Le MOMOSITE vous présente

Quelques critiques de films * (opéra, ballets, documentaires...)

Page mise à jour le 28/06/2017

 

Opéra et ballets

Madame Buterfly

Un film de Frédéric Mitterrand (1995) d'après l'opéra de Giaccomo Puccini (1904). Mitterrand a choisi le parti de l'hyper réalisme parsemant son film de bandes d'actualités d'époque et faisant jouer les rôles japonais par des artistes asiatiques (Ying Huang y est formidable dans le rôle de Cio-Cio-San). La direction orchestral tenue par le chef américain James Conlon est excellente. Le pari est réussi puisqu'on entre vraiment dans cet opéra jusqu'à l'émotion. C'est quand même autre chose que la mise en scène calamiteuse et prétendument de référence montée aux quatre coins du monde paf Olivier Pi, qui se figure dans ses rêves que Puccini voulait mettre en musique du théâtre No !

Carmen

Un film de Francesco Rosi (1984) d'après l'opéra de Georges Bizet (1875). Julia Migenes n'est assurément pas la meilleure interprète de Carmen, mais force est de constater que pour l'adaptation cinématographique le choix est judicieux et qu'elle crève l'écran par son côté "sauvage". Placido Domingo impeccable vocalement ne s'en sort pas si mal comme acteur et il en est de même pour Ruggero Raimondi) et l'orchestre National de France dirigé par un Lorin Maazel en pleine forme contribue à faire de cette adaptation une réussite et une référence.

La flûte enchantée

Un film de Ingmar Bergman (1975) d'après l'Opera de Mozart. Dès le départ on sent que ça ne va pas le faire, nous imposer les gros plans pas toujours heureux de prétendus spectateurs pendant cinq minutes, ça rime à quoi, même Pierre Sabagh n'a pas osé ! Et cette petite fille au sourire niais qui incarne une spectatrice alors qu'on sait qu'elle n'en est pas une. Pire l'entracte où tout est faut de la partie d'échec entre Tamino et Pamina, jusqu'à ce gus qui se met à lire la partition de… Parsifal ! L'opéra lui-même, c'est du Mozart haut de gamme, mais Bergman n'y introduit aucune valeur ajoutée, il alourdit là où il aurait fallu alléger. La réalisation reste académique, trop proche du théâtre filmé, un autre que Bergman aurait signé ça, tout le monde l'aurait oublié. Et puis certaines fautes font taches, on peut pardonner le gros plan sur les imperfections du maquillage de Panina, ou la dent cariée de Papageno qu'on a oublié de masquer, ou le ratage de la scène de la traversé de l'enfer, mais nous montrer des figurantes alors que la Reine de la nuit chante son grand air c'est une faute de goût impardonnable. Vu l'ambition du projet une distribution de plus haut niveau aurait sans doute été plus appropriée, ici nous avons un Tamino moyen, un assez bon Papageno, une excellente Panima et une brillantissime Reine de la nuit. Quant à l'orchestre de la radio suédoise dirigé par Erik Ericson, il nous livre une prestation honorable mais sans plus.

Les contes d'Hoffmann

Un film de Michael Powell et Emeric Pressburger (1951) avec Ludmila Tcherina. Un enchantement visuel et vocal, on pourrait penser que vocalement les cinéastes n'y sont pour rien (c'est la musique originale de Jacques'Offenbach !) c'était malgré tout une gageure d'y associer les images qu'il fallait ! Et ce pari est parfaitement réussi. La mise en scène pétille autant que la musique, toujours à la limite de la bouffonnerie dans tomber dans la vulgarité, endiablée, dynamique, inventive, étourdissante. Ça n'arrête pas de nous éblouir les sens pendant les deux premiers actes, le second transcendé s'il le fallait encore par la beauté de Ludmila Tcherina. Le troisième acte du coup parait reposant mais la magie du magnifique trio vocal vient le hisser sans peine au niveau des deux autres. C'est un chef d'œuvre !


 

Documentaires

Apocalypse - la 2ème guerre mondiale

Un documentaire d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. (2009) Superbe travail. Intéressant et passionnant, peut-être même trop passionnant, puisqu'on se passionne pour la guerre comme si c'était un spectacle, bizarre quand même, mais ce léger reproche sera le seul que je ferais à cette excellente réalisation

Vive la France

Un documentaire compilé et commenté par Michel Audiard (1974). C'est clairement le point de vue d'Audiard sur l'histoire de France, n'y cherchons donc aucune objectivité, ce n'était pas le but, (et d'ailleurs aucun documentaire n'est objectif) mais je crois qu'il faut respecter les iconoclastes quand ils sont sincères. Audiard ne respecte rien (enfin presque rien) et remet un tas de monde à sa place : De Gaulle, les résistants de la dernière heure, les collaborateurs, les mensonges officiels, les bien-pensants… et la versatilité du bon peuple... avec un plaisir savoureux. On a parfois l'impression qu'Audiard regrette notre empire colonial… c'est son droit, et même si on est pas d'accord on ne va pas le tuer pour ça.

La mémoire courte   

Un documentaire d'Henri Torrent (1963) – Le souci c'est que ce reportage basé sur des images d'archives des belligérants de la seconde guerre mondiale est aujourd'hui complétement dépassé (notamment par l'excellent "Apocalypse, la Seconde Guerre mondiale" d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Il est aussi dépassé idéologiquement, on sait malheureusement aujourd'hui que la collaboration n'était pas que le fait d'une minorité et que le régime de Vichy a bénéficié d'une large adhésion populaire, du moins au début. On peut par ailleurs reprocher à ce film ses trop longs apartés sur la mode, le music-hall ou les transports parisiens qui n'apportent pas grand-chose au fond et qui diminue le temps de développer le reste. Malgré les bonnes intentions du réalisateur qu'il ne convient pas de mettre en doute, ce reportage se regarde comme le travail de quelqu'un qui a survolé le sujet en étant même parfois carrément à côté.


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