Le MOMOSITE vous présente

 

Critiques en vrac

Page mise à jour le 05/11/2017

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2017
 

Abyss

Un film de James Cameron (1989) Le second du triple A du cinéma fantastique (Alien, Abyss, Avatar) ! Un film qui nous transporte de bonheur. Un chef d'œuvre qui aurait pu être absolu s'il n'y avait pas un peu trop de sucre à la fin (mais on pardonne). Les images sont magnifiques, c'est beau, c'est passionnant, le suspense est diabolique. Les acteurs sont bons (Mary Elizabeth Mastrantonio qui n'a pas fait grand-chose au cinéma est excellente, Ed Harris est bien). Monsieur Cameron, vous êtes un grand, merci pour cette merveilleuse leçon de cinéma !

Valse d'amour

 Un film de Dino Risi (1989) avec Vittorio Gassman, Dominique Sanda, Eliot Gould. Quand on libère les fous il faut vivre avec… sauf que justement un fou c'est invivable parce que ça ne rentre pas dans les rails. C'est tout le propos du film où une petite famille recomposé sorte de microcosme de la société voit son trantran chamboulé par le fou qui se moque complètement des conventions et des codes sociaux… La seule qui le comprendra étant une gamine et quand il sera chassé de chez lui, c'est avec deux autres asociaux (un fou et une prostituée qu'il pourra vivre)(il y a aussi une scène fabuleuse avec une nymphomane) Une fable magnifique pas mélo pour deux sous, fabuleusement interprété par un Vittorio Gassman magistral, réalisé sur le ton de farce, une vraie comédie italienne.

Embrasse-moi vampire

Un film de Robert Bierman (1989) avec Nicolas Cage. Ce film qui nous raconte la plongée dans la folie d'un type persuadé d'être devenu un vampire possède d'énormes qualités. Nicolas Cage tient très bien le rôle, la direction d'acteur est très efficace y compris pour les seconds rôles (la psy est extraordinaire) et les figurants. Les mouvements de caméra et le cadrage montre qu'on a affaire à un vrai pro. Certaines scènes paraissent d'une justesse étonnante, notamment les humiliations incessantes de la secrétaire mais aussi la scène de meurtre dans la boite de nuit. Le film est hélas entaché par un montage peu sérieux : les images de la scène d'amour avec Jennifer Beals sont utilisés deux fois, et les deux fois on peut voir comme un nez au milieu de visage un patch qui lui recouvre les tétons ! D'autre part la fin manque terriblement de panache !

Indiana Jones et la dernière croisade

Un film de Steven Spielberg (1989) avec Harrison Ford, Sean Connery et Alison Doody . On revient au niveau du premier. L'argument est tout bête : On doit retrouver le Graal avant les nazis (pourquoi se gêner ?) le scénario est tout bête. La présence de Sean Connery apporte une dimension supplémentaire et le fait d'avoir confié le premier rôle féminin à une méchante est une idée excellente. Des gags, de l'humour, de l'action, des rebondissements. Bref, encore un chef d'œuvre !

Erik le Viking  

Un film de Terry Jones (1989). Bavard, lourdingue, poussif, sans rythme et peu intéressant. La distribution déçoit avec un Tim Robbins bourrin, une Eartha Kitt agaçante et un Terry Jones en pleine crise de cabotinage, et ne parlons pas des seconds rôles… A sauver la très belle Imogen Stubbs non pas pour son rôle mais pour sa présence, quelques rares scènes qui retiennent l'attention et quelques plans jolis par ci par là. Vraiment pas de quoi s'affoler.

Sexe mensonges et vidéos

Un film de Steven Soderbergh (1989) avec James Spader, Andie MacDowell. Palme d'or à Cannes, on se demande vraiment pourquoi à moins que ce soit la prime à la lenteur. Il y a une idée dans le film, juste une et tout repose la dessus (y compris le titre du film) ça aurait sans doute pu donner un bon court métrage, mais 90 minutes, c'est un supplice, ça cause, ça cause et on n'a qu'une hâte c'est que ça s'arrête de causer, de plus la fin est bâclée. Côté interprétation c'est plutôt bien avec un James Spder troublant et une étonnante Laura San Giacomoy. Andie MacDowell n'est pas mal mais on la préfère dans des rôles plus légers. Un film a la réputation surfaite d'autant que Soderbergh a fait beaucoup mieux par la suite…

Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant

Un film de Peter Greenaway (1989) avec Helen Mirren et Richard Bohringer. On ne ressort pas intact de la vision de ce film coup de poing. A la violence, voire au sadisme et à l'abjection de certaines situations répond l'érotisme parfaitement abouti des scènes avec Helen Mirren (absolument parfaite dans ce rôle). Et tout est transcendé par une réalisation hors du commun, l'utilisation de grands travellings et le travail sur les couleurs sans oublier l'excellentissime musique de Michael Nyman. Le rôle très particulier de Richard Bohringer (doté d'un accent français volontairement abominable) est très intéressant dans son évolution. Le film se termine en apothéose avec une fin géniale digne d'une scène d'opéra.
P.S. : Les comparaisons avec "La grande bouffe" lus ici et là sont totalement hors de propos, le seul point commun entre ces deux films géniaux est qu'on y mange beaucoup mais les propos sont totalement différents.

Family Business

Un film de Sidney Lumet (1989) avec Sean Connery et Dustin Hoffman. La scène du casse au milieu de film n'est pas trop mal, il y a quelques réflexions intéressantes notamment sur la nuance entre légalité et moralité, Mais à part ça, c'est bavard, ça met un temps fou à démarrer, et ça se termine en eau de boudin. Sean Connery est plutôt bon, Dustin Hoffman plutôt décevant, la mise en scène plutôt plate et l'ensemble très moyen.

Tatie Danielle

Un film d'Etienne Chatiliez (1989). Le réalisateur règle ses comptes avec ce personnage de personne âgé absolument invivable et antipathique. Une grande réussite et on s'amuse bien.

Retour vers le futur 2 

Un film de Robert Zemeckis (1989) C'est presque aussi bon que le premier, plein d'idées, emmené par un rythme infernal et par un Christopher Lloyd complètement déjanté, on se serait cependant fort bien passé de cette trop longue poursuite en voiture qui fait un peu remplissage.

Society

Un film de Brian Yuzna (1989). Un jeune premier insupportable, un brouillon de scénario qu'on aurait oublié de mettre au propre, des allusions lourdingues; des mystères "en veut-tu, en voilà", qu'on ne se donne pas la peine d'expliquer, une longue séquence de fin ou le réalisateur confond l'horreur et la laideur, et un final d'un ridicule consommé. Certains comiques voudraient nous faire croire qu'il s'agit d'une critique de la haute société et que tout cela est métaphorique, laissez-moi rire, en revanche ce qui transparaît de façon très claire (et très hypocrite, puisqu'il en joue) chez Yuzma c'est son dégoût du sexe : Il va jusqu'à nous pondre des théories ridicules selon lesquelles un amateur de partouzes n'est jamais rassasié et finira par évoluer vers l'inceste... et le cannibalisme. Quant à la partouze, quand elle est montrée de dos les gens sont nus, quand ils sont de face,, ils sont en sous vêtements, bref, ça n'a rien d'érotique et les images deviennent volontairement hideuses (c'est même difficilement supportable) quand la chair se transforme en pâte à modeler.   Monsieur Yuzma le sexe semble vous dégoûter, c'est votre droit, mais pourquoi essayer d'en dégoûter les autres ? Bref tout cela ne se contente pas d'être très mauvais, c'est grotesque... Deux choses à sauver : Devin Devasquez qui nous joue une très jolie Clarisse et la très belle B.O.

Valmont

Un film de Milos Forman (1989) avec Annette Bening et Colin Firth. Ils sont rigolos les critiques de cinéma, ils nous font croire qu'ils ont le temps de lire toutes les œuvres littéraires dont a adaptés des films, alors qu'ils se contentent d'en lire un vague résumé sur Internet. Alors Forman aurait trahi Choderlos de Laclos ? Il en parfaitement le droit, un réalisateur fait ce qu'il veut ! Mais ce n'est même pas le cas, si la lettre est trahie, l'esprit ne l'est pas. Choderlos était plus moins obligé de donner une fin "morale" à son ouvrage, Forman n'a pas ce soucis. Ce point éclairci on ne peut que s'incliner devant la beauté de ce film et de son intelligence. Comme le disait quelqu'un, ce n'est pas le libertinage qui est dangereux, mais la jalousie amoureuse, si on ne comprend pas ça, on passe à côté du film. Et puis comment oublier la présence magnétique d'Annette Bening, incarnant la sulfureuse Marquise de Merteuil ? Comment oublier aussi la scène de la dictée de la lettre dans laquelle Valmont embrasse les fesses de Cécile ? Au fait, Danceny n'est pas très bon, il fallait bien que le film ait un petit défaut…

La Mouche 2

Un film de Chris Wallas (1989) qui n'est pas un réalisateur mais qui signa les effets spéciaux du 1er opus. On aurait pu l'appeler "Le fils de la Mouche", car c'est bien de cela qu'il s'agit. N'est pas Cronenberg qui veut et cette suite qui commence plutôt bien s'enlise assez vite. La dernière demi-heure consistant en une simple course poursuite sans véritable suspense se terminant pas un happy-end grotesque. On va dire que ça peut se voir, si on a rien d'autre sous la main ! PS : Daphne Zuniga (déjà vue dans Spaceball) est bien mignonne)

La guerre des Roses

Un film de Danny DeVito (1989) avec Micheal Douglas et Katleen Turner. Cette tentative de film d'acteurs est complètement ratée. Si Douglas est moyen et Turner plutôt bonne, il faut supporter une heure d'ennui incommensurable et un scénario mal maîtrisé avant que les choses se précipitent dans un affrontement offrant quelques rares scènes qui ressemblent enfin à du cinéma, mais aussi des lourdeurs en tous genres. Grosse déception.

Le cercle des poètes disparus

Un film de Peter Weir (1989) avec Robin Williams. Ce film superbement réalisé et qui ne ressemble à aucun autre est non seulement un chef d'œuvre de tact et d'intelligence, c'est un hymne à la liberté et à l'épicurisme. Les images sont superbes et Robin Williams étonnant

Hurlements 5 : La Re-naissance

Un film de Neal Sundström (1989). A part deux scènes de nus qui doivent durer 10 secondes chacune, il n'y a rien à sauver dans cette bouillie indigeste qu'on se surprend malgré tout à regarder jusqu'à la fin (masochisme ?), Une fin qui nous laisse sur notre faim !

Crimes et délits

Un film de Woody Allen (1989) avec Martin Landau, Mia Farrow, Angélica Huston. Woody Allen nous mélange deux films, l'un est une comédie romantique sur les désillusions de l'amour qui n'a rien de déplaisante mais sans plus. L'autre est une tragédie dans laquelle on retrouve tous les thèmes cher à Woody, l'idiotie du destin, le questionnement sur la foi et si certaines réflexions restent intéressantes, l'alchimie a du mal à prendre, l'ensemble paraît déséquilibré d'autant que certaines digressions notamment religieuses s'avèrent assez lourdes. Angelica Huston en amante névrosée est assez étonnante.

Breakdown (motor killer)

Un film de Paul Winters (1989). Un sérial killer sans aucun intérêt, absurde et moche.

American Gothic    

Un film de John Hough (1988) avec Rod Steiger et Yvonne de Carlo. Le film fait clairement référence au tableau éponyme du célèbre peintre réac américain, Grant Wood. Dans ce film anglais le réalisateur n'y va pas de main morte, au lieu d'avoir un tueur psychopathe, une entité maléfique, ou un zombie redresseur de tort, ici les assassins sont les enfants attardés mentaux d'une famille de type Middle West américain, vivant de façon rigoriste dans la lecture de la Bible et les "valeurs traditionnelles". On comprend que ça puisse gêner. Cela se révèle pourtant bien plus efficace et bien plus malsain que des films comme "Vendredi 13". Dommage qu'il y ait quelques petites erreurs de castings, sinon nous ne serions pas passé très loin du chef d'œuvre. A (re) découvrir d'urgence.

Leviathan

Un film de George Cosmatos (1989). Un très bonne série B sur le thème récurent du petit groupe d'individus qui se font décimer les uns après les autres par un monstre sanguinaire. Il y a du suspense, de l'action, un pue d'humour (pas toujours volontaire) et même de la bonne musique  (Jerrry Goldsmith). Le happy-end assez cucul est sauvé par un beau geste libérateur (Peter Weller envoyant un pain dans la troche de la représentante de la multinationale pour laquelle il travaille)

Le retour de Flesh Gordon

Un film de Howard Ziehm (1989). Quinze ans après… voici la suite. Elle est différente, la mise en scène est carrément hystérique (le rôle du savant fou est génial), une seule scène mérite réellement d'être qualifié d'érotique, sinon le film n'évite pas le lourdingue voire le scatologique et c'est dommage, ça gâche un peu ce qui aurait pu être 90 minutes de pur délire. Une suite dispensable (pour parler branché)

Europa

Un film de Lars von Trier (1989). Souvent très bien filmé, mais pas toujours (pas bien compris l'intérêt des inserts couleurs). Souvent terrifiant, mais parfois absurde et confus que ce soit sur le plan de narration ou sur le plan du "message". Assez poussif au début (à ce point qu'on est tenté de laisser tomber dès le pré-générique) mais aussi d'un égocentrisme irritant (du genre attention : je vous filme un chef d'œuvre). ). Quant aux acteurs, ils semblent lointains (à noter la présence ringarde d'Eddie Constantine). Pas trop emballé, en fait.

Calme blanc

Un film de Phillip Noyce (1989) avec Nicole Kidman et Sam Neil. Mais bon sang, pourquoi avoir conservé cette introduction qui ne sert strictement à rien, car sans elle ce film aurait été un chef d'œuvre, car non seulement l'action est palpitante et remarquablement interprété par le trio d'acteur (Sublime Nicole Kidman) mais contrairement à tous ces films où l'on sacralise le sexe (à moins qu'on le diabolise mais ça revient au même) ici Kidman le banalise et n'hésite pas à coucher pour sauver sa peau sans que ça lui pose des problèmes métaphysiques. Une attitude assez rare au cinéma pour être signalée. On pourra éventuellement reprocher la fin, mais prenons-le comme un clin d'œil du réalisateur qui veut sans doute nous dire qu'on est au cinéma, parfois on l'oubli.

Un poisson nommé Wanda

Un film de Charles Chrichton (1988) sur un scénario de John Cleese avec Jamie Lee Curtis, John Cleese. Hénorme ! Une comédie british complétement déjantée et très peu morale avec un quatuor d'acteurs déchaînés et en pleine forme (Jamie Lee Curtis y est autrement plus sexy que dans les films de John Carpenter). Et voir une femme se servir de son corps pour arriver à ses fins en ces temps du" politiquement correct" a quelque chose d'infiniment réjouissant.  Un grand moment de plaisir !

Faux-semblants

Un film de David Cronenberg (1988) avec Jeremy Irons et Geneviève Bujold. Le film souffre de quelques longueurs, mais sinon c'est à la fois très très fort et impeccablement réalisé. Le thème des jumeaux est abordé de façon à la fois intelligente et très perverse avec une performance exceptionnelle de Jeremy Irons (Geneviève Bujold est assez fabuleuse aussi). Bien sûr, Cronenberg reste fidèle à ses obsessions sur les transformations de la chair et s'en donne à cœur joie dans quelques scènes chocs dont une qui sera difficile à ôter de la mémoire.

Hollywood Chainsaw Hookers

Un film américain de Fred Olen Ray (1988) . Du délire complet, mélange de gore (sanglant mais assez soft) et de nudie, dans lequel personne ne prend au sérieux cette impossible histoire de secte d'adorateurs des Dieux à la tronçonneuse (car c'est bien connu, Osiris avait une tronçonneuse). Les filles sont très jolies et peu avares de leurs charmes, il y a de l'humour, de la dérision et de la référence (et puis du sang aussi). On reteindra le duel final entre Michelle Bauer et Linnea Quigley, superbes toutes les deux, chacune avec une tronçonneuse dans les mains et se battant en duel à la façon de Dark Vador, impayable ! Un excellent moment de cinéma bis qu'il convient évidemment d'apprécier en tant que tel.

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?

Un film de David Zucker (1988) avec Leslie Nielsen et Priscilla Presley. Ce film comique a une qualité pas si courante, il fait vraiment rire ! Pas tout le temps, certaines scènes étant difficilement exportables hors d'Amérique (comme l'interminable scène de baseball) Mais sinon on passe un excellent moment avec des gags géniaux et la tronche de Leslie Nielsen qui constitue déjà un sujet de rire à elle-toute seule.

Frantic

Un film de Roman Polanski (1988) avec Harrison Ford et Emmanuelle Seigner. Un américain sans histoire se trouve confronté suite à une méprise à des individus plus louches et plus inquiétant les uns que les autre, tout cela dans un univers qui lui est étranger (ça se passe en France et il ne connaît pas la langue). Ce film passionnant d'un bout à l'autre contient certaines scènes d'anthologie (les ballades sur les toits... et la fin désespérée) Chef d'œuvre !

Vampire at Midnigth

Un film de Gregory McClatchy (1988)  Le dénommé Jason William à la fois producteur, scénariste et acteur principal de ce navet devrait se faire psychanalyser. Son personnage de flic invincible et  peu discipliné le fait ressembler à un crétin qu'on a envie de baffer, le scénario est rempli de poncifs et n'a aucune originalité (en fait si, il y en a une mais quand elle est révélé on n'en a plus rien à cirer). Seule la présence de quelques jeunes femmes un peu dévêtues nous fait regarder jusqu'au bout.

Piège de cristal

Un film de John McTiernan (1988) avec Bruce Willis. Certes côté action on est servi, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas (enfin pas trop). Le méchant est très réussi et le film renferme quelques bonnes idées (les pieds nus de Willis) et brosse en filigrane un portrait au vitriol de l'attitude des médias. En revanche les invraisemblances et les clichés sont tellement nombreux et énormes que ça en devient fatiguant. Invraisemblance que dis-je, parlons plutôt d'énormités à l'instar de ce sergent même pas choqué après avoir failli mourir dans sa voiture, qui non seulement s'arrête de saigner comme par miracle mais fout son grain de sel partout en s'invitant aux premières loges et en étant le seul à tout comprendre. Les dernières scènes d'action virent au grotesque.

La vie est un long fleuve tranquille

Un film d'Etienne Chatiliez (1988) Sur le thème des bébés inversés à la clinique tout de suite après la naissance, le réalisateur crée une étude de mœurs d'un comique irrésistible sur un ton résolument nouveau, le film est émaillée de réplique cultes. Un régal !

A gauche en sortant de l'ascenseur  

Une comédie d'Edouard Molinaro (1988) avec Pierre Richard, Richard Bohringer, Emmanuelle Beart et Fanny Cottençon. Adapté d'une pièce de Gérard Lauzier celui-ci en a aussi écrit le scénario. Ça n'a aucune prétention et c'est parfois à la limite du poussif mais ça passe grâce à une direction d'acteurs impeccable. Pierre Richard se fait d'ailleurs voler la vedette par un Richard Bohringer ahurissant, quand à Emmanuelle Beart, c'est un vrai plaisir de la voir jouer dans un rôle complétement déjantée. La réalisation de Molinaro qui connait bien son boulot est efficace et évite l'écueil du théâtre filmé. Un bon moment de cinoche sans prise de tête.

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?  

Un film de Robert Zemeckis (1988) avec Joanna Cassidy. Des années après, ce film a conservé toute sa magie et sa fraîcheur. Ce film qui reprend les codes du film noir en les mélangeant à ceux du cartoon est tellement superbement réalisé qu'on n'a aucun mal à entrer dans cette histoire et à s'y laisser entraîner. Et puis il y a le personnage de Jessica, que les scénaristes ont rendu intelligente et tellement troublante. Certains croient encore qu'il s'agit d'un film pour enfants, les pauvres ! Chef d'œuvre !

Femmes au bord de la crise de nerfs

Un film de Pedro Almodovar (1988) avec Carmen Saura. C'est une comédie. On peut la trouver un peu sage puisqu'elle ne contient aucune des audaces auquel l'auteur nous a habitué depuis, mais elle est excellente et réalisé de main de maître. C'est un vaudeville loufoque avec des personnages plus farfelus les uns que les autres (le chauffeur de taxi omniprésent, le dragueur fou, la féministe hypocrite et bien sûr les femmes qui comme l'indique le titre sont toutes au bord de la crise de nerf). Il y a aussi quelques gags irrésistibles (la pub pour la lessive, le gaspacho aux somnifères). Manifestement Almodovar s'est bien amusé, nous aussi. PS : l'article que consacre Wikipédia à ce film est encore une preuve s'il en fallait encore de l'incohérence de ce site qui nous content de se croire obligé de faire dans la cuistrerie pour nous expliquer ce qu'est une crise de nerfs, voilà qu'il nous informe que ce film aurait été influencé par "La Voix humaine" de Jean Cocteau ! (tout cela à cause du téléphone... pourquoi pas "Le téléphone pleure" de Claude François pendant qu'on y est ?)

Les prédateurs de la nuit  

Un film de Jess Franco (1988) Cette série B produite par René Château reprend grosso-modo le thème des "Yeux sans visage" mais dans une version gore teintée d'un soupçon d'érotisme. Côté défauts, le fils Mitchum qui interprète comme un vrai plouc un rôle débile de privé américain et aussi un joli faux raccord avec la seringue dans l'œil qui change de place… Mais à part ça, ça se laisse regarder avec plaisir, les scènes gores sont vraiment gores et le film tient parfaitement la route. La distribution est excellente, avec Helmut Berger, parfait, Brigitte Lahaie, superbe (mais hélas dans un rôle habillé), Telly Salavas qui nous fait du Salavas (bof), une étonnante Stephane Audran, Florence Guerin qui interprète son propre rôle, la jolie Caroline Munro, l'inévitable Howard Vernon (en Docteur Orloff), et les très inquiétants Anton Diffring (l'ancien nazi).et Gérard Zalcberg (l'homme de main). La fin est ouverte et c'est très bien comme ça !

Mutations  

Un film de Juan Piquer Simon (1988). Une excellente série B. Le pitch est absurde (même s'il est tiré d'un roman) mais le réalisateur est malin et arrive à en tirer le maximum grâce à un rythme effréné et un montage très nerveux.  Il y a quelques poncifs mais on n'en abuse pas et la direction d'acteurs est correcte. Les effets gores sont particulièrement dégoûtants (c'est le but, non ?) Et la fin est anti-code en incluant une donnée assez rare dans ce genre de film à savoir qu'il ne peut y avoir de victoire de type militaire sans victimes collatérales. Bref le film tient ses promesses et on passe un bon moment.

Beetlejuice

Un film de Tim Burton (1988) Cette histoire de fantômes loufoques est irracontable. C'est du Tim Burton complètement déjanté avec une équipe d'acteurs au top. Un régal (même si l'on peut trouver que c'est un peu long à démarrer, et qu'il y a quelques longueurs)

Invasion Los Angeles  

Un film de John Carpenter (1988). S'il y a quelque chose d'excellent (on pourrait même dire de génial) dans ce film c'est son pitch ! Malheureusement les moyens qu'avait Carpenter pour en faire un bon film on fait cruellement défaut et on plus l'impression d'avoir affaire à un brouillon qu'à une série B. Il y a des invraisemblances (par ex : on retrouve les chefs de la résistance alors qu'on les croyait morts ou arrêtés) : Les acteurs ne sont pas bons (mention spéciale à Meg Foster, abominable), l'interminable bagarre entre les deux principaux protagonistes est ridicule, l'ascension dans les couloirs du building avec les même coups de mitraillettes à tous les étages est affligeante. Reste la force de ce pitch et ses troublantes illustrations en noir et blanc. Résultat moyen donc.

La dernière tentation du Christ  

Un film de Martin Scorsese (1988) avec Harvey Keitel et Willem Dafoe. J'ai regardé les trois quarts du film d'un œil distrait ayant du mal à m'intéresser à ce que je voyais à l'écran (heureusement il y a la très jolie Barbara Hershey). C'est même assez lourd, les tentations dans le désert sont mauvaises et l'éviction des marchand du temple peu convaincante…  Mais voilà qu'on crucifie Jésus et voilà que l'histoire devient intéressante. Et c'est effectivement assez astucieux, puisque Jésus n'a "sauvé" personne, il fallait réécrire l'histoire et Paul s'en est chargé en fondant le christianisme sur une légende. Le dernier plan pose néanmoins problème, est-ce un retour à la réalité ou un délire précédant la mort ? La dernière hypothèse semble la plus probable, sinon comment Jésus aurait-il pu être au courant de la conversion de Paul sur le chemin de Damas. Le rôle de Judas est également assez bien vu même si ni Scorsese, ni Kazantzakis n'ont inventé cette thèse fort ancienne. Defoe n'est pas mal sans être exceptionnel et Keitel n'a pas la grande forme. Ce n'est pas du grand Scorsese mais ça vaut le coup d'être vu pour la dernière demi-heure (et la musique n'est pas non plus). Remercions néanmoins Scorsese d'avoir osé faire ce film, malgré une campagne outrée de quelques calotins peu pacifiques, et cela même si le résultat n'est pas au niveau de l'attente.

L'emprise des ténèbres

Un film de Wes Craven (1988). L'action se passe à Haïti en 1986, dans un pays proche du chaos où le dictateur local Jean-François Duvalier finira par prendre la fuite. Il est donc question de zombies, mais sous l'angle vaudou. Le film est intéressant mélangeant sorciers, tontons macoutes, répression policières et zombies dans un style parfois proche du reportage. Un film original et assez fascinant avec quelques images choc.

Frankenstein General Hospital

Un film de Deborah Roberts (1988) C'est une série Z et elle s'assume en tant que telle. Une joyeuse déconade qui ne se prend jamais au sérieux avec quelques bons gags, , d'autres qui tombent à plat, des filles très sexy (Superbe Kathy Shower !)

Les Aventures du baron de Münchausen

Un film de Terry Gilliam (1988) C'est laid (Comme certains peuvent-ils parler de petit bijou d'esthétisme quand la partie se passant sur la Lune semble être un conglomérat de laideur, d'ennui et de mauvais goût ?), C'est lent et bavard, les acteurs sont pénibles, mal dirigés et absolument pas attachants. L'histoire n'a rien de passionnant. A sauver quelques belles scènes de ci delà surtout vers la fin et la présence d'Uma Thurman, très jolie en Venus sortant de sa coquille.

Amsterdamned  

Un film de Dick Mass (1988). Situé chronologiquement entre ses deux excellents "ascenseurs", ce film de sérial killer en plongée bien que correct déçoit de par son manque d'originalité et de par son accumulation de clichés, d'invraisemblances et de facilités de scénario. Reste la course sur les canaux qui se regarde et Monique van de Ven qui est bien jolie. mais tout cela reste bien moyen.

A notre regrettable époux 

Un film de Serge Korber (1988) avec Jacqueline Maillan, Alida Valli, Jacques Dufilho. On a vraiment l'impression au début de regarder un nanar (il y a quelques seconds rôles très mauvais) et puis on s'y fait, sans doute grâce à Jacqueline Maillan qui assume complétement. Quelques bons moments notamment la messe d'enterrement.

Une autre femme

Un film de Woody Allen (1988) 10 ans après s'être planté avec "Intérieurs", Woody Allen nous ressert la même sauce en aussi déprimant, aussi lent, aussi vide, aussi ennuyeux. On ne se raccroche à rien (et certainement pas à Gena Rowland, assez rébarbative dans ce rôle), on s'ennuie, on s'endort.

Rain Man

Un film de David Levinson (1988) avec Tom Cruise et Dustin Hoffman. Typiquement un film formaté pour les Oscars, dans lequel il faut bien reconnaître que l'interprétation d'Hoffman est fabuleuse et porte tout le film. Mais à part ça, Tom Cruise a tendance à surjouer sans convaincre et l'histoire est plate, sans enjeu véritable, avec pas mal de longueurs et répétitive. Le dénouement est aussi improbable que mal amené. Déception, donc !

La Revanche des mortes vivantes

Un film de Pierre B. Reinhard (1987) Cette série Z qu'il est bon ton de sous-estimer vaut bien mieux que sa mauvaise réputation, certes, c'est fauché et certains acteurs jouent comme des patates (mais on a vu pire dans certains Chabrol ou Resnais). De plus le scénario est tordu à souhait. Mais le film s'annonce comme un film gore avec des belles filles dévêtues, de ce point de vue, on n'est pas trompé sur la marchandise. Le travail sur les effets spéciaux est très correct pour un film de ce budget et surtout on ne s'ennuie pas. Un joyeux nanar qui s'assume, ça ne se refuse pas.

Les sorcières d'Eastwick

Un film de George Miller (1987) avec Jack Nicholson, Cher, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer, Veronica Cartwright. Les trois actrices principales sont resplendissantes, Nicholson a l'occasion de donner libre cours à son cabotinage, mais reste excellent. L'histoire qui ne prend pas au sérieux donne de jolies ruades dans les principes de la morale bourgeoise. C'est léger, frivole, décontracté, bien réalisé et finalement très réjouissant.

Angel Hearth

Un film de Alan Parker (1987) Visuellement extraordinaire (cadrages, éclairage, mise en scène, montage). La prestation de Mickey Rourke est véritablement excellente. De l'érotisme juste ce qu'il faut (merveilleuse Lisa Bonet)  et un bon déroulement de scénario. Malgré deux point faibles (Robert de Niro qui a l'air de s'ennuyer comme un rat mort, et le twist final abracadabrantesque) il s'agit là d'un très bon film !

La Folle Histoire de l'espace (Spaceballs)

Un film de Mel Brooks (1987) avec Daphne Zuniga dans le rôle de la princesse Vespa. Ce film parodie à peu près tout ce qui se faisait à l'époque en matière de science-fiction. C'est donc de la grosse déconnade, mais c'est très bien fait, on ne s'ennuie pas une seconde. Une mention spéciale à Dark Helmet mimant Dark Vador et une autre à John Hurt parodiant la scène d'anthologie dont il est l'acteur dans le premier Alien.

Les Incorruptibles

Un film de Brian de Palma  (1987) avec Kevin Costner, Sean Connery et Robert De Niro. Techniquement c'est une merveille, il y a dans ce film des séquences à couper le souffle (l'assassinat de Sean Connery ou la séquence du landau en référence au cuirassé Potemkine), la direction d'acteurs est impeccable. Les réserves (toutes relatives) concernent le scénario qui nous présente des personnages trop manichéistes pour être vraiment crédibles.

Personal Services

Un film de Terry Jones (1987) avec Julie Walters. Pourquoi cet excellent film de l'ex Monty Python, Terry Jones n'est-il pas plus connu ? Inspiré librement des mémoires de Cynthia Payne, tenancière d'un bordel clandestin (et qui servit de consultante pour le film). Cette comédie jette un regard amusé et amusant sur la prostitution en dénonçant l'hypocrisie ambiante. Julie Waters dans le rôle de la logeuse, devenue prostituée, puis tenancière est délicieuse en femme déterminée et pleine d'humour. Un petit bijou à redécouvrir.

Cinglée

Un film de Martin Ritt (1987) avec Barbra Streisand et Richard Dreyfuss. Un film de procès comme les adorent les américains, mais Marti Ritt s'efforce autant qu'il le peut d'éviter la théâtralité grâce à mise en scène dynamique et surtout une direction d'acteurs impeccable et si Streisand et Dreyfuss crèvent l'écran, l'ensemble de la distribution est excellente. Le fond est intelligent, car si on craint un moment que le film va s'appuyer sur le cliché qui voudrait que les prostituées ont choisi cette activité en raison du viol par un proche pendant l'enfance, le film se garde bien de tout misérabilisme et de tout moralisme, bien au contraire, l'équation que Streisand arrive à faire passer c'est bien de dire que l'on peut être prostituée et parfaitement bien dans sa peau (et aussi parfaitement "normale" puisque c'est le sujet du film). Et il faut voir comment elle nous dit ça. Bravo Barbra !

Robocop

Un film de  Paul Verhoeven (1987) avec Peter Weller et Nancy Allen. Avec ce film Verhoeven entame une bonne période (Total Recall, Basic Instinc) avant de décevoir son monde avec le très mauvais Starship troopers. Robocop n'est pas vraiment un film de SF, mais plutôt un film d'action futuriste. Le spectacle est bon, la réalisation nerveuse et efficace. On regrettera que Nancy Allen ne soit pas du tout mise en valeur (Elle était si belle dans les De Palma !). Quand au fond, il est caricatural : il y a d'immondes salauds dans les multinationales, mais rassurez vous ce n'est qu'une minorité... Ben voyons !

La loi du désir

Un film de Pédro Almodovar (1987) avec Antonio Banderas et Carmen Maura. On ne sait jamais où Almodovar va nous embarquer. Ce film commence comme un drame sentimental sur fond d'homosexualité masculine et tourne en thriller sans que la narration en soit perturbée. Très coloré, très brillant, de très bons acteurs, de l'humour noir, de la passion et une scène inoubliable, celle ou Carmen Maura (qui avait 42 ans à l'époque) vêtue d'une robe orange super moulante se fait volontairement asperger par une lance à eau, la nuit en pleine rue, son corps mouillé dégage alors un érotisme tout à fait troublant.

Prince des ténèbres

Un film de John Carpenter (1987) avec Donald Pleasence. Le fantastique n'a que faire des problèmes de cohérences, la S.F. au contraire en a besoin dans une certaine mesure. Or qu'avons-nous là, un scénario d'une absurdité à peine croyable truffés de références scientifiques farfelues (non les tachyons ne dépassent pas la vitesse de la lumière !). Si on arrive à faire abstraction de ce salmigondis on pourra regarder ça comme un film d'épouvante classique ou tous les membres d'un petit groupe sont agressés les uns après les autres.. On pourra alors trouver la fin décevante (pour tuer Satan, il suffit de le passer par la fenêtre). Reste que c'est du Carpenter, que c'est bien réalisé et qu'on ne s'ennuie quand même pas, il est quand même fort Carpenter !

Le miraculé  

Un film de Jean-Pierre Mocky (1987) avec Michel Serrault, Jean Poiret, Jeanne Moreau, Sophie Moyse. Une charge anticléricale féroce et bien vue mais sachant rester bon enfant et dont le propos vole bien plus haut que ce qu'on pourrait penser. On est un peu inquiet au début en raison de la diction quasi théâtrale des acteurs mais on s'habitue vite. Le spectacle est assuré notamment grâce à la collaboration d'acteurs qui semblent rentrer à fond dans ce délire, à ce point qu'on a tendance à pardonner la réalisation parfois brouillonne et quelques séquences ratées (comme celle des cris d'animaux au téléphone ou celles des vengeurs masqués). On appréciera la saine décontraction (mais non, ce n'est pas de la "vulgarité" !) ainsi que les référence cinéphiliques, on est obligé de penser à Harpo Marx en regardant s'exprimer Serrault, lequel à la fin se mettra à paraphraser Peter Seller dans Docteur Folamour (My god, I speak !). Excellent film.

Beyond therapie  

Un film de Robert Altman (1987) Altman étonne encore par sa capacité à maîtriser une direction d'acteurs chorale. Il nous propose une galerie de personnages plus loufoques les uns que les autres qui se croisent et se décroisent et qui sont brillamment interprétés par l'ensemble de la distribution : Julie Hagerty, Glenda Jackson, Geneviève Page… petit bémol quand même pour Jeff Goldblum, un peu léger. La charge contre la psychiatrie est énorme, féroce et réjouissante. Du très bon, malgré quelques petites longueurs qui auraient sans doute pu être évitées ! On notera une hallucinante scène de fétichisme du pied entre Goldblum et Hagerty en plein restaurant.

Le festin de Babette  

Un film de Gabriel Axel (1987) avec Stephane Audran. Il y avait matière avec le scénario de départ à faire quelque chose d'intéressant, malheureusement non seulement c'est d'une lenteur inimaginable et d'une lourdeur assez pénible, mais c'est complètement raté. Après une très longue exposition dans laquelle on ne sauvera qu'une assez amusante leçon d'opéra, vient le temps du repas et on se dit que tous ces culs bénis hypocrites vont enfin se lâcher, ben non, ils ne pipent pas un mot sur la qualité des plats, mais sortent en oubliant leurs querelles et en dansant en rond autour d'un puits ! C'en est affligeant de naïveté !

Full Metal Jacket  

Un film de Stanley Kubrick (1987). En fait il s'agit de deux films collés artificiellement. Le premier est lourd, gavant, répétitif, interminable, et le type interprétant le sergent instructeur ne sait pas jouer. (un vague conseiller technique qui a été instructeur rédige 45 page d'insultes bien grasses, puis se prend pour un acteur, et les gens d'applaudir Kubrick pour cette initiative ! De toute façon Kubrick peut faire n'importe quoi et son contraire ce sera toujours génial pour certains. D'autres comme moi se demanderont où est le plaisir du cinéma (ou son intérêt) dans cette longue logorrhée verbale hormis son final surprenant ? On se le demande. La seconde partie se conclut par un épisode guerrier qui n'est pas si mal mais qui n'a rien d'exceptionnel. Il faut par contre supporter des digressions ridicules comme "Guignol" qui interrogé par son colonel sur ses badges contradictoires nous parle de la "dualité de l'homme". Bof !

Wall Street  

Un film d'Oliver Stone (1987) avec Michael Douglas. Les intentions étaient excellentes mais le film est phagocyté par son sujet. Ou on est lecteur assidu de la presse économique et on comprend tout où on ne l'est pas et on ne comprend que les grandes lignes, c'est un choix mais ce n'est pas celui de Stone qui lui entre dans les détails, c'est gênant, mais ça n'empêche le scénario de faire dans les raccourcis ce qui fait que certaines scènes sont incompréhensibles. L'autre souci c'est le casting, si Douglas assure, Charlie Sheen n'est pas à la hauteur, quant à Martin Sheen c'est une catastrophe (comme d'habitude) et ne parlons pas du personnage caricatural qu'on lui fait jouer. Daryl Hannah est bien jolie mais quasi transparente. Sur le même thème Scorsese réalisera quelque chose de bien plus jouissif (le Loup de Wall Street en 2013) que ce film surévalué.

Liaison fatale

Un film d'Adrian Lyne (1987) avec Michael Douglas et Glenn Close. Le film fait dans son propos preuve d'un puritanisme primaire : on nous explique avec de bons gros sabots que même une infidélité passagère peut-être destructrice. Les gros sabots on les retrouve d'ailleurs tout au long du film, le couteau, le pistolet... Monsieur Lyne ne fait pas dans la dentelle. Pourtant le film se regarde parce que Glenn Close est exceptionnellement mise en valeur, qu'il y a quelques scènes choc et même la musique de Madame Buterfly.

Le Pacte (Hellraiser)

Un film de Clive Baker (1987). Un film très mal joué, mal réalisé  sans aucun interêt et d'un ennui mortel, les scènes d'écorchements sont insoutenables et gratuites. Berck

Y'a bon les blancs

Un film de Marco Ferreri (1987) avec Maruschka Detmers et Michel Piccoli. Un road movie africain politiquement incorrect et visionnaire, dénonçant l'humanitaire médiatisé et ses travers. Dommage que le film soit vraiment très brouillon et qu'on ne ressente peu d'empathie pour les personnages, sinon ce genre de mélange de cynisme et de pessimisme aurait plutôt un côté salutaire. Ce n'est pas un grand film mais c'est un film intéressant qu'il serait dommage de ne pas avoir vu.

Réveillon sanglant

Un film de Norman J. Warren (1987). La première moitié est vraiment très bonne avec la scène de la fête foraine puis la mise en place des événements de l'île mystérieuse. La seconde partie est assez bordélique, c'est il faut bien le reconnaître un peu n'importe quoi n'importe quand (et n'importe comment). Ça fonctionne (avec quelques effets spéciaux bluffants), mais on n'est plus tout à fait dans le même film… ce qui est un peu dommage. C'est une série B, on sent qu'il y a eu des économies de prise de vue, mais les films de Warren possèdent une sorte de cachet très particulier qui fait qu'on ne les déteste jamais.

Radio days    

Un film de Woody Allen (1987) avec Mia Farrow. Pas d'histoire mais plutôt une chronique chorale des années 1930-1940 avec pour cadre la famille de Woody et ses souvenirs radiophoniques. Décousu mais agréable avec des moments déjantés et parfois même de franche rigolade. Mia Farrow est superbe (comme d'habitude), la direction d'acteurs est sans faute, les décors très travaillés et la bande son extraordinaire. Un grand film même si on a l'impression qu'il y manque un petit quelque chose.

Tandem

Un film de Patrice Lecomte (1987) avec Jean Rochefort et Gérard Jugniot. Il y a des films dont on a juste envie de dire qu'ils sont bons, parce qu'effectivement ils sont bons sans rien n'avoir d'exceptionnel, mais on y passe un bon moment. C'est tout à fait le cas de ce film en forme de road movie porté par deux acteurs en pleine forme et où le regard porté sur "les gens" est tout de même assez peu reluisant, mais tellement vrai. Ça aurait pu être mieux (par ex : la scène avec Dreyfus est ratée), ça aurait pu être pire, mais finalement c'est très bien comme ça !

L'aventure intérieure  

Un film de Joe Dante (1987) avec Meg Ryan. Joe Dante prend le contre-pied du Voyage Fantastique de Fleischer (1966). Ici point de scénario prétexte à base de guerre froide, mais du farfelu comme s'il en pleuvait filmé à 200 à l'heure, rebondissement et surprises s'enchaînent à une telle cadence qu'arrivé vers la fin du film on a du mal à suivre, et une petite lassitude s'installe (c'est sans doute le point faible de ce film, trop long pour ce qu'il a dire). L'avant derrière scène est amusante, puisqu'on se demande si ce mariage qu'on vient de célébrer ne va pas s'élargir à un ménage à trois ! Quant à la toute dernière scène sans doute pouvait-elle espérer une suite… qui n'a jamais été tournée. Ce n'est pas parfait mais ça vaut le coup d'œil pour son sujet, la façon dont c'est traité et aussi pour le charme de Meg Tyan.

Le Diable rose

Un film de Pierre B. Reinhard (1987) avec Brigitte Lahaie et Roger Carrel. En matière de nanar, il existe trois règles : 1) un film qu'on regarde jusqu'au bout ne saurait être nul. 2) un film qu'on regarde sans déplaisir ne saurais être mauvais. 3) un nanar doit être estimé dans sa catégorie c’est-à-dire en tant que nanar (et on ne confond pas un nanar et un navet). Qu'en est-il alors de ce Diable rose ? Le côté nanardesque est évident quand on voit jouer les deux "anglais", le maquereau ou le milicien. C'est fauché et certains raccords sont faux. Mais sinon ? Si Doris est en service minimum, Carrel est égal à lui-même, quand à ces dames, elles nous charment, Brigitte Lahaie en tête, ici très impliquée et très à l'aise et qui nous pousse même la chansonnette, quant à la pulpeuse Angelica Barthe qui nous fait un strip-tease sur l'air d'Heidi Heido, il fallait quand même le faire ! On ne s'ennuie pas une seconde. La parisienne (Marina Borringer) et la religieuse (Jezabel Boisseau) sont très photogéniques. Les scènes érotico-soft sont de bonnes tenues. Certains dialogues sont surréalistes (Passez-moi De Gaulle ! Ne quittez pas nous recherchons votre correspondant) Un bon nanar sympatoche et sans prise de tête qui vaut bien mieux que le mépris que d'aucuns lui accordent.

La rumba

Un film de Roger Hanin (1987) avec Roger Hanin, Michel Piccoli, Niels Arestrup, Guy Marchand. Dommage que Hanin ne soit pas très bon en tant qu'acteur dans ce film, car la réalisation extrêmement nerveuse est excellente jonglant entre le côté équivoque de cette boite à gigolos avec le rôle débridé de Guy Marchand (très bon dans ce film) et d'autre part la noirceur des cagoulards et de leurs complices (là encore interprétation exceptionnelle de Michel Piccoli et de Niels Arestrup). Ces dames ont des rôles un peu effacés mais s'en acquittent fort bien à l'image de Corrine Touzet et de Sophie Michaud. Pour l'anecdote on remarquera les petits rôles de Patachou et de Lino Ventura. La bande son est fabuleuse et les numéros musicaux parfaitement intégrés au récit sont excellents. Un film à redécouvrir d'urgence.

Les deux crocodiles

Un film de Joel Seria (1987) avec Jean-Pierre Marielle et Jean Carmet. Un petit bijou où se mêlent paillardise, situations déjantées, humour et tendresse magnifiquement servi par un Jean Carmet en pleine forme et par un Jean-Pierre Marielle Impérial. Un doigt d'érotisme, un peu d'irrespect, beaucoup de politiquement incorrect (pour notre plus grand plaisir) et des dialogues savoureux. Un film hors norme à déguster sans modération.

Who's that girl

Un film de James Foley (1987) avec Madonna. Certes ce n'est pas terrible mais de là à massacrer le film comme l'on fait les Razzies Awards (cette institution autoproclamée semble avoir fait de la méchanceté gratuite son fonds de commerce). Madonna joue comme une savate mais elle est amusante, quant à l'histoire elle est volontairement débile et on a du mal à y adhérer mais elle nous offre quelques bons moments.

Nightmaster (watch the shadows dance)

Un film de Mark Joffe (1987) avec Nicole Kidman. Rien à sauver, c'est nul, bourin, stupide et très mal joué, même Kidman a l'air paumée

Aliens, le retour

Un film de James Cameron (1986) avec Sigourney Weaver. Si la magie du premier n'est pas renouvelable, et si le premier opus était un film d'angoisse, on a ici un film d'action, Cameron signe néanmoins un film sans faute. (On n'est pas près d'oublier Jenette Goldstein interprétant le soldat Vasquez et gueulant "on les flingue !)

Hannah et ses soeurs

Un film de Woody Allen (1986) avec Mia Farrow, Michael Caine, Barbara Hershey. Oscarisé pour son scénario, ce film a le grand tort de sembler se disperser dans tous les sens. C'est bien dommage car il ne manque pas de qualités : un casting de rêve, des bonnes vannes, de la bonne musique...

37°2 le matin

Un film de Jean-Jacques Beinex (1986) avec Beatrice Dalle et Jean-Hugues Anglade. Envoûtant et merveilleux ! Ce sont les deux mots qui me viennent à l'esprit pour résumer ce chef d'œuvre. Le sujet est difficile mais le réalisateur s'en sort avec brio, le jeu des acteurs est fabuleux : Anglade en travesti, c'est quand même quelque chose, quand à Béatrice Dalle est parfaite (à tout point de vue et tant pour ceux qui font semblant de ne pas aimer le sexe). Bien que le film ne soit pas érotique dans son fond, l'érotisme y est bien présent, le sexe n'étant ni diabolisé, ni sacralisé mais banalisé, naturel, vivant, omniprésent.  Il y a beaucoup d'humour, des personnages et des situations farfelus (Ah, Clémentine Célarié !) et un traitement des couleurs génial. Bref un chef d'œuvre qui nous permet de vivre trois heures de cinéma sans voir le temps passer

King Kong 2

Un film de John Guillermin (1986) avec Linda Hamilton. Une sorte de suite du bon film de 1976 démoli par la critique et boudé par le public. On a pourtant vu bien pire, mais il est vrai que les transparences ne sont pas terribles, que le scénario est souvent simpliste et que le dernier 1/4 d'heure sombre dans la mièvrerie. Mais le film se laisse néanmoins regarder, Linda Hamilton se débrouille plutôt bien, il y a un peu d'humour (King Kong qui pêche des crocodiles), une caricature féroce du milieu des chasseurs, et King Kong est très bien quand il se met en colère.

Tenue de soirée  

Un film de Bertrand Blier (1986). C'est avant tout un film d'acteurs et à ce titre c'est une réussite (Depardieu et Miou-Miou sont très bon, Michel Blanc est formidable). Sinon tout est fait pour choquer le bourgeois et le politiquement correct, les coincés de la braguettes ne peuvent que détester ce film, une illustration courageuse d'une sexualité différente dont les protagonistes ne sont pas forcément des bisounours ! Le seul reproche concerne les dialogues, trop ampoulés, trop théâtraux, trop pré mâchés. (mais qui n'empêchent néanmoins pas certaines répliques d'être absolument fameuses)

Matador

Un film de Pedro Almodovar (1986) avec Antonio Banderas. Déjà ce thème de "l'amour et la mort" (Eros et Thanatos comme on dit dans les milieux branchés) me parait malsain au plus haut point. Ajoutons-y l'inconsistance de certains personnages (le commissaire, la psychiatre) , la pauvreté narrative de l'intrique et la façon dont on elle est résolue (Attention Banderas a des visions, il ne manquait plus que ça !), ainsi que quelques digressions bien lourdes comme les champignons (ben oui la mort est partout, mon bon monsieur !) ou l'éclipse.  Reste la beauté des actrices féminines, quelques plans magnifiques  :  Eva courant dans l'escalier avec sa longue robe rouge, Almodovar jouant son propre rôle et se moquant des journalistes, et bien sûr la magnifique scène d'amour finale (mais pas sa conclusion débile). Un Almodovar bien décevant.

Pirate

Un film de Roman Polanski (1986) Polanski sait tout faire : Pirates est un film de pirates où les méchants ne sont pas les pirates, même s'ils ne sont pas toujours gentils. C'est magistralement réalisé, passionnant, truculent, parfois très tendre. Certaines scènes sont anthologiques (le rat servi à table)

Platoon

Un film d'Oliver Stone (1986) Un film de guerre sur le Vietnam, éprouvant, sans concession, qui fait froid dans le dos. Pourtant il manque à ce film le souffle épique que Fuller ou Peckinpah avait su donner à leur film de guerre. Sans doute cela est-il dû au personnage principal auquel on a du mal à s'attacher

9 semaines ½  

Un film d'Adrian Lyne (1986) avec Kim Basinger et Mickey Rourke. Curieux choix de titrer le film de telle façon qu'on sait quand tout cela va se terminer. Les surréalistes auraient sans doute aimé le film, car c'est bien d'amour fou qu'il s'agit, Kim étant complétement dominée par Rourke : on reste à la limite de la contrainte, il ne l'oblige jamais vraiment, mais ne se dévoilera jamais complètement, ce qui fait qu'on se demande quelle sera la goutte d'eau qui provoquera la rupture. Mais ça se sera pour la fin, le film manque donc de tension mais offre quelques séquences d'une superbe beauté : le jeu avec les aliments, le strip dans la cuisine, l'étreinte dans sous la pluie dans la ruelle glauque…. Tout cela avec une Kim Basinger qui crève l'écran. La réalisation est bonne, parfois maniérée, il y a une touche d'humour. Quant à la fin… on n'est jamais joyeux après une rupture quelles qu'en soient les conditions… mais on le savait depuis le titre.

La petite boutique des horreurs

Un film de Frank Oz (1986) D'après la Comédie musicale éponyme de Monken et Ashman, elle-même inspiré par le film fauché (mais délirant) de Roger Corman en 1960. Il s'agit d'un gros délire qui fonctionne parfaitement, on passe un bon moment et la plante carnivore (véritable vedette du film) est superbement réalisée. Quant à Ellen Greene est est craquante !

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin

Un film de John Carpenter (1986) avec Kurt Russel et Kim Catrall. On se demande ce qu'a voulu faire Carpenter car voici un mauvais film d'aventures dont le scénario tient en sept mots : "il faut retrouver une jeune femme kidnappée". Alors pendant 100 minutes on a droit à d'interminables combats de kung-fu, un nombre incalculable de passages secrets, à des magiciens qui font… de la magie, à des monstres farfelus et à de mauvais acteurs. Ça se veut décalé, ce n'est que terriblement ennuyeux, il n'y a aucune tension et on n'éprouve aucune empathie pour les personnages. Bref Carpenter s'est pris les pieds dans le tapis

Mon beau-frère a tué ma sœur  

Un film de Jacques Rouffio (1986) avec Michel Serrault, Michel Piccoli, Juliette Binoche. Je n'ai rien contre les histoires foutraques auxquelles on ne comprend rien, encore faut-il qu'il en reste quelque chose. ici, on regarde le trio d'acteurs principaux uniquement parce que c'est un plaisir de les voir jouer, il en est de même pour la délicieuse Milva et ce jusqu'à ce qu'apparaisse Tom Novembre (terrible erreur de casting) nous faisant réaliser qu'on est en train de regarder n'importe quoi. Bref tout cela n'a pas grand intérêt.

Le nom de la rose

Un film de Jean-Jacques Annaud (1986) avec Sean Connery et Michel Lonsdale. Balayons d'abord une affirmation, le film n'avait pas pour ambition de retranscrire en deux heures le roman, très dense d'Umberto Ecco, c'eut été tout simplement impossible. Annaud et ses scénaristes se contentent de reprendre la même trame. Le film est très dense et plusieurs thèmes se superposent : une enquête à la Sherlock Holmes, l'arrogance, la suffisance et l'hypocrisie de l'église, mais aussi la philosophie (la querelle byzantine sur le rire vaut son pesant de cacahuètes), le livre qui s'oppose à l'ignorance… La mise en scène est excellente, le décor étant judicieusement utilisé notamment dans les très belles scènes du labyrinthe. quant à Sean Connery, qui joue un personnage lucide et attachant mais complexe, son interprétation est magistrale.

Les fugitifs

Un film de Francis Weber (1986) avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jean Carmet. A signaler : aucun premier ni second rôle féminin ainsi qu'une apparition burlesque et non crédité de Michel Blanc. Ce film un peu foutraque est attachant. Depardieu parvient à être crédible dans ce rôle de "gros dur repenti qui ne faut pas emmerder, mais qui a un cœur gros comme ça". On ne s'ennuie pas une seconde et la petite môme "passe" bien. Pas de longueur, de bons acteurs, de bons gags, c'est comme il est coutume de dire "un bon divertissement familial". Pourquoi le bouder ?

La Mouche

Un film de David Cronenberg (1986) avec Jeff Goldblum et Geena Davis Sans doute l'un des chefs d'oeuvres du film d'horreur. Malgré un scénario simpliste, le film fonctionne parfaitement grâce à une mise en scène intelligente et un un très bon jeu d'acteurs ! La progression dramatique (on devrait dire la progression dans l'horreur) est particulièrement efficace (certaines images sont d'ailleurs assez insoutenables)

The Gladiator

Un téléfilm signé Abel Ferrarra (1986) avec Nancy Allen. Le genre de truc irregardable. Des acteurs épouvantables, (sauf Nancy Allen), des longueurs assommantes, des blablas indigestes et ridicules. Abel Ferrara a dû prêter sa signature, ou alors il s'agit d'un homonyme; je ne peux croire que ce soit lui qui ait réalisé ce navet !

Le maître de guerre   

Un film de Clint Eastwood (1986) avec lui-même. Eastwood est décidement capable du meilleur comme du pire. Sur le thème "l'armée fera de vous des hommes" un hommage lourdingue et gras à l'armée américaine par un beauf de base qui vous raconte tous les cinq minutes que "lui, il a fait la guerre !" Insupportable et nauséabond.

Inspecteur Lavardin

Un film de Claude Chabrol (1986) avec Jean Poiret, Jean-Claude Brially, Jean-Luc Bdeau, Bernadette Lafont. C'est du polar à énigmes (à la Maigret, quoi !) et Chabrol ne s'en sort pas si mal, l'énigme est tordue mais cohérente (bien sulfureuse aussi !). La conclusion peu orthodoxe est une fausse fin, le type qu'on arrête n'aura aucun mal a prouver son innocence… elle est donc mauvaise et c'est dommage. Côté interprétation Poiret est bon, Brailly excellent mais Bernadette Lafont qui sait si bien briller dans les rôles de coquines n'est pas du tout à l'aise. En prime on a droit à une jolie charge contre l'hypocrisie bourgeoise. On dira que c'est pas trop mal !

Brazil

Un film de Terry Gilliam (1985) Certains ont crié (et crient encore) au chef d'œuvre ! C'est vrai qu'il y a de bonnes choses, mais ce film met une heure à démarrer véritablement, les dialogues ne sont absolument pas maîtrisés (et traînent en longueur), le scénario est confus (et par moment carrément incompréhensible). Bref pas de quoi s'affoler !

Le déclic

Un film de Jean-Louis Richard (1985) d'après la bande dessinée de Milon Manara avec Jean-Pierre Kalfon et Florence Guérin. Un petit film bien sympathique, les motivations des uns et des autres sont assez confuses mais on s'en fout un peu., ce qui nous intéresse c'est de savoir comment Jean-Pierre Kalfon alias le docteur Fez va transformer la prude Claudia Cristiani (Florence Guérin) en nymphomane et il faut bien avouer que cette dernière ne s'en sort pas mal du tout. Rien d'exceptionnel mais se laisse regarder avec plaisir.

Mosquito Coast

 Un film de Peter Weir (1986) avec Harrison Ford et Helen Mirren. Dissipons les malentendus, il ne s'agit pas d'un film écologique, ni d'un film anti-écologique (c'en est même assez loin), il s'agit en fait de tout autre chose puisque le sujet traite des  ravages de l'idéologie lorsqu'elle est appliquée de façon idéaliste. Le parallèle avec le pasteur protestant n'est pas gratuit, pour celui-ci la fin justifie les moyens, pour Harrison Ford, la bonne parole ne sert que quand elle est suffisante, sinon il a beau mépriser le pasteur (qui le lui rend bien), il utilise les mêmes moyens, la manipulation, le mépris des autres et de leurs opinions et même de leur vies. Excellemment interprété y compris par les enfants, avec un Harrison Ford halluciné et une Helen Mirren toute en beauté malgré son rôle en retrait. Une bonne musique, des images étonnantes, et surtout un film d'une rare intelligence : quand les idées quelles qu'elles soient, se mettent à vouloir encadrer la vie et la régenter, il y a danger, en ce sens ce film est visionnaire.

Deux enfoirés à Saint-Tropez  

Un film de Max Pécas (1986). Si "les branchés à Saint Tropez" pouvait encore être défendable, celui-ci ne l'est pas. Le vrai scénario ne démarre qu'au bout d'une heure et n'a aucun intérêt, et avant ce ne sont que des sous intrigues laborieuses. Le casting féminin et le côté érotique qui participait au charme du précédent opus déçoit énormément, malgré quelques images furtives de Lillemour Jonsson et de Stéphanie Billat, une troublante lolita de 15 ans. A sauver néanmoins quelques répliques amusantes.

L'honneur des Prizzi

Un film de John Huston (1985).  Peut-être un peu lent, un peu bavard, sans enjeu véritable (sauf à la fin bien sûr). On passe néanmoins un bon moment à la vision de ce film de gangsters à la limite de la parodie remarquablement interprété par John Nicholson et Kathleen Turner, avec des personnages haut en couleurs (Angélica Huston y est surprenante, quant à William Hickey dans le rôle de Don Corrado Prizzi, il est inoubliable. )

2010 : L'Année du premier contact

Un film de Peter Hyams (1985). Certain ont hurlé au sacrilège ! Comment ? Oser faire une suite à 2001, l'Odyssée de l'Espace de Maître Kubrick ! Le film est jugé sans être vu, forcement médiocre ! Remettons les choses à leur place : le succès de 2001 est d'abord un concours de circonstances : La SF n'avait jamais été porté avec brio au cinéma (à l'exception de Planète Interdite), Kubrick, tout auréolé du succès de Dr Folamour s'y colle avec un gros budget, de belles images et une utilisation étonnante de la musique. Ce fut un enchantement pour ceux qui le virent à la première vision. Quand on le revoit aujourd'hui, on a le droit d'être beaucoup plus réservé, ça ne décolle jamais, ça traîne en longueur et ça nous fait de la métaphysique en toc. Hyams adapte une autre nouvelle d'Arthur C. Clarke de façon beaucoup, plus "classique" que Kubrick, c'est passionnant, intelligent, plein de suspense, bien joué (Roy Scheider porte une partie du film, mais la présence d'Helen Mirren est fort agréable) . Quelques trucs incompréhensibles malgré tout (comme cette scène avec la brosse à cheveux à l'hôpital ) et un final assez cucul la praline mais ça ne gâche pas ce très bon film !

Retour vers le futur 

Un film de Robert Zemeckis (1985). S'il est un thème bien casse-gueule en science fiction c'est bien celui du voyage dans le passé, et des paradoxes qui en découlent, à ce jeu, Zemeckis s'en sort plutôt bien dans cette comédie menée à un train d'enfer et très agréable à regarder.

La rose pourpre du Caire

Un film de Woody Allen (1985) avec Mia Farrow. On est un peu déçu que Woody Allen ne joue pas dans ce film, mais quel rôle aurait-il tenu, puisque c'est autour de Mia Farrow que tout le film s'organise ? Et force est de constater qu'elle s'en sort à merveille. Cette irruption de l'imaginaire dans la réalité aurait pu donner n'importe quoi, ici l'humour, la tendresse, l'absurde, la poésie se mélangent pour notre plus grand plaisir, nous rendant chaque fois plus sordides les retours à la réalité. Une œuvre attachante, magique, envoûtante ! Bravo l'artiste !

Le diamant du Nil

Un film de Lewis Teague (1985) avec Michael Douglas et Kathleen Turner. On change de réalisateur pour faire un suite du film "A la poursuite du diamant vert" et on dégringole de deux étages ! Déjà le scénario est débile mais c'est la réalisation qui est lourdingue, les scènes d'actions sont toutes beaucoup trop longues (comme cet avion au sol qui n'en finit pas de tourner en rond en brisant tout sur son passage) et en deviennent ennuyeuses, l'histoire ne passionne pas, l'humour ne vole pas bien haut et Michael Douglas est transparent, seul le sourire de Kathleen Turner et quelques danseuses africaines dépoitraillées sont là pour nous ravir, mais ça ne sauve pas le film.

Le jour des morts-vivants

Un film de George A. Romero (1985) avec Lori Cardille. L'histoire d'un petit groupe de survivants (des militaires, des scientifiques, des civils) retranché dans un camp alors que le pays est infesté de zombies. Romero dans la première partie s'attache à nous montrer les tensions au sein de ce groupe et à dresser une galerie de portraits plus inquiétants les uns que les autres, un commandant parano et cruel, ses assistants racistes et d'une beauferie indécrottable, un savant animé de bonnes intentions mais complètement cinglé, un civil cul béni qui suce ses médailles et qui marche au cognac. Seule Lori Cardille à l'air clean là-dedans (il faut bien faire des concessions à la prod , et en plus elle joue très bien). Après nous avoir présenté l'horreur humaine, la seconde partie nous présente l'horreur zombie sous la forme d'un jeu de massacre dans lequel les amateurs de film d'horreurs trouveront leur compte, mais était-ce cela le plus important ?

Mad Max au-delà du dôme du tonnerre

Un film de George Miller (1985) avec Mel Gibson et Tina Turner. Un mélange de péplum post-atomique assez inégal. Il ne faut pas trop chercher la cohérence et se laisser entraîner sans trop réfléchir dans ce scénario de pure folie. La première partie est un peu confuse mais nous offre un combat assez époustouflant (on se croirait au cirque). La seconde partie avec le camp des enfants est intéressante, abordant intelligemment le thème des religions messianiques. Et tout cela se termine avec une longue scène d'action-poursuite assez réussi. Quant à la fin… mais répétons-le, ne cherchons pas la cohérence. La grosse ombre au tableau est tout de même Tina Turner, assurément meilleure chanteuse qu'actrice.

Dangereusement votre

Un film de John Glenn (1985) avec Roger Moore, Chrstopher Walken , Grace Jones, Tanya Roberts. Malgré un prégénérique médiocre ce James Bond se révèle divertissant et bien rythmé, Christopher Walken campe un méchant original, Peu de de gadgets mais deux très belles James-Bond girls aussi différentes que possible, Grace Jones en Ange du mal et Tanya Roberts en ravissante nunuche. De très beaux décors, notamment à la fin dans les souterrains, des poursuites de folie, un final qui a du panache et puis surtout ça ne se prend pas trop au sérieux. Un James Bond qui tient ses promesses et qui sera le dernier avec Roger Moore

Life force   

Un film de Tobe Hooper (1985) avec Mathilda May. Le scénario ose tout ! Ça commence en space-opéra, ça bascule dans le vampirisme fantastique, et ça finit chez Zombiland dans une atmosphère apocalyptique teinté de mysticisme à deux balles. Autrement dit, plus foutraque, tu meurs ! Et pourtant tout cela fonctionne parfaitement dans cette série B d'exception dans laquelle on ne s'ennuie pas une seconde. Et puis il y a Mathilda May qui participe énormément à la réussite de ce film puisqu'elle le cimente grâce à son sourire, son sublime corps dénudé et son charme. De la réalisation tout à fait correcte l'on retiendra deux point forts : l'évasion de Mathilda, et surtout la panique finale.. La bande son est bien. Quelques petits défauts quand même, notamment cette épée ridicule, et ce blondinet invincible triomphant de Zombiland et de ses flammes, mais bon, on est dans le délire assumé, il faut bien l'admettre ! Et on a frôlé le chef d'œuvre.

Subway

Un film de Luc Besson (1985) avec Christopher Lambert, Isabelle Adjani, Jean-Hugues Anglade, Jean-Pierre Bacri, Richard Bohringer, Jean Reno, Michel Galabru. Une plongée surprenante dans l'univers plus ou moins fictif (parce que toutes les stations sont mélangées) du métro parisien, une faune pittoresque, de l'humour et une très belle Adjani. Le problème c'est que même s'ils se sont mis à quatre pour l'écrire, le scénario est incompréhensible. Ce film a valu à Lambert le César du meilleur acteur (faut pas pousser quand même) et une victoire de la musique (Ah bon ?) Malgré ces réserves, Subway peut se regarder comme un film d'ambiance plutôt sympa.

Braveheart

Un film de et avec Mel Gibson (1985) avec Sophie Marceau : C'est un bon film, ça dure trois heures et on ne s'ennuie pas. Il s'en est fallu de peu pour que ce soit un chef d'œuvre mais trop de petites choses gâchent la fête : le poncif du guerrier seul attaqué par dix autres qui se pointent... à tour de rôles, le rôle très lourd (c'est le cas de le dire) de l'ami rouquin, la pique anti homo, et surtout ce héros sans peur et sans reproches (pas le moindre petit travers) et plus malin que tout le monde, mais qui finit par tomber dans un piège gros comme le bras, et puis la fin (interminable et pénible)  où on ne comprend pas qu'il préfère le supplice au suicide. Cela reste néanmoins un excellent spectacle.

Re-animator

Un film de Stuart Gordon (1985) : C'est un excellent film d'horreur, intelligent, bien dosé, avec un dose d'humour et d'érotisme, le réalisateur insiste sur les rapports conflictuels entre les personnages de façon à ce que l'horreur ne soient pas que gratuite. Côté interprétation, on notera celle exceptionnelle de Jeffrey Combs  incarnant un savant fou décalé par rapport à ce qu'on nous présente d'habitude (il est jeune, mignon et bien propre sur lui). Quant à David Gale qui interprète le rôle d'un chercheur raté (et qui tourne mal) il est fabuleux !

After Hours

Un film de Martin Scorsese (1985). Sur un scénario intéressant, Martin Scorsese a réalisé un film qui ne l'est pas.

Cocoon

Un film de Ron Howard (1985). L'idée de départ est amusante et le réalisateur parvient à la maitriser assez correctement pendant la première partie du film. Hélas on tombe vite ensuite dans d'insupportables mièvreries, dans l'absurdité totale et dans l'incohérence. Le seul intérêt de ce film serait éventuellement la présence de la très belle Tahnee Welch (la fille de Raquel). Mais autant acheter sur eBay le numéro de Playboy de Novembre 1995, on la voit mieux !

Devil in Mr Jones

Un film de Gerard Damiano (1985) avec Ron Jeremy, Taija Rae, Scarlett Scharleau, Tasha Voux… Le titre américain est Flesh & Fantasy. Il s'agit d'un film alimentaire dans la production de Damiano où le concept de Devil in Miss Jones est masculinisé. Ron Jeremy est toujours aussi déjanté, mais on s'ennuie ferme pendant la première séquence malgré la beauté de Taija Rae, et il faut attendre la dernière scène avec une excellente Tasha Voux pour que Damiano fasse enfin du Damiano. Très moyen.

Creature

Un film de William Malone (1985) avec Klauss Kinsky. Une vilaine série Z dont on se demande l'utilité, vaguement inspirée d'Alien et dans laquelle tout le monde s'entretue devant nos yeux indifférents. A sauver la présence ultra courte de Klauss Kinsky et celle de Marie Laurin qui a l'extrême obligeance de nous montrer ses nénés. 

Série noire pour une nuit blanche  

Un film de John Landis (1985) avec Michel Pfeiffer. Ce que fait Landis n'est jamais désagréable à regarder et sait conquérir la complicité du spectateur, (question de ton, d'esprit…) Ça ne vole pas très haut, Landis a fait bien mieux, mais ça reste une pochade sympathique avec de bons moments, un doigt d'érotisme, un excellent Goldblum et une Michele Pfeiffer tellement belle !

Le fou de guerre  

Un film de Dino Risi (1985) avec Coluche et Bernard Blier. Deux remarques préalables : Avec un tel sujet il aurait sans doute possible d'aller plus loin, Et puis Dino Risi a fait tellement mieux. Ceci étant dit ce fou de guerre reste un bon film. Coluche se sort très bien d'un rôle difficile Le film est astucieux puisque celui que l'on prend pour un héros positif (Beppe Grillo) est en fait victime d'une variante du syndrome de Stockholm, puisqu'il se prend d'affection pour un taré qui l'a humilié. Belle démonstration aussi de l'imbécillité de la hiérarchie militaire où virer un timbré de ses fonctions de commandement s'avère bien compliqué ! On a droit à un doigt d'érotisme très tendre, on ne saurait s'en plaindre même si les grincheux diront que c'est hors sujet.

Poulet au vinaigre

Un film de Claude Chabrol (1985) avec Jean Poiret, Pauline Lafont, Stéphane Audran, Michel Bouquet, Jean Topart. C'est très bon et passionnant, l'intrigue se tient bien jusqu'au dénouement final, la galerie de portraits est sans concession et Pauline Lafont éblouit le film de sa beauté et son talent. Quant à Jean Poiret malgré le fait que l'on puisse regretter la démonstration des méthodes musclées et non réglementaires du personnage, il faut bien avouer que sa présence crève l'écran.

La Promise (The Bride)

Un film de Franc Roddam (1985) avec Jennifer Beals et Sting. Une introduction fabuleuse et ensuite plus rien, du planplan et du compassé au service d'une variation puérile et sans âme sur le mythe de Frankenstein ressemblant davantage à un conte de fée pour pré ado qu'à une histoire fantastique. Jennifer Beals était pourtant bien jolie, prenant des expressions rappelant curieusement Danielle Darrieux !

Body Double

Un film de Brian de Palma (1984) avec Melanie Griffith. Attention chef d’œuvre ! Un scénario de folie parfaitement bien maîtrisé, un suspense angoissant qui va crescendo jusqu'à la dernière scène. Deux jolies actrices et surtout Craig Wasson très efficace dans le rôle principal (c'est son unique film important). Les images sont très belles et le film se veut un hommage à Alfred Hitchcock. Il y a du kitch et de l'érotisme mais ce n'est ni un film kitch, ni un film érotique d'où sans doute ce qui a peut provoquer une certaine incompréhension. De plus, De Palma a eu la malice de faire de son personnage principal un joyeux et décomplexé obsédé sexuel, ce qui lui est reproché vertement par le détective privé qui le traite de pervers incarnant par là la réaction du spectateur américain moyen (à une époque où la révolution sexuelle des années 70 était déjà du passé). C'est en fait un film baroque qui à l’instar de son scénario s’ingénie à brouiller les pistes. A remarquer deux curiosités, le sous-titreur se plante totalement quand Mélanie Griffith fait la liste de ses tabous sexuels, et lorsqu'elle parle de watersport, il traduit littéralement par "sport nautique" (amusant). Quant aux sombres crétins, des Razzie Awards qui ont récidivé (ils nous avaient déjà fait le coup avec Pulsions) en nominant De Palma comme le plus mauvais réalisateur, cela ne fait que démontrer leur fatuité.

Indiana Jones et le temple maudit

Un film de Steven Spielberg, (1984) avec Harrison Ford et Kate Capshaw. Inférieur au premier (sans doute à cause de la présence d'un gosse) mais on reste néanmoins à un très haut niveau. Des scènes d'anthologie (Ah, les ouistitis à la coque, le train fou, le cœur encore palpitant arraché d'une poitrine...)

Dune

Un film de David Lynch (1984) avec dans le rôle principal Kyle MacLachlan (incroyablement mauvais, faut le voir pour le croire !). C'est inintéressant, ennuyeux, incompréhensible, laid, encombré d'un charabia grotesque, les acteurs principaux ont des têtes à claques et n'ont rien de crédibles, c'est mal joué, la direction d'acteur semble inexistante. Ajoutons des longueurs, des faux suspenses, des décors et des costumes grotesques, des effets spéciaux ratés... mais aussi des dialogues pompeux, prétentieux, grandiloquents ainsi qu'une philosophie messianique bien pénible et une bondieuserie clairement affirmé... Tout cela finit par achever ce film qui sombre dans le ridicule.

Il était une fois en Amérique  

Un film de Sergio Leone (1984) avec Robert De Niro et James Wood. 3 heures 42 de projection qu'on ne voit pas passer. La réalisation est brillante, inventive, voire provocatrice. Certains passages peuvent paraître obscurs mais tout se remet en place après la vison du film. De Niro est parfait et James Wood inquiétant à souhait. La musique de Morricone colle parfaitement à l'action. A retenir entre autres : la magnifique première partie montrant la formation de la bande alors que les protagonistes sont tous adolescents, et aussi la scène dans la maternité (presque surréaliste)

Marche à l'ombre

Un film de Michel Blanc (1984) Côté positif : l'ambiance, les personnages, le très bon jeu d'acteur de Michel Blanc (qui fait du Michel Blanc, mais ce n'est pas grave) et de Gérard Lanvin (qui joue à la "Belmondo"), quelques bons gags, scènes cultes (la taverne des irlandais) et bons mots. Côté négatif : l'aspect particulièrement gnangnan de l'idylle entre Gérard Lanvin et Sophie Duez, renforcé par le mauvais jeu de cette dernière (elle est jolie, mais ce n'est pas une actrice), la scène de bagarre dans le parking (qui fait inutilement virer le film dans le second degré) ainsi que la réalisation souvent minimaliste. Globalement ça reste un bon petit film très sympathique qui nous fait passer un bon moment.

Gremlins

Un film de Joe Dante (1984). Joe Dante en super forme nous offre un film magique. Sur un scénario timbre poste, il réussit à nous passionner, à nous émerveiller et nous surprendre pendant toute la durée du film tout en évitant le piège de la mièvrerie. Certaines scènes sont des morceaux d'anthologie (Gizmo pris pour cible aux jeu de fléchettes, le chien suspendu avec des guirlandes de Noël, la centrifugeuse, le micro onde, la chaise montante, la scène du pub... il faudrait toutes les citer). Tout juste peut-on regretter le prêchi-prêcha final, mais nous avons là un grand moment de cinéma sur un thème tout à fait original !

Les ripoux

Un film de Claude Zidi (1984) avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. Le film séduit par son amoralité. Il est d'ailleurs étonnant que le film ait eu tant de succès, cela voudrait-il dire que les gens se sont identifiés à ces ripoux ? Après tout pourquoi pas, seul les naïfs croient encore que l'être humain pourrait être parfait. Et puis comme Zidi le fait dire à Noiret : "Avec tout ce qui est interdit on pourrait arrêter tout le monde !" Outre le scénario très bien ficelé, le rythme d'enfer (on ne s'ennuie pas une seconde !) il nous faut remarquer la distribution dominée par un Philippe Noiret habité par le rôle et l'ambiance de Barbes quasi documentaire (il ne manque que les marchands de maïs !). Une conclusion étrange et sympathique qui nous explique que ce n'est pas parce qu'on est ripoux qu'on est pourri. Une bonne surprise dans la filmo bien moyenne de Claude Zidi (devait être inspiré ce jour là !)

Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

Un film de Pedro Almodovar (1984) avec Carmen Maura . Une famille de condition modeste se débrouille comme elle peu à Madrid, une voisine se prostitue joyeusement (Veronica Forqué), une autre martyrise sa fille. Ajoutons à cela un couple d'écrivain raté et un dentiste pédophile et on obtient une savoureuse galerie de portrait. L'humour est grinçant sans aucun misérabilisme, les acteurs son très bons , la mise en scène aussi. Almodovar y a ajouté une note de fantastique avec une petite fille qui a des pouvoirs télékinesiques qui peut paraître incongrue, mais le réalisateur nous a prévenu dès le générique que tout cela était d'abord du cinéma. Excellent !

Runaway

Un film de Michael Crichton (1984). Le pitch de départ avec les petits robots était prometteur, l'idée du flic atteint de vertige avait déjà été traité par Hitchcock mais pourquoi pas ? Sauf que le scénario est débile et bourré d'invraisemblances : On passe au scanner tous les vêtements d'une témoin afin de détecter un éventuel mouchard mais on oublie de scanner son sac à main. Un mec armé jusqu'aux dents se livre à un échange d'otages en plein restaurant et égorge une nana sans que tout cela ne provoque une panique. C'est joué très moyen avec une Cynthia Rhodes non crédible. Ajoutons-y un méchant ridicule, deux scènes d'insupportable guimauve avec un gosse et un final téléphoné. Navet !

La compagnie des loups

Un film de Neil Jordan (1984). C'est très joliment fait, quoiqu'il faille s'habituer à la structure enchâssée du film. L'idée de mélanger le mythe du petit chaperon rouge avec celui du loup-garou est une bonne trouvaille. La jeune Sarah Patterson (qu'on a pas vu beaucoup depuis) a beaucoup de charme et de présence, en revanche la mémé jouée par Angela Lansburry est assez énervante. Les effets spéciaux sont surprenants, assez gore, les décors et la lumière sont très travaillés et donnent au film un cachet oscillant entre le fantastique et l'onirique. Un peu d'érotisme aussi avec une mémorable séquence interprétée par Danielle Dax. Une belle réussite et un travail original.

Conan le destructeur  

Un film de Richard Flescher (1984) avec Arnold Schwarzenegger et Grace Jones. On peut juger le film de différentes façons, et il certain que ceux qui sont tombés béat d'admiration devant le film de Milius ont dû avaler leur chapeau. Ici point de considérations pseudo philosophique, on est plus au Wallala mais à Péplumland. Et tant mieux parce que ramené à cette dimension, ce film se déguste avec gourmandise. On est en plein second degré mais tous les codes du péplum sont respectés, la reine cruelle, les vilains et les gentils sorciers, le capitaine de la garde qui est forcément fourbe, la vierge innocente… ajoutons-y le bouffon de service et une improbable amazone, le tout évoluant dans des décors inventifs au son d'une joli musiquette. C'est très linéaire, mais l'action est bien dosée et puis voir Conan beurré comme un petit Lu, c'est quand même quelque chose. Merci monsieur Fleisher (on pardonnera même les erreurs de raccord)

Les grues au 7ème ciel  

Un court métrage X de 28 minutes de Michel Ricaud (1984) avec Yoko. Ce film contient sans doute l'une des idées les plus farfelus qu'on ait jamais vu dans un film X. Yoko qui s'exhibe dans son canapé face à un immeuble en construction est repéré par un grutier, elle lui demande alors par geste de lui faire parvenir à l'aide de la grue un godemichet qu'il a dans sa cabine (on ne sait pas pourquoi, ni comment). Il n'y a pas de trucage c'est fait avec une vraie grue dont l'entreprise sera cité et remercié lors du générique de fin.

Invitation en enfer

Un téléfilm de Wes Craven (1984). Une idée simpliste et mal exploité, un rythme mollasson, Joanna Cassidy en petite forme, des scènes inutiles, un happy end débile…  Le seul intérêt est la présence sulfureuse de la troublante Susan Lucci. Très mauvais.

A la poursuite du diamant vert

Un film de Robert Zemeckis (1984) avec Michael Douglas et Kathleen Turner. Un très bon film d'aventures réunissant tous les ingrédients qu'il convient et dont la réalisation est parfaitement maîtrisée. On ne s'ennuie pas une seconde et le ton est très décontracté à la façon des Indiana Jones. Seulement voilà, Michael Douglas (qui a produit le film) n'est pas Harrison Ford et on ne peut s'empêcher de faire la différence. Quant à la toute dernière scène, on ne comprend pas bien sa nécessité.

Cotton club

Un film de Francis Ford Coppola,(1984) avec Richard Gere. Une réalisation brillante, une photographie magnifique, des plans soignés et des décors de rêves ne suffisent pas à faire un bon film si le scénario n'est pas à la hauteur. L'histoire n'apporte en effet aucune tension et de plus part un peu dans tous les sens. Si on ajoute à cela que le côté comédie musicale est très mal assumé (peu de numéros intégraux, chorégraphie très moyenne) et que Richard Gere à l'air complètement paumé, il ne reste pas grand-chose sinon le sourire de  Diane Lane affublée d'un Razzie Award, ce qui prouve une fois de plus l'incompétence de cette institution.

Starman

Un film de John Carpenter (1984) avec Karen Allen. A mi chemin entre le conte de fée et la science-fiction, le film fonctionne parfaitement bien, Karen Allen est éblouissante et assume parfaitement. Quand a Jeff Bridges sa tenue de rôle en extra terrestre est assez fabuleuse. On regrettera quelques invraisemblances (où Starman a-t-il appris à lire l'anglais ?) mais ce n'est pas bien grave, le suspense et la tension nous prennent jusqu'à la fin. Une excellente surprise.

Terminator 

Un film de James Cameron (1984) : Certes le concept est absurde, mais c'est le lot de 90 % des œuvres de science-fiction. On aurait tort de ne pas l'accepter, car on passerait à côté d'un chef d'œuvre. La SF n'est d'ailleurs qu'un prétexte, le film est d'abord un film d'action avec ses trois principaux ingrédients obligatoires : poursuites automobiles, fusillades, et duel final. Reste à savoir comment le réalisateur s'en sort ? Et force est de constater que Cameron nous fait un sans-faute. Le trio d'acteurs est à la hauteur avec une Linda Hamilton tout à fait étonnante. La réalisation est nerveuse, le montage également, on n'a pas un moment de répit, le suspense fonctionne à fond (alors que l'on sait pertinemment quelle sera l'issue) Et puis voir Schwarzenegger se faire ainsi démolir la tronche est une vraie cerise sur ce délicieux gâteau !

Le retour des morts-vivants

Un film de Dan O'Bannon (1984) : Le film "la nuit des morts vivants" de Georges Roméro (1968) fut (et est encore) un film culte (et fauché). Comment lui faire une suite sans tomber ni dans la répétition, ni dans la surenchère, ni dans le grotesque ? Et bien Dan O'Bannon a réussi ce challenge avec mention. Maniant l'humour noir et le cynisme (et même un certain érotisme) il nous dresse une série de portraits où les héros sont absents. On ne s'ennuie pas une seconde, les effets spéciaux sont très bons : bref un excellent moment de cinéma.

SOS Fantômes

Un film d'Ivan Reitman (1984) : Pas de quoi s'affoler ! C'est bien peu captivant avec un humour très lourdingue qui ne fonctionne pas, les trois acteurs principaux sont mauvais (bien qu'ils ne soient pas tous les trois mauvais de la même façon), le dénommé Rick Moranis est une catastrophe vivante, la musique est une niaiserie hurlante, le scénario est débile avec des catastrophes urbaines qui ne font que des dégâts matériels (ni morts, ni blessés), des gens qui récitent la Bible par cœur. A sauver quelques effets spéciaux (entièrement d'époque, mais ce n'est pas là-dessus qu'il convient de critiquer le film) et surtout la présence magique de Sigourney Weaver, resplendissante.

Broadway Danny Rose  

Un film de Woody Allen (1984) avec Woody Allen et Mia Farrow. Une œuvre mineure, certes, mais ne boudons pas notre plaisir, on ne s'ennuie pas une seconde, c'est farfelu et inventif à souhait, Mia Farrow est fabuleuse (et méconnaissable). Contient une scène d'anthologie où Woody et Mia se déligotent en se tortillant ! Bref que du bonheur

La vengeance du serpent à Plumes

Un film de Gérard Oury (1984) avec Coluche et Maruschka Detmers. Les defunesophiles furent désappointés, ben oui, on est plus dans le registre des grimaces à répétition, et d'ailleurs ce n'est pas un film comique mais une comédie souriante. C'est un vrai plaisir de voir Coluche dans un rôle proche de son personnage public, faussement beauf. Le vaudeville fonctionne parfaitement, même si certains seconds rôles ne sont pas bons (Paco). Maruschka Detmers joue de ses charmes avec un naturel confondant et avec talent.  En deuxième partie le film change de genre mais reste bon avec des scènes cultes comme l'attaque des pistoléros, les hommes squelettes ou Jésus qui n'aime pas qu'on lui vole sa moto. Un bon moment !

Vivement dimanche

Un film de François Truffaut (1983) : le dernier Truffaut et c'est un chef d'oeuvre. le choix du noir et blanc se veut justement un hommage aux films noirs américains et il est particulièrement réussi, la photo, les éclairages, le jeu des acteurs, voir jouer Jean-Louis Trintignant est un véritable plaisir tellement il est bon, quant à Fanny Ardant, elle est rayonnante. Et puis, il y a ces petits intermèdes de légèreté et d'humour qui nous rendent les personnages si proches, si vivants si réels. L'intrigue policière n'est que le fil conducteur du film, mais elle est bien menée, roublarde à souhait. Bref, un enchantement.

La femme de mon pote

Un film de Bertrand Blier (1983) avec Coluche, Isabelle Huppert et Thierry Lhermitte. Je ne vois vraiment pas pourquoi ce film devrait être considéré comme mineur dans l'œuvre de Bertrand Blier, certes, on est loin des films coups de poing comme les Valseuses ou Tenue de soirée, mais ici le registre est différent. Cette variation sur le triangle amoureux est toute en petites touches et en sensibilité à l'image d'Isabelle Huppert qui illumine le film de sa fausse candeur. Film sur l'amitié, film sur le désir amoureux, Blier sait emporter le récit jusqu'à la limite du drame qui ne se produit pas non pas pour permettre un happy end mais pour nous offrir la plus belle des fin en guise de coup de pied de l'âne aux conventions morales. Coluche est excellent mais si les gens cessaient de crier au miracle à chaque fois qu'un comique sort de son registre, la critique se porterait mieux, car en fait, il plus difficile de faire rire que de faire pleurer.

Streamers

Un film de Robert Altman (1983) : Encore une preuve à la fois que les plus grands peuvent se planter et que de bonnes intentions ne font pas forcement de bons films. Ce n'est absolument pas passionnant, ça n'a aucun rythme, c'est étouffant bavard et interminable.

Dans les ténèbres (Entre tinieblas)

Un film de Pedro Almodovar (1983) avec Carmen Mora et Marisa Paredes : L'Espagne a bien changé depuis l'interdiction de Viridiana de Buñuel en 1961 (et sa condamnation par Jean XXIII) Ce film nous montre une fille de cabaret recherchée par la police qui trouve refuge dans un couvent aux mœurs étranges. Les bonnes sœurs qui ont des noms impossibles (Sœur perdue, Sœur maltraitée) fument, se droguent, couchent ensemble et jurent comme des charretiers. On se délecte ! Et ça vole bien plus haut qu'une simple comédie !

Osterman week-end 

Un film de Sam Peckinpah (1983) avec Burt Lancaster. On sent la fatigue : Rutger Hauer est agaçant et peu crédible et ne parlons pas de Meg Foster, une véritable catastrophe. Passons sur l'histoire qui est un véritable embrouillamini, parsemé d'invraisemblances (Hauer qui accepte de trahir ses amis en cinq minutes sur la base de documents vidéos, alors qu'il est un professionnel de la télé !) et où des tas de questions resteront sans réponse. Sam Peckinpah lui qui s'est toute sa vie moqué des codes en vigueur les reprend à son compte dans un grand n'importe quoi, on n'est pas dans un James Bond mais on sort vivant d'une piscine en flamme, on n'est pas dans un MacGyver mais on abat un tueur super entraîné avec une arbalète miniature qu'on avait conservé dans la piscine avec sa fléchette !. Certaines séquences sont d'un ridicule achevé (John Hurt qui joue au faux présentateur de météo sans que ça n'étonne personne) . Quant à la fin, comme foutoir, ce n'est pas mal. Le message puisqu'il paraît qu'il y en un (dangerosité du pouvoir et des médias) n'a rien d'évident. Ce n'est pas bon mais ça se regarde quand même, sans doute parce que par moment on retrouve le grand Peckinpah et qu'en ces années 1980 on filmait de façon moins constipé qu'aujourd'hui.

Mon curé chez les thaïlandaises  

Un film de Robert Thomas (1983) avec Marion Game, Katia Tchenko, Maurice Rich, Jacques Balutin, Daniel Prevost, Darry Cowl, Jacques Legras. Un film qu'on regarde jusqu'au bout dans la bonne humeur ne saurait être mauvais. L'acharnement de certains contre ce film qui n'a comme prétentions que celle de nous divertir frise la mauvaise foi, car enfin que ce film soit du grand n'importe quoi est parfaitement exact, mais c'est parfaitement assuré, comme dans n'importe quelle comédie burlesque, et à ce moment-là que les extérieurs aient été tournés en France ou que ni Legras, ni Prévost ne soient asiatiques n'a aucune espèce d'importance. Alors c'est très foutraque, des gags tombent à plat (vous en connaissez des films où il n'y pas de gags qui tombent à plat ?), mais bon, certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes, Que celui qui n'a pas rigolé en voyant Rich chantant le rock'roll à la messe, se dénonce de suite ! Le film n'est pas avare de jeunes femmes dénudées, c'est un plaisir de voir toutes ces asiatiques se marrer comme des bossues en exhibant leur charmes et puis il y a Katia Tchenko qui nous fait la danse des sept voiles en plein désert et un dépucelage de bonze dans une autre scène. Marion Game ne nous montre rien sinon son sourire et sa toilette, mais elle est très bien en tenancière de bordel. Les acteurs sont plutôt bons dans l'ensemble quoique assez peu dirigés, ce qui permet à Darry Cowl de nous faire de l'improvisation assez démentielle. Allez soyons objectif, ce n'est pas du grand cinéma, mais c'est quand même cent fois supérieur à "La soupe aux choux" et on passe un bon moment.Photos et critiques ici

Les Branchés à Saint-Tropez  

Un film de Max Pecas (1983) avec Olivia Dutronc. Ça se regarde jusqu'au bout parce que contrairement à ce qu'on peut lire ça et là ce n'est pas complètement nul. Max Pécas connait son boulot et a un certain sens de la narration, quelques situations sont souriantes et puis côté jolies filles à poil on est servie, Olivia Dutronc en tête, Yves Thuillier qui tient l'un des deux premiers rôles masculin n'est pas si mal. En revanche on déplorera un scénario débile, un jeune premier insupportable (Xavier Deluc) et une morale sexuelle bien étrange où l'homme peut tromper sa copine mais n'admet pas le contraire (!?). Cela dit il faut rester logique, Max Pécas n'a rien d'un grand cinéaste (bien que son "Luxure" soit très bon), mais dans le genre c'est autrement plus regardable que toute la collection des American Pie. Et à choisir entre Jean Girault et Max Pécas, je ne choisirais pas le premier.

Christine

Un film de John Carpenter (1983) d'après un roman de Stephan King.. Il faut savoir qu'il s'agit d'un film fantastique et non d'un film d'horreur (comme le prétend Wikipédia). La réalisation est efficace, le film est passionnant, les jeunes acteurs sont bons du moins les garçons (les deux rôles principaux deviendront d'ailleurs réalisateurs par la suite), parce qu'Alexandra Paul, rôle principal féminin, joue comme une savate, ce qui gâche un peu la dernière partie du film. Un bon moment de cinéma.

Flashdance  

Un film d'Adrian Lyne (1983) avec Jennifer Beals. Sans atteindre le niveau de débilité scénaristique de "la fièvre du samedi soir" et autre "Grease", Flashdance n'est qu'une romance a deux sous teintée de bondieuserie (les scènes de confession) et de moralisme hypocrite (la scène où Jennifer sort sa copine d'une boite de strip-tease). Reste donc deux choses, la beauté étonnante de Jennifer Beals (malgré que ce ne soit pas elle qui danse) et la musique magique de Georgio Moroder.

Vidéodrome

Un film de David Cronenberg (1983) avec James Wood et Deborah Harry. C'est un VRAI film d'horreur, mais un film d'horreur intelligent. Si le réalisateur est très critique envers la télévision, il n'est pas évident que le message aille plus loin, Cronenberg parait en effet plutôt mal placé pour critiquer la violence et le sexe. Quant à l'amalgame entre les deux domaines, on sait qu'il fait partie des arguments de comptoir… mais certains le revendiquent et la demande existe. Bref, si l'intention du film est de faire une critique de la télévision, il serait passé à côté du sujet, mais justement ce n'est pas cela, il s'agit plutôt d'un essai sur l'interaction entre le réel et le virtuel et là on est servi, jusqu'à plus soif. James Wood est très bon, Deborah Harry (la chanteuse du groupe Blondie) est craquante. C'est excellent !

Dead Zone   

Un film de David Cronenberg (1983) avec Christopher Walken, Herbert Lom, Brooke Adams. L'acteur exceptionnel qu'est Christopher Walken crève l'écran dans cette réalisation sans faute. Ce n'était pas évident, le scénario a beau être tiré d'un roman de Stephen King, il n'en reste pas moins casse-gueule de par son thème, or force est de constater que Cronenberg évite tous les pièges et nous signe là un chef d'œuvre dotée d'une fin lyrique.

Papy fait de la résistance

Un film de Jean-Marie Poiré. (1983) Faisons la part des choses, il est certain qu'on est assez loin du niveau comique des Visiteurs ou du Père Noël est une ordure. Mais ce n'est pas non plus la catastrophe décrite par certains. Ça se regarde avec plaisir parce que c'est un film d'acteurs et il faut bien avouer que certains sont étonnants : Jacqueline Maillan est surprenante, Dominique Lavanant impeccable, Martin Lamotte est excellent malgré l'absurdité de son rôle, et Gerard Jugniot passe super bien même s'il cabotine à fond. En revanche Clavier ne convainc pas et Galabru nous fait… du Galabru. Il y a beaucoup de guest stars, et si pour certains on se demande à quoi ils servent (Brialy) la prestation de Balasko et surtout celle de Jean Yanne sont remarquables. Mais il nous faut aussi parler de Jacques Villeret, puisque après qu'on se soit demandé ce qu'il venait faire dans cette histoire, on s'aperçoit que sa prestation est en fait le clou du film : Que celui qui n'a pas rigolé devant le passage en musical dans lequel il chante du Julio Iglésias avec l'accent allemand lève le doigt ! Maintenant le scénario : Le thème est proche de la Vie de Château de Rapenneau (1966), le tout saupoudré de Superman en costume d'Arsène Lupin, à défaut d'être génial ça reste amusant et malgré ses délires le film nous montre une France occupée bien plus réaliste que celle de la Grande Vadrouille (il y a des collabos à la pelle et des victimes). La mise en scène est inégale mais on appréciera particulièrement la très belle scène du bordel. Enfin le film ne se moque pas de la résistance mais de ses mythes (ce qui n'est pas la même chose), le débat télévisé iconoclaste à la fin est à ce propos savoureux.

Zelig

Un film de Woody Allen (1983) avec Mia Farrow : Un exercice de style plutôt réussi, en forme de faux reportage sur le destin d'un homme-caméléon, Les inserts sur des images d'actualités d'époques sont souvent bluffants, le ton est léger et souriant, et le propos pisse beaucoup plus loin qu'on ne pourrait le croire. Un peu long peut-être (bien que le film ne dure que 72 minutes)

L'ascenseur

Un film de Dick Mass (1983) avec Willeke van Ammelrooy (et oui, la vedette du mythique "L'arrière train sifflera trois fois !). Après les robots qui se révoltent (Mondwest) et les voitures (Christine), c'est au tour des ascenseurs ! Ce film hollandais se révèle être une petite série B terriblement efficace avec quelques scènes chocs qui restent encrées dans la mémoire. Et on a même droit en parallèle à une sobre et elliptique digression sur l'inévitable ennui de la vie conjugale.

To Be Or Not To Be  

Un film signé Alan Johnson (1983) mais produit et interprété par Mel Brooks. S'attaquer au chef d'œuvre de Lubitsch pour en faire un remake était un pari insensé. Mel Brooks le réussit, mais avec son style à lui, il ne s'agit pas d'un remake à l'exact, certaines scènes ont été ajoutées d'autre retirées, (dont la fantastique scène d'intro). Brook n'est pas Lubitsch, il n'a pas comme lui cet incroyable sens de l'ellipse et certains de ses ajouts surchargent inutilement le film, la seule vraie valeur ajoutée étant le rôle jouée par un étonnant Charles Durning dans le meilleur rôle de sa carrière. Mais l'exploit et bien là : Brooks a réussi à faire presque aussi bien que Lubitsch. Mention spéciale à Anne Bancroft qui joue les divas à 52 ans.

Terreur à domicile (d'origine inconnue)  

Un film de George Cosmatos (1983) avec Peter Weller. On regrettera le happy end qui gâche l'ambiance, la séquence du délai professionnel supplémentaire (qu'est ce que ça ajoute à l'histoire ?) et surtout cette séquence non décrite (on ne voit que le résultat) mais débile où le rat trouve le moyen de faire disparaître un chèque enfermé dans le capot transparent d'un électrophone. Malgré ces quelques défauts, il s'agit d'une très honnête série B qui se laisse regarder sans déplaisir

Octopussy

Un film de John Glen (1983) avec Roger Moore et Maud Adams. Sans être le meilleur, ce James Bond est bourré de qualités pourvu que l'on accepte le côté parodique caractéristique des films de la série interprétés par Roger Moore, d'autant que là ça va vraiment assez loin. Au titre des faiblesses, il faut bien avouer que Louis Jourdan campe un méchant assez fade, quant au général Orlov, il aurait gagné à être un peu moins agité. Sinon le film est cohérent dans son scénario, et si la partie indienne manque un peu de rythme, la seconde partie nous tient complètement en haleine en se permettant absolument tous les délires.

Scarface

Un film de Brian de Palma (1983) avec Al Pacino et Michelle Pfeiffer. Brillant et baroque, ce film nous tient en haleine pendant 2 heures 45 et on ne voit pas le temps passer. Si Al Pacino domine superbement la distribution, le personnage de Tony Montana qu'il incarne étant le sujet du film, les seconds rôles sont tous excellents,  Michelle Pfeiffer, peu connue à l'époque, jouant les faire valoir. C'est du de Palma et on sent sa patte tout au long du film, d'abord spécialiste du film fantastique et des scènes choc, on est pas près d'oublier la scène de la tronçonneuse, ni le type pendu en hélicoptère ,ni le délire final où la mort de Montana est mis fin avec une outrance toute volontaire et parfaitement maîtrisée. Quasi chef d'œuvre pour lequel on pardonnera facilement certaines scènes peu crédibles (la fusillade dans la boite de nuit où Pacino court en se baissant pour éviter les balles.) Un grand moment de cinéma !

Halloween 3

Un film de Tommy Lee Wallace (1983). Sous prétexte que ce film ne constitue pas une suite des deux précédents Halloween, la critique et le public ont boudés. Ils ont eu bien tort, cette série B (qui lorgne plutôt du côté des savants fous que de celui des tueurs psychopathes) bénéficie d'un scénario très original qui bouscule un peu les codes en vigueur. A noter la B.O crispante à souhait et le jingle répété en boucle "Hallo, hallo, halloween...". C'est pas mal joué, plein de surprise, très noir et on passe un bon moment d'angoisse et d'horreur.

Le Dernier Combat

Un film de Luc Besson (1983) avec Jean Reno. De bonnes idées côtoient des situations incompréhensibles qui nous font douter de ce qu'on regarde (évocation apocalyptique ou rêve surréaliste ?) Et puis tout cela se traîne et finit par lasser un petit peu.

La clef

Un film de Tinto Brass (1983) avec Albert Finlay et Stefania Sandrelli. Magnifique film érotique illuminé par le corps de déesse de la presque mature Stefania Sandrelli. La photo est magnifique, l'érotisme qui va assez loin est parfaitement dosé et maîtrisé (On n'est pas près d'oublier la scène ou Stefania donne son sein à téter à Frank Finlay). Le film est très dense, très riche, les jeux sexuels sont ici présentés comme un dérivatif à la bêtise fasciste ambiante, ce n'est pas par hasard si les pires dictatures ont toujours limité l'expression sexuelle et le film le rappelle, références historiques à l'appui. Et puis Brass n'oublie pas de régler son compte à ceux qui s'érigent en parangon de vertu, le rôle de Lisa, fasciste convaincue mais qui l'air de rien envoie son propre fiancé dans les bras de sa mère est un bel exemple d'hypocrisie sexuelle. Un film magnifique à l'image de sa merveilleuse héroïne.

Vous habitez chez vos parents ?

Un film de Michel Fermaud (1983) avec Michel Galabru. Ça se regarde sans déplaisir, mais il faut bien avouer que ce n'est pas terrible, les gags sont lourds, les bons mots tombent à plat. L'histoire s'encombre d'une mémé gnangnan assez insupportable et d'un jeune bellâtre qui l'est tout autant. Galabru est en petite forme, Maurier est bien, mais l'attraction du film est constituée des deux jeunes rôles féminins, Grace de Capitani dans le rôle de la fille ainée et Isabelle Mergault dans celui de la bonne. Ces deux-là apportent de la fantaisie et de la fraicheur à un film mal fagoté qui en manque cruellement. PS, l'affiche du film signé Solé est bien jolie.

Banzai

Un film de Claude Zidi (1983) avec Coluche et Valérie Mairesse. Ça part dans tous les sens, Coluche se retrouve parfois dans des situations compliquées, Zidi ne nous montre pas comment il s'en tire mais au plan suivant il est en pleine forme… ça fait quand même brouillon, même si on comprend après coup que c'est un parti pris. L'humour est parfois douteux, quant au final on ne sait pas si c'est un pastiche des pires happy-end américains mais il est bien lourd. Un film bancal donc, mais emmené par un Coluche en pleine forme et fidèle à son personnage, on ne s'ennuie pas et on regarde ce gros délire sans déplaisir. Un film pour occuper ses yeux

Mortelle randonnée

Un film de Claude Miller (1983) avec Michel Serrault Isabelle Adjani. Un thriller déroutant magnifiquement interprété et passionnant malgré ou en raison de son côté tordu. Adjani est impériale, Serrault en pleine période faste est fabuleux mais a comme qui dirait quelques problèmes de diction de temps à autres. Quelques seconds rôles fabuleux notamment Stéphane Audran qui n'hésite pas à casser son image ou Geneviève Page en patronne d'agence de détective. A noter une petite erreur de scénario pour la mort de Sanmy Frey, comment cet aveugle qui entend tout aurait-il pu commettre cette erreur qui lui fût fatale ?

Comédie érotique d'une nuit d'été

Un film de Woody Allen (1982) avec Mia Farrow, Mary Steenburgen, Julie Hagerty : Woody Allen est un magicien, ce qui n'aurait pu être qu'un banal marivaudage devient sous sa direction quelque chose d'inclassable, où se mêlent l'humour, la fantaisie, le burlesque, l'hypocrisie et la complexité des rapports humains dans un chassé croisé qui donne le tournis. Ajoutons à cela la magie des images, la musique de Félix Mendelssohn, et la beauté envoûtante des actrices féminines, et ça nous donne un chef d'œuvre ! Et s'il y a une morale, contrairement à ce qu'écrivent quelques culs bénis qui tentent de "récupérer les film", ce n'est pas que le sexe angoisse, mais que la société est faite de répression sexuelle et qu'il convient pour s'en sortir de profiter des occasions qui se présentent. Un hymne au libertinage en somme comme en firent Beaumarchais et Mozart (entres autres)

Hammett   

Un film de Wim Wenders (1982). Il y a une ambiance, un acteur principal très classe mais quoi d'autre, on se le demande ? Que l'intrigue soit incompréhensible peut à la rigueur s'admettre si le puzzle trouve sa solution à la fin, or ici la conclusion n'a vraiment rien de géniale, en plus le récit n'est guère passionnant.

Blade Runner

Un film de Ridley Scott (1982) (cette critique se base sur la version Final Cut de 2007). L'an 2019 vu en 1982. Tout faux, mais ça n'a aucune importance. Ce film n'est de Science-Fiction que pour les éléments du scénario et le cadre, sinon du point de vue la trame, on est en plein film noir à l'américaine avec toutes ficelles du genre (un petit indice qui conduit à un autre indice qui conduit…) ce qui fait qu'on ne suit pas toujours tout.  Le fait que l'histoire soit inspirée d'un roman de Philip K. Dick n'arrange pas les choses (Dick fourmillait d'idées mais n'était pas un grand écrivain au sens littéraire du terme). Mais justement, et c'est le tour de force de ce film, malgré cela et malgré que son personnage principal soit un immonde salopard qui ne montre son humanité que lorsqu'il tombe amoureux, le film est bon ! Les répliquants, d'abord présentés comme antipathiques (voir la sale tronche du premier) finissent par nous paraître biens plus humains que les humains. La direction d'acteurs est remarquable, Harrison Ford est toujours aussi bon, Rutger Hauer, étonnant et le trio de répliquantes a un côté très sexy qui ne laisse pas indifférent (Darryl Hannah, Sean Young et Joanna Cassidy). Les décors sont fantastiques et l'ambiance des rues de Los Angeles est particulièrement réussie. La musique de Vangelis est correcte. Il y a certaines trouvailles amusantes (l'appartement de l'inventeur). On regrettera juste certains points obscurs du scénario (la rencontre de Darryl Hannah avec l'inventeur, cette obscure histoire d'écaille de serpent…). Excellent film.

La féline

Un film de Paul Shrader (1982) avec Nastassja Kinsky. Une petite merveille. Ce film fort bien réalisé est inclassable et on peut comprendre qu'il peut dérouter, il y a quelques scènes assez horribles mais ce n'est pas un film d'horreur, il y a des très beaux passages érotiques, mais ce n'est pas pour autant un film érotique, ce n'est pas non plus un thriller, le film étant privé de tout suspense. Et pourtant on se délecte, tout le film étant construit autour du personnage de la féline, la merveilleuse Nastassja Kinsky qu'on ne se lasse pas de regarder jouer. Côté acteur, Malcolm McDowell à tout à fait le physique de l'emploi, on notera la bonne prestation de John Heard et la présence tout à fait sympathique de la la très jolie Annette O'Toole (qui nous offre une insolite baignade topless). Un film à part mais un très beau film !

Poltergeist  

Un film signé par Tobe Hooper (1982) mais Steven Speilberg qui l'a produit s'est extrêmement impliqué dans le projet ! Et ce n'est sans doute pas ce qu'il a fait de mieux. Car si on enlève les effets spéciaux que reste-t-il ? Une petite famille américaine stéréotypée et sans surprise. Des pleurnicheries, des gamineries, d'ennuyeux bavardages mystiques dont on se fout complètement, des personnages grotesques (la première médium est énervante et la seconde carrément insupportable), un scénario incohérent, des séquences absurdes (la scène de la corde). On ne ressent aucune empathie pour ces personnages inconsistants et aucune passion pour cette histoire qui ne parvient pas à décoller. On remarquera au passage que la mère de famille après un bain de boue bien gras ressort avec ses habits à peine tachés, voilà qui... fait tache ! Un film largement surestimé dont il convient de sauver deux séquences typiquement à la Hooper : Celle où un type se transforme en zombie dans son miroir, et celle du réveil des morts dans le trou creusé pour la piscine.

La créature du marais

Un film de Wes Craven (1982) avec Adrienne Barbeau. C'est une B série assumée, et devant le manque flagrant de moyens le réalisateur a choisi la seule voie intelligente, terminer dans le délire. Vue de cette façon le film tient la route, le scénario n'est pas plus idiot qu'un autre, les décors naturels sont très bien utilisés, et puis il y a la très jolie Adrienne Barbeau qui à la grande bonté de nous offrir un petit bain topless ! L'histoire peut être aussi vue comme une illustration intéressante du thème de la belle et la bête. Le gros point noir ce sont les maquillages et c'est là qu'on voit toute l'intelligence du réalisateur qui a dû se dire à un moment, "c'est grotesque, alors forçant le trait et virons dans le grand guignol" (c'est la scène de la transformation de Bruno qui devient un gnome). En revanche la transformation de Holland et le combat final ne sont pas terribles. Somme toute, on aura passé un plutôt bon moment. A noter une curiosité : on ne peut s'empêcher de considérer le personnage de Ferret comme une caricature de Rambo, manque de bol, ça ne colle pas, Rambo étant sorti quelques mois après le film de Craven, il s'agit donc d'un étrange cas de "caricature par anticipation" !

Mon curé chez les nudistes

Un film de Robert Thomas (1982) avec Paul Présboist, Georges Descrières, Jean-Marc Thibault, Katia Tchenko. C'est un nanar qui s'assume en tant que tel, alors bien sûr c'est souvent très lourd, mais ça se regarde jusqu'au bout sans déplaisir. C'est franchouillard et godriolesque, ça ne vole pas bien haut, c'est assez inégal, un peu poussif au début et expédié en vitesse à la fin, mais on prend plaisir aux absurdités de Présboist, quant aux charmes de Katia Tchenko et de la très belle Sophie Boudet alias Miquette, ils nous ravissent bel et bien et que ceux qui préfèrent la "Soupe à choux" viennent nous expliquer pourquoi ? Assez curieusement, la fausse suite réalisée l'année suivante, "Mon curé chez les thaïlandaises" sera plus intéressante grâce à un scénario moins simpliste.

Elle voit des nains partout

Un film de Jean-Claude Sussfeld (1982) avec Zabou. Ce film est d'abord le reflet de tout un état d'esprit, de toute une époque, celle d'Hara-Kiri, du Colaro-Show, du café de la Gare. La dérision, l'irrespect, le non-sens et le détournement sont partout, (avec il est vrai plus ou moins de bonheur, plus ou moins de réussite), Zabou est charmante, il y a un doigt d'érotisme et on passe un excellent moment. les comédiens ont l'air de bien s'amuser et leur plaisir est communicatif. Pisse froid et esprits chagrins s'abstenir.

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ

 Un film de Jean Yanne (1982) avec Coluche, Michel Serault. Ce film fait partie des réalisations avec lesquelles on n'a pas envie d'être sévère parce que quelque part il force la sympathie, pourtant les défauts ne manquent pas, si l'inventivité est partout (un vrai catalogue de trouvailles dans lequel l'anachronisme est roi) la mayonnaise a du mal à monter, certaines scènes sont lourdingues voir ratées (les jeux du cirque), et puis Mimi Coutelier est certes une très belle femme mais elle ne sait pas jouer la comédie. Sinon les acteurs sont sympathiques, Coluche et Yanne sont excellents, Serraut qui se croit dans "la cage aux folles" est en dessous de ses possibilités, Cowl transparent et Fabian radieuse. Le discours final de Coluche est bien vu. Jean Yanne a fait bien mieux (les Chinois, Chobizenesse) mais tout cela se regarde sans déplaisir et dans la bonne humeur.

Victor, Victoria

Un film de Blake Edward (1982) avec Julie Andrews : Petit chez d'œuvre d'intelligence et de fantaisie sur le thème du travestisme, magistralement interprété par une Julie Andrew qui crève l'écran. A noter également l'excellente musique d'Henry Mancini.

The Thing

Un film de John Carpenter (1982). L'idée de base est originale. L'ambiance virile est très réaliste et les effets spéciaux sont très réussis (et particulièrement dégoûtants) Il y a du suspense. On regrettera tout juste quelques facilités de scénario (pour que la base soit isolée du reste du monde, le scientifique pique une crise de folie et détruit tout moyen de communication et de télécommunication)  ou la facilité avec laquelle le "héros" comprend les motivations et la façon de fonctionner du monstre. A noter qu'aucune femme ne figure au casting !

Les femmes mariées

Un film de Burd Tranbaree (1982) avec Helen Shirley, Laura Clair, Richard Allan. L'idée de base est simpliste mais très fantasmatique, un club échangiste avec enlèvement et raccompagnement à domicile. Beaucoup de monde et beaucoup de variations avec un piquenique final en forme de méga partouze. Richard Allan est au somment de sa carrière. C'est magnifiquement photographié (les fellations d'Helen Shirley et de Laura Clair sont exceptionnelles, la prestation de Lucie Doll remarquable… mais elles sont toutes superbement impliquées) . On sent derrière la caméra l'amour et le respect des femmes de la part du réalisateur. Du porno classieux.

Piège Mortel

Un film de Sydney Lumet (1982) avec Michael Caine, Christopher Reeve, Dyan Cannon. D'après un bon scénario d'Ira Levin, voici une excellente comédie policière. C'est malheureusement très théâtral (normal c'est tiré d'une pièce) et excessivement bavard. En revanche côté retournement de situation et scènes chocs on est servi, ce n'est pas tous les jours qu'on voit Michael Caine et Christopher Reeve s'embrasser sur la bouche !

Les cadavres de portent pas de costard

Un film de Carl Reiner (1982). L'idée était de se servir d'extraits de film des années 1940 afin que les vedettes des films en question (Bogart, Douglas, Lancaster, Laughton, Ava Garder, Veronika Lake, Ingrid Bergman, Lana Turner, Joan Crawford... ) puisse donner la réplique à Steve Martin. Les reste est un pastiche des films noirs où défilent volontairement tous les poncifs du genre en mode gags (et il y en a de très bons). Rachel Ward qui a le premier rôle féminin est splendide. On notera quelques répliques cultes ainsi que deux séquences ou Steve Martin est travesti. Une curiosité de cinéphile et un bon moment de cinéma.

La chute de la Maison Usher  

Un film de Jess Franco (1982) avec Howard Vernon, Françoise Blanchard et Howard Vernon. Le seul reproche que l'on puisse faire à ce film fauché c'est d'être tiré à la ligne. Sinon on a droit à une atmosphère fantastique et angoissante (qui lorgne un petit peu vers le grand guignol avec le personnage de Morpho) photo magnifique (les gros plans du visage de Françoise Blanchard sont impressionnant de beauté), à un Howard Vernon halluciné, il y a aussi Lina Romay mais elle reste (hélas) très sage ! La bande son est excellente. Jess Franco qui fut l'assistant d'Orson Welles sur le tournage de Falstaff, mérite bien mieux que l'oubli ou le mépris dont il est trop souvent l'objet.

Tootsie

Un film de Sidney Pollack (1982). La réalisation est sans faute, l'interprétation géniale de Dustin Hoffman constitue sans doute le somment de sa carrière. Les deux interprètes féminines (Jessica Lange bien sûr mais aussi Terri Garr, l'inoubliable Inga de Frankenstein Junior) sont parfaites et le scénario est assez savoureux. Pourtant il manque un tout petit quelque chose. Sidney Pollack semble s'être retenu d'aller jusqu'au bout de la dynamique de la situation qu'il met en scène. Du coup le film reste droit dans des rails hétéros qui paraissent peu probables. C'est un peu dommage, bien que ça ne gâche pas le film.

L'abime des morts vivants

Un film de Jess Franco (1982) avec France Lomay J'ai tendance à défendre Jess Franco qui a fait beaucoup de bonnes choses dans les domaines du fantastique ou de l'érotisme et qui fut l'assistant d'Orson Welles dans Falstaff. Mais même avec beaucoup d'indulgence je ne vois pas bien ce qu'il y a aurait à sauver de cet abîme (c'est le cas de le dire) des morts vivants, même au second degré tout y est mauvais. PS : La présence de l'ex actrice porno France Lomay ne parvient même pas à égayer le film, c'est dire !

Boardinghouse  

Un film de John Wintergate (1982) Le film se regarde jusqu'au bout non pas à cause de l'histoire dont on se fout carrément mais pour son lot de jolies files peu avares de leur charmes, la superbe Kalassu en tête, ainsi que certaines scènes gores. Pour le reste l'amateurisme de ce film est confondant, la bonne idée de base est exploitée n'importe comment, la direction d'acteurs est nulle, le casting masculin épouvantable, le montage bâclé, le rythme mollasson. Vraiment pas terrible !

Le Bossu de Notre-Dame  

Un téléfilm de Michael Tuchner et Alan Hume (1982) avec Lesley-Anne Down et Anthony Hopkins. Une mise en scène d'une mollesse incroyable, des acteurs mal dirigés et mous comme des chamallow, Anthony Hopkins assez ridicule, reste Lesley-Anne Down qui ne sait ni jouer ni danser, mais qu'est-ce qu'elle est belle ! Cette sortie en DVD ne se justifiait absolument pas.

Les fantômes du chapelier

Un film de Claude Chabrol (1982) avec Michel Serrault. On sait Chabrol capable du meilleur comme du pire, ici on est dans le meilleur. La prestation de Michel Serrault est à tomber. Le rythme est un peu lent mais on ne s'ennuie jamais. Le seul reproche que l'on peut faire au film c'est qu'on ne perçoit pas très bien le rôle exact de Charles Aznavour dans cette sordide affaire. La mise en scène et la photographie sont magnifiques, la direction d'acteurs sans faute. On remarquera aussi qu'il pleut tout le temps en Bretagne… sauf quand il faut vendre des journaux !

Eating Raoul

Un film de Pauil Bartel (1982) avec Paul Bartel et Mary Woronov Ce film est tout simplement un chef d'œuvre d'humour noir et de dérision. Plus le film avance plus le délire augmente à ce point que l'on se demande comment cela va s'arrêter. On est dans la farce et il serait vain d'y chercher un quelconque message, même si l'hypocrisie ambiant en prend pour son grade. Ce vrai régal nous est servi par un Paul Bartel impérial et surtout une Mary Woronov, ravissante, terriblement sexy et talentueuse.

Le roi des cons  

Un film de Claude Confortés (1981) avec Francis Perrin. Quand on aime Wolinski et sa façon de voir les choses, on le retrouve complètement dans ce film, obsédé par les femmes et le sexe, mais respectueux. Chantre de la liberté sexuelle mais choisissant lucidement un certain conformisme. Si la scène de pétage de plomb est assez moyenne et le dernier plan pas très heureux, on ne peut oublier Marie-Christine Descouard qui illumine le film de son sourire et de son corps magnifique et qui domine l'excellente distribution féminine (Bernadette Lafont en voisine délurée notamment) Ce n'est certes pas un très grand film, mais il possède une certaine poésie et force la sympathie..

La ferme de la terreur

Un film de Wes Craven (1981). La force du film dans sa première partie est de nous décrire une société "hittite" (en fait, des amish) absolument effrayante. On est véritablement dans une critique de l'intégrisme réalisée avec intelligence et talent. La terreur venant des "électrons libres" de cette communauté dans laquelle les mariages consanguins produisent des tarés, mais aussi de la violence de leurs comportements quotidiens. L'interprétation est tout à fait correcte avec un trio féminin tout à fait sympathique (dont Sharon Stone) et Ernest Borgnine dans le rôle du chef amish. Il y a pas mal de scènes choc mais on retiendra le rêve où une mygale tombe dans la bouche ouverte de  Sharon Stone ou encore le bain de Maren Jensen perturbé par un serpent. Il est simplement dommage que Craven ait introduit là-dedans une dose de fantastique, ce qui donne lieu à une fin peu convaincante, confuse et maladroite, mais dans l'ensemble le film reste très bon.

Caveman

Un film de Carl Gottlieb (1981) avec Ringo Starr et Barbara Bach. On y apprend notamment comment l'homme préhistorique a inventé le poulet à la broche. Les situations sont extravagantes, les effets spéciaux amusants, le rythme endiablés, Barbara Bach est splendide, Shelley Long est mignonne comme un cœur, Ringo Starr est très bien,. la bande son aussi, et les dialogues, ben les dialogues c'est " - Atouk-Atouk". Un humour très british, on passe un bon moment. Un film sympa !

Le facteur sonne toujours deux fois

Un film de Bob Rafelson (1981) avec Jack Nicholson et Jessica Lange.  La prestation sans faute de Jack Nicholson et celle stupéfiante et débordante de sensualité de Jessica Lange font que ce film est essentiellement un film d'acteur. La partie judiciaire de l'intrigue est malheureusement ratée car peu compréhensible (les "faux" aveux, la négociation sur la prime, le jugement de Clara... tout cela est extrêmement confus). En revanche, on appréciera la courte irruption quasi surréaliste de la très troublante Angelica Huston en dompteuse de fauves. Et puis il y a cet érotisme très subtil que dégage le film d'un bout à l'autre, pratiquement rien n'est montré mais on n'est pas près d'oublier la petite nuisette quasi transparente de Jessica Lange. Il est simplement dommage que la prod n'est pas choisi un réalisateur de renom, sinon les ingrédients pour en faire un chef d'œuvre étaient bien là.

Réincarnations

Un film de Gary Sherman (1981) Un vrai film d'horreur adulte (c'est à dire sans les sempiternels adolescents boutonneux qui meurent dans un ordre préétabli). Quoique un peu lent, c'est très bien fait et les scènes chocs sont véritablement effrayantes, mais l'humour reste présent jusqu'au twist final. A noter la présence de la très jolie Melody Anderson et la signature de Dan O'Bannon pour le scénario et les effets spéciaux. Un film à redécouvrir d'urgence.

Le club des monstres

Un film de Roy W. Baker 1981 avec Vincent Price, David Carradine, Donald Pleasance, Britt Ekland. Un film à sketch tout à fait sympathique nous offrant trois histoires très originales. Le premier s'apitoie sur la grande solitude des monstres, le second est un plaidoyer pour le droit à la différence (qui aurait pu être très bien si Donald Pleasance s'était un peu plus impliqué), le dernier est un peu plus classique mais pas si mal. Tout cela est entrecoupé de numéros musicaux dont le meilleur est assurément The Stripper interprété par la très jolie Stevie Vann et son groupe Night. On notera enfin la conclusion, plutôt bien vue. Un petit film sans prétention mais bourré de qualités

L'emprise

Un film de Sidney Furie (1981) avec Barbara Hershey. Cet excellent film ne jouit pas de la réputation qu'il devrait, et c'est bien dommage. Il est vrai que le sujet est glissant puisqu'il s'agit d'une sorte de "Poltergeist" pour adulte. L'histoire est originale, très sulfureuse et Barbara Hershey y est sublime. L'auteur s'efforce de ne pas trancher entre l'explication psychanalytique et l'explication paranormale (il lorgne quand même un peu de ce côté mais en en présentant les adeptes comme de dangereux irresponsables).

Garde à vue

Un film de Claude Miller (1981) avec Lino Ventura, Michael Serrault, Guy Marchand, Romy Schneider. Si on ne s'intéresse qu'à l'intrigue policière, c'est plutôt moyen, on se doute bien que les choses ne sont pas aussi simples que ça, il y a bien les traditionnelles fausses pistes, mais ça ne va bien loin et le dénouement est faible pour ne pas dire bâclé. Mais ce sont les autres qualités du film qu'il faut mettre en avant, c'est un film d'acteurs et Serrault y est exceptionnel, Ventura fait du bon Ventura, et Guy Marchand en flic stupide est surprenant. Pour les dialogues, Audiard s'est surpassé, le ton étant quasiment toujours juste, enfin le réalisateur a évité les sempiternels champs/contre champs de ce genre de situation en réalisant un montage très dynamique servi par l'excellente musique de Georges Delerue.

Tarzan, l'homme singe

Un film de John Derek (1981) avec Bo Derek et Richard Harris. Ça se traîne, ça met 40 minutes pour démarrer, c'est inutilement long (110 minutes) et assez peu intéressant, de plus Richard Harris est insupportable. Ça fait beaucoup ! Sinon c'est un joli livre d'images (ça a été tourné aux Seychelles), les singes sont marrants et puis surtout il y a Bo Derek rayonnante de beauté et peu avare de ses charmes (bien qu'il faille attendre 50 minutes pour voir quelque chose de coquin. Le film s'enhardit un peu vers la fin, où l'on voit un chimpanzé embrasser furtivement le téton de Bo, et puis ne zappez pas le générique final avec en scène de fond un jeu très sensuel (pour ne pas dire ahurissant) entre Bo Derek poitrine à l'air, Tarzan... et un Orang-Outan.  

Excalibur

Un film de John Boorman (1981). Le film souffre hélas de plusieurs défauts qui l'empêchent d'être un chef d'œuvre. Le casting est inégal et si Merlin et Morgane (Helen Mirren) sont très bons, le reste de la distribution va du transparent (Arthur, Perceval) au carrément mauvais (Lancelot) voir au ridicule (Mordred). L'emphase de certains dialogues et le côté abscons de certaines situations (notamment la quête du Graal) auraient sans doute pu être évités (En revanche, que les armures soient anachroniques n'a strictement aucune importance, c'est une légende que l'on n'illustre pas la reconstitution de la bataille d'Azincourt). Reste que cette reconstitution historique (qui n'en ai pas une, il n'y a rien à reconstituer) reste impressionnante, notamment au début avec une véritable galerie de face de brutes (des loubards incultes a qui ont aurait enfilé une armure…) qui se battent comme des chiffonniers… Évidemment après on nous fait tout une tirade sur l'idéal chevaleresque, bizarre quand même, d'autant qu'on nous montre qu'en dépit de leurs serments et de leurs grandes déclarations les chevaliers restent d'abords des hommes avec leur faiblesses (c'est bien le problème d'Arthur qui se veut roi avant d'être homme). Comme on le voit tout cela est assez confus et loin de nos préoccupations mais Boorman a d'abord voulu faire un spectacle, nous transcende tout ça, et de ce point de vue, force est de constater que c'est réussi, l'ambiance y est (malgré une baisse de régime aux deux tiers du film), on ne s'ennuie pas, l'utilisation de la musique de Wagner de d'Orff est parfaite, et puis rendons grâce à Boorman de nous avoir épargné un duel interminable entre Arthur et Mordred. Ils s'entretuent en une minute et c'est bien ce qu'il convenait de faire. Un beau film malgré ses défauts.

Nu de femme

Un film de Nino Manfredi (1981) avec Nino Manfredi et Eleonora Giorgi et la participation de Jean-Pierre Cassel et de Georges Wilson. Un petit bijou tombé injustement dans l'oubli. Ce film superpose avec talents plusieurs thèmes : l'illusion des serments conjugaux (il faut voir comment Manfredi se paie la religion dans la scène introductive), le syndrome de Messaline (l'impératrice romaine qui sortait la nuit pour se prostituer), et l'exploration des jardins secrets. Curieux mélange mais il fonctionne parfaitement, joliment servi par une excellente photographie de la ville de Venise et deux interprètes fabuleux (Angelina Georgi est éblouissante de charme et de talent). A partir du moment où le mari découvre la photo "clé", le film nous entraîne dans une partie de poker menteur où les frontières de la réalité et du fantasme deviennent indécelables. Et tout cela sans se départir de son humour, de sa fantaisie (le chat portier, il fallait le trouver !) et même d'un doigt d'émotion. En définitive on ne saura jamais qui est cette femme mystérieuse, sa femme, son sosie, son double fantasmé, à moins que toute cette histoire ne soit que le fantasme projeté par sa femme, on ne saura jamais et pourquoi chercher à savoir, on n'entre pas dans le jardin secret des gens ! Du grand art !

Les Aventuriers de l'arche perdue

Un film de Steven Spielberg, (1981) avec Harrison Ford et Karen Allen . Spielberg a inventé un nouveau genre, le film d'aventure décontracté à grand spectacle et réussit à nous scotcher de bout en bout dans une histoire extravagante ponctué de trouvailles, de gags et de rebondissements (et même d'incohérences). Chef d'œuvre !

Scanners

Un film de David Cronenberg (1981). Evidemment ceux qui ont vu le film attiré par le slogan semi mensonger de l'affiche (10 secondes vous tremblez, 15 secondes vous étouffez, 20 secondes vous explosez !) ne peuvent être que déçus : ce n'est pas un film gore même si certaines scènes choc le sont, mais un thriller fantastique plutôt intéressant et fourmillant d'idées. On regrettera certaines longueurs et le fait que le twist final laisse pas mal de questions dans l'ombre. (ou alors c'est moi qui n'ai pas tout compris)

Coup de Torchon

Un film de Bertrand Tavernier (1981) avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Stephan Audran, Eddy Mitchell, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand… On se demande dans quoi on s'embarque avant de comprendre qu'il s'agit d'un thriller dans lequel un homme excédé par les humiliations de toutes sortes qu'il subit décide de donner un grand coup de torchon dans tout ça. C'est cynique, décalé, admirablement interprété. Quelques scènes cultes : Marielle et son copain mourant en chantant "catarinetta bella tchi-tchi". Huppert envoyant promener le curé à l'enterrement de son mari. Eddy Mitchell jouant les voyeurs avec son échelle. Des dialogues percutants, une interprétation brillante centrée sur Philippe Noiret mais ils sont tous bons, les femmes sont superbes. La fin est un peu abrupte.

Halloween 2

Un film de Dick Rosenthal (1981) avec Jamie Lee Curtis et Donald Pleasence. Une dégringolade par rapport au premier, un scénario pas très clair avec des digressions incompréhensibles et non abouties sur la sorcellerie, un Donald Pleasance en roue libre, Jamie Lee Curtis qui se demande comment elle doit boiter, un monstre qui avance à deux à l'heure mais qui rattrape tout le monde. Le suspense ne fonctionne pas et on finit même par s'ennuyer. A sauver deux scènes, celle de l'accident où un jeune homme prend feu et celle, très sexy où la très jolie Pamela Susan Shoop prend sa douche avant de mal finir.

Alpha Blue (The Satisfiers of Alpha Blue)

Un film de Gerard Damiano (1981) avec Lysa Thatcher, Jody Maxwell, Annie Sprinkle, Lee Caroll. Sans doute l'un des meilleurs Damiano. Ce film est roublard puisqu'il fait l'apologie de l'amour physique (et de quelle façon !), puis la fait dénoncer par l'un des protagonistes qui réclame lui de l'amour avec un grand A mais qui se révèle être un pur macho. "Alors autant s'envoyer en l'air", semble conclure Damiano. A aucun moment on est tenté de passer en accéléré (sauf peut-être pendant la scène faussement morale). Le casting féminin est au top, Lysa Thatcher en tête et puis il y a cette scène d'anthologie avec Annie Sprinkle, à la fois perverse et grandiose (mais malheureusement incomplète dans la version Alpha-France)

Outland

Un film de Peter Hyams (1981) avec Sean Connery. A ceux qui pensent que dans ce film la SF n'intervient que comme cadre, on répondra que la SF n'est souvent qu'un cadre (Star Wars pourrait sans dommage être un film de corsaires). Le scénario est simple, simpliste même, il n'en est pas moins efficace. Les décors sont biens vus tels cet enchevêtrement de boite à sommeil ou cet immense cabaret. Bien sûr la dernière scène est très longue... et contient quelques invraisemblances. Mais l'ensemble reste très correct.

Viens chez moi, j'habite chez une copine

Un film de Patrice Leconte (1981) avec Michel Blanc, Bernard Giraudeau, Anémone. Une comédie sans aucune prétention mais interprété dans une bonne humeur communicative. Michel Blanc est parfait dans son rôle de mec sans gêne et d'un culot monstre, on remarquera aussi la prestation trop courte mais aussi époustouflante que déjantée d'Anémone.

Mad Max 2

Un film de George Miller (1981) avec Mel Gibson. Une sorte de western post atomique. Ça reprend le thème du type qui refuse d'aider les "gentils" à se débarrasser des "méchants" mais que les circonstances obligent ensuite à accepter. Evidemment c'est très manichéiste, à ce point qu'on se demande si les "méchants" possèdent une quelconque psychologie, mais comme c'est très bien fait ça on passe un excellent moment.

La femme d'à côté 

Un film de François Truffaut (1981). Réalisation sans faille, jeu d'acteurs impeccable (Fanny Ardant et Gérard Depardieu), musique superbe, mais quelque chose ne fonctionne pas comme il le faudrait, sans doute le choix du sujet, peut-être trop contraignant… et puis Truffaut a fait tellement mieux.

Le lac des Morts-Vivants   

Un film de Jean Rollin (1981, signé J.A Lazer). Un film qu'on regarde jusqu'au bout ne peut pas être foncièrement mauvais.  Il est de bon ton de clamer à qui veut l'entendre qu'il s'agirait du plus mauvais film français de tous les temps, mais c'est faux et injustifié. C'est une série Z et c'est en tant que telle qu'il faut le regarder et le juger. Le scénario en vaut bien d'autres de films du même genre, et certaines images sont très belles (notamment la séquence d'ouverture) et les passages érotiques sont agréables à regarder (Notons les présences de la belle Gilda Arancio en basketteuse et celle de Nadine Pascal dans le flash back). Alors c'est vrai que c'est fauché et que les zombies sont ridicules (mais c'est volontaire et puis encore une fois c'est une série Z), mais là où le film déraille vraiment c'est dans le jeu et la direction des acteurs (difficile d'être aussi mauvais). Bref, un excellent moment de cinéma bis pour ce film passé curieusement à la postérité en raison de cette réplique absconse "Promizoulin, finissons-en" !

Lili Marleen

Un film de Rainer Werner Fassbinder (1981) avec Hanna Schygulla. L'histoire est tout simplement mal racontée, l'auteur usant et abusant des ellipses y compris sur des aspects essentiels du récit (on ne saura jamais comment Mendelshon s'en sort, idem pour Willie). Sur le plan de la mise en scène, certaines (la gare) sont du niveau "kermesse de fin d'année". Quant à cette idée de couper les chants de Schygulla avec des images d'actualité, c'est d'un lourd. Il reste quoi ? Schygulla magnifiquement photographiée, c'est un peu juste pour faire un film. Une histoire intéressante mais très mal racontée

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier

Un film de Pedro Almodovar (1980) avec Carmen Maura. Le premier long métrage de Pedro Almodovar et toutes ces obsessions sont déjà là : travestissement, urologie, masochisme, prostitution, homosexualité et même une femme à barbe (dans une séquence assez cocasse mais hors sujet). Si la première heure est intéressante pour ceux qui sont fascinés par l'univers du réalisateur, il faut bien admettre que la dernière partie est assez pénible et casse un peu l'ambiance. Mais globalement on passe un mon moment, et puis Carmen Maura est éblouissante.

Blow Out

Un film de Brian De Palma (1981) avec John Travolta et Nancy Allen. Même si le film est inférieur à Pulsion, on reste à un très haut niveau. L'utilisation de la bande son est tout simplement géniale, les acteurs principaux sont extraordinaires (Nancy Allen dans le rôle d'une jolie nunuche est fabuleuse). Quand au suspense, il joue crescendo atteignant son paroxysme dans la très longue scène finale. La conclusion est volontairement désabusée mais d'une force incroyable. Seul petit reproche, on ne comprend pas bien les motivations de ce tueur qui ne semble pas se contenter d'être un exécutant et qui outrepasse ses instructions, mais ça n'a rien d'essentiel.

La soupe aux choux

Un film de Jean Girault (1981) avec Louis de Funès, Jean Carmet et Jaques Villeret. Malgré sa mauvaise réputation critique, je me suis pourtant dit "ce n'est pas possible, ce film doit avoir des qualités cachées", alors force est de constater qu'ils sont bien cachées. Au début Carmet n'est pas trop mauvais, mais déjà de Funès surjoue de façon agaçante… et voilà que nos deux zozos se mettent à péter (c'est censé être hilarant) et leurs pets attire une soucoupe volante piloté par un Villeret déguisé en play-mobil et parlant en borborygmes. L'affaire semble pliée au bout d'une demi-heure, mais voilà que le gentil ET ressuscite la femme de De Funès (n'importe quoi) laquelle lui avoue qu'elle l'a fait cocu avec Carmet et qu'elle s'en va vivre à la ville avec un motard… d'autres imbécillités suivront… Des films nuls ça existe, mais un film nul qui reste un succès populaire persistant cela dépasse l'entendement. Parce que, quoi sauver ?: une direction d'acteurs inexistante, une réalisation paresseuse, une musique agaçante, des effets spéciaux ridicules, des personnages grotesques, une histoire à dormir debout, un comique sans doute très particulier puisque beaucoup l'ont apprécié, justifiant l'adage qu'il en faut pour tous les goûts. Affligeant !

Signé Furax

Un film de Marc Simenon (1981). Merci à Youtube d'avoir mis en ligne ce film invisible. C'est en effet un petit bijou d'inventivité et de drôlerie condensant la première saison du feuilleton radiophonique crée par les talentueux Pierre Dac et Francis Blanche. Ce film coproduit par Mylène Demongeot, très belle dans le court rôle de Malvina est un film de copains, certains acteurs faisant juste une apparition. Il est drôle parce qu'absurde, les jeux de mots débiles parviennent à nous faire rire tellement ils sont décalés, quant aux situations loufoques, ils foisonnent, l'ascenseur dans la guérite, l'escalier en dérangement, et évidement le fabuleux chant des babus. La distribution tient dans l'ensemble la route avec en tête un Bernard Haller majestueux, une Jean-Pierre Daras très bon, une distribution féminine déjantée (Dany Saval, Fanny Cotençon). Le seul bémol est sans doute constitué par les personnages de Black and White, sous exploités, mais difficile de résumer en 90 minutes 20 heures de feuilleton.

Le loup-garou de Londres

Un film de John Landis (1981) avec la très jolie Jenny Agutter. Le réalisateur a réussi le tour de force de respecter le mythe tout en y apportant un ton léger et décalé qui ne nuit ni au déroulement de l'intrigue ni à son final (inéluctablement prévisible)

Wolfen

Un film de Michael Wadleigh (1981)  avec Albert Finney. Le film est ambitieux, le pitch est original, l'idée de la caméra subjective avec les yeux de loup est excellente. Hélas le film est loin de tenir ses promesses, il est inutilement lent, cumule les situations et les comportements incompréhensibles (jusqu'au happy-end parfaitement ridicule). Et puis cette pseudo morale sur la Terre des ancêtres est d'un pénible.

Inseminoid

Un film de Norman J. Warren (1981) Une bonne série B (et une série B doit être notée en tant que série B !), en fait un survival de science-fiction surfant sur le succès d'Alien. La reconstitution de la station aménagée dans les sous-sols de la planète n'est pas si mal, le casting est correct, et le pitch est original, puisque le danger ne viendra pas de l'extérieur mais d'une femme, membre de la mission manipulée par une entité inconnue. Il y a une certaine tension, un zeste d'érotisme, mais malheureusement trop de personnages et à par Judy Geeson qui fait une excellente prestation, aucun ne se détache vraiment du lot, (malgré un excellent casting féminin) ce qui fait que l'empathie fonctionne assez mal, pas d'humour non plus, par contre côté gore, on est servi. Le film reste attachant malgré ses défauts.

Le choix des armes 

Un film d'Alain Corneau (1981) avec Yves Montand, Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Michel Galabru, Gerard Lanvin, Richard Anconina. C'est un très bon polar avec des acteurs au top (Depardieu a vraiment là un rôle à sa mesure). La réalisation est impeccable, le montage est nerveux, l'histoire intéressante, il y a beaucoup d'ellipses (peut-être même un peu trop engendrant, quelques petites confusions, ou incompréhensions, mais ça n'a rien de pénalisant)

La folle histoire du monde

Un film de Mel Brooks (1981). Farfelu, déjanté, irrespectueux, paillard et d'une bonne humeur communicative. Si le film ne provoque pas des crises de fou rire (ce ne semble pas être le but de toute façon), sa vision nous apporte détente et bonne humeur ce qui est déjà énorme. Le sketch sur Torquemada, entièrement musical est un petit bijou.

Les hommes préfèrent les grosses

Un film de Jean-Marie Poiré (1981) avec Josiane Balasko, Dominique Lavanant, Daniel Auteuil, Thiery Lhermitte…. Ça part un peu dans tous les sens et ça donne l'impression d'un joyeux bordel à la trame confuse. Reste quelques bons acteurs (dont Thierry Lhermitte méconnaissable en végétarien barbu) et quelques situations souriantes, mais ça ne vole pas très haut. Le fond (le mal-être de celles qui ne correspondent pas aux canons de beauté) est à peine esquissé, le film privilégiant le comique de situation (la scène du scrabble est géniale). Quant à la fin comme happy bateau (c'est le cas de le dire) ce n'est pas mal. Bref, c'est très moyen tout ça !

New-York 1997

Un film de John Carpenter (1981) avec Kurt Russel, Lee Van Cleef, Donald Pleasance,  Ernest Borgnine, Adrienne Barbeau. Certes le spectacle est assuré de fort belle façon avec une mise en scène très correcte, mais le scénario est vraiment trop primaire, Russel trop bourrin, Borgnine insupportable. Les facilités de scénario, les déficits d'explications, les ellipses et les invraisemblances abondent. Et en parlons même pas des scènes inutiles (à quoi sert ce combat de ring absurde puisque dénué de tout suspense sinon à faire de l'attraction gratuite). Aucun humour. Adrienne Barbeau campe un personnage improbable mais elle est très photogénique dans ce film. Quant à la fin… on va dire qu'elle est amusante, mais pas de quoi s'affoler non plus. Nous avons donc là une bonne série B très regardable, mais prendre ça pour un monument du cinéma c'est se moquer du monde !

Galaxina 

Un film de William Sachs (1980). C'est une série Z qui assume en tant que telle. C'est très poussif et même ennuyeux surtout dans la première partie, après ça bouge un peu avec quelques scènes visibles (un saloon-bordel puis un restaurant "humain" fréquentés par des créatures étranges. Un film qui n'a rien d'indispensable. Un mot sur la musique : C'est du Franz Liszt (entre autres) Après tout pourquoi pas ?

Y-a-t'il un pilote dans l'avion ?

Un film de Jim Abrahams, David et Jerry Zucker (1980). On est dans le loufoque, comme dans les films des Marx Brothers, le scénario n'a aucune importance et ne sert que de fil conducteur à toutes une série de gags complètement déjantés, tous ne fonctionnent pas pareils, si certains sont irresistibles, d'autres ne prennent leur saveur que parce qu'ils pastichent des scènes de films antérieurs, et puis le film perd de sa saveur en traversant la barrières de la langue, les jeux de mots très nombreux sont difficilement traduisibles. De plus le film à un côté irrespectueux tout à fait délectable, il date de 1980, un remake à l'exact aujourd'hui provoquerait une levée de bouclier de certaines associations bien pensantes qui croient tout savoir mais ne connaissent pas l'humour. Une heure trente d'excellente détente.

La prof' à la plage (la baigneuse fait des vagues) 

Un film de Michele Massimo Tarantini (1980). Un nanar bien lourdingue filmé n'importe comment avec des acteurs approximatifs dont un insupportable bellâtre (dans un rôle exécrable en plus). Se regarde d'un œil distrait parce que être aussi débile est tout de même une performance, et puis il y a Anna Maria Rizzoli qui ne joue pas mieux que les autres mais quelle plastique, mes amis, quelle plastique !

L'avare  

Un film de Jean Girault et Louis de Funès (1980) : avec Louis de Funès, Michel Galabru, Claude Gensac, Bernard Menez… Le texte est celui de Molière et Girault a eu beau ajouter quelques inserts illustratifs (dont l'assez bonne scène de la quête à l'église), ça n'en reste pas moins du théâtre filmé, cet objet n'ayant pa grand chose de cinématographique. Vu comme ça, il reste à juger la mise en scène très moyenne, et l'interprétation très inégale : car si De Funès s'en sort plutôt bien, Galabru aussi, si Claude Gensac est exceptionnelle, le reste de la distribution n'est pas à la hauteur, les interprétations de de Cléante et d'Elise peuvent passer mais ceux de Marianne et de Valère sont catastrophiques

 Pulsions

Un film de Brian De Palma (1980) avec Angie Dickinson, Nancy Allen et Michael Caine. Une géniale leçon de cinéma, un chef d’œuvre absolu maîtrisé de bout en bout ! Et qu'on ne vienne pas nous raconter que De Palma ne fait que copier Hitchcock. Il ne le copie pas, Hitchcock est son maître, il en retient toutes les leçons, mais les accommodent à sa façon. Là où Hitchcock suggère le sexe, De Palma le transcende de la façon la plus géniale qui soit en jetant au panier les codes de l'ordre moral... Ainsi toute la première partie est un hommage - oh combien sensuel - à la beauté mature d'Angie Dickinson (49 ans au moment du tournage) et à la liberté sexuelle. Ainsi l'auteur qui a confié à Nancy Allen le rôle d'une prostituée, à choisi délibérément d'en faire un personnage positif, parfaitement bien dans sa peau et qui s'assume complètement. L'érotisme est omniprésent, la sexualité aussi, le film n'a rien contre les transsexuels (il en est pour preuve que cette discussion surréaliste, - chirurgicale, devrait-on dire - entre Nancy Allen et le jeune Keith Gordon, vers la fin) il a par contre quelque chose contre la société qui les rejette. Mais Pulsions est d'abord un film d'angoisse, elle naît de suite, dès les premières minutes (ça nous change de certains films qui n'ont pas encore démarré au bout de 30 minutes) et ne nous quitte qu'avec l'apparition du mot fin. Et puis il y a cette maestria, la beauté et l'audace des plans, la musique, les acteurs... des scènes inoubliables... tout ! Un des grands films de l'histoire du cinéma., Merci Monsieur de Palma !
PS : Et honte aux crétins du Razzie Awards qui ont osé nominer trois fois ce chef d'oeuvre.

Le dernier métro

Un film de François Truffaut (1980) avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Jean Poiret, Andréa Ferréol, Maurice Rich... On se délecte, c'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose, mais on ne voit pas passer ces 2 heures et quart. Tout est bon, la mise en scène, la photo, la musique, et bien sur le jeu des acteurs. Il y a énormément de scènes très courtes, et comme aucune n'est gratuite, c'est dire la richesse du film qui trouve le moyen de glisser des apartés sans que cela nuise au déroulement dramatique du film (je pense par exemple au deux apartés sur l'homosexualité, la masculine et la féminine ou celui sur la critique) . J'aime bien aussi la façon dont Truffaut a conclu son film, une façon à la fois roublarde, tout en auto-référence, (Jules et Jim), et peu politiquement correct. Chapeau !

Les Borsalini

Un film de Michel Merval (1980) avec Jean Lefebvre, Darry Cowl, Robert Castel. Il faut partir du principe qu'un film que l'on regarde jusqu'au bout dans la bonne humeur ne saurait être mauvais. Alors évidemment les défauts sont là, mauvaise direction d'acteurs, scénario qui parfois se barre en sucette et Robert Castel assez soulant, mais bon, c'est décontracté, ça ne se prend pas au sérieux, Darry Cowl est excellent, il y a des bons mots, des actions amusantes et de jolies filles peu farouches. Que demande le peuple ? A remarquer le générique de début très bien réalisé.

La femme objet

Un film de Frédéric Lansac (1980) avec Marilyn Jess, Laura Clair, Helen Shirley, Richard Allan. Dans un film classique, quand le scénario est tenue, on comble par des bavardages, dans un film X on comble en étirant les scènes hards. C'est exactement ce qui se passe ici, et c'est dommage parce que le film est intéressant de par son thème, sa réalisation et son casting. Richard Allan est bon, mais c'est surtout ces dames qui nous gâtent, Helen Shirley et ses airs de petite bourgeoise, Laura Clair et son petit air mutin et bien évidemment Marilyn Jess complètement déchaînée qui crève l'écran. Une réussite.

Les maîtresses

Un film de Burd Tranbaree (1980) avec Karine Gambier, Erika Cool, Liliane Lemieuvre, Mariane Fournier, Richard Allan, Guy Royer. Un scénario minimaliste, une post synchronisation médiocre, mais du beau monde, une réalisation assez soignée et une final de folie (une partouze avec sept femmes et deux hommes pendant trente minutes)

Secrétariat privé

Un film de Burd Tranbaree 1980. Le casting est malheureusement inégal, car si c'est toujours un plaisir de retrouver Nadine Roussial, Helen Shirley et Laura Clair le reste déçoit. Un Tranbaree en petite forme.

Le guignolo

Un film de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo (1980). Un film qui n'a rien à nous raconter réalisé à la paresseuse par Lautner (qui sait pourtant parfois être bon) sur un scénario ridicule et inintéressant qui se contente de glorifier Belmondo omniprésent lequel devient vite aussi pitoyable qu'ennuyeux.

Kagemusha

Un film d'Akira Kurosawa (1980)  Oh, que ça commençait mal avec cet interminable plan fixe censé nous poser le cadre du récit. Mais ça devient très vite intéressant, de par le sujet (le pouvoir et ses coulisses) et par la beauté des plans. Ils peuvent d'ailleurs surprendre, des hommes en armes à foison des scènes de sièges, d'avant bataille, puis de fin de bataille, mais pratiquement pas d'engagements, n'empêche que c'est visuellement magnifique. Un grand film

L'entourloupe

Un film de Gérard Pires (1980) avec Jean-Pierre Marielle, Gérard Lanvin, Jacques Dutronc. Ce film aurait été réalisé un peu plus sérieusement (de gros problèmes sur la bande son) nous aurions eu là un petit bijou. Le thème des arnaqueurs minables est classique, mais ici il faut voir comment Marielle nous faire un véritable cours de vente, c'en est magistral, certaines scènes sentent l'improvisation (c'est en partie voulu) mais n'en sont que plus délectables (le vol des vaches). Le film n'épargne personne, les hommes y sont beaufs, un peu voyous, les femmes nymphomanes (merveilleuse Anne Jousset !), et le traitement des paysans (dont certains jouèrent leur propre rôle) est d'une férocité inouïe. La scène finale est grandiose. On est assez proche dans l'esprit de certaines comédies italiennes. Et oui ! A noter la musique de Django Reinhardt et l'affiche de Reiser.

La Banquière  

Un film de Francis Girod (1980) avec Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant… On regarde (péniblement) jusqu'au bout à cause du casting de luxe. Sinon Girod n'a pas sur rendre intéressante cette histoire qui se traîne lamentablement, où la multiplicité des personnages et la confusion des situations fait qu'on a du mal à suivre. L'ennui n'est jamais bien loin.

Les phallocrates

Un film de Claude Pierson (1980) avec Paul Preboist, Rober Carel. Rebaptisé en "Planque ton fric, j'me pointe ", ça démarre en comédie érotique, mais devient rapidement n'importe quoi dans sa partie centrale, pour rebondir dans la folie pure avec la grande scène finale du bal masqué dans l'asile de fous. Certains choix du scénario comme le rôle attribué à Preboist sont débiles et d'une façon générale le casting masculin déçoit, alors que la distribution féminine est assez étonnante avec la très belle rousse Isabelle Goguey, Chantal de Rieux  en belle femme mature et Catherine Chevalier. Ça n'a rien d'un chef d'œuvre, c'est très nanar, parfois lourdingue mais ça se regarde, tous les films ne peuvent pas en dire autant.

Au-delà de la gloire  

Un film de Samuel Fuller (1980) avec Lee Marvin. L'histoire n'en est pas vraiment une puisqu'elle se, confond avec celle de l'intervention américaine dans le second conflit mondial, vu ici du point de vue des rescapés d'une escouade d'élite. C'est magistralement bien fait, avec un Lee Marvin impérial, (on est loin des 12 salopards) dominant toute la distribution en tous points excellente (avec un Mark Hammil qui se défend bien et Stephane Audran dans un étonnant petit rôle). Les scènes de guerre sont très bien rendues (même si Spielberg a fait mieux, question réalisme en ce qui concerne le débarquement en Normandie). Il y a peu de sang mais des séquences étonnantes, des situations où l'horreur côtoie le burlesque, (le gars qui saute sur une mine, l'asile de fou, la fiesta sauvage, le repas chez les siciliennes, l'accouchement dans le tank) une omniprésence du sexe surtout dans le langage, mais surtout une omniprésence de la mort dont la banalité et l'inexorabilité devient un questionnement (c'est d'ailleurs le sujet du film). Malgré la gravité du sujet, Fuller se fait plaisir avec quelques petits trucs un peu décalés, à l'image de ce soldat (Robert Carradine) qui a toujours un gros cigare entamé au bec. On peut réellement parler de chef d'œuvre

Fog

Un film de John Carpenter (1980)  avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis, Nancy Loomis, Janet Leigh. Le film est angoissant au possible (c'est d'ailleurs sa fonction), grâce à un montage très nerveux usant des situations parallèles. L'interprétation est excellente (avec une mention spéciale pour Adrienne Barbeau, rayonnante). La photo est soignée. On regrettera juste cette fin à retardement (pour quoi le pasteur bénéficie-y-il d'un sursis ?). Un excellent Carpenter.

Vendredi 13

Un film de Sean Cunninigham (1980). Ça commence plutôt bien, le réalisateur joue avec nous au jeu de "Qui c'est qui va y passer ?" et "Comment il va y passer". Et ça fonctionne plutôt bien pendant presque une heure, les acteurs n'ont pas grand-chose à faire, la caméra subjective et la petite zizique sont très efficace. Sauf que le scénariste a fait un mauvais choix en tuant tout le monde sauf une rescapée pendant la première heure. Reste donc pour la dernière demi-heure Alice (Adrienne King) qui est bien mignonne mais qui ne sait pas jouer et la méchante qui se dévoile (Betsy Palmer) et lui donne la réplique mais qui ne joue pas mieux. Cette dernière partie sombre dans le ridicule le plus grotesque.

Hurlements

Un film de Joe Dante (1980) Ce film de loup-garou se veut d'abord à la fois un hommage à ce qu'ont fait ses prédécesseurs (les personnages portent d'ailleurs leur nom, Fisher, Francis...) et une réactualisation du mythe. Il ne se prend d'ailleurs pas au sérieux et le souligne pour ceux qui n'aurait pas compris dans le tout dernier plan. Sinon, c'est intéressant, la mise en place est originale, le climat d'angoisse bien entretenu, et les trucages mémorables. Au niveau du casting et de la direction d'acteurs, il est curieux de constater que si les rôles masculins sont moyens, Dante a, en revanche particulièrement soigné les trois rôles féminins : la très belle blonde Dee Wallace dans le rôle principal, la très mignonne Belinda Balaski (avec son nez de fouine), et la très sexy lougarette Elisabeth Brooks (qui nous fait un bel intermezzo érotique). Un classique du genre.

Les dieux sont tombés sur la tête  

Un film de Jamie Uys (1980). Le pitch de départ est tout simplement génial, en fait trois histoires s'emmêlent et finiront par se rejoindre ce qui permet une superposition des thèmes, et des genres puisque le comique de situation alterne avec les séquences d'action. Les trois acteurs principaux sont très bons et bien sympathiques, mention spéciale pour Sandra Prinsloo (ah ! La scène dans la rivière !)  Certains gags sont proprement désopilants et tout cela est vraiment loin d'être idiot. Ce film est un petit bijou !

Nimitz, retour vers l'enfer

Un film de Don Taylor (1980) avec Kirk Douglas. Intéressant, spectaculaire et original, on ne s'ennuie pas une seconde. Cependant le gros point faible de ce film est sa direction d'acteur, si Douglas (en service minimum) et l'excellent Charles Durning n'ont pas besoin d'être dirigés, Katharine Ross n'est pas trop à l'aise, quand à Martin Scheen c'est une catastrophe, non content de jouer comme un pied, il fait le beau gosse de façon ridicule et devient franchement pénible. Le paradoxe temporel est traité avec intelligence pendant toute la durée vu film mais vire au grand n'importe quoi dans le lamentable twist final. Malgré ses défauts, cette pub pour l'US Navy reste tout de même très réussie.

The blues brothers

Un film de John Landis (1980) avec Aretha Franklin, James Brown, Carrie Fisher… Landis, il n'existerait pas, il faudrait l'inventer, tout est dans la démesure assumée. Nous avons droit à un véritable jeu de chamboule-tout, ça explose, ça caracole, ça fonce dans le tas et comme dans les cartoons, le résultat c'est zéro morts, zéro blessés, les numéros musicaux sont exceptionnels, la palme revenant à celui avec James Brown, mais ceux d'Aretha Franklin et de Cab Calloway ne sont pas non plus piqué des hannetons. En revanche Ray Charles est moyen, on peut toujours chipoter et trouver par exemple la scène du restaurant assez faible, ou déplorer la faiblesse numérique du casting féminin, mais l'ensemble reste brillant et cultissime.

Fame  

Un film d'Alan Parker (1980) Contrairement à "La fièvre du samedi soir" ou à "Grease", Alan Parker disposait pour ce film d'un matériau de départ intéressant et intelligent. Mais, en choisissant d'en faire un film choral, il prenait le risque de la dispersion et on saute effectivement sans arrêt du coq à l'âne sans que le film arrive à nous passionner, quelques trop rares morceaux musicaux arrivent à nous sortir de l'ennui mais ça ne fait pas le compte. Une déception, donc

Saturn 3

Un film de Stanley Donen (1980) avec Kirk Douglas, Farah Fawcett et Harvey Keitel. Sans doute faut-il aimer la science fiction pour apprécier ce film qui est une excellente série B. Le scénario est simple mais bien exploité, les rebondissement et le suspense sont au rendez-vous. les acteurs sont à leur place, Kirl Douglas est bon, Farah Fawcett est très mignonne et Hervey Keitel parfait dans le rôle du méchant. Le robot est très bien aussi et les décors sont aussi réalistes que soignés. Seule ombre au tableau, on ne comprend pas vraiment ce qui c'est passé au début (mais est-ce si important ?) Sinon, avez vous remarqué que Kirk Douglas mourrait toujours à la fin de ces films ?

Flash Gordon

Un film de Mike Hodges (1980) avec Ornella Muti, Max Von Sidox, Timothy Dalton. C'est évidemment du second degré (sinon ce serait irregardable), les rôles de Flash Gordon et de Dale Arden sont joués par des têtes à claques, Max Von Sidow cabotine. Les délires tournent souvent au ridicule, les duels n'ont aucun intérêt, et les vikings volants sont pitoyables. Quant à la musique de Queen, heureusement qu'ils ont fait mieux. Bref c'est pas terrible. (à sauver Ornella Mutti qui réussit même à se faire flageller !)

Stardust memories

Un film de Woody Allen (1980) avec Charlotte Rampling, Woody Allen, Marie-Christine Barrault. Esthétiquement c'est une merveille, la photo est magnifique et Charlotte Rampling n'a jamais été aussi belle, le sourire de Marie-Christine Barrault est également fascinant. Le film est très personnel, voire nombriliste mais le ton employé et l'humour omniprésent en rend la vision agréable et fascinante. Réflexion sur l'art et sa finalité. Pourquoi faire de la création se demande l'artiste, Et si c'était tout simplement pour se faire plaisir ? C'est en tout cas ce que ne dit pas Woody Allen mais il semble bien le montrer. La bande son est fabuleuse comme toujours.

Inspecteur La Bavure

Un film de Claude Zidi (1980) avec Coluche, Gerard Depardieu, Dominique Lavanant. Un bon petit film avec Coluche, mais sans plus. Paradoxe allemand (je sais) l'humour décalé de Dominique Lavanant fonctionne mieux que le reste. On notera quelques gags osés (le cimetière, l'atelier protégé). D'autres sont ratés parce que trop appuyées (la poupée gonflable). La fin du film change de registre en nous offrant un délire absolu et c'est assez jouissif.  On ne s'ennuie pas, c'est distrayant, ça occupe les yeux, mais pas de quoi s'affoler non plus.

Dracula

Un film de John Badham (1979) avec Frank Langella. Curieux challenge de la part d'Universal de ressusciter de ses studios le mythe de Dracula, 48 ans après Lugosi, alors que la Hammer avait tout dit et que Polanski était passé par là. Le pari est pourtant presque réussi avec un Frank Langella étonnant et une Kate Nelligan rayonnante de beauté. L' atmosphère gothique et la folie omniprésente sont particulièrement bien rendus par le jeu des couleurs, et puis ce romantisme qu'on est peu habitué à voir dans ce genre de production nous charme. Hélas, il faut faire avec un Laurence Olivier absolument exécrable, une scène finale trop hollywoodienne et finalement pas terrible, un manque évident de suspense et quelques incongruités de scénario (le vampire a peur des croix, et 20 minutes plus tard, il en a plus peur ?). Le dernier plan (fin ouverte vers une suite qui ne verra jamais le jour ?) est très beau.

Tess

Un film de Roman Polanski (1979) avec Nastassja Kinsky. Ce film magnifique eut été moins lent, cela aurait été un chef d'oeuvre ! Sinon, c'est très bon, le film est construit autour du personnage de Tess incarné par Nastassia Kinsky qui crève l'écran. Esthétiquement c'est très beau, les plans sont léchés et la musique efficace sans être envahissante. Le talent de Polanski s'exprime encore une fois ici prouvant qu'en ne faisant jamais la même chose, il le fait toujours bien. Mais bon sang, qu'est ce qui lui a pris à Polanski de faire si lent ?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette  

Un film de et avec Jean Yanne (1979) avec Mimi Coutelier, Jean-Pierre Cassel. Trente ans avant que le directeur de TF1 le confesse publiquement, Jean Yanne dénonçait le rôle abrutisseur d'une certaine télévision. Le film se déroule à un rythme endiablé dans une ambiance disco tout à fait sympathique (avec The Village People et The Ritchies Family). L'ambiance foutraque des plateaux, l'ego des présentateurs tout cela est fort bien vu. Les pastiches de publicités dans un pur esprit Hara-Kiri sont savoureuses. La faiblesse du film réside dans sa trame policière, certes simple prétexte, mais qu'on pourra trouver un peu simplette. Mais bon, c'est du Jean Yanne et bien que ce ne soit pas un de ses meilleurs on ne boude pas notre plaisir.

L'infirmière du régiment

Un film de Mariano Laurenti. (1979) Cette comédie érotique italienne complètement déjantée (et pas très fufute, il faut bien l'admettre) se laisse voir sans déplaisir, la recette de ce genre de film étant éprouvée : quelques jolies filles de temps en temps pour nous émoustiller et il faut dire qu'on est gâté, Nadia Cassini qui tient la vedette, Karin Schubert et Carmen Russo qu'on ne voit pas assez, et surtout Susan Scott, déchaînée. C'est un nanar, mais un nanar agréable.

Infirmières à tout faire (les suceuses)  

Un film X de Burd Tranbaree (1979). Whaouh ! Quel trio de choc : Karine Gambier, Marianne Fournier et France Romay. Et en prime l'étonnante Cristel Lauris dans le rôle de l'infirmière en chef ! Il y a aussi Elisabeth Buré mais ce n'est pas la même classe. Côté homme notre Richard Allan est toujours aussi sympathique et toujours aussi efficace. On passe un bon moment, ces messieurs dames ont l'air de bien s'amuser. Du bon porno.

L'amour en fuite

Un film de François Truffaut (1979) avec Jean-Pierre Léaud, Marie-France Pisier, Claude Jade. Ça commence assez mal avec une chanson gnangnan d'Alain Souchon. Le film fait sans cesse appel à de très nombreux flash-back empruntés aux films précédents de la série (certains se regardent avec un réel plaisir). Le film lui-même n'apporte que peu de scènes intéressantes, hormis celle du wagon-lit, Léaud est nettement bien moins dirigé que dans les autres Truffaut, Dorothée est moyenne et la fin plonge dans la guimauve (avec de nouveau Souchon). Un Truffaut moyen.

Buffet froid

Un film de Bertrand Blier (1979) avec Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet. Après une introduction grandiose avec Michel Serrault, on tombe dans le grand n'importe quoi. La référence au surréalisme et particulièrement au film "Le Charme discret de la Bourgoisie" est revendiqué par Blier. Mais, manque de pot, il s'agit là du plus mauvais Buñuel. Autant dire que si le procédé consistant à faire agir les protagonistes à contre-courant du sens commun nous surprend, il finit à la longue par être lassant. Reste le jeu des acteurs, quelques bonnes répliques et des plans magnifiques, sinon…

Alien, le 8ème passager

Un film de Rodley Scott (1979) avec Sigourney Weaver, Veronica Cartwright, John Hurt (1979) : Un chef d'œuvre ! Ce film de science fiction se déroulant dans l'huis clos d'un vaisseau composé d'un équipage de 5 hommes et 2 femmes est également un film d'angoisse. Tout est bon : la direction d'acteurs, les décors fabuleux, la montée de la tension dramatique, les rebondissements et la présence de l'alien . Et puis cette scène inoubliable où vers la fin où Sigourney Weaver (excellentissime dans ce film), enlève sa combinaison d'astronaute, pour apparaître en tee-shirt et petite culotte... Moment d'immense calme avant la véritable fin... Chef d'œuvre absolu !

1941

Un film de Steven Spielberg (1979) avec Nancy Allen. Et oui, Spielberg nous a pondu un film comique (et avec des séquences un peu sexy en plus !). Et comme dans beaucoup de films comique le meilleur (la très sexy scène d'introduction, la très belle Nancy Allen qui se fait draguer dans l'avion et surtout cet incroyable, inimaginable, anthologique scène dans le dancing rempli de militaires et de marins) côtoie le moins bon (le gars prisonnier des japonais, la scène finale). Globalement on passe un excellent moment (malgré une seconde partie un peu poussive). Se regarde comme un Marx Brothers.

Dr Jekyll and Mr Hyde (Edge of Sanity)  

Un film de Gérard Kikoïne (1979) avec Anthony Perkins. Réalisée par le sulfureux réalisateur de "Dans la chaleur de Saint-Tropez", cette bonne série B qui vaut bien mieux que le mépris avec lequel il fut accueilli. Certes, le thème est rabâché et a donné lieu à quelques chef d'œuvres, n'empêche que cette adaptation habilement mélangée avec l'histoire de Jack l'éventreur, vaut le coup d'être vue, la photo est soignée, les décors recherchés, il y a une ambiance kitch dans les scènes de bordel tout à fait plaisante, de belles femmes, un léger érotisme, une bonne interprétation d'Anthony Perkins. Que demande le peuple ?

Chromosome 3

Un film de David Cronenberg (1979) avec Oliver Reed et Samantha Eggar. Le titre français ne veut rien dire du tout, le titre anglais est "The brood", ce qui signifie "la couvée" ! Un film fantastique qui est aussi un "vrai" film d'horreur sans aucun second degré. Oliver Reed est magistral, le scénario est très bien ficelé. On peut cependant trouver le film un peu lent et un peu bavard.

Bons baisers d'Athènes  

Un film de Georges Cosmetos (1979) avec Roger Moore, Telly Salavas, David Niven, et Claudia Cardinale. Si le film commence par une ambiance assez grave, c'est pour nous décrire le contexte dans lequel cette histoire va se dérouler. Une fois que c'est fait, le ton devient plus léger, mais ça reste la guerre, on y meurt beaucoup (ce n'est pas la Grande Vadrouille) l'esprit est assez proche des premiers James Bond (C'est d'ailleurs l'année où Roger Moore jouera Mooraker). Côté distribution on pourra regretter les rôles un peu trop farfelus de Sony Bono (le Sony de Sony and Cher) et d'Elliot Gould, en revanche la distribution féminine est éblouissante avec une Tiffany Powers sémillante à souhait et surtout une Claudia Cardinale, incarnant une tenancière de bordel décontractée (la dernière scène où elle danse le sirtaki  - danse inventée en 1964 pour Zorba le grec - est un véritable enchantement). Ajoutons-y une réalisation tout çà fait correcte, quelques prises de vue surprenantes (les reflets sur les casques), une bonne musique, des paysages superbes et une fin délicieusement amorale ! Que demande le peuple ?

Monty Python : la vie de Brian

Un film de Terry Jones (1979) : C'est assez long à démarrer, c'est parfois lourd (pour ne pas dire lourdingue), c'est bavard et certains gags tombent à plat. Malgré tout, ce film qui ressemble à du grand n'importe-quoi reste attachant. Le film n'est pas tendre avec la foule (stupide, méchante, dangereuse), les "groupuscules" coupés des réalités et surtout le culte de l'héroïsme (qu'il soit religieux ou non). L'avant dernière scène où son groupe puis sa copine viennent remercier Brian de mourir en héros (alors qu'il n'a rien demandé) est à ce propos édifiante.

Amityville, la maison du diable

Un film de Stuart Rosenberg (1979) avec Margot Kidder. Contrairement à ce que prétend le film, les évènements qui y sont décrits ne s'inspirent pas de fait réels. Si le lieu en question fut effectivement le théâtre d'un sextuple meurtre en 1974, la suite n'est une mystification montée de concert par le romancier Jay Anson et les époux Lintz qui achetèrent la maison. Cette mystification participa aux succès du livre et du film. Sachant cela les bondieuseries du film deviennent franchement pénibles (Rod Steiger est ridicule) sinon c'est plutôt pas mal et bien interprétée (sublime Margot Kidder !) et bien réalisé. Dans sa catégorie et malgré son rythme décousu, il reste supérieur à l'Exorciste (1973) et à Shining (1980).

Manhattan

Un film de Woody Allen (1979) avec Diane Keaton, Mariel Hemingway, Meryl Streep. Déjà le film est esthétiquement beau avec un noir et blanc superbe en forme d'ode à la ville de New-York et la musique de Georges Gershwin. Ensuite les relations entre les trois personnages principaux s'avèrent passionnant puisque la seule à paraître sincère dans ce petit jeu est Mariel Hemingway (avec au passage une jolie défense des amours intergénérationnels). Les deux autres mentent, privilégiant le "paraître" à leur véritable ressenti, que ce soit sur le plan affectif, sexuel, culturel (la séquence où Diane Keaton glose sur un cube d'acier est à ce propos fabuleuse). En fait une critique du snobisme, de la suffisance et même d'une certaine hypocrisie. Allen nous explique que l'homme est un être imparfait, ce qui ne l'empêche pas de rendre ses personnages attachants. C'est beau, c'est fort et le ton adopté ne peut que nous ravir.

Ultra Vixens 

Un film de Russ Meyer (1979). Russ Meyer était fasciné par l'actrice Kitten Natividad (il y a de quoi !) et ce film peut être considéré comme une ode à son physique ; c'est aussi son film le plus "cochon". Malheureusement le scénario est maigrichon et ne retient pas l'attention, les scènes sont répétitives et s'étirent en longueur et puis : qu'est ce que ça braille ! Quelques bons moments cependant, outre les exhibitions de Kitten Natividad dans les doubles rôles de Lavonia et de  Lola Langusta, celui de Ann Marie en Sœur Eufaula Roop n'est pas mal non plus (par contre June Mack est une erreur de casting.). Relative déception , film moyen.

Les esclaves sexuelles

Un film de Burd Tranbaree (1979) avec Richard Allan, Dominique Aveline, Erika Cool, Liliane Lemieuvre. On va dire que c'est très légèrement décevant, c'est en effet inférieur à ce que fait Tranbaree d'habitude, la faute à un scénario mal construit (un type rapporte des esclaves sexuelles consentantes de ses voyages pour sa collection !) et à une distribution disparate dans laquelle même Erica Cool et Liliane Lemieuvre ont du mal à émerger. Les scènes hard ont tendance à trainer en longueur et les scènes soft ne sont pas bonnes, mais ça se regarde

Driller Killer

Le premier film d'Abel Ferrera (1979) dans lequel il joue le rôle principal. Quelques bonnes choses notamment les trois interprètes de cet étrange ménage à trois (Ferrra lui-même, la très belle Carolyn Marz…) Le très court passage lesbien est remarquable. Mais sinon que de longueurs, que c'est long à démarrer, que les séquences rock sont inintéressantes et ennuyeuses. Quant aux scènes gores, ben ce sont des scènes gores… rien qui révolutionne le genre. Globalement, si le potentiel est évident, on a surtout l'impression d'avoir affaire à un brouillon tiré à la ligne.

Quintet

Un film de Robert Altman (1979) avec Paul Newman, Fernando Ray, Vittorio Gassman, Bibi Andersson, Brigitte Fossey. Un conte philosophique sur l'absurdité du destin dans un décor glacial où l'humanité se meurt. C'est lent, mais c'est tellement bien fait que la tension ne faiblit jamais (il y a juste une toute petite longueur), les décors sont fantastiques et le traitement des couleurs est remarquable, les costumes et le sens apportés aux détails est fabuleux, la musique de Tom Pierson qui joue un rôle important est un enchantement et colle parfaitement au film. La direction d'acteurs est sans faute avec un très bon Paul Newman… et puis Brigitte Fossey et Bibi Anderson dans le casting féminin, ça en jette, non ?

Le malin

Un film de John Huston (1979). John Huston n'a pas su rendre cette histoire intéressante et passe à côté de son sujet pourtant prometteur. On ne se raccroche à rien et certainement pas aux personnages dont les comportements relèvent tous de l'absurde, mais un absurde ennuyeux et bavard au possible, tout est désespérément sombre et agaçant, le seul moment de fraîcheur étant quand le type déguisé en gorille fait peur à un vieux couple (Référence à la panthère rose ?). C'est pas mal joué, l'acteur principal est inquiétant à souhait, mais ça n'aide pas à supporter le film au contraire.

Les vampires de Salem

Un téléfilm de Tobe Hooper (1979). La direction d'acteurs est inexistante et plombe tout, car si James Mason s'en sort fort bien (il n'a a pas besoin d'être dirigé, lui) pour les autres ça va du moyen à l'exécrable (les enfants, le gérant de l'agence, le vieux). Tout cela dure trois heures, on peut donc admettre qu'il y ait des longueurs, le fait qu'il y ait des ellipses est moins logique… Ça part dans tous les sens, sans logique, sans cohérence. Et puis une histoire de vampires qui gomme tout l'aspect érotique du mythe, ce n'est pas très sérieux ou alors il aurait fallu le remplacer par autre chose, mais là il n'y a rien pour se raccrocher. Si la première partie reste éventuellement regardable, quand à partir de deux heures, le héros s'en va avec sa musette de bondieuserie pour tuer les vampires, on sait déjà que le film est plié et comment il sera plié, alors l'ennuie s'installe inexorablement. Et comme si ça ne suffisait pas on nous a rajouté une conclusion superflue et archi téléphoné.

Caligula

Un film de Tinto Brass (mais en fait de Tinto Brass et Bob Guccione pour sa version intégrale sortie en 1979) avec Malcom McDowell, Peter O'Toole, John Gielgud, Helen Mirren, Teresa Ann Savoy. Film maudit qui vaut beaucoup mieux que sa réputation de superproduction porno. Il faut déjà souligner la beauté des décors et surtout la direction d'acteurs absolument sans faute.  Malcom McDowell est y est bluffant, Helen Mirren et Teresa Ann Savoy rayonnantes de beauté et de sensualité. On a parlé d'inserts pornos, ce ne sont pas des inserts mais des scènes (par ailleurs remarquablement filmées) s'intégrant parfaitement au fil narratif. Ce choix a été celui de la production : Caligula était inconcevable sans sexe et à partir du moment où on ne censurait pas la cruauté, pourquoi édulcorer le sexe ? Ce film n'est pas un livre d'images, il donne à réfléchir. Certes Caligula est fou, mais que penser de ces courtisans qui l'accompagnent tête baissée dans ses actes les plus odieux, que penser de ces sénateurs, ridiculisés, humiliés et qui ne bronchent pas ? L'histoire n'a pas cessé de le montrer, si les dictateurs fous se maintiennent au pouvoir c'est en raison de la complaisance des uns et de la lâcheté des autres. Mais s'est aussi une réflexion sur le cinéma : sur ce qu'il peut montrer. Et à ce propos, il est surprenant de constater que la toute dernière scène d'orgie, très hard mais sans violence, apparaît comme un apaisement après cette accumulation de cruauté (cette scène est évidemment censurée dans la version "soft", alors que la scène non sexuelle, des têtes coupées ne l'est pas. Chercher l'erreur !)

Le syndrome chinois  

Un film de Jeff Bridges (1979) avec Jane Fonda, Jack Lemmon, et Michael Douglas. C'est un film de propagande anti-nucléaire affichée, bon pourquoi pas, il faut donc faire avec le côté militant (assez pénible) et avec le manichéisme qui va avec. Encore faudrait-il que cela tienne la route ! Certes le film possède quelques atouts non négligeables : Jane Fonda resplendissante, Jack Lemmon étonnant et bluffant (quel acteur, ce mec !), un début plutôt intéressant et prometteur… Mais à côté: Michael Douglas ridicule, deux "experts" qui font une analyse catastrophique à partir d'un film où évidemment on voit tout ! une poursuite en bagnole complètement déplacée, et le final grotesque à tout point de vue (les conditions dans lesquelles Lemmon menace la centrale sont invraisemblables, le fait qu'on laisse l'interview se faire en direct est incohérent) Et puis surtout le syndrome chinois, et bien renseignez-vous, ça n'existe pas ! A vouloir trop prouver on ne prouve plus rien du tout… sauf pour ceux qui sont de toute façon convaincu d'avance… (ce qui constitue souvent le paradoxe du cinéma "engagé"), en revanche ça permet d'embobiner ceux qui ignorent tout du sujet.

Les bronzés font du ski

Un film de Patrice Lecomte (1979) avec avec Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Dominique Lavanant...  Supérieur au premier car plus cohérent et plus cynique. Avec le recul on se rend compte comment Michel Blanc domine d'assez loin la distribution. Quant au couple atypique formé par Dominique Lavanant et Maurice Chevit qui n'a qu'un rôle secondaire, il offre cependant l'un des meilleurs moments du film. Si certain gags tombent à plat (la crise de nerf de Clavier), on passe néanmoins un excellent moment.

Terreur sur la ligne

Un film de Fred Walton (1979) avec Charles Durning. Un bon petit film au suspense très efficace et qui se laisse regarder avec plaisir. On ne saura jamais comment le tueur arrive à pénétrer dans des appartements fermés à clés (à moins de considérer qu'il s'agit d'un élément fantastique ?). quant à la fin annoncée comme telle depuis un certain temps elle est idéologiquement pourrie puisqu'en fait elle nous explique qu'un psychopathe non responsable de ses actes ne mérite que la mort. Mais bon, ce n'est pas mal quand même !

Moonraker

Un film de Lewis Gilbert (1979) avec Roger Moore, Corinne Clery, Michel Lonsdale, Loïs Chiles. C'est un James Bond poussé dans ses extrêmes limites à la lisière de l'auto parodie. Que le jeu de piste de Bond soit incohérent n'a strictement aucune importance, que l'invraisemblance soit omniprésente non plus, quant au sérieux du propos, ce n'était vraiment pas l'objectif. Et tout cela fonctionne à merveille, les épisodes de Venise et de Rio étant les meilleurs là où les scènes d'action virent au burlesque (la gondole à coussin place St Marc ou le géant entraîné dans la danse dans les ruelles de Rio). On a droit aussi pour notre plus grand plaisir à un tas de références cinéphiliques (le Dies Irae de rencontre du 3ème type, le cor de chasse qui joue Zarathoustra comme dans 2001… la scène de chasse très inspirée par "le règle du jeu" et surtout cet énorme clin d'œil à Frankenstein quand le monstre tombe amoureux d'une gretchen à nattes et à lunettes.) De bonnes scènes d'action, des tas de gadgets, des belles filles (dont la très belle Corinne Clery), un Roger Moore plus obsédé que jamais, un méchant bien réussi (Michel Lonsdale). Deux heures de très bon cinéma qu'on ne voit pas passer et l'un des meilleurs James Bond !

Arrête de ramer, t'attaques la falaise

Un film de Michel Caputo (1979) avec Bernadette Laffont, Michel Galabru, Bernard Haller, Daniel Gélin. En de rares moments on se rend compte de ce que le film aurait pu donner, (l'idée de parodier le Cid, la tragédie la plus ringarde du répertoire n'est pas mauvaise en soi) mais là, on a beau être bon public, indulgent et adorer Bernadette Laffont, il faut se rendre à l'évidence, c'est mauvais de chez mauvais. Si le gag d'entrée (l'ouverture des portes) est bon, si la quincaillerie de l'armée turque amuse quelques instants, si Bernard Haller commence bien (le gag du croissant n'aurait pas été mal s'il ne devenait pas si lourd) le reste s'enlise dans le consternant, l'indigent et le grand n'importe quoi.

Soif de sang

Un film de Rod Hardy (1979) avec David Hemmings. Pourquoi ce petit bijou du cinéma fantastique australien n'est-il pas davantage connu. Le scénario est vraiment très original. La tension, le suspense et l'angoisse nous prennent aux tripes dès les premières minutes du film, et ne nous lâcheront pas avant la fin. L'interprétation de la très peu connu Chantal Contouri est saisissante. Ambiance flippante. Un chef d'œuvre du film d'angoisse fantastique à redécouvrir et à réévaluer d'urgence !

L'évadé d'Alcatraz

Un film de Don Siegel (1979) avec Clint Eastwood. Un film passionnant et très bien réalisé avec une bonne ambiance de l'univers carcéral bien reconstitué, Un bon suspense et une interprétation sobre mais efficace d'Eastwood. On regrettera néanmoins la petite touche d'homophobie ainsi que certains passages techniques peu explicites (le vol de la cuillère, la soudure)

L'infirmière de nuit

Un film de Mariano Laurenti (1979) avec Gloria Guida. Si certains gags idiots et le cabotinage du tandem Alvaro Vitali/Lino Bonfi ont tendance à faire glisser le film vers le nanar, l'ensemble n'est pas si mal, d'abord grâce à la présence survoltée de Gloria Guida (il faut la voir danser et chanter dans la boite de nuit) et à l'érotisme qu'elle dégage (la scène où elle s'exhibe au clair de lune est esthétiquement très réussie et très troublante) De plus le reste du casting féminin nous comble : Paola Senatore en maîtresse fantasque et Anna Maria Clementi en nymphomane insatiable, et puis il y a aussi la gigantesque Francesca Romana Coluzzi ! Tout cela n'a strictement aucun sens mais se suit d'un œil amusé (et même satisfait, n'ayons pas peur des mots)

La flic à la police des mœurs

Un film de Michele Massimo Tarentini (1979) avec Edwige Fenech. Supporter le duo Alvaro Vitali/Lino Banfi tient parfois du supplice, mais le film a heureusement d'autres atouts, d'abord la présence magique d'Edwige Fenech très bien employée et qui nous gratifie d'une très belle et érotique scène de douche et d'un joli numéro de cabaret où elle chante elle-même, et puis il a cette fin avec Vitali et Baffi travestis, avec cette bagarre dans la boite de nuit suivi d'une course poursuite, ce n'est plus du burlesque, c'est carrément du cartoon ! On s'étonne presque d'avoir passé un bon moment !

Que le spectacle commence  

Un film de Bob Fosse (1979) avec Roy Schneider. Il y a des très bonnes choses là-dedans, notamment quand Bob Fosse se moque de la censure, quand Schneider assure franchement sa paillardise ou quand l'auteur pose un regard désabusé sur le show-biz... Et puis la direction d'acteurs est exceptionnelle (les chorégraphes sont toujours d'excellents directeurs d'acteurs), Schneider étant fabuleux dans le rôle de Gedeon. Malheureusement il y a aussi tout ce qui ne va pas, une chorégraphie assez moyenne, une bande son qui n'a rien de géniale, quelques scènes lassantes et surtout un final interminable… et comme il n'y a aucune tension on est parfois à la limite de l'ennui. On est bien loin de "Cabaret".

Zombie

Un film de George A. Romero (1978) Vilipendé par la critique à sa sortie (après 5 ans d'interdiction), il est aujourd'hui porté aux nues. Faisons donc la part des choses, le film est déjà trop long, et la séquence centrale dans le supermarché avec ouverture et fermeture de porte finit par lasser sérieusement (d'autant que ce n'est pas si évident à suivre). On nous a expliqué que le film critiquait la société de consommation ? Oui, peut-être, mais dans ce cas ou bien c'est maladroit, ou bien c'est juste anecdotique. La force du film est ailleurs, avec l'arrivée des bikers se livrant à un jeu de massacre d'une sauvagerie incroyable, se pose alors la question de la survie de l'humanité, vaut-elle la peine si c'est pour en arriver à ça ? Et après nous avoir dégoûté de l'espèce humaine, Romero se souvient soudain qu'il tourne un film de zombies et nous offre du gore de chez gore.

Ces garçons qui venaient du Brésil

Un film de Franklin Schaffner (1978) avec Gregory Peck, Laurence Olivier, James Mason. Comme sujet casse-gueule, c'est pas mal, mais Schaffner s'en sort admirablement. Le film est mené tambour battant, sans temps morts, la musique de Jerry Goldsmith est excellente et le développement de l'intrigue est parfaitement maîtrisé. Côté acteur, la performance de Gregory Peck est époustouflante, mais Laurence Olivier ne démérite pas. On a même droit à un petit entracte didactique où nous explique ce qu'est la clonage. Justement c'est là que se situe le seul défaut (mineur) du film. On nous explique avec juste raison que cloner est une chose mais que pour que le sujet ait une chance de ressembler à l'original il faut que son environnement familial y ressemble aussi… OK, mais de là à ce que chaque clone ait exactement la même coupe de cheveux (ce qui signifie qu'ils ont tous été au coiffeur le même jour demander la même chose, bon, OK, c'est une facilité de scénario - il y en a quelques autres dans le film -  mais faut pas pousser non plus !). On retiendra aussi la remarquable dernière grande scène avec les dobermans (le genre qui reste gravé en mémoire). La fin est triplement intelligente montrant l'activiste juif sans scrupules, Laurence Olivier trop naïf, puis le clone pas vraiment net. Un quasi chef d'œuvre à re(découvir).

Le Zombie venu d'ailleurs

Un film de Norman J. Warren (1978). Nanar au scénario incohérent et au titre français stupide (il n'est pas question de zombie mais d'un extraterrestre carnassier). C'est lent et poussif, (Ah, cette incroyable scène de fausse noyade tournée au ralenti !). A noter un invraisemblable jeu de cache cache avec notre extraterrestre travesti ! A sauver, la présence de la très mignonne Glory Annen dans plusieurs scènes très déshabillées dont une d'amour lesbien.

La montagne du Dieu cannibale  

Un film de Sergio Martino (1978) avec Ursula Andress. Le problème de ce film ce sont ses scènes additionnelles qui n'apportent rien à l'histoire, certaines relèvent de la cruauté animale et sont difficilement soutenables, d'autres sont totalement incongrues à l'instar de la scène de zoophilie simulée. Mais si on les enlève il reste une petite série B qui tient assez bien la route, qui bénéficie du charme de la très belle Ursula Andress et de l'attrait de magnifiques décors naturels

Halloween (la nuit des masques)

Un film de John Carpenter (1978) : Le seul reproche qu'on puisse faire à ce film est qu'il est fauché, mais ça ne l'empêche pas d'être excellent. C'est un film d'angoisse. D'angoisse pas d'horreur ! Le scénario est volontairement simpliste et linéaire, Donald Pleasance n'a pas grand chose à faire. Côté actrice si Jamie Lee Curtis se débrouille bien, mais elle est supplantée par Nancy Loomis  et par la sublime Kyle Richards (la tante de Paris Hilton). La musique envoûtante, composée par le réalisateur contribue à créer un étrange climat. C'est vraiment très bon, ceux qui disent que le film a vieilli s'attendaient sans doute à autre chose car les très bons films ne vieillissent jamais.

Grease  

Un film de Randal Kleiser (1978) avec John Travolta et Olivia Newton-Jones. Il est tentant de faire la comparaison avec "la fièvre du samedi soir", et le seul avantage de ce présent film est sa chorégraphie. Sinon côté interprétation, ça ressemble même si Oliva Newton-Jones parait extrêmement frêle pour ce rôle, la bluette est moins improbable mais tout aussi insipide, les personnages n'ont aucune consistance, c'est très niais.

Les bronzés  

Un film de Patrice Leconte (1978) tiré de la pièce du Splendid "Amour, Coquillages et Crustacés" avec Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Dominique Lavanant... Excusez du peu ! On passe un bon moment, mais ce n'est qu'un film d'acteur la mise en scène paraissant inexistante. (De plus la morale finale genre "si on arrêtait nos conneries" dénote un peu.)

Superman

Un film de Richard Donner (1978) avec Christopher Reeves, Margot Kinder, Gene Hackman, Valérie Perrine, Marlon Brando. Le film ne démarre vraiment qu'au bout de 50 minutes, il faut se farcir auparavant le prélude sur la planète Kripton, tissu de niaiseries effarantes avec un Brando effroyablement mauvais, puis l'arrivé du bébé superman sur Terre, (bof !) et enfin le dialogue de superman avec l'ombre de papa. (une vraie purge !). Ensuite ça devient (un peu) amusant à défaut d'être intéressant. Margot Kidder est toujours bien agréable à regarder jouer (mais la regarder voler pendant dix minutes avec Superman, quel intérêt ?), le trio de malfrat est plutôt rigolo avec une Valérie Perrine fort sexy et un Gene Hackman allumé. Quant au scénario il est carrément débile. Un film terriblement surestimé et pas très passionnant.

Les yeux de Laura Mars

Un film de Irvin Kershner (1978) sur une scénario de John Carpenter avec Faye Dunaway. Un giallo à l'américaine. avec de très bonnes choses, d'abord la magnifique prestation de Faye Dunaway, une description très glamour des milieux de la mode new-yorkais (avec cette incroyable scène de prise de vue tournée à Colombus Circle), une dénonciation de l'Amérique puritaine et des journalistes fouilles merde. Tout cela vogue sur une trame policière teintée de paranormal, dont la vision est loin d'être inintéressante, mais qui au final se révèle extrêmement décevante quant à son dénouement d'une absurdité totale.

L'invasion des profanateurs

Un film de Philip Kaufman (1978). Une adaptation (la seconde) du roman de Jack Finley. Ça aurait pu être très bien, mais beaucoup de choses ne vont pas. Au niveau des acteurs, si Brooke Adams est excellente, si Veronica Cartwright et Jeff Goldblum sont bons, il n'en est pas de même pour Leonard Minoy (qui n'arrive pas à se débarrasser de l'image de monsieur Spock) ni de Donald Sutherland, énervant au possible, auquel on fait jouer un personnage intègre, (limite redresseur de torts) qui comprend tout avant les autres à ce point que ça en devient de la suffisance. De plus le scénario souffre de graves lacunes d'explications, et de certaines incohérences et on a parfois l'impression que le film se traîne. Ce laisse voir… pour ce qu'il aurait pu être… et pour les quelques rares bonnes scènes.

Piranhas

Un film de Joe Dante (1978). Cette série B produite par Roger Corman n'est pas mal du tout malgré quelques bêtises (la gamine trouillarde qui joue les héroïnes). Le pitch est original et les scénaristes l'ont (un peu) politisé plutôt intelligemment. On ne s'ennuie pas une seconde. L'interprétation est correcte avec une Heather Menzies absolument craquante et la présence de Barbara Steele qui joue la méchante de service et l'impayable Dick Miller (la petite boutique des horreurs). Il y a une bonne dose d'humour et de dérision mais sans que ça n'envahisse le film. Les scènes d'épouvante sont très bien amenées puisqu'il suffit que quelqu'un ait les pieds dans l'eau pour que la tension s'installe. L'assez bon remake d'Alexandre Aja (2010) s'il surpasse le film de Dante par ses côtés gore et sexy, est néanmoins globalement inférieur à cette première version.

La grande attaque du train d'or

 Un film de Michael Crichton (1978) avec Sean Connery et Donald Sutherland. Un petit bijou d'élégance et d'efficacité. Crichton nous concocte une mécanique parfaitement huilée emmené par une distribution éclatante, non seulement Connery et Sutherland sont au top mais la présence sulfureuse de Lesley-Anne Down éclaire le film. Le scénario à l'intelligence de très bien contextualiser l'action dans l'époque victorienne en y évoquant sans aucun manichéisme les différence des classes (la scène de la pendaison fait à ce propos froid dans le dos). Le ton est léger et le film est parsemé de temps à autres d'allusions sexuelles tout à fait réjouissantes. A la fin le réalisateur tient à nous rappeler que tout ça n'est que du cinéma ! Oui mais quel cinéma ! Bref on passe un excellent moment avec ce film passionnant, intelligent… et délicieusement immoral.

Furie

Un film de Brian de Palma avec Kirk Douglas (1978). Coincé chronologiquement entre ces deux chefs d'œuvres que sont Carrie et Pulsion, il faut bien admettre qu'on est ici en deçà, en raison notamment d'un scénario pas toujours explicite et d'une tension dramatique relativement faible. Cela reste néanmoins très bon grâce à une réalisation très brillante, une direction d'acteurs impeccable (étonnante Carrie Snodgress), et quelques séances choc . On notera aussi la touche d'humour, avec les péripéties de Kirk Douglas sur les toits en slip…

Meurtre au 43ème étage

Un téléfilm de John Carpenter (1978) avec Lauren Hutton et Adrienne Barbeau. Un thriller angoissant plutôt bien foutu avec une Lauren Hutton absolument fabuleuse dans le rôle. C'est inquiétant et angoissant à souhait et on passe un bon moment. On regrettera juste la grosse facilité de scénario à la fin (la découverte de l'identité du maniaque) .

La cage aux folles

Un film d'Edouard Molinaro (1978). C'est d'abord un numéro d'acteurs et il faut bien admettre qu'il est particulièrement réussi. Ugo Tognazzi et Michel Serrault jouant dans des registres différents sont remarquables. Il y a beaucoup de répliques et de gags désopilants et le scénario est plutôt bien vu (même si on pourra regretter que le personnage de gros réac joué par Galabru s'en sorte plutôt bien.) Par ailleurs ceux qui poussent des hurlements au titre que le film se moquerait des homosexuels et des travestis, n'ont rien compris au film. Il est d'ailleurs vain d'invoquer une communauté homosexuelle qui n'existe que chez ceux qui l'autoproclament, en réalité l'homosexualité recouvre une myriade de comportements différents. Le film ne fait qu'illustrer l'un d'entre eux avec bien plus de tact et de respect qu'une vision trop superficielle pourrait le supposer.

Capricorn one

Un film de Peter Hyams (1978). Hyams est un cinéaste assez oublié, il est pourtant l'auteur de l'excellent Outland et de l'injustement méprisé "2010". Capricorn one est son premier film important et il y a deux façons de le regarder et de le juger. La première c'est de prendre tout au premier degré dans le genre "on nous cache tout on nous dit rien", dans ce cas le jugement est sans appel, c'est un tissus d'inepties invraisemblables. Déjà globalement comment un tel projet pourrait-il rester secret eu égard au nombre élevé de participants que cela implique ? (en sociologie on estime empiriquement qu'au-delà de sept protagonistes le secret s'écroulera). Ensuite sur les détails, la scène où Gould retrouve l'appartement de son ami transformé et réaménagé n'a aucun sens (il suffit de réfléchir à la quantité de travail que cela implique, et puis bon cette personne a des voisins… de la famille…) Alors qu'il était si simple de truquer sa voiture avant la visite et non pas après ! Et comme si ça ne suffisait pas, il ressort vivant d'une chute en automobile dans le fleuve. (On ne voit ça qu'au cinéma, mais justement nous y reviendront). Ensuite si le film avait voulu faire dans le réalisme il se serait un peu attardé sur la vie des trois astronautes dans leur isolement (en un an il aurait du s'en passer des choses…). Et puis surtout, il y a la dernière partie complètement jamesbondesque (ce n'est pas une critique, mais ne mélangeons pas les genres) et son happy end neuneu. La seconde façon est de voir le film comme une critique des théories conspirationnistes, et c'est le sens qu'a voulu donner le réalisateur à son œuvre : après un début se voulant réaliste, on a droit à la fameuse scène de, l'appartement transformé, c'est la clé du film, celle qui doit faire réagir, ou bien on se dira "le réalisateur est cinglé" ou bien ou se dira "c'est du cinéma, le cinéma peut tout oser" car justement ce n'est que du cinéma dans la vie réelle un tel scénario ne tiendrait pas une semaine. Vu de cette dernière façon une démonstration par l'absurde de la vacuité des thèses conspirationnistes, c'est assurément très fort, malgré quelques scènes un peu pataudes. Le fait que d'aucuns n'aient visiblement pas vu le même film (on a été jusqu'à dire qu'il s'agissait d'une critique de la NASA) ne constitue nullement une faiblesse du film

Robert et Robert

Un film de Claude Lelouch (1978) avec Charles Denner, Jacques Villeret, Jean-Claude Brialy. Un bon sujet traité de façon très originale. C'est d'abord un film d'acteurs, avec un Brialy dans un rôle cynique qui lui sied à merveille, Denner qui en fait sans doute un peu trop et Villeret dont ne s'aperçoit pas de suite qu'il est tout simplement magistral. Mais c'est aussi très bien réalisé (la scène du bal est fabuleuse) L'humour est bien présent avec en morceaux d'anthologie Chabadabada chanté en arabe et le numéro de Villeret à la fin du banquet. Dommage que quelques scènes soient un peu poussives voire ratées (comme la séquence de l'horoscope), mais ça reste très bon.

Les liens de sang

Un film de Claude Chabrol (1978) avec Donald Sutherland, Donald Pleasence, David Hemmings. Non tout n'est pas nul dans ce film, les trois acteurs anglo-saxons sont bons et nous avons en filigrane une critique des méthodes policières (pourquoi chercher un délinquant sexuel récidiviste ?) Mais à part ça, les acteurs français font pitié, notamment Laurent Mallet et l'actrice qui joue Patricia, Lisa Langlois a du mal à s'imposer malgré un très joli sourire. Le scénario est mauvais, peu crédible, mal construit et ne sait pas accrocher le spectateur, certains dialogues manquent de spontanéité, ajoutons y quelques scènes inutiles (sans doute pour donner de la place à Stéphane Audran) et la balance va pencher irrémédiablement du mauvais côté

Violette Noziere

Un film de Claude Chabrol (1978) avec Isabelle Huppert, Jean Carmet, Stéphane Audran. Ça met un temps fou à démarrer, ça se traîne et le montage est extrêmement confus. Le réalisateur se garde bien de prendre partie dans cette affaire confuse et controversée, choix respectable mais qui ne milite pas en faveur de la clarté du propos. Le film est partiellement sauvé par une interprétation exceptionnelle des premiers rôles, dominée par une Isabelle Huppert habité par son personnage, Jean Carmet est également remarquable, Audran aussi mais peut-être un ton en dessous. En revanche les seconds rôles c'est pas vraiment ça ! Un film surévalué d'un réalisateur décidément très inégal

Intérieurs

Un film de Woody Allen (1978) avec Diane Keaton. Vérifie le postulat selon lequel même les plus grands peuvent se planter. Ici on Woody veut faire dans le "sérieux", et pourquoi donc, on se le demande un peu ? L'humour et la fantaisie n'ont jamais, bien au contraire, altéré la pertinence d'un propos. Résultat, on ne se raccroche à rien dans cette histoire inintéressante, déprimante et ennuyeuse.

La zizanie

Un film de Clause Zidi (1978) avec Louis de Funès et Annie Girardot. Un film à vocation comique dans lequel les gags tombent tous à plat (et avec quelle lourdeur) est un film raté. Ajoutons à cela que Girardot paraît à peine concernée par le rôle qu'on lui fait jouer. Pourtant il est possible de prendre un très léger plaisir coupable à la vision de cet incroyable bordel quasi surréaliste qu'il n'a pas dû être évident à orchestrer.

Fedora

Un film de Billy Wilder (1978) avec Marthe Keller et William Holden. On peut préférer Wilder dans des sujets plus légers, on se demande d'ailleurs au début dans quoi il nous embarque avant de se laisser emporter par ce style si raffiné, un peu thriller, un peu drame, film sur le folie, l'auteur nous embarque sur une vision cauchemardesque de l'envers du star système. C'est bien fait, bien interprété, c'est du Billy Wilder, ça se déguste.

L'Horoscope

Un film de Jean Girault (1978). Le problème de ce film ce sont les deux acteurs principaux mauvais comme il n'est pas permis et très peu dirigé. Dommage parce que le casting féminin (Evelyne Buyle et France Dougnac) était sympathique. Notons les apparitions d'Alice Sapritch (bof) de Michel Galabru et Georges Descrières (tous deux excellents) et de la sémillante Katia Tchenko, ici malheureusement sous-exploitée. Le scénario vire rapidement au grand n'importe quoi, il y a malgré la médiocrité ambiante une très bonne scène dans l'église (le second mariage). Ça peut donc se regarder un soir de pluie. Le réalisateur conclue le film avec trois scènes, une excellente et inattendue, une gnangnan, et une dernière bien beauf ! C'est plus un film gâché qu'un film raté. Notons que ce film tardif de Girault fit un bide public, il est pourtant bien meilleur que "la soupe aux choux"

Têtes vides cherchent coffre plein

Un film de William Friedkin (1978) avec Peter Falk. C'est pas mal, mais ça aurait pu être bien mieux si le film n'avait pas été monté n'importe comment. On a des ellipses incompréhensibles, on passe du coq à l'âne et on ne comprend pas l'utilité de certaines scènes, Sinon la reconstitution du Boston des années 30-40 dans les tons bistres est assez bluffante, c'est léger et teinté d'humour, et puis Peter Falk y est très bon

La chambre verte

Un film de François Truffaut (1978) avec François Truffaut et Nathalie Baye. J'adore les films de François Truffaut, mais ici il faut bien avouer qu'on est en pleine catastrophe avec une film indéfendable. Déjà le sujet n'a absolument rien de passionnant (en plus d'être déprimant) mais Truffaut y joue comme une patate, les dialogues sont aussi naturels que ceux d'un discours de remises des prix. Il y a un gosse tête à claques qui ne sert à rien et la palme du ridicule peut sans doute être attribuée à la scène chez le sculpteur. Bref comme dit l'autre tout le monde a le droit de se planter, mais sur ce coup il a fait fort. A sauver éventuellement ! le sourire de Nathalie Baye.

 

1895-1949 - 1950-1967 - 1968-1977 - 1978-1989 - 1990-2002 - 2003-2017
 


excellent
Très bon
assez bon, pas si mal
bof...
mauvais
nul