable, et la prestation de Ben Kingsley est prodigieuse) et filmé de main de maître. 

Le grand saut

Un film de Joël et Ethan Coen (1994) Avec Paul Newman, Tim Robbins et Jennifer Jason Leigh. Du bon Coen, d'une inventivité et d'une loufoquerie aussi surprenante qu'incroyable. L'histoire lorgne du côté de Billy Wilder (ce qui est un compliment), la direction d'acteurs est remarquable mais il faut souligner la prestation extraordinaire de Jennifer Jason Leigh. On déplorera juste le dernier quart d'heure où le film s'enlise dans un fantastique de pacotille qui n'avait rien de nécessaire.

Stargate, la porte des étoiles

Un film de Roland Emmerich (1994) : Un excellent film de science-fiction. Peu importe le débilité de l'argument (puisque c'est de la SF). Malgré quelques poncifs (mais quel film n'en a pas ?) le film reste passionnant de bout en bout, les images sont splendides. Une mention toute spéciale à l'acteur James Spader dont le naturel et la décontraction tranche (volontairement) avec la rigidité toute martiale de Kurt Russell

L'antre de la folie

Un film de John Carpenter (1994) : Un film trop ambitieux qui contient de très bonnes idées, de très bons plans, de bons acteurs, mais à l'image de Lovecraft dont parait-il Carpenter s'est inspiré, c'est parfois compliqué à suivre. (c'est le moins qu'on puisse dire) On dira que ce n'est pas grave puisqu'on est dans le domaine du rêve, ben si, parce que le fil conducteur est si tenu et si embrouillé que le film ne passionne pas comme il devrait. Un mot sur Julie Carmen qui est bien jolie mais qui le serait bien davantage si elle se faisait enlever la vilaine verrue qu'elle a sur le front.

 Wolf

Un film de Mike Nichols (1994). Jack Nicholson en loup garou ? En voila une idée ! Et le fait est qu'il s'en sort merveilleusement bien. Le film s'éloigne considérablement des poncifs du genre pour se bâtir à parti d'un scénario très original qui nous tient en haleine et dans lequel deux histoires s'entrecroisent sans cesse (les rivalités et les intrigues du monde du travail et les conséquences de la morsure de Nicholson par un loup. Remarquablement interprété (Michelle Pfeiffer est superbe, James Spader dans le rôle du beau gosse, salopard et léche-cul est très bon. Certaines scènes sont des morceaux d'anthologie (Ah, Nicholson marquant son territoire en pissant sur les chaussures en daim de Spader !) Bref : un chef d'oeuvre !

Entretien avec un vampire

Un film de Neil Jordan (1994) avec Brad Pitt, Tom Cruise, Antonio Banderas. Je n'ai jamais compris le succès du bouquin, inintéressant, mal écrit et soporifique. Le film est l'unisson, flirtant avec l'ennui et excessivement bavard (et répétant tout le temps la même chose). Si Brad Pitt "passe", Tom Cruise fait visiblement des efforts pour être à la hauteur mais n'y parvient pas (les loupés d'interprétations sont nombreux et flagrants)  Banderas est mauvais et Stephan Réa grotesque. Ajoutons qu'il n'y a aucune tension et que tout rythme semble absent. Alors, un mauvais film ? N'allons pas jusque-là, il y a une ambiance, un climat et puis surtout la présence étonnante de Kirsten Dunst (la seule bonne idée du film) qui nous fait un numéro extraordinaire qui sauve partiellement le film (à ce point que quand son personnage meurt, il ne reste rien). Et puis la fin est ridicule genre "Il ne reste que trois minutes, on peut maintenant se défouler !" Ceux qui le comparent à l'immense Dracula de Copolla confondent les ouragans avec les courants d'air.

Prêt à porter  

Un film de Robert Altman (1994). Une curiosité cinématographique constituée d'un faux vrai reportage sur les milieux de la mode et ses petites intrigues. Evolue là-dedans tout une kyrielle très inégale d'acteurs internationaux dominée par Mastroianni, Kim Basinger, Sophia Loren et Julia Roberts. Malheureusement le film se disperse dans une foultitude d'intrigues secondaires traitées de façon anecdotiques (dont certaines inachevées et obscures). Evidemment c'est très bien fait et puis il y a la fausse audace de la fin qui a quand même de la gueule. Ce film intéressant, et souvent amusant n'a pourtant pas grand-chose à nous dire et n'est pas un grand Altman.

Léon

Un film de Luc Besson (1994) avec Jean Reno, Nathalie Portman, Gary Oldman. Un polar complétement décalé sur lequel vient se greffer une étrange histoire d'amitié entre un tueur et une fillette devenue orpheline. C'est très bon et on regrettera simplement le personnage joué par Gary Oldman qui en fait de trop. Il y a aussi une belle plante verte qui a rôle très particulier. Excellent film !

Forrest Gump

Un film de Robert Zemeckis (1994) avec Tom Hanks. Une réalisation qui frise la perfection, une interprétation magistrale de Tom Hanks, des inserts bluffants. La forme étant louée il faut bien parler du fond et c'est là que le bas blesse : Le message peut se résumer grosso-modo à cette phrase de l'évangile (Mathieu, le sermon sur la montagne) : "Heureux les simples d'esprits car le royaume des cieux leur appartient". Autrement dit l'affirmation de la primauté du "bon sens" sur la pensée, ça fait peur ! Ce "bon sens" qui ne rime la plupart du temps pas à grand-chose et auquel Schopenhauer à réglé son compte il y a déjà un bout de temps. Ajoutons à cela l'image très négative (c'est le moins que l'on puisse dire) que le film attribue aux manifestants pacifistes, et il y a de quoi être perplexe (d'autant que Zemeckis, donateur au parti démocrate n'a rien d'un réac). En résumé avec ce film le réalisateur nous a pondu une jolie fable qui se regarde sans déplaisir, mais dont le message indiffère. La réputation de ce film me paraît largement surestimée.

 Ed Wood

Un film de Tim Burton (1994) Ou comment faire un film sur la biographie du réalisateur considéré comme le plus nul d'Hollywood (Edouard Wood  Jr joué par Johnny Depp)  Ce film tourné en noir et blanc et où on fait la connaissance d'un Bela Lugosi (Martin Landau) en fin de vie est une belle réussite. Sarah Jessica Parker et Patricia Arquette y sont bien belles.  Néanmoins la vision préalable du film d'Ed Wood : "Plan 9 from outer space" permet d'avoir sur le film un meilleur éclairage et d'en saisir tout le sel.

La Cité de la peur

Un film de Alain Berbérian (1994) sur un scénario du trio "Les Nuls". Le problème de ce film c'est que c'en est pas un ! C'est une suite de gags, dont certains sont si bons que leurs répliques sont passés à la postérité ! A côté de ça, il faut se farcir des scènes aussi ratées que lourdingues (comme  Farrugia qui dégueule partout quand il est content... )

Belles de l'Ouest

Un film de Jonathan Kaplan (1994) avec Andy McDowell et Drew Barrymore. Certes c'est une série B, mais ce film n'en est pas moins une excellente surprise. Rendons déjà grâce aux auteurs d'avoir osé prendre comme héroïnes quatre prostituées en fuite, qui se sont retrouvées à faire ce métier par nécessité mais qui a aucun moment n'en rougissent. Elles sont toutes plus belles les unes que les autres (Ah le sourire d'Andy McDowell et les nudités furtives de Drew Barrymore). Aucun temps mort et si le scénario n'est pas toujours bien crédible (quoique empruntant beaucoup des codes du western), mais on s'en tape, on se prend volontiers à se passionner pour cette histoire très bien illustrée par de très belles images et par la musique de Jerry Goldsmith. Un peu de fond pour dénoncer l'hypocrisie machiste et religieuse et comme le dit le slogan du film "L'Ouest n'a jamais été aussi chaud" !

La Fille de d'Artagnan

Un film de Bertrand Tavernier (1994) avec Sophie Marceau, Philippe Noiret et Claude Rich. Quoiqu'on en dise le "cape et d'épée" est un genre difficile. Ça commence en fanfare avec de très belles images, une mise en place passionnante, une Sophie Marceau sémillante et un Mazarin impayable, le souci c'est qu'il faut tenir deux heures (alors que 90 minutes auraient suffi) et que l'attention retombe comme un soufflé. L'histoire devient vite inintéressante ponctuée de duels lassants. L'interprétation reste moyenne (y compris Noiret). Seule Marceau arrive à s'en tirer (et encore pas tout le temps). Ça se voulait un hommage aux séries B, c'est raté !

Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?

Un film de Peter Segal (1994). Avec Leslie Nielsen et Priscilla Presley. Après la petite baisse de régime de l'opus 2 Leslie Nielsen revient en force et il est déchaîné, le film ne nous laisse pas une minute de répit enchainant les gags et les situations loufoques. Le prégénérique est à lui seul un petit bijou se permettant même une référence "irrespectueuse" au "Cuirassé Potemkine". Le film est d'ailleurs tout en référence, notamment celle au Prisonnier d'Alcatraz et voit défiler toute une panoplie de guest star (Elliot Gould, Raquel Welsh). Les clins d'œil américano-américains sont nettement moins nombreux que dans les opus précédents ce qui fait que le film se regarde mieux hors des Etats-Unis. Le casting féminin est tout en charme avec Priscilla Presley (49 ans mais qui en fait 15 de moins) et l'imposante et regrettée Anna-Nicole Smith ainsi que Pia Zadora (dont la carrière a été injustement brisée par la critique américaine). La scène de remise des Oscars est fabuleuse (Mère Theresa en prenant pour son grade dans un extrait de comédie musicale imaginaire). Un seul regret, une scène transphobe, stupide, inutile, lourde et grotesque. Sinon nous avons là une comédie américaine d'un excellent niveau.

Néfertiti, la fille du Soleil

Un film de Guy Gilles (1994) avec Ben Gazzara.. Si les costumes et les décors peuvent faire illusion (on a vu pire), la direction d'acteurs est exécrable (il faut voir le type jouant Akhenaton ânonner son texte avec un air idiot), les dialogues sont puérils, voire débiles, la mise en scène est ridicule (les mouvements de foules sont impayables) et l'histoire inintéressante. Heureusement cette pitrerie sans humour ne dure que 68 minutes et on peut éventuellement se consoler avec la présence de la superbe Michela Rocco di Torrepadula, ex Miss Italie qui a l'extrême obligeance de nous dévoiler ses charmes. 

Petits meurtres entre amis

Un film de Danny Boyle (1994) avec Ewan McGregor et Kerry Fox. Un délicieux moment d'humour macabre comme seuls savent le faire certains auteurs britanniques. Ce film magnifiquement interprété et à la réalisation originale peut aussi se regarder comme un essai comique sur la complexité de la nature humaine… et ça fait froid dans le dos. Excellent.

Maverick  

Un film de Richard Donner (1994) avec Mel Gibson et Jodie Foster. Un western loufoque qui ne se prend pas au sérieux, qui accumule (jusqu'à en abuser) les retournements de situations. Gibson et Foster sont très bons et on passe un excellent moment. On pourra regretter le twist final (le tout dernier parce que ça n'arrête pas) qui non seulement n'ajoute rien à l'histoire, mais l'obscurcit. Un bon moment de cinéma !

Funnyman (le bouffon de l'horreur)

Un film de Simon Sprackling (1994) avec la participation de Christopher Lee. Un tueur fou (en fait le Joker du jeu de cartes) s'amuse (au sens propre) à tuer tous ceux qui ont l'outrecuidance de s'installer dans sa demeure. Si donc le scénario n'a rien de très original en soi son traitement est une mine de surprises. Des décors psychédéliques, un humour noir d'un esprit très grand guignol, une bande son excellente. De plus le réalisateur se fout complètement des codes en vigueurs (la première victime est un gosse). On passe un bon moment même si ça s'épuise pas mal à la fin.

Ace Ventura, détective chiens et chats

Un film de Tom Shadyac (1994) avec Jim Carey. Si le film permet de retrouver les très belles Sean Young (Blade runner ) et Courteney Fox (Scream), c'est bien là son seul intérêt, car non seulement c'est profondément débile et outrancier mais ça se permet d'être homophobe et transphobe jusqu'à la nausée.

Dracula

Un film de Mario Salieri (1994) avec Ron Jeremy, Selene, Draghixa, Maeva, Dalila, Simona Valli, Joy's Karin. Une petite intrigue à la sauce Dracula sert de scénario à ce film magnifiquement servi par les plus belles actrices X de cette décennie. Un vrai régal, c'est filmé intelligemment en évitant la répétitivité, et la photo et magnifique. Ron Jeremy apporte sa note de fantaisie et à aucun moment on n'est tenté de passer en vitesse rapide. Bref un bon moment de ciné X.

Absolom 2022

Un film de Martin Campbell (1994). Alors il n'y a aucune femme, il y a les méchants et les gentils. Et il y a le héros qui est très très fort. Il y a aussi un directeur sadique du pénitencier futuriste qui gère tout à ça à distance. Bref un scénario pour pré-ado bourré de poncifs. Les acteurs sont moyens, l'acteur principal est aussi charismatique qu'un poireau. La réalisation est correcte mais ne sauve pas le film. Se regarde d'un œil distrait.

L'homme aux deux épouses.

Un téléfilm de Peter Werner (1994) avec Farrah Fawcett et Lea Thompson. Le gros point fort de ce téléfilm est son pitch de départ, il est orignal quoique farfelu mais ouvre des perspectives intéressantes. Le gros point faible c'est le manque de parti-pris du réalisateur. Ça se voudrait un drame mais il y a tellement de situations "saugrenues" qu'on dédramatise vite. Au bout de 75 minutes le film arrive néanmoins à son sommet, la mise au point des règles du futur ménage à trois est d'un cocasse irrésistible et d'une amoralité sympathique. Le film pouvait donc finir ainsi, on en retenait des réflexions intelligentes sur la fidélité, l'amour partagé, le plaisir. Et bien non, il a fallu que le réalisateur casse son film en faisant rechuter puis mourir la fermière et tout cela se termine avec la petite famille américaine, le mariage des gosses et tout le tintouin. Ce n'était pourtant pas bien difficile de sauver le scénario : la femme se trompe en se croyant condamnée, du coup plus de drame, puis on aurait terminé sur le ménage à trois. Là on a l'art de gâcher ce qui aurait pu être un bon film. Bonne direction d'acteurs, Farrah Fawcett assure en prostituée déchue mais la réalisation est correcte sans plus..

Un anglais sous les tropiques

Un film de Bruce Beresford (1994) avec Sean Connery. Une heure et demi de comédie pas très fine qui se termine par cinq minutes de drame. Le scénario a le mérite de nous démontrer la farce de la décolonisation avec ses marionnettes corrompues au pouvoir, mais la démonstration est gâchée par le personnage trop entier de Sean Connery et par la fin "boy scout". Pas terrible.

Le parfum d'Yvonne

Un film de Patrick Lecomte (1994) avec Jean-Pierre Marielle et Hyppolyte Girardot. Des gens qui viennent de nulle part, des scènes incompréhensibles, des répliques mystérieuses, un concours d'élégance qui ne sert à rien… et quand la fin du film arrive, aucune des nombreuses questions que l'on s'est posé n'aura trouvé de réponse. Sandra Majani est très belle et Lecomte a su très bien filmer les scènes de plumard. Marielle Cabotine sans trop comprendre le rôle. Bref un film avec des belles images dont on aurait perdu le mode d'emploi.

Color of night

Un film de Richard Rush (1994) avec Bruce Willis. Le film n'a qu'un seul défaut, c'est qu'il n'annonce pas assez tôt son intention parodique, Pourtant cette suicidaire qui met un temps infini à tomber d'une tour (alors qu'il ne faut que 3 secondes pour tomber de 50 m), cette galerie de personnages plus timbrés que nécessaire aurait dû annoncer la couleur ! Il faut croire que beaucoup ont préféré prendre le film au premier degré ! Mais même, si on ne comprend pas lors de la première révélation qu'on est dans la parodie, c'est à désespérer, et que dire de la seconde révélation et de ce qui s'en suit ! Vue ce cette façon le film est fabuleux et on n'est pas prêts d'oublier la prestation de Leslie-Ann Waren en nymphomane compulsive. L'intrigue se tient, si encore une fois on en accepte le côté loufoque, Bruce Willis est bon comme souvent, quant à Jane Marsh, elle est fabuleuse de beauté et irradie le film de ces scènes érotiques peut être gratuites mais tellement belles et tellement bien faites (et c'est toujours plus agréable que de voir des fausses scènes de cul où ces dames gardent leurs sous-vêtements). Un chef d'œuvre incompris à déguster d'urgence.

Quiz Show

Un film de Robert Redford (1994) avec John Turturo. L'histoire est bancale, autant certaines séquences sont passionnantes (la retransmission des émissions, les répétitions…) autant d'autres sont gavantes et inutiles (à commencer par cette réunion de famille où l'on s'envoie des citations de Shakespeare jusqu'à satiété). De plus on ne s'attache à rien, ni à cet enquêteur trop fade (il aurait fallu quelqu'un de bien plus incisif) ni à ce candidat "premier de la classe" et play boy et ne parlons pas de son papa, caricature agaçante. Quant à Turturo il en fait de trop. Sur le fond, tout se passe comme si Redford nous présentait ce qui est décrit comme une péripétie qui ne s'est jamais reproduite… alors qu'en réalité…Un sujet qui aurait mérité un meilleur traitement.

Body Snatchers

Un film d'Abel Ferrara (1993) Des trois remakes du chef d'œuvre de Don Siegel, c'est assurément le moins bon, La faute à un métrage trop court où déficits d'explications et ellipses foisonnent, à un casting approximatif (il faut voir la tronche et le jeu du play-boy pilote d'hélicoptère, on se croirait dans les feux de l'amour), à un sale gosse qui comprend tout avant tout le monde et, à quelques invraisemblances grosses comme le bras. Bref c'est raté malgré deux ou trois bonnes trouvailles.

Jurassic Park

Un film de Steven Spielberg (1993). Le scénario est de Michael Chrichton (le réalisateur de l'excellent Mondwest). Bien sûr les effets spéciaux sont éblouissants (magiques même !) mais ils ne seraient rien sans le travail d'artiste du réalisateur : des plans à couper le souffle, un montage nerveux, une mise en situation efficace, un suspense qui arrive à nous bluffer (on sait pourtant qu'au cinéma on ne tue pas les gosses), quelques scènes d'anthologie (la mort de l'avocat dans les chiottes). Et surtout un casting très efficace, Sam Neil est très bon et Laura Dern craquante. Les gosses sont (heureusement) très supportables. Quelques mini critiques au niveau scénario tout de même puisque l'humour ne fonctionne pas toujours et puis cette séquence où la môme qui arrive à faire redémarrer le réseau d'ordinateurs, faut pas pousser tout de même ! On n'est pas passé loin du chef d'œuvre.

El Mariachi

Un film de Robert Rodriguez (1993). Le premier Rodriguez, il n'avait pas encore la grosse tête et nous concoctait une série B (presque Z) tout à fait honnête. Le pitch est simpliste mais fonctionne bien, on est évidemment en plein cinéma, c'est le cas de le dire, et le réalisateur nous brosse une ville où l'on se mitraille en plein rue sans qu'apparaisse le moindre képi policier. Violent, mais tendre, attachant et prometteur à défaut d'être génial.

Un jour sans fin  

Un film d'Harold Ramis (1993) avec Bill Murray et Andie McDowell. Le film bénéficie de deux atouts, une idée de départ géniale et la présence magique d'Andie McDowell. Ça commence donc très fort avec pas mal d'idées intéressantes (le scénario est assez fouillé) mais au bout d'une heure, ça ne tient plus la distance , la longue séance de drague entre Murray et Andie finit par lasser et le film se termine dans la mièvrerie. Les curieux pourront consulter l'article sur Wikipédia qui le plus sérieusement du monde nous explique qu'il faut regarder le film à la lumière de Nietzsche ou de Bouddha. A noter une surprenante bande son un peu fourre-tout avec Sony and Cher (I got you, babe) et la Pennsylvania Polka

La leçon de Piano

Un film de Jane Campion (1993). Ça pour être un sujet original, c'est un sujet original. Déjà c'est esthétiquement superbe et le visage de l'actrice principale Holly Hunter est magnifiquement mis en valeur, la direction d'acteurs est remarquable (y compris la petite fille énervante à souhait, mais c'est volontaire) La musique de Michael Nyman est superbe. Quand à l'érotisme discret il est bougrement efficace. On ne nous casse pas les pieds avec le mythe du bon sauvage et le film ne fait aucune concession au politiquement correct, pire qu'immoral il est jubilatoirement sulfureux. L'auteur est très lucide sur son œuvre, elle sait qu'elle fait du cinéma et nous montre qu'elle sait en faire en ajoutant quelques scènes chocs et en nous bluffant avec quelques fausses fins. Chef d'œuvre.

L'impasse

Un film de Brian de Palma (1993) avec Al Pacino et Sean Pean. Une interprétation parfaite, Pacino bien sûr, mais aussi un hallucinant Sean Penn, une Penelope Ann Miller dont le physique louche vers celui de Nicole Kidman et qui n'est pas avare de ses charmes, ainsi que la kyrielle de seconds rôles. Une réalisation magistrale dont il faudra souligner cette longue, époustouflante et incroyable course poursuite finale. Bref tout est bon et ce film a assurément sa place dans le top des films de gangsters. Si on ne peut s'empêcher de penser que de la part de De Palma on pouvait s'attendre à quelque chose de plus fou, ce film qui nous surprend pas son côté étonnamment humain est néanmoins un chef d'œuvre.

Body 

Un film d'Uli Edel (1993) avec Madonna et Willem Dafoe. La critique américaine n'a pas fait de cadeau à cette pauvre Madonna. Certes le film est loin d'être un chef d'œuvre mais il faut peut-être essayer de faire la part des choses. Il s'agit d'un thriller érotico-judiciaire. Les séquences de tribunal sont de bonnes tenues (même si on a vu bien mieux), mais c'est surtout l'aspect érotique du film avec ses aspects BDSM que l'on retiendra (la séance de cire chaude entre Madonna et Dafoe est particulièrement réussie, les deux acteurs jouent d'ailleurs très bien même si Madonna qui portant donne énormément d'elle-même a du mal à jouer les femmes fatales. La réalisation est tout à fait correcte sans être géniale sauf à la fin où l'on sombre dans le n'importe quoi. Au final un bon petit thriller érotique et un bon film érotique pourvu qu'on ne soit rebuté par les relations SM.

La part des ténèbres

Un film de George A. Romero (1993). Disons-le d'emblée le film souffre d'une ineptie narrative assez gratinée : Un flic possédant les preuves de l'identité de l'assassin (il a ses empreintes entre autre choses) ne l'arrête pas prétextant que l'enquête doit continuer (continuer sur quoi ?) et pendant ce temps les meurtres s'accumulent. On peut faire avec mais c'est dur (et savoir que c'est tiré d'un roman de Stephan King, on se pose des questions). Sinon le film n'est pas mal du tout, un peu lent par moment, mais Amy Madigan est très bonne et à la fin on retrouve le grand Romero qu'on aime.

Meurtre mystérieux à Manhattan

Un film de Woody Allen (1993) avec Diane Keaton. Comme c'est souvent le cas avec Woody Allen, pendant les premières minutes on se dit "Qu'est ce qu'il va encore nous faire cette fois ?" Et puis le film s'installe, on déguste cette histoire de voisine décédée brutalement, on est scotché, et à la fin on est ravi !

Le temps de l'innocence  

 Un film de Martin Scorsese (1993) avec Michelle Pfeiffer et Winona Ryder. Une interprétation époustouflante (voir jouer Daniel Day-Lewis est quelque chose d'absolument fabuleux), Une musique merveilleuse (Elmer Bernstein, avec au début des extraits du Faust de Gounod, puis du Johan Strauss père et fils), des couleurs somptueuses, un soin apporté aux décors et au xcostumes, une caméra en folie. Scorsese a donc forcé sur la forme pour nous faire avaler un fond qui sans cela eut été bien terne. Une belle démonstration des rouages invisibles d'une société qui défend ses codes et ses conventions sociales en étouffant l'air de ne pas y toucher toute velléité d'indépendance. Une belle démonstration qui aurait pu gagner en évitant quelques longueurs notamment à la fin (dont l'utilité n'apparaît pas évidente). Mais quel talent quand il veut, ce Scorsese !

Le retour des morts vivants - 3

Un film de Brian Yuzna (1993). C'est mauvais. S'il est permis de réaliser un film de de zombie au premier degré, il faut un scénario qui tienne la route, c'est loin d'être le cas ici, l'histoire est simpliste, naïve et assez débile (Roméo et Juliette chez les zombies) et bourré d'invraisemblances. Pas une once de décalage ou de second degré, pas d'humour, des acteurs têtes à claques, mais le réalisateur à tenté d'introduire une dose d'érotisme, mais même là ça ne marche pas, l'héroïne a une jolie poitrine mais pas assez pour sauver le film.

Trauma

Un film de Dario Argento (1993) avec Asia Argento. Un film qui ne décolle jamais, une histoire mal maîtrisée truffée d'invraisemblances et de facilités de scénario à tel point que ça en devient grotesque à défaut d'être intéressant. Le générique initial est tout de même assez bluffant même si le rapport avec le film est plutôt gonflant et le générique de fin est incompréhensible au commun des mortels. L'interprétation est moyenne, Asia Argento est ici peu convaincante, en revanche elle a des beaux nénés.

Albino alligator

Un film de Kevin Spacey (1993) avec Faye Dunaway. Assez intéressant au début, le film ne tient pas la distance, s'étire en longueur, accumule les bêtises (le gars qui sait qu'il y a une sortie secrète mais qui ne dit pas qu'elle est murée, il faut le faire !), fait preuve de faiblesse en ce qui concerne la psychologie des personnages et se termine dans une invraisemblable confusion. La direction d'acteurs est moyenne, Faye Dunaway toujours aussi belle à 57 ans est vraiment peu convaincante. Le pire c'est que ça se regarde, mais à la fin on se demande pourquoi ?

Malice

Un film de Harold Becker (1993) avec Nicole Kidman. Une réalisation façon "téléfilm" (et pas des meilleurs), une intrigue rocambolesque, confuse et brouillonne, des fausse pistes qui ne mènent nulle part,  un protagoniste dont on devine immédiatement que son rôle ne sera pas bien clair. Bref on regarde jusqu'au bout en espérant une surprise (il y en a bien une mais bof….) et parce qu'il y a Nicole Kidman. Sinon un film à oublier.

Beaucoup de bruit pour rien

Un film de Kenneth Branagh (1993). Des décors magnifiques, et une caméra tournoyante, voilà qui était de bon augure. Puis viennent les premières répliques et comme elles sont censées être d'un humour irrésistible, tous ces braves gens n'arrêtent pas de se forcer de rire (drôle d'impression !). Le casting n'est pas terrible, Kate Beckinsale est transparente, Robert Sean Leonard dans le rôle du bellâtre de service est agaçant au possible quant à Keanu Reeves, il est ridicule. L'histoire ensuite, c'est du Shakespeare, et les mœurs ont changé depuis, c'est donc au metteur en scène de savoir faire passer ce qui est trop daté (ce n'est pas toujours évident). Et là, ça ne passe pas, la scène du scandale pendant le mariage (la scène clé de la pièce) est ratée et on finit alors par se désintéresser de cette histoire que le réalisateur n'a pas su rendre intéressante. Emma Thompson est quand même très belle !

Kika

Un film de Padro Almodovar (1993) avec Victoria Abril et Veronica Forqué. Comme souvent avec Almodovar on se demande où il va nous mener, il faut donc que tout ça se mette en place avant que la comédie commence, car c'est bien de cela qu'il s'agit, la dénonciation du voyeurisme de la télé réalité n'étant qu'un prétexte. Dans cette comédie tous les protagonistes sont plus déjantés les uns que les autres et elle se termine dans un bain de sang. Dans des genres très différents l'interprétation des deux vedettes féminines est exceptionnelle. Veronica Forqué illuminant le film de son sourire et de sa bonne humeur (et peu avare de ses charmes) et Victoria Abril qu'on croirait débarquée d'une soucoupe volante, en journaliste sans aucun scrupule. De l'Almadovar complétement barré, mais pourquoi pas ?

Les visiteurs

Un film de Jean-Marie Poiré (1993) avec Jean Réno, Christian Clavier, Valérie Lemercier… Ça commence très mal, le rôle de Louis VI le gros étant l'une des rares erreurs de casting du film, mais après que Réno et Clavier se retrouvent au XXème siècle on est accroché, d'autant que leur premier contact (le Sarrazin) est si surprenant que l'on sait que tout le film va fonctionner de cette façon-là : un comique de situation basé sur un choc temporel. Restait à savoir s'il tiendrait la distance ? Il la tient : et pour cela deux raisons, l'utilisation géniale d'un vieux français plus ou moins trafiqué, et l'apparition magique de Valérie Lemercier (exceptionnelle dans ce rôle). Jena Réno tient parfaitement son rôle, Christian Clavier en revanche surjoue ad nauseam. Les rôles secondaires sont bien distribués à quelques exceptions près (Louis VI, le maréchal des logis, le frère du banquier), et la bande son est excellente. Notons les excellentes prestations de Marie Anne Chazel,  d'Isabelle Nanty et d'Arielle Séménof. Malgré ses défauts et ses quelques incontestables lourdeurs (la plupart du temps imputables à Clavier), ce film est une réussite. Quant aux enculeurs de mouches qui traquent les anachronismes et les erreurs historiques, ils n'ont pas vu le pire, puisqu'une personne vivant en 1993 ne peut avoir un seul ancêtre en 1123, mais des millions (démonstration ici) , mais qu'importe car sans doute, convient-il de rappeler à ces tristes sires qu'il ne s'agit là que d'une comédie.

Le Fugitif

Un film d'Andrew Davis (1993) avec Harrison Ford. Regarder ce film est un régal, jamais on ne s'ennuie, on va de rebondissement en rebondissement et la tension ne se relâche à aucun moment (sauf à la fin). Côté acteur, si Harrison Ford est parfait, il faut souligner la performance exceptionnelle de Tommy Lee Jones en flic super actif, pugnace et borné et suffisant (à tel point qu'on a envie de lui foutre des baffes). Cela dit le film n'est pas sans défaut, si on est prêt à pardonner cette invraisemblable plongeon de 80 mètres non mortel (après tout on est au cinéma) force est de constater qu'on a affaire au travail d'un excellent tâcheron mais totalement dénué de génie (qu'on pense à la scène dans les escaliers et ce qu'aurait pu en faire un Welles, un Hitchcock, un De Palma). De plus  le film se termine dans un grand n'importe quoi, une irruption dans un congrès avec interpellation de l'orateur (mais que fait la sécurité ?) une bagarre entre Ford et son faux ami qui devient lourdingue à force de s'éterniser, et surtout le twist final absolument ridicule où Tommy Lee Jones devient tout d'un coup tout gentil, et mignon tout plein, en reconnaissant l'innocence de Ford qui au lieu de lui foutre un pain dans la tronche le remercie d'un sourire béat !

Le rubis du Caire

Un film de Graeme Clifford (1993) avec Andie MacDowell et Viggo Mortensen. Avec sa collection d'invraisemblances, (genre : faut le voir pour le croire) on n'est pas loin du nanar, et le considérer comme un thriller est pour le moins exagéré, mais la présence d'Andy McDowell magnifiquement photographiée arrive à faire passer la pilule (ce doit être ça la magie du cinéma ?)

La firme

Un film de Sydney Pollack (1993) avec Tom Cruise et Gene Hackman. Le film fonctionne bien pourvu que l'on se laisse prendre au jeu, car après un départ très "réaliste", il dévie vers le film d'action avec un fil conducteur bien tordu, sans oublier quelques beaux clichés (le gars qui saute de la fenêtre juste sur un camion dont le contenu amortit la chute). Tom Cruise est plutôt bon dans son rôle, Gene Hackman impeccable, Jeanne Tripplehorn assez fade, mais il faut dire que le rôle qu'on lui fait jouer est loin d'être évident, la grosse et bonne surprise est constituée par le rôle déjanté à souhait de Holly Hunter (qui bizarrement n'a pas bénéficié d'une enquête à l'embauche, en voilà une belle erreur de scénario) Tout n'est pas parfait mais se regarde avec plaisir malgré deux ou trois longueurs et pas mal d'invraisemblances .

Fortress  

Un film de Stuart Gordon (1993) avec Christophe Lambert. Sur une idée de base pas plus stupide qu'une autre (une île-prison du futur) nous avons à l'arrivée : un scénario d'une débilité à peine croyable accumulant poncifs, invraisemblances et facilités de scénario, des acteurs médiocres (Christophe Lambert en tête mais mention spéciale à l'actrice principale qui joue comme une endive), des situations et des dialogues stupides, une réalisation fauchée et un final à se taper le cul par terre tellement c'est mauvais et ridicule. Cependant il faut bien admettre que ça se regarde !

Shorts Cuts  

Un film de Robert Altman (1993) avec Andy MacDowell, Julianne Moore, Jennifer Jason Leigh, France McDormand, Jack Lemmon. Beaucoup de monde dans ce film choral mais on s'y retrouve assez vite. Pas vraiment d'histoires mais des bouts d'histoires qui se recoupent plus ou moins avec son lot fabuleux de personnages farfelus. Il faut voir Jennifer Jason Leigh en téléphoniste rose, Julianne Moore, la chatte à l'air en artiste peintre déjantée, Tom Waits en alcoolique paumée, Chris Penn en gros beauf, Anne Archer en clown,  Lori Singer en violoncelliste dépressive, Tim Robbins en flic allumé et mythomane, Madeline Stowe sa femme et sœur de Julianne Moore qui pose pour cette dernière complétement nue et qui s'amuse des mensonges de son mari, Peter Gallaguer qui détruit l'appartement de son ex (Frances McDormand) à la tronçonneuse, Matthew Modine qui nous fait une grosse crise de jalousie, des pécheurs qui trouvent le cadavre nu d'une femme dans l'eau  et on en passe. Tout cela est brillant, décontracté, et surprenant, le montage est d'une précision millimétrique, la réalisation sans faute et la direction d'acteurs d'une justesse fabuleuse. On se régale et on est presque dans le chef d'œuvre. Pourquoi presque ? A cause de cette interminable scène avec Jack Lemmon, la seule longueur du film. Du très grand Altman !

Kalifornia

Un film de Dominic Sena (1993) avec Brad Pitt. Parlons d'abord de ce qui ne va pas. David Duchovny n'est pas très bon, et puis la conclusion est ratée, la traiter façon "slasher" n'apporte rien, (on n'est pas dans Halloween) et il fallait faire plus simple, quand à la seconde fin façon "moment calme", elle sert à quoi ? mais mis à part ses réserves le film est très fort, la montée de la violence aveugle est très bien décrite, la personnalité machiste de Pitt également. Pitt fait d'ailleurs un numéro d'acteur étonnant, La trop rare et très jolie Michelle Forbes est superbe dans son rôle, quand à Juliette Lewis, plus déjantée, tu meurs, mais c'est un plaisir de la voir jouer ainsi. Très bon film

L'Affaire Karen McCoy

Un film de Russell Mulcahy (1993) avec Kim Basinger. Un film de casse qui ne casse rien ! C'est plat, inintéressant, mal joué. Les scènes avec le môme sont horripilantes de mièvrerie. Le montage est tellement mal fait qu'il manque des morceaux ce qui fait qu'on ne comprend rien à certaines ellipses. En revanche certaines scènes ne servent à rien.  Ça se regarde quand même mais après on regrette d'avoir perdu son temps

Piège en eaux troubles

Un film Rowdy Herrington (1993) avec Bruce Willis et Sarah Jessica Parker. Un Bruce Willis monolithique, une Sarah Jessica Parker complétement nunuche (une incroyable erreur de casting !) et surtout un scénario abracadabrant avec une fin grotesque. Ajoutons-y quelques séquences débiles, ça fait beaucoup de casseroles ! Reste quelques cascades qui ne servent pas à grand-chose mais qui occupent les yeux.

Terror Clinic

Un film de Carl Schenkel (1993) avec Malcom Mc Dowell. Une série B d'épouvante avec un docteur fou. C'est pas mal foutu surtout eu égard au budget du film. Il y a une certaine tension, quelques excellents passages, un doigt d'érotisme, Isabelle Glasser est bien mignonne, les épisodes sentimentaux ne parasitent pas le film, bref c'est pas mal du tout, même si ça ne révolutionnera pas le genre.

Basic Instinct

Un film de Paul Verhoeven (1992).  Un thriller bluffant magnifiquement interprété par Sharon Stone et Michael Douglas et réalisé de main de maître (on est loin de l'insupportable Starship Troopers). L'érotisme du film est un parti pris totalement assumé et s'intègre parfaitement dans la progression dramatique de l'histoire, et à ce propos voir Sharon Stone s'investir complètement dans ce rôle est assez fabuleux. Si on voulait pinailler, on pourrait reprocher cette course poursuite en voiture qui fait un peu trop James Bond, ainsi que le fait que le switch final soit si vite expédié, mais on ne pinaillera pas. Quasi chef d'œuvre !

Lunes de fiel

Un film de Roman Polanski (1992) en pleine forme. De l'érotisme si savamment osé qu'il en devient obsessionnel. L'interprétation est magistrale, et si Hugo Grant est parfait, que dire d'Emmanuelle Seigner et Kristin Scott Thomas qui nous font de l'avant dernière scène un monument de torridité (quel dommage que la fin finisse en massacre !)

Bad lieutenant

Un film d'Abel Ferrara (1992). La prestation d'Harvey Keitel est époustouflante. Malheureusement il n'y a que ça, c'est lent, c'est tiré à la ligne à tel point qu'on se dit parfois (bon, on a compris, on passe quand à la scène suivante ?) Peu captivant, encombré lourdement par ces histoires de matchs de base-balls qui nous passent au-dessus de la tête) . Quant à la dernière partie, on tombe dans l'absurde. La longue scène avec les deux jeunes filles en voiture n'apporte sans doute pas grand chose à la narration, mais au delà de son côté évidemment sulfureux est un modèle de mise en scène et de direction d'acteur.

Reservoir dogs

Un film de Quentin Tarantino (1992) avec Harvey Keitel. Une narration originale, des acteurs très bien dirigées, une tension permanente, des hectolitres d'hémoglobine, des bavardages vulgaires (mais savoureux et parfois surréalistes mais jamais ennuyeux),  des scènes chocs (la poursuite à pieds et surtout l'oreille coupée), quelques rebondissements qu'on ne voit pas arriver. Avec tout ça on ne peut qu'aimer malgré la quasi vacuité du propos. PS : Ça manque de femmes quand même !

The Player

Un film de Robert Altman (1992). Le film est ambitieux, trop peut-être, et souffre de nombreux défauts, des longueurs, des digressions, une certaine confusion, on se demande quand ça va démarrer et quand ça le fait l'intrigue policière reste boiteuse. Ajoutons qu'on ne sait pas trop à quoi se raccrocher, pas à Tim Robbins en tous cas (son interprétation n'est pas en cause, mais difficile d'avoir de l'empathie pour le personnage). Sur la forme, il est évident qu'Altman sait filmer et il tient à nous le montrer (attention je vous fais un plan séquence) Sur le fond on pourrait dire beaucoup de choses, opposer le cinéma d'aujourd'hui à celui des années 40 procède du syndrome du rétroviseur, le cinéma a toujours été une usine à fric, ce qui ne l'a jamais empêché aujourd'hui comme hier de produire des chefs d'œuvre. Une scène m'a surpris par sa naïveté, un moment Robbins salue cordialement deux mecs à une table, une fois éloigné, l'un deux dit à son compère : "Quel con !". Altman vient-il seulement à 67 ans de découvrir l'hypocrisie sociale ? (qui n'est en rien l'apanage d'Hollywood). Le film vaut malgré tout pour certaines excellentes scènes, son cynisme et sa surprenante double fin.

Alien 3

Un film de (1992) de David Fincher avec Sigourney Weaver. Après le premier Alien orienté angoisse et le second orienté bagarre, l'orientation de celui-ci est donc un mix des deux. Angoissant et dérangeant (Pourquoi diable, avoir fait raser Sigourney Weaver ?) Se déroulant sur une planète pénitentiaire, le film est oppressant et captivant jusqu'à sa fin inattendue. A noter qu'à un moment Ripley répare le robot hors d'usage qui l'accompagnait, celui-ci après lui avoir fait des révélations demande alors qu'on le déconnecte définitivement car il a mal (les androïdes qui souffrent, en voilà un concept bizarre !). Le film reste néanmoins à un très haut niveau.

L'affaire Pélican

Un film d'Alan J. Pakula (1992) avec Julia Robert et Denzel Washington. Une accumulation de facilités de scénario "très série B" dont une véritablement fautive (le meurtre de l'agent secret pendant la fête qu'on essaie de nous expliquer à la fin sans qu'on n'y comprenne rien, de plus il y avait à ce moment-là un élément narratif offrant des possibilités intéressantes mais le film les oublie en route). Des éléments inexpliqués (à quoi sert et d'où sort la tueuse du parking ?) Un scénario très compliqué dans ses ramifications rendant le film difficile à suivre, Des situations grotesques (les rapports de Denzel W. avec son patron) Une fin nunuche et bâclée. Ajoutons-y une certaine longueur, une interprétation trop lisse de Denzel Washington. Après tout il ne reste que peu de choses : une prestation "satisfaisante" de Julia Roberts, une certaine ambiance 'thriller" et certaines scènes bien réussies. Une déception.

Dracula

Un film de Francis Ford Coppola (1992). Attention chef d'œuvre ! Ce film est rempli de qualités, outre qu'il revisite le mythe (j'aime bien les Terence Fisher, mais quand on a vu celui-ci, on mesure l'écart !) avec un esthétisme efficace, les personnages sont présentés en décalage par rapport à la "tradition", ainsi Van Hesling est quelqu'un de peu recommandable, et Dracula est un amoureux véritable. L'interprétation est brillante, Winona Ryder est magnifique, Anthony Hopkins est très bon, en revanche Keanu Reeves est bien fade. A noter pour l'anecdote la présence de Monica Belluci qui incarne l'une des trois sorcières topless du Comte Dracula.

JF partagerait appartement

Un film de Barbet Schroeder (1992) avec Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh. Mélange de thriller psychologique et de slasher de luxe, ce film s'avère autant terrifiant que fascinant. Ce face à face entre deux femmes (car il ne s'agit que de ça, les autres personnages se contentant de rôles de faire valoir) a le mérite de ne jamais tomber dans le manichéisme, puisqu'on en arrive à éprouver de l'empathie pour Hedy sans doute plus à plaindre qu'à blâmer et parfois un certain agacement pour Allie. C'est superbement interprété. Les éléments pouvant être considérés comme des facilités de scénarios dans la toute dernière partie sont en fait une sorte d'hommage au slasher, un fort bel hommage.

Les filles de passe

Un film X de Michel Ricaud (1992) avec April Summer, Béatrice Valle, Carole Nash, Patrice Cabanel, Alain L'Yle. Si le scénario est simpliste pour ne pas dire cucul, le film se distingue par une excellente photographie, (il faut voir comment Ricaud filme la très belle Carole Nash) un montage efficace et un savoir-faire qui donne de la "gueule" aux figures imposées

Batman : Le défi

Un film de Tim Burton (1992). Moi qui adore Burton, quelle déception ! Si la réalisation est soignée et inventive à foison, on regrettera l'insipidité du rôle de Batman interprété par Michael Keaton, et la laideur par moment proche de l'insoutenable de l'homme pingouin. Mais c'est du côté du scénario que ça ne va pas du tout. Si le fil de l'histoire est simpliste, sa narration est parfois incompréhensible, et il est impossible de s'attacher à qui que ce soit dans ce salmigondis qui souvent frôle l'ennui. (à l'exception de Michelle Pfeiffer, mais les motivations du personnage qu'elle incarne restent confuses). Un Burton raté, ça arrive, comme aux plus grands.

Impitoyable

Un film de Clint Eastwood (1992) avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman. Si le scénario est simpliste (mais c'est le cas de beaucoup de western, y compris des bons), si la psychologie des personnages n'est pas très fouillée (idem), cela n'empêche pas le film d'être d'une richesse inouïe. La violence ne vient pas comment souvent de l'extérieur, mais de l'ordre établi (et à ce propos Gene Hackman campe ici l'un des plus ignobles salauds de l'histoire du cinéma. Ceux qui n'ont rien fait s'inventent un passé, ceux qui ont un le taisent. Clint Eastwwod incarne ici un personnage qui n'est pas très malin (voir ses réflexions volontairement bébêtes) mais qui veut tirer un trait sur son passé et que les circonstances (au départ juste un besoin d'argent) renvoient vers la violence (même s'il penche cette fois du "bon" côté). Certaines scènes sont anthologiques : le tabassage du tueur anglais, le chroniqueur qui se pisse dessus, la scène chez le shérif avec ses deux prisonniers.... Et dans ce monde de brutes on n'est pas près d'oublier le visage de ces prostituées qui restent dignes sans pour autant tomber dans le moralisme, (elles offriront même des passes gratuites). Merveilleux western à la réalisation parfaite où plane l'ombre gigantesque (et assumée) de Sergio Leone.

Tokyo décadence

Un film de Ryu Mirakami (1992). Comme film porno, ça serait nul, mais il est clair que ce n'était pas dans les intentions de l'auteur. Il est quand  même je trouve particulièrement gonflé (pour ne pas dire hypocrite) de nous montrer des scènes très chaudes (donc de nous situer en tant que voyeur) pour ensuite venir nous faire la morale avec tous les clichés misérabilistes (les prostituées sont nunuches, vicieuses et inconscientes, la prostitution détruit, la prostitution conduit à la drogue, les clients sont barjots et j'en passe) qui ne sont pas systématiquement faux mais seulement anecdotiques, le sujet étant  autrement plus complexe. La dernière partie en totale rupture de ton avec le reste du film est d'un ennui incommensurable. A sauver quand même quelques images d'un érotisme certain, et pour les spécialistes une domination à quatre mains pas piquée des hannetons. PS : Quant à la métaphore sociale, elle doit être bien cachée.

Maris et femmes

Un film de Woody Allen (1992) avec Mia Farrow, Sydbey Pollack. Woody Allen a toujours les mêmes obsessions, mais il ne fait jamais le même film, celui-ci est atypique de par sa réalisation usant et abusant de longs plans séquences entrecoupés de plan fixes dans lequel les protagonistes répondent à un interlocuteur imaginaire. La direction d'acteurs est stupéfiante dominé par une Judy Davis absolument bluffante. Certaine scènes sont fabuleuses : Les délires de Judy Davis au téléphone, la nunuche qui défend l'astrologie, la scène de ménage qui s'en suit, et surtout la scène du baiser entre Woody et son élève. Intelligent, bien fait et bien vu. Chef d'œuvre.

La mort vous va si bien  

Un film de Robert Zemeckis (1992) avec Meryl Streep, d'Isabella Rossellini et Bruce Willis. C'est vraiment très original et à tout point de vue. L'histoire est complètement barrée avec des effets spéciaux là où ne les attends pas. La direction d'acteur est étonnante : Meryl Streep qui peut être exécrable est ici parfaite, et Bruce Willis démontre qui aurait pu être un grand acteur (au vrai sens du terme) si il n'avait pas ensuite cantonnée sa carrière dans des rôles de gros dur. Cerise sur le gâteau, le film nous gratifie de la présence ultra sexy d'Isabella Rossellini. C'est très bon tout ça. PS : Les critiques qui nous racontent sans rire que le film est une charge contre Hollywood et les vedettes qui ne veulent pas vieillir devraient peut-être arrêter de voir des messages là où il n'y en a pas.

C’est arrivé près de chez vous

Un film de Rémy Belvaux (1992) avec Benoît Poelvoorde. Comme tout le monde s'accorde à dire que le film est abject de par son propos et sa violence , ceux qui ont aimé s'empressent de nous parler d'humour noir, de nous dire qu'il faut prendre tout ça au second degré et que le film ne fait que dénoncer ce qu'il montre. Alors d'accord, entrons dans ce jeu : lorsque Poelvoorde dégueule ses moules pendant cinq minutes, ça dénonce quoi ?

Bodyguard

Un film de Mick Jackson (1992) avec Whitney Houston et Kevin Costner. Un gentil petit film qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui ne casse pas trois pattes à un canard. L'intrigue policière est très faible, certaines scènes sont ineptes (Costner qui tourne volontairement le dos à un type armé d'un couteau, ou le môme qui trouve en 10 secondes la solution d'une partie d'échecs vieille de trois ans…) certaines situations tirent vers l'improbable (la conscience professionnelle de Costner plus forte que sa libido !) Et ne parlons pas des plans de conclusions saugrenus. De plus Costner n'est pas trop à son affaire, non pas qu'il joue mal mais il est plus à l'aise dans des rôles plus décontractés (Robin des bois ou le si injustement décrié Underwold). Côté positif, bien sûr la présence magique de Whitney Houston, mignonne comme tout et chantant d'une voix fantastique, et puis cette scène des remises des Oscars qui a tout de même de la gueule. Ça ne mérite pas sa réputation mais ce n'est pas non plus une catastrophe.

Talons aiguilles

Un film de de Pedro Almodovar (1991 avec Victoria Abril) Cette invraisemblable histoire mêlant une mince intrigue policière et des relations familiales bien compliqués aurait sous une autre plume sombré dans le ridicule. Mais ici c'est Almodovar et c'est un chef d'œuvre sulfureux et dérangeant. Comme souvent, Almodovar expose ses fantasmes (le monde de la nuit, les travestis, l'érotisme "sauvage") avec manière et talent. A souligner le rôle magistral de Victoria Abril !

Ombres et brouillard  

Un film de Woody Allen (1991) avec Mia Farrow, Woody Allen, Jody Foster, Donald Pleasance, John Malkovich. Quand Allen veut filmer du brouillard, il ne fait pas semblant, voilà un film bien brumeux en forme d'hommage formel à l'expressionnisme allemand et à Kafka. La scène où Mia Farrow finit par accepter de se prostituer sans que cela ne lui pose des problèmes particuliers (bien au contraire) est fabuleuse de tact et de d'efficacité. Bien sûr après l'esprit d'escalier fonctionnant, elle regrettera son geste et retournera vers son imbécile de compagnon. La vie nous offre des opportunités, mais la société nous fait revenir dans les clous, telle semble être l'une des leçons du film. Mais ce n'est pas la seule et il faut attendre les dernières minutes pour voir rejaillir les obsessions du maître : La vie ne serait qu'une illusion et surtout elle est absurde… alors devenir l'assistant d'un magicien, n'est-ce pas une bonne façon de lui faire la nique ? Au titre des curiosités on notera la présence Madonna dans un joli petit rôle. Et celle de Jody Foster en jolie prostituée. Le film est d'une telle richesse qu'on pourrait en parler pendant des heures... A remarquer la subtile petite vanne contre le clergé.

Tous les matins du monde 

Un film de Alain Corneau (1991) avec Gérard et Guillaume Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet. C'est beau, mais que de longueurs inutiles. Au passage il faudra m'expliquer cette scène où la voix off nous parle d'une journée d'hiver particulièrement froide alors que les images nous montre de beaux arbres bien feuillus. L'interprétation est bonne malgré la lourdeur des dialogues et Anne Brochet y est surprenante. A signaler une amusante scène dans laquelle Marielle et Depardieu junior dissertent sur le chromatisme du bruit du pipi ! Un film intéressant mais surestimé, à voir une fois.

Le silence des agneaux 

Un film de Jonathan Demme (1991) avec Judy Foster et Anthony Hopkins. Le film vaut surtout par son intrigue originale (tirée du roman de Thomas Harris), par la qualité de l'interprétation (notamment celle de Jody Foster), par quelques scènes choc et par son suspense final. Tout ça, ça finit par faire beaucoup et ça nous donne au final un excellent film

Terminator 2, le jugement dernier 

Un film de James Cameron (1991) . Mais quelle idée d'avoir réalisé cette suite qui ne peut être considérée comme meilleure que le premier que par ceux qui jugent les films uniquement en raison de la qualité de leurs effets spéciaux ? La magie du premier n'opère plus. Linda Hamilton, frêle et touchante dans le film précèdent s'est transformé en Rambounette, le gosse est une insupportable tête à claques, c'est ponctué de mièvrerie, les répétions des scènes du premier abondent (les poursuites sur routes, les mecs projetés à travers les vitres) et ne parlons pas des invraisemblances : seuls un être vivant peut remonter le temps, alors pourquoi le T1000 en métal liquide le fait-il ? Le vilain robot après avoir été détruit renaît... avec ses vêtements fraîchement propres et repassés, et la fin (pourquoi Schwarzy se fait-il treuiller dans la fosse de fusion alors qu'il lui suffisait de sauter ?) Bref un film inutile.

Orgies romaines - 1

Un film de Mario Salieri (1991) avec Sandrine Van Herpe, Yoko, Laura Valery, Joy's Karin. Une histoire farfelue ou un voyageur du temps se retrouve chez les romains, puis au moyen âge. Le film a bénéficié d'un bon budget (décors, costumes) c'est pas mal filmé et les filles sont superbes (Ah, Joy's Karin !). Mais l'angle sous lequel le sujet est traité reste assez gênant puisqu'on nous montre des esclaves maltraités, voire torturées mais toute contentes de faire de petites pauses où elles s'envoient en l'air, on sait bien que c'est du ciné mais bon…

Hook (ou la revanche du capitaine Crochet)  

Un film de Steven Spielberg (1991) avec Robin Williams, Julia Roberts et Dustin Hoffman. Insupportable de niaiserie et de mièvrerie. Inintéressant.

Barton Fink  

Un film des frères Coen (1991) avec John Turturro. Le jury cannois qui a palmé (trois fois) ce film avait dû fumer la moquette. On pourra juste sauver quelques apparitions de Judy Davis. Sinon c'est ennuyeux, bavard, prétentieux, laid, on ne se raccroche à rien, ni à l'histoire sans intérêt, ni au personnage de Fink surjoué de façon éhonté par Turturro. Les effets spéciaux sont dignes d'une série Z (l'incendie) et ne parlons pas des invraisemblances : les deux types qui discutent le bout de gras dans une chambrette pendant que tout brûle autour... Comment ? C'est métaphorique ? Ah, bon ? Trop puissants les frères Coen ! Et ces gros plans interminables sur le papier peint qui se décolle, c'est métaphorique ou c'est de la pub subliminale pour Bricomarché ? Les mauvais films, ça existe, les films ratés aussi, mais quand on veut faire passer un navet pour un chef d'oeuvre cela porte un nom : la fumisterie.

Y a-t-il un flic pour sauver le président ?

Un film de David Zucker (1991) avec Leslie Nielsen et Priscilla Presley. Même si ça se regarde sans déplaisir, si Nilesen est toujours aussi allumé et Priscilla Presley toujours aussi sexy (46 ans dans ce film et on ne le devinerait pas), il faut bien admettre qu'on ne retrouve pas le même niveau que pour le précédent. De plus le film est vraiment ciblé américano-américain, les vannes contre le couple Bush ont sans doute fait plier de rire les américains, mais ça s'exporte mal. C'est par moment presque ennuyeux.

The object of beauty (les imposteurs)

Un film de Michael Lindsay-Hogg (1991) avec Andy McDowell et John Malkovich. Un pitch intéressant que malheureusement le réalisateur n'a pas su parfaitement maîtriser, on a ainsi beaucoup de longueurs inutiles et une réalisation assez plate, mais l'interprétation pleine de charme et d'assurance d'Andy McDowell et le professionnalisme de John Malkovich sauve le film.

Thelma et Louise

Un film de Ridley Scott (1991) avec Susan Sarandon et Geena Davis. C'est superbement fait et on n'est pas près d'oublier la composition de Geena Davis qui porte littéralement le film (mieux que Sarandon). On regrettera cependant l'outrance de propagande féministe que le film trimbale : sur les six principaux personnages masculins du film, l'un est un violeur, un autre dépouille les femmes après avoir couché avec, un troisième est un mari abruti (était-ce besoin pour celui-ci de le caricaturer à ce point, (s'intéresser plus au match à la télé qu'au sort de sa femme qui vient de disparaître, il ne faut pas pousser quand même), le quatrième est un routier macho (qu'on nous explique d'ailleurs comment ce personnage fait pour se retrouver trois fois de suite sur la même route que nos fuyardes, et puis comme comportement caricatural, ce n'est pas mal non plus). De plus qu'est-ce que cela ajoute au film de savoir que Sarandon a été violé au Texas ? Un peu plus de subtilité et cet ode à la liberté et à l'indépendance aurait pu être un chef d'œuvre. Quant à l'issue fatale on la devine dès le début, mais il faut avouer qu'elle a de la gueule.

La totale

Un film de Claude Zidi (1991) avec Thierry Lhermite, Eddy Mitchell, Michel Boujenah, Miou-Miou. Si on regarde jusqu'au bout, c'est parce que les acteurs sont réputés bons (enfin quand on ne leur fait pas dire ou faire n'importe quoi) sinon on touche le fond. Comme le film ne devait pas faire la bonne longueur on a inclus une séquence complètement hors sujet avec le "fils ainé-tête à claques" qui est d'une nullité abyssale. On croit que le film va s'élever d'un niveau quand on soupçonne Miou-Miou d'avoir une liaison, mais le potentiel de la situation est massacré par le scénario. En grattant bien on trouve une petite séquence d'évasion assez bien foutue vers la fin, sinon c'est affligeant. Le personnage joué par Lhermite n'est pas attachant, Boujenah en fait de trop, et Miou-miou nous la joue nunuche, seul Eddy Mitchell s'en sort bien. Un film à oublier, ce qui ne devrait pas être trop difficile.

Les nerfs à vif

Un film de Martin Scorsese (1991) avec Jessica Lange,  Robert De Niro et  Juliette Lewis. Un thriller d'angoisse particulièrement efficace avec tout ce qu'il faut de suspense et de coups de théâtre. Evidemment le film est outrancier (la couleur est annoncée dès la première scène) mais ça fait partie du spectacle. La direction d'acteurs est sans faute et nous offre un De Niro complètement halluciné. Certaines scènes sont particulièrement marquantes, notamment celle du contact entre De Niro et la jeune Danielle (Juliette Lewis) et le final sur le bateau. On notera les apparitions en guest-star des vétérans Robert Mitchum et Gregoy Peck, un très beau générique et la superbe musique de Bernard Herman (réorchestrée par Elmer Bernstein). Deux heures de très bon cinéma.

Un amour de Frankenstein (The College Years)

Un téléfilm de Tom Shadyac (1991)  Malgré des images hideuses, un manque de moyens évident, et une actrice féminine bien mauvaise, ce nanar qui ne se prend jamais au sérieux (mais qui lorgne du côté de Mel Brooks) force la sympathie par son côté complètement barré. Une bonne surprise.

In bed with Madonna

Un documentaire d'Alek Keshishian (1991). Deux heures avec Madonna non pas dans son lit (dommage !) mais en concert et en coulisse. Je n'apprécie que modérément la musique des chansons de Madonna, quant aux paroles je ne les comprends pas, cependant tout cela est vraiment intéressant, même si s'agit d'autopromotion (Madonna est la productrice exécutive du film) d'une part parce que le personnage de Madonna est réellement très intéressant et tout autre chose que superficiel, il se dégage d'ailleurs quelque chose d'étrange, mélange de gentillesse, de provocation, d'autodérision. Et puis il y a ces extraits de son spectacle à Bercy avec cette chorégraphie osée, dérangeante, fascinante…

Backdraft

Un film de Ron Howard (1991). Si les scènes de feu sont spectaculaires, les scènes "intimistes" sont toutes ratées : la plupart gavantes, parfois stupides voire même incompréhensibles (la scène sur le toit de la maison familiale). La trame policière est faible, peu intéressante et surtout très mal maîtrisée. Pour les acteurs Kurt Russel mal dirigé est bovin, Baldwin est moyen, De Niro fait de la figuration, mais Sutherland sort du lot en faisant très bien son numéro. La musique très annonciatrice est agaçante au possible. Vraiment rien d'emballant donc.

Tremors

Un film de Ron Underwood (1990) Le concept est intéressant, puisqu'il s'agit d'un ver géant complétement miro qui vit sous terre mais se nourrit en surface en aspirant ses victimes. Les effets spéciaux sont assez réussis. Il y avait donc de quoi faire un bon film. Hélas, la progression dramatique du récit n'offre pratiquement aucune surprise, Kevin Bacon (assez pénible) étant bien évidemment plus malin que tout le monde, on ne suit alors le film que pour avoir éventuellement la réponse à deux questions : comment la bestiole va-t-elle périr et combien d'humains vont-ils survivre. Moyen.

Le parrain 3

Un film de Francis Ford Coppola (1990) avec Al Pacino, Diane Keaton, Sofia Coppola... On retrouve Al Pacino excellent dans le rôle de Michael Corleone mais vingt ans plus tard. Diane Keaton est remarquable et Sofia Coppola étonnante. On reste dans l'esprit des deux premiers opus, mais Coppola et son scénariste on fait très fort en s'inspirant des véritables magouilles qui eurent lieu entre le Vatican et la mafia sous le pontificat du Pape Paul VI et dont le point culminant sera la mort "inexpliquée" de son successeur, Jean-paul 1er après 33 jours de règne. Tout cela est réalisé de main de maître avec un final baroque et hitchockien (référence à "L'homme qui en savait trop") dans le cadre d'une représentation à l'Opéra de Palerme du sublime ouvrage de Pietro Mascagni, Cavalleria Rusticana.  Chef d'oeuvre !

Gremlins 2

Un film de Joe Dante (1990). La trame principale du scénario est identique au premier opus, seuls les détails différent et comme il faut malgré tout étonner le spectateur, ça fait dans la surenchère ! Mais trop c'est trop, et trop ce n'est pas bien. S'ajoute la présence de Christopher Lee (qui semble perdu) et de Dick Miller (Murray Futterman, qu'on croyait mort dans le premier opus, et qui a du ressusciter entre les deux films et dont le rôle est insupportable) ! Si le film ne se prend jamais au sérieux et va jusqu'à nous le dire, on a quand même droit a un refrain de moralisme sur la fidélité en couple (agaçant) et a un doigt de critique sociale sur le flicage en entreprise (bien vu). Tout cela est trop long, trop chargé, trop lourd, trop répétitifs. La toute dernière scène vaut quand même son pesant de cacahuètes, mais le film tout en se laissant voir, reste moyen.

The King of New-York

Un film d'Abel Ferrara (1990). Christopher Walken crève l'écran. Voici le genre de film qui nous scotche complétement et dont on aurait bien repris une demi-heure de plus.  Aucun temps mort, de l'action menée tambour battant mais aussi une réflexion intelligente sur le monde des truands et sur le fonctionnement de la police. Par ailleurs il règne dans ce film un petit côté glamour et sexy que n'aurait pas renié un Brian de Palma. Chef d'œuvre !

Retour vers le futur 3

Un film de Robert Zemeckis (1990) Ce film vérifie la loi empirique qui veut qu'en matière de suite le "2" soit inférieur au "1", mais que le "3" soit supérieur au "2"  (Voir Alien ou Indiana Jones ou même le Parrain) Ça donne le tournis, on a pas le temps de souffler et on arrive à se passionner pour cette improbable parodie de western. Rendre Christopher Lloyd amoureux était un pari gonflé, mais réussi, (mais on le comprend puisqu'il s'agit de Mary Steenburgen, déjà remarquée dans l'excellent "Comédie érotique d'une nuit d'été" de Woody Allen). La toute dernière séquence est peut-être de trop mais on ne va pas bouder notre plaisir…

Edward aux mains d'argent

Un film de Tim Burton (1990) avec Johnny Depp, Winona Ryder. Un superbe conte de fée sur le droit à la différence, la musique est superbe et la direction d'acteurs remarquable, dominée par Johnny Depp et Winona Ryder, il faut aussi noter les excellentes performances de Diane Wiest et celle de Kathy Baker en femme cougar nymphomane. Tout au plus pourra ton regretter certaines longueurs, sinon c'est superbe.

La secte

Un film de Michele Soavi produit par Dario Argento (1990) Un  film d'horreur raté et ahurissant de médiocrité, c'est horriblement mal joué, c'est laid, c'est long, c'est bavard, c'est mal foutu, c'est n'importe quoi. A noter la présence d'un joli petit lapin blanc mignon comme tout, le seul intérêt de ce pauvre film .

Attache-moi !

Un film de de Pedro Almodovar (1990 avec Victoria Abril et Antonio Banderas) Une variation sur le syndrome de Stockholm ou l'improbable histoire de domination-soumission entre une actrice porno et un repris de justice. Passionnant, brillamment interprété (Victoria Abril y est sublime et étonnante, on n'est pas près d'oublier cette scène où on l'entend faire pipi.) et plutôt immoral. De très belles scènes !

Re-animator 2

Un film de Brian Yuzna (1990) avec Jeffrey Combs. C'est assez bon mais on n'est plus au niveau du 1er opus réalisé par Stuart Gordon en 1985. De bonnes choses : Les décors, l'interprétation exceptionnelle (n'ayons pas peur des mots des mots) de Jeffrey Combs, quelques bons gags (l'assemblage de doigts qui se ballade pendant la visite du policier), la fin dantesque. On reprochera en revanche le rythme trop lent et l'interprétation trop lourdingue du policier, quant à la créature, il faut bien avouer qu'elle n'est pas terrible. Se laisse voir.

Total Recall

Un film de Paul Verhoeven (1990) avec Sharon Stone, Rachel Ticotin et Arnold Schwarzenegger. LE GRAND film de Sf des années 1990. Excellente mise en scène, l'ambiance martienne est parfaitement rendue que ce soit les "extérieurs", ou Venusville, le quartier des plaisirs avec Lycia Naff, la jolie prostituée à trois seins, la prostituée naine qui tire au pistolet mitrailleur, la galerie de mutants. Les acteurs sont bons (Sublime Sharon Stone ! Et Schwarzenegger réussit l'exploit d'être bon). L'action est menée tambour battant, on perd un peu le fil, mais puisque c'est peut-être un rêve... Quand à ceux qui ne savent que rouspéter à propos des effets spéciaux vieillis, ils me font rire, sans doute font-ils partie de ceux qui ne jugent de la qualité du steak au poivre qu'en fonction de la qualité du poivre ! Sans doute n'écoutent-ils jamais Mozart, sans doute ne vont-ils jamais au musée... puisque tout cela aurait vieilli.

Pretty Woman

Un film de Garry Marshall (1990) avec Julia Roberts (superbe !) et Richard Gere. Le thème de la prostituée qui devient amoureuse de son client et vice-versa peut donner n'importe quoi, ici on est un peu dans le comte de fée, mais pas complètement non plus. Les deux acteurs principaux jouent des personnages terriblement humains avec leur nature mais aussi leurs contradictions. C'est très bien joué, le ton est juste, et on est prêt à partager leur rêve. Le film a le grand mérite d'aller à contre courant des idées reçues sur le milieu de la prostitution. Dans ce film la prostituée n'est pas forcement une victime ou une pauvre fille inconsciente, c'est au contraire elle qui décide, où, qui, comment ?  Et le client n'est pas forcement un pervers macho considérant les filles comme des trous. Voilà qui ne correspond pas du tout aux stéréotypes clamés par certaines féministes, alors évidement celles-ci ont vilipendés le film, ce qui ne l'a pas empêché de devenir un succès et vingt ans après, il reste exemplaire.

Henry et June

Un film de Philip Kaufman (1990) avec Fred Ward, Uma Thurman, Maria de Medeiros, Brigitte Lahaie. Coup de cœur pour ce curieux film illuminé par la présence magique de Maria de Medeiros en sosie d'Anaïs Nin, intelligente, dérangeante et terriblement sensuelle. Ce film, plaidoyer pour la liberté sexuelle et l'hédonisme nous charme et nous passionne. Une excellente surprise, plutôt bien interprété par Fred Ward dans le rôle d'Henry Miller, en revanche Uma Thurman reste un peu en retrait et Brigitte Lahaie peine à convaincre. De très belles scènes (le monôme des Quat'z'arts, l'exib dans le bordel), une reconstitution amusante du Paris 1920 et une très jolie bande son…

Misery

Un film de Rob Reiner (1990). Cette excellente adaptation d'un Roman de Stephen King aura eu le mérite d'élire ce qui reste sans doute le personnage féminin le plus méchant de l'histoire du cinéma : Kathy Bates on a envie de la baffer mais force est de constater qu'elle tient à merveille son rôle de tarée. La prestation de James Caan est également tout à fait remarquable, sans en faire de trop il sait nous faire partager sa souffrance, ses angoisses, ses espoirs et ses déceptions. Le suspense est mené de main de maître. On regrettera juste la façon peu crédible avec laquelle le sheriff oriente ses soupçons, ainsi que la présence uniquement marketing de Lauren Baccall, (son rôle aurait été jouée par madame Toulemonde, ça aurait changé quoi ?) Quant à la toute dernière séquence, elle ne sert pas à grand-chose.

Frankenhooker

Un film d'horreur de Frank Henenlotter (1990) sorte de remake plus ou moins "nudie" de la fiancée de Frankenstein. C'est correctement fait, l'actrice principale est marrante, le laboratoire n'est pas mal vu, on ne s'ennuie pas, mais ça n'a rien d'inoubliable.

Virus Vampire

Un film de David Blyth (1990) : rien à sauver dans cette lamentable série Z.

Nikita

Un film de Luc Besson (1990) avec Anne Parillaud. Un thriller complétement déjanté et assumé comme tel (ceux qui hurlent aux invraisemblances doivent comprendre que le projet de Besson n'était pas de tourner un documentaire !.) Anne Parillaud est d'autant excellente que le réalisateur ne lui a pas donné un rôle facile et elle crève l'écran. En filigrane, le film est aussi une réflexion sur la violence, (le parallèle entre à la violence aveugle et médiatisé des petites frappes et celle, froide et discrète des services secrets est intéressant) et sur la manipulation. Très bon film

Miller's Crossing

Un film de Frères Coen (1990). Comment voulez-vous qu'on arrive à suivre quand dans les premières minutes un type nous débite une tirade en citant des noms de personnages sur lesquels on ne sait rien ? Et cette confusion durera jusqu'à la fin. Qui est qui ? Qui est avec qui ? Qui est contre qui ? D'autant qu'il faut compter avec les trahisons et les rabibochages. D'aucuns disent qu'il s'agit d'une satire, je n'en ai à aucun moment eu l'impression. Nous avons une très belle réalisation (certaines scènes sont magnifiques), une très belle photo, de très bons acteurs (j'ai bien aimé le côté glamour de Marcia Gay Harden), une bonne musique, mais un scénario incompréhensible. Et à ce propos je ne comprendrais jamais ceux qui nous racontent que le scénario n'est pas le plus important, que si on a rien compris il suffit de revoir le film etc… (C'est le syndrome Mulloland Drive) Le savoir-faire d'un réalisateur est aussi dans sa capacité à savoir raconter, et là il s'est planté.

Le bûcher des vanités

Un film de Brian DePalma (1990) avec Tom Hanks, Melanie Griffith, Bruce Willis. Un film maudit pour un tas de raisons notamment un Bruce Willis qui joue en contre-emploi sans convaincre et surtout un fond politiquement incorrect. Et pourtant c'est ce côté incorrect qui rend le film intéressant, montrant que l'art de la manipulation est le mieux partagé du monde. Techniquement le film donne le tournis avec une magistrale scène d'entrée en plan séquence. Tom Hanks interprète brillamment sa descente aux enfers, et Mélanie Griffith en garce nympho n'est pas mal non plus. On ne s'ennuie pas une seconde… Hélas la fin n'est pas à la hauteur, ridicule et se terminant par un étrange blabla moralisateur : "Tous pourri sauf les juges ?"  En voilà un curieux concept !

Delicatessen

Un film de  Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet (1990) avec Jean-Claude Dreyfus, Rufus, Karine Viard… Le moins qu'on puisse dire c'est que l'univers qui nous est présenté est très personnel et très spécial, à ce point qu'il n'est pas si facile de s'y imprégner. Une fois entré on peut en apprécier l'inventivité, le sens du détail et le côté complétement déjanté. Le film s'améliore d'ailleurs vers la fin en tournant au jeu de massacre. Une curiosité, mais pas non plus de quoi faire les pieds au mur.

Le Mystère von Bülow

Un film de Barbet Schroeder (1990) avec Jeremy Irons. Il faut quand même un talent fou pour nous intéresser à une intrigue policière qui n'aboutit pas (ou du moins à propos de laquelle tous les doutes restent permis). Le film doit sa réussite à une narration intelligente utilisant le flash back de façon subjective, à une direction d'acteurs remarquable (Jeremy Irons y est fabuleux) et une réflexion omniprésente et intelligente sur la nuance entre acquittement et innocence sans que le rôle indispensable de l'avocat ne soit occulté. Chef d'œuvre.

Présumé innocent  

Un film d'Alan J. Pakula (1990) avec Harrison Ford. Si le film se regarde sans déplaisir, il faut bien admettre que le scénario est pour le moins tiré par les cheveux, trop de fausses pistes, trop de confusion et comme si ça ne suffisait pas une facilité de scénario tout droit sorti d'un chapeau de magicien (le juge qui déclare le nom lieu parce que l'avocat le fait chanter pour une affaire qui n'a rien à voir avec l'histoire). Et puis aussi trop de questions sans réponse. Le twist final surprend mais ne convainc pas. La prestation d'Harrison Ford paraît excessivement réservée. Au final, un petit film un peu mou.

À la poursuite d'Octobre Rouge 

Un film de John McTiernan (1990) avec Sean Connery. Pas mal de bonnes choses dans ce film sans femmes qui arrive à maintenir une tension pendant plus de deux heures et où Sean Connery montre une fois de plus l'étendue de son talent. Le film est quand même gâché par le rôle absurde d'Alec Baldwin, par le dernier quart d'heure où ça devient n'importe quoi et par ce qui voudrait être un happy-end et qui n'est que de la très mauvaise propagande américaine. Mais le spectacle valait le coup.

Alice

Un film de Woody Allen, (1990) avec Mia Farrow et Alec Baldwin. Toujours un peu pareil avec Woody Allen, pendant 10 minutes on se demande dans quoi on s'embarque et puis insensiblement on est scotché à l'écran. Rien à dire sur la réalisation, l'interprétation (merveilleuse Mia Farrow) et la direction d'acteurs, c'est toujours aussi fabuleux. Le fond est classique, une critique de la morale bourgeoise, mais le traitement est original, c'est le moins que l'on puisse dire. On regrettera la fin où en voulant éviter le pire (la réconciliation des époux) Woody nous la joue gnangnan alors qu'il pouvait terminer sur une fin plus ouverte, voir plus complexe.

Sailor et Lula

Un film de David Lynch (1990) avec Nicolas Cage. Ça un film culte ? Rêvé-je ? Parce que c'est quoi ce film ? Une action molle et peu intéressante, des personnages auxquels on ne s'attache pas, une absence de tension, un Nicolas Cage peu convaincant, un Willem Dafoe agaçant (même si c'est fait exprès), une fin neuneu, une mise en scène inégale : le couple qui jacte côte à côte en auto ou au plumard, c'est d'un passionnant ! Quant à la BO, mettre au même niveau Richard Strauss et Elvis Presley, il ne faut pas charrier non plus. Que sauver ? De temps en temps de belles images. et Laura Dern qui nous enchante de son talent (et qui de plus n'est pas avare de ses charmes).

Ripoux contre ripoux

Un film de Claude Zidi (1990) avec Philippe Noiret, Thierry Lhermitte. Evidemment il n'y a plus l'effet de surprise du premier opus dont on reprend le concept dans cette fausse suite. Ça reste néanmoins très bon en raison de la présence de Thierry Lhermitte et de Philippe Noiret, ce dernier semblant littéralement habité par son rôle. A noter le petit rôle très surprenant de Jean-Claude Brialy. Il y a quelques excellents gags (jusqu'au pied de nez final), de bonnes répliques, on ne s'ennuie pas une seconde, que demande le peuple ?

Dick Tracy

Un film de Warren Beaty (1990) avec lui-même, Al Pacino, Madonna. Si l'effort fait sur les décors et les couleurs est remarquable, celui sur les maquillages et les costumes est outrancier et dessert le film qui n'avait pas besoin de ça, l'histoire racontée n'ayant strictement aucun intérêt, ne fonctionnant jamais et s'encombrant d'un insupportable gosse tête à claques. En plus le fond est pourri, l'état de droit est montré comme un inconvénient à lutter contre la pégre, alors on transgresse, (perquisition sans mandats, chantage et refus des droits élémentaires chez des gens arrêtés). Moi qui pensait que Warren Beaty était démocrate !

Les Affranchis

Un film de Martin Scorsese (1990) avec Robert de Niro. On ne voit pas le temps passer à la projection de ce film dont on se demande ce qu'on pourrait bien lui reprocher. Tout est parfaitement maîtrisé, aucun personnage positif mais certains sont pires que les autres et la mémoire du cinéma n'est pas prête d'oublier la prestation de Joe Pesci incarnant un caïd décérébré de cour de récréation qui aurait oublié de grandir. La bande son est très agréable et judicieusement utilisé. Chef d'œuvre !

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2016
 


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